{"id":3171,"date":"2010-01-31T19:59:22","date_gmt":"2010-01-31T17:59:22","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.bl0rg.net\/finis_africae\/2010\/01\/31\/testy-festi-kro\/"},"modified":"2010-04-02T22:54:50","modified_gmt":"2010-04-02T20:54:50","slug":"testy-festi-kro","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/blogs.bl0rg.net\/finis_africae\/2010\/01\/31\/testy-festi-kro\/","title":{"rendered":"Testy festi Kro"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/blogs.bl0rg.net\/finis_africae\/wp-content\/uploads\/2010\/01\/IMG_0587.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3174\" title=\"IMG_0587\" src=\"http:\/\/blogs.bl0rg.net\/finis_africae\/wp-content\/uploads\/2010\/01\/IMG_0587.jpg\" alt=\"\" width=\"320\" height=\"240\" srcset=\"http:\/\/blogs.bl0rg.net\/finis_africae\/wp-content\/uploads\/2010\/01\/IMG_0587.jpg 320w, http:\/\/blogs.bl0rg.net\/finis_africae\/wp-content\/uploads\/2010\/01\/IMG_0587-300x225.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 320px) 100vw, 320px\" \/><\/a>Aujourd\u2019hui, un livre au titre un poil racoleur \ud83d\ude42 qui me permet de vous parler de l\u2019\u00e9trange population de clodos de Gen\u00e8ve.<\/p>\n<p>Le festival de la couille et autres histoires vraies de Chuck Palahniuk<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 lu dans le m\u00e9tro des livres dont le titre pouvait faire sursauter mes voisins, je pense par exemple aux \u201cMonologues du vagin\u201d, mais il n\u2019avait rien produit de particulier. Voici ce qui s\u2019est produit avec le festival de la couille.<\/p>\n<p>J\u2019ai longtemps pens\u00e9 que \u201cles clochards c\u00e9lestes\u201d existaient surtout dans les romans de K\u00e9rouac, surtout dans les ann\u00e9es 50. Aujourd\u2019hui, les clochards que l\u2019on voit dans les rues n\u2019ont rien de c\u00e9leste et seuls les gens qui cherchent \u00e0 se donner bonne conscience ou les incurables optimistes qui pensent que le monde n\u2019est pas si mal, croient au mythe du clochard \u201cpar choix\u201d.<\/p>\n<p>A Gen\u00e8ve, il y a une population errante un peu particuli\u00e8re qui m\u2019a fait r\u00e9vis\u00e9 mon jugement. Il y a tout d\u2019abord la population des \u201cjeunes punks \u00e0 chiens\u201d, ou \u201cTouristes grunges\u201d, on les voit surtout l\u2019\u00e9t\u00e9 mais aussi un peu l\u2019hiver.<br \/>\nFugueurs, rebelles, jeunes \u00e0 la fronti\u00e8re de la marginalit\u00e9, accompagn\u00e9s de chiens pour se prot\u00e9ger, ils traversent un peu l\u2019Europe comme les oiseaux migrateurs, faisant des petits boulots, mendiant sur un air de musique, vendant des babioles artisanales, jouant avec un diabolo, fumant des joints. Je ne pr\u00e9tendrais certainement pas que ce mode de vie est totalement choisie et assum\u00e9e, peut \u00eatre plut\u00f4t que c\u2019est un choix par d\u00e9faut envers une vie plus conventionnelle qui les as cass\u00e9s ou d\u00e9\u00e7us. Mais il n\u2019ont pas grands choses en commun avec les clochards des grandes villes.<\/p>\n<p>Et puis, dans le bus qui me ramenait chez moi, alors que je lisais le Festival de la couille, monte un gars, d\u00e9j\u00e0 pas mal parti sur l\u2019alcool fort (il avait sa flasque \u00e0 la main) qui se met \u00e0 nous raconter sa vie. Bien habill\u00e9 (veste en mouton retourn\u00e9 mode grand froid), il nous raconte qu\u2019il dort dehors depuis qu\u2019il a plaqu\u00e9 sa nana parce qu\u2019elle \u00e9tait trop b\u00eate. Il me demande ce que je lis. Je lui montre. Mais sans ses lunettes, il ne voit rien. Il les sort et le temps qu\u2019il arrive \u00e0 les mettre, il nous raconte les voyages qu\u2019il a fait, les musiques qu\u2019il \u00e9coute, les choses qu\u2019il aime, en conversant avec une fille du bus qui le relance r\u00e9guli\u00e8rement. Visiblement, il a de la culture, il a fait des \u00e9tudes, il a lu et il a baroud\u00e9&#8230; tout cela sonne plut\u00f4t juste.<\/p>\n<p>Il finit par r\u00e9ussir \u00e0 mettre ses lunettes et ne l\u00e2che pas l\u2019affaire : il regarde le titre de mon livre. Alors qu\u2019il \u00e9tait si content de voir une femme qui lisait dans le bus (contrairement \u00e0 son ex qui \u00e9tait si sotte&#8230;), il est alors profond\u00e9ment d\u00e9\u00e7u de ce qu\u2019il voit.