Kro en résumé : Solar Queen series

Les naufrageurs de l’espace
Andrew North
Éditions Ditis, n° 161
dépôt légal 1er trimestre 1960
V.O. : Sargasso of Space, 1955
188 pages format pochenaufrageursdelespace

Fusée en quarantaine
Andrew North
Éditions Ditis, n°167
dépôt légal 2e trimestre 1960
V.O. : Plague Ship, 1956
189 pages format pochefuseeenquarantaine

Voodoo Planet
Andre Norton (mais tout me laisse à penser que le bouquin est originellement paru sous le nom d’Andrew North)
reprinted 2010, General Books (éditeur dont je vous ai déjà dit ce que je pensais)
ISBN 978-1-4432-0518-4
44 pages, format 15,2 × 22,8 cm environvoodooplanet

Postmarked the Stars
Andre Norton
copyright 1969 Andre Norton
Magnet edition first published 1980 by Methuen Children’s Books Ltd
ISBN 0 416 88300 1
223 pages format pochepostmarkedthestars

Série de romans de space opera ayant eu une influence sur le développement de Traveller

Si ces textes sont restés obscurs chez nous, c’est en partie dû au fait que la SF a longtemps été (et est peut-être toujours, dans le fond) chez nous une littérature élitiste, ce qui fait que seuls des textes cérébraux avaient droit de cité (et encore, souvent à condition que l’auteur n’ait pas pris position en faveur de l’engagement américain au Vietnam). Or ces bouquins sont très clairement des récits d’aventure spatiale sans prétention littéraire, du niveau du Fleuve Noir.
La série, qui porte le nom du vaisseau spatial dont l’équipage vit les aventures narrées par les romans (nom qui en français est devenu, un peu étrangement, Le Solitaire), et est parfois également appelée Dale Thorson, du nom du personnage principal, comprend à la base quatre titres, qui sont de simples récits d’aventures de SF interstellaire, sans grande valeur littéraire ni intrigues chiadées. En fait, ça pourrait être des comptes-rendus de parties de JdR de space opera, de Traveller par exemple : c’est à peu près le niveau. Et corollaire, il serait relativement aisé d’en tirer des scénarios (qui seraient plutôt linéaires par la force des choses, puisqu’ils suivraient les actions des personnages des bouquins).
C’est parfois relativement daté, mais ça vient en particulier des choix de traduction pour les deux premiers tomes.

Le Solar Queen a un équipage de douze hommes (ben oui, à l’époque et même sous une plume féminine, la SF est une littérature de mecs) qui ressemble fort à un groupe de persos de Traveller ou de Space Opera (avec éventuellement quelques PNJ pour le compléter) : le capitaine, son second (astronavigateur), un chef mécanicien, un maître de cargaison, un radio, un médecin, un cuistot-steward-jardinier, trois mécanos, un aspirant astronavigateur et un aspirant chef de cargaison.

Les naufrageurs de l’espace raconte l’arrivée de Thorson à bord du Solar Queen en sortant de l’école et sa première aventure spatiale : l’équipage achète les droits d’exploitation d’une planète mystérieuse, Limbo, et y découvre des vestiges de la civilisation des Précurseurs disparue il y a longtemps après plusieurs guerres en laissant derrière elle des ruines et des objets qui ont une valeur marchande : tout ça crie très fort Anciens pour le vieux travellerien. Sauf que ces vestiges sont utilisés par des naufrageurs pour faire s’écraser les vaisseaux de passage et les empêcher de repartir. Et ces naufrageurs ont l’intention de s’emparer du Solar Queen, qu’ils ont laissé se poser sans encombre pour qu’il soit en état de voler.
Ça ferait un scénar assez facilement.

Dans Fusée en quarantaine, l’équipage du Solar Queen a pu échanger ses droits sur la planète sans valeur du premier tome contre ceux de Sargol, la planète d’où proviennent les très recherchées pierres Koros (et là, je me suis demandé si ça n’avait pas inspiré les auteurs du JdR du même nom). Mais c’est sans compter avec les manigances de la puissante compagnie intersolaire (l’une des plus puissantes compagnies marchandes) qui n’a visiblement pas l’intention de respecter les droits commerciaux du Solar Queen. Dans un premier temps, le roman raconte les démêlés de l’équipage indépendant avec ses concurrents malhonnêtes sur Sargol. Puis le Solar Queen repart chercher une cargaison à échanger contre de nouvelles pierres Koros, mais une mystérieuse maladie affecte presque tout l’équipage, sauf Thorson et trois autres jeunes spationautes. Les quatre indemnes doivent chercher l’origine de la maladie, puis, alors que leur fusée a été mise en quarantaine et n’a le droit de se poser nulle part, se débrouiller pour forcer le blocus et prouver que la situation est sous contrôle, et ce, suffisamment rapidement pour pouvoir honorer le contrat conclu sur Sargol.
Là encore, c’est transposable sans difficulté en scénario (et c’est sans doute le plus intéressant des quatre à exploiter ainsi).

Dans Voodoo Planet, l’aéromobile, pardon, le flitter des persos tombe en panne en plein dans des étendues sauvages inhabitées mais peuplées de fauves, et ils doivent s’en sortir malgré la nature hostile. Ça pourrait encore faire un scénar de JdR, mais peut-être pas pour Traveller, car l’intrigue repose sur des hallucinations provoquées qui ressemblent plus à de la magie qu’à autre chose (elles sont de nature psionique, mais une puissante suggestion psionique collective, dans ma conception des choses ce n’est pas vraiment travellerien).

Postmarked the Stars est un peu mieux écrit que les autres, un peu plus soigné. C’est un sympathique récit d’aventures qui pourrait faire un scénar de JdR, mais plus difficilement de Traveller, parce que tout repose sur des radiations qui induisent des mutations « dévolutives » (je veux dire par là, que les êtres qui y sont soumis reviennent en arrière sur le chemin de l’Évolution de leur espèce), ce qui pour moi est purement de la science fantasy, que même un Objet des Anciens ne réussirait à mettre en œuvre sans se heurter à ma suspension of disbelief. C’est dommage, parce qu’à part ce détail qui est quand même à la base de l’intrigue, le reste est très travellerien dans le fond. En y réfléchissant un peu, on peut sans doute modifier ça pour en tirer quelque chose d’exploitable.

La série comporte trois autres titres, Redline the Stars, Derelict for Trade et A Mind for Trade, datant des années ’90 et que Norton n’a pas écrits seule, qui sont trop récents pour avoir eu une quelconque influence sur le Traveller des débuts, et sur lesquels je soupçonne que son nom ne figure que pour mettre le pied à l’étrier d’auteurs débutants inconnus et qui le sont d’ailleurs restés.

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