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Monday, February 2, 2004

Whit

Je viens de finir “Whit” de Iain Banks, dont j’avais beaucoup aime “The Player of Games”, “Dead Air” et “The Wasp Factory”. “Whit” raconte l’histoire de Isis Whit, 19 ans, et l’Elue de Dieu d’une petite communaute sectaire en Ecosse, les Luskentyriens. Les Luskentyriens vivent reclus sur un terrain offert par une membre, refusent assez strictement de se servir de la technologie moderne (pas de telephone par exemple, sauf en cas d’urgence). Comme il n’est pas tout a fait simple de survir de maniere entierement autarque, un certain nombre d’exceptions assez marrantes sont faites. Par exemple, il est plutot mal vu de se servir de transports modernes comme le train, le bus, etc… Pour remedier a cela, il faut choisir l’itineraire le plus tordu, ne pas s’asseoir sur les sieges matelasses mais plutot par terre ou alors sur une planche de bois, ou faire le trajet en bus “a l’envers”: monter dans le bus, et acheter un billet pour une station qui se trouve dans l’autre direction, sortir a la prochaine sans payer, attendre le prochain bus, recommencer… La secte est mene par le gourou Salvador, le grand-pere d’Isis et de pas mal d’autres membres de la secte. Salvador est ne le 29 fevrier, et n’a donc son anniversaire que tous les 4 ans. Isis est elle aussi nee le 29 fevrier, et donc de fait l’Elue de Dieu. Pour favoriser la naissance d’autres Elus de Dieu, une grande fete a lieu chaque annee precedant une annee bissextile, en mai. Lors de ce festival, les unions entre hommes et femmes sans contraception sont favorisees, dans l’espoir de mettre au monde un nouvel elu l’annne suivant le 29 fevrier. Cette annee, Salvador et le reste de la communaute comptent beaucoup sur la cousine Morag, soloiste de baryton de renommee internationale, pour guider les festivites. Seulement, Morag a annoncee dans une lettre qu’elle renoncait a sa foi et aux Luskentyriens. Isis est depechee a Londres pour retrouver Morag et tirer au clair cette histoire d’apostasie. Isis part donc a Londres, rejoignant tout d’abord Edinbourg sur une coquille de noix fabriquee avec un vieux pneu (un autre mode de locomotion serait bien trop moderne), puis allant vivre chez son cousin Zeb dans un squat londonien. Isis va retrouver la trace de Morag, mais decouvrira en chemin que tout n’est pas rose chez les Luskentyriens…

Pour etre franc, “Whit” m’a assez decu. J’ai eu pas mal de difficultes a etre accroche par le livre de prime abord, ce qui devait surtout etre de ma faute, etant donne que les histoires de culte et de secte ne sont pas trop ma tasse de the. Par la suite, l’histoire est assez prenante, ou plutot, la facon dont elle est racontee est assez prenante, et assez humoristique. Les personnages que Isis rencontre a Londres sont assez haut en couleurs, meme si plus caricaturals qu’autre chose. Ce manque de profondeur est d’ailleurs mon plus gros reproche au livre, Isis est attachante, mais pas tres credible a mon avis. Autant sa force de caractere etonnante malgre les commandements d’humilite de sa religion sont assez comprehensibles, etant donnee qu’elle est l’Elue de Dieu et que la communaute la revere, autant sa facilite a justement se remettre en question, remettre en question sa religion, a faire outre des commandements de sa religion est bizarre. D’un cote, Isis refuse de s’asseoir dans un taxi, en fait tout un foin, et de l’autre, passe de nombreux coups de fil, voyage soudainement “normalement” en train. Ce n’est pas tant que je pense que le changement est impossible, au contraire, il me semblerait meme naturel. Mais le tout en l’espace de quelques jours pour quelqu’un qui a passe sa vie dans une communaute retranchee sur elle-meme? Mais les autres personnages importants dans le livre sont enormement plus creux, Morag par exemple, se transforme quasi en l’espace d’une phrase. De personnage sulfureux, mysterieux, hostile, elle se transforme en supporter completement fade de Isis, absent tout d’un coup de l’histoire. Idem pour Sophi, la camarade d’Isis. Et que dire des autres personnages mysterieux, qui auraient pu etre tellement plus vivants, profonds: Salvador, Allan, Zhebodia… Par contre, c’est toujours un plaisir de lire Banks pour son feminisme :)

“Whit” n’est pas vraiment mauvais, au contraire, il se lit tres bien. Mais j’en attendais beaucoup plus…

posted by manuel at 1:03 am  

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