<br \/>\nAussit\u00f4t, mes voisins de bus, qui suivaient l\u2019affaire, me demande ce que je lis&#8230; Je leur dis le titre \u00e0 voix haute, ce qui m\u2019a valu des applaudissements.<\/p>\n<p><strong>Le festival de la couille et autres histoires de Chuck Palahniuk<br \/>\n<\/strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/blogs.bl0rg.net\/finis_africae\/wp-content\/uploads\/2010\/01\/1048613-gf.jpg\" alt=\"1048613-gf.jpg\" width=\"276\" height=\"475\" \/><\/p>\n<p>Le festival de la couille est le titre d\u2019un des textes de ce recueil (on se demande pourquoi l\u2019\u00e9diteur a choisi celui l\u00e0, tiens&#8230;)<br \/>\nCe livre compile une s\u00e9rie d\u2019articles regroup\u00e9s en 3 parties.<br \/>\nLa premi\u00e8re partie raconte des mani\u00e8res particuli\u00e8res d\u2019\u00eatre ensemble, en particulier des mani\u00e8res de socialit\u00e9 masculine. En effet, comment \u00eatre ensemble, quand on ne sait pas se parler, partager, se confier, se faire confiance et quand finalement, ce qu\u2019on sait faire le mieux, c\u2019est se d\u00e9fier et se combattre ?<\/p>\n<p>Comment cr\u00e9er du lien dans des combats de moissonneuses-batteuses ? Comment d\u00e9truire son corps et sa sant\u00e9 en pratiquant la lutte, ou le culturisme, mais pour le plaisir de se sentir un \u201csur-m\u00e2le\u201d dans le regard de ses comparses, pour cr\u00e9er des liens parce qu\u2019on souffre ensemble ou qu\u2019on affronte le danger ensemble.<\/p>\n<p>Dans ces tableaux d\u2019homo-socialit\u00e9, il y a deux choses qu\u2019on ne trouve jamais : le sexisme, d\u2019une part : s\u2019il s\u2019agit de trouver des moyens d\u2019exprimer sa virilit\u00e9 ou de se retrouver entre hommes, il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de passer pour cela par le m\u00e9pris des femmes. D\u2019autre part : l\u2019homosexualit\u00e9. Comme le dit Palahniuk dans le texte sur la vie dans les sous-marins \u00e0 propos de l\u2019homosexualit\u00e9, ce sont les \u00e9l\u00e9phants invisibles. Si ce n\u2019est jamais le sujet des textes, c\u2019est aussi parce que Palahniuk respecte avec des scrupules de sociologue la parole des personnes qu\u2019il interroge, sans pr\u00e9tendre ensuite l\u2019analyser ou l\u2019interpr\u00e9ter. Et c\u2019est ce qui donne un caract\u00e8re unique \u00e0 ce livre.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me partie du livre, ce sont des portraits de personnalit\u00e9s&#8230; disons un peu \u00e9trange, comme Marilyn Manson. A chaque fois, c\u2019est un angle d\u2019attaque original qui nous permet d\u2019entrer dans une mini-tranche biographique.<\/p>\n<p>La derni\u00e8re partie, ce sont plut\u00f4t des mani\u00e8res d\u2019\u00eatre seuls, disons des mani\u00e8res qu\u2019il a eu d\u2019\u00eatre seul, avec par exemple, plusieurs r\u00e9flexions autour de la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 que lui a apport\u00e9 \u201cFight club\u201d (il est l\u2019auteur du livre). C\u2019est une partie dont j\u2019ai appr\u00e9ci\u00e9 le recul ou la d\u00e9rision. Il y aussi un texte \u00e9tonnant o\u00f9 il explique qu\u2019il s\u2019est promen\u00e9 avec une amie, tout deux d\u00e9guis\u00e9s en animal : on constate alors qu\u2019ils deviennent des non-personnes, ils peuvent prendre alors des coups de pieds de la part de gamins, des pierres, une \u00e9tonnante agressivit\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>Au final, c\u2019est un recueil de textes \u00e9tonnants, ce n\u2019est pas une lecture agr\u00e9able ou facile, plut\u00f4t curieuse ou d\u00e9rangeante, avec un style ma\u00eetris\u00e9 et de grande qualit\u00e9. Je dirais que ce n\u2019est pas un livre du type qu\u2019on ne peut pas l\u00e2cher ou qui passionne ou enchante. Mais plut\u00f4t un livre dont on se souvient longtemps et qui font regarder ou r\u00e9fl\u00e9chir diff\u00e9remment.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aujourd\u2019hui, un livre au titre un poil racoleur \ud83d\ude42 qui me permet de vous parler de l\u2019\u00e9trange population de clodos de Gen\u00e8ve. 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