Kro de fin de vacances

Je vous rassure, toutes les mésaventures de fouine sont oubliées (enfin pas trop oubliées, j’espère). Calcifer a retrouvé une activité normale d’été : dormir sous les voitures.

Films :

Dunkerque de Christopher Nolan avec Fionn Whitehead, Mark Rylance et Kenneth Brannagh

Valérian et la cité des mille planètes de Luc Besson avec Dane DeHaan, Cara Delevingne

Dunkerque de Christopher Nolan avec Fionn Whitehead, Mark Rylance et Kenneth Brannagh

Mai 1940, la première partie de la guerre est perdue. Il y a 400 000 alliées sur la plage de Dunkerque qui espèrent embarquer vers l’Angleterre, une armée française qui peine à tenir un périmètre, des U-boot qui sillonnent la manche, des avions qui bombardent.

Churchill veut préserver ses destroyers et son aviation pour la bataille d’Angleterre. Il réquisitionne tout ce qui flotte pour partir à Dunkerque récupérer au moins 30 000 hommes. Finalement, les bateaux en sauveront un peu plus de 300 000.

Le film, c’est cette évacuation. Une déroute terrible, des hommes en rang sur la plage qui attendent des bateaux devant une mer vide, un ciel parfois traversé par des avions qui font un carton sur la plage, un ennemi dont l’attaque par la terre est imminente.

Nolan va s’attacher à 3 lieux : la mer, la jetée et le ciel.

Les critiques que j’ai pu lire finalement ne m’ont pas donné une idée juste du film. Tout d’abord, la comparaison avec « Il faut sauver le soldat Ryan » n’a pas lieu d’être. Le film de Spielberg était un film sur des héros, dont on partageait le quotidien. Dans les temps morts, ils se racontaient leur Kentucky natal et se montraient des photos de leur épouse et de leur maman.

Là, il s’agit de survivre. Dans les temps morts, on dort d’épuisement. C’est un film quasiment sans dialogue. Il y a des lignes de textes, mais on ne peut pas dire que les gens discutent. Ils réagissent et parent à l’urgent. Les personnages en général n’ont pas de nom. Comme dit Nolan : « L’empathie pour les personnages n’a rien à voir avec leur histoire. Je ne voulais pas passer par le dialogue, raconter le passé de mes personnages. Le problème n’est pas de savoir qui ils sont, qui ils prétendent être ou d’où ils viennent. La seule question qui m’intéressait c’est : est-ce qu’ils vont s’en sortir ? »

On ne voit jamais les Allemands : on voit leurs avions, leurs torpilles, les effets de leurs bombes ou de leurs balles, mais eux, jamais.

C’est bien un film de Nolan. L’image est belle, les plans sont étonnants. Sur la mer, la caméra coule avec le bateau qui chavire. A l’instar des soldats pris dans la cale du bateau, on ne sait plus où est le haut ou le bas. Dans les avions, on s’offre de longues et magnifiques scènes le long des immenses plages de sable, pendant que derrière, des fumées s’élèvent de la ville.

C’est un film de guerre angoissant. La musique (de Hans Zimmer) est le genre de musique qu’on entend pour les scène les plus stressantes des thrillers et cette musique  vrille les tympans presque tout le films. Et la guerre, ça fait du bruit, les explosions, les tir, les moteurs font du bruit. Si le film est angoissant, ce n’est pas parce que l’ennemi peut faire « bouh » au détour d’un chemin, c’est parce qu’une bombe, une torpille ou un Stukas peut arriver à tout moment.

Au bilan : c’est un film de guerre, indiscutablement. Un film impressionnant : des vrais figurants, des vrais bateaux, pas de synthèse, des vraies plages de France. Ca donne une certaine dimension à l’ensemble.

C’est un film orignal avec la guerre sous une autre perspective (contrairement à une des critiques que j’ai lue qui avait qualifié le film d’assez banal… c’est bien la dernière chose qu’on peut en dire !). Des gens sont partis en cours de film, et je le comprends. Je ne prétendrais pas que j’ai trouvé chaque seconde intéressante. Un film de guerre presque sans personnage et sans parole, où on ne cherche pas à déclencher l’empathie du spectateur, à humaniser qui que ce soit ou à dénoncer quoique que ce soit, un film purement de survie en temps de guerre, c’est surprenant. Si on aime les films de Nolan et qu’on aime les films de guerre, on a assurément une combo gagnante. C’est à mon avis un film à voir.

Valérian et la cité des mille planètes de Luc Besson avec Dane DeHaan et Cara Delevingne

Luc Besson était lui aussi fan de cette BD de SF formidable quand il était petit. Evidemment, un film de Besson, ça rend méfiant, surtout quand on se souvient du navet qu’était Lucy. En outre, il y a une distorsion de taille : la BD s’appelle Valérian ET Laureline, ce n’est pas par hasard. Mézières et Christin en avait assez des superhéros de Comics du type homme super musclé trop fort. Valérian c’est un gars banal qui est devenu agent spatiotemporel. C’est pas le plus futé ni le meilleur, c’est pas James Bond, mais il est déterminé et honnête. Laureline, c’est une fille maline qui sait tirer et se battre. Pourquoi a-t-elle disparu du titre?

L’univers est aussi rempli de bestioles en tout genre : Shingouz et transmuteur  grognon de Bluxte (à gauche et sur l’affiche ci-dessus).

C’est un univers volontiers kitsch (années 70…) bariolé, parfois loufoque et surtout plein d’imagination.

L’album adapté pour le film est l’Ambassadeur des ombres, contrairement à ce que le titre peut donner à penser.

Bon, finalement ça donne quoi ?

Et bien, oui, j’ai bien aimé. Le côté kitsch et imaginatif est respecté. Le marché multidimensionnelle du début est une idée géniale : vous ne voyez le marché qu’avec des lunettes qui permettent de voir dans d’autres dimensions. Sans lunettes, on a l’impression d’une bande de touristes errants dans le désert, mais avec lunettes, on est  dans un marché foisonnant, immense, remplis de boutiques situées toutes dans de multiples dimensions.

Valérian et Laureline sont assez fidèles à l’idée qu’on se fait d’eux. Ils ne se prennent pas au sérieux, ont un côté frondeur, font des erreurs, mais sont déterminés et compétents. Et ouf, on n’a pas de side-kick à la con de type Jar Jar binks.

Les bestioles sont également très réussies. Même si les Shingouz ont été renommés pour être plus vendeurs, je suppose, ce sont bien eux.

Et ils sont… comme on peut s’attendre à ce qu’ils soient… Invitée surprise, Rihanna fait un numéro de transformiste très réussi et incarne le personnage le plus attachant du film (avec peut être les Shingouz !)

Il y a des sentiments cucul et une philosophie de pacotille comme Besson fait souvent en SF, mais ça fait de jolies images avec des couleurs magnifiques, une jolie 3D (même si, hein, vous savez ce que je pense de la 3D)…

Bref, j’ai bien aimé et j’ai trouvé ça assez fidèle à l’esprit de la BD, à l’exception des passage de philosophie new-age.

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