{"id":25615,"date":"2017-02-22T21:29:16","date_gmt":"2017-02-22T20:29:16","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.bl0rg.net\/imaginos\/?p=25615"},"modified":"2017-03-21T23:29:52","modified_gmt":"2017-03-21T22:29:52","slug":"traveller-2017-en-facheuse-posture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.bl0rg.net\/imaginos\/2017\/02\/22\/traveller-2017-en-facheuse-posture\/","title":{"rendered":"Traveller 2017 : En F\u00e2cheuse Posture"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Compte-rendu d&rsquo;une partie de Traveller bas\u00e9e sur une version modifi\u00e9e du <a href=\"http:\/\/blogs.bl0rg.net\/imaginos\/2010\/11\/04\/scout-toujours-episode-1-sulieman-le-magnifique\/\">toujours efficace<\/a> sc\u00e9nario <span style=\"text-decoration: underline;\"><em>Type S<\/em><\/span> publi\u00e9 par Avenger \/ ComStar..<br \/>\n<em>(le nom de la campagne est provisoire&#8230;)<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">016-1105. Nous sommes dans le syst\u00e8me stellaire de Joyau <em>(Marches Directes \/ Joyau 1106)<\/em>, o\u00f9 sont concentr\u00e9es d&rsquo;importantes garnisons militaires, du fait de sa situation strat\u00e9gique comme point-cl\u00e9 du <em>Saillant de Joyau<\/em>, cette pointe de la fronti\u00e8re imp\u00e9riale dard\u00e9e au contact du Consulat zhodani et sous la menace directe d&rsquo;une reprise des hostilit\u00e9s, la Quatri\u00e8me Guerre Frontali\u00e8re, qui s&rsquo;est achev\u00e9e il y a \u00e0 peine plus de vingt ans, \u00e9tant encore pr\u00e9sente dans tous les esprits (et ses cons\u00e9quences restant bien visibles sur le sol plan\u00e9taire, par le crat\u00e8re radioactif laiss\u00e9 par le bombardement de la base de d\u00e9fense polaire nord, bombardement qui a, par la fonte des glaces qu&rsquo;il a provoqu\u00e9, entra\u00een\u00e9 l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation du niveau des oc\u00e9ans recouvrant les deux-tiers du globe, avec inondation des zones c\u00f4ti\u00e8res et cr\u00e9ation de nouvelles r\u00e9gions mar\u00e9cageuses). La pr\u00e9sence d&rsquo;une \u00e9norme base conjointe de la Stellaire et du SIEI fait des forces arm\u00e9es un aspect essentiel de la vie \u00e9conomique du spatioport orbital.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la partie SIEI de la base, le scientifique et m\u00e9decin Damien Parker, qui s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 quitter le Service pour se lancer dans une carri\u00e8re d&rsquo;ind\u00e9pendant, sort tout juste de son entretien \u00e0 la branche <em>Personnel<\/em> du bureau <em>Administration<\/em>, o\u00f9 son dossier a \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 jour et o\u00f9 on lui a encore une fois expliqu\u00e9 les devoirs du r\u00e9serviste, qui sera son nouveau statut pendant 29 ans. Il s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 quitter d\u00e9finitivement les lieux, quand il est rattrap\u00e9 dans la coursive par un tout jeune \u00e9claireur, encore un peu trop formaliste (dans son uniforme et sa fa\u00e7on de s&rsquo;adresser \u00e0 son futur-ex-coll\u00e8gue ; mais cette attitude devrait s&rsquo;estomper plus ou moins rapidement), qui l&rsquo;informe que la directrice Andrea Casartelli, responsable du bureau <em>D\u00e9tachement<\/em> de la base de Joyau (et pour tout le sous-secteur) veut le voir dans son bureau. Damien s&rsquo;y fait conduire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Andrea Casartelli est une petite blonde \u00e9nergique proche de la soixantaine et qui, apr\u00e8s un beau parcours professionnel sur le Terrain puis plus r\u00e9cemment dans les Bureaux, finira certainement sa carri\u00e8re comme directrice en chef sur une grosse base, peut-\u00eatre celle de Joyau o\u00f9 elle succ\u00e9derait \u00e0 Justin Bormann).<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Ah, Parker&#8230; Alors comme \u00e7a, vous nous quittez ?<\/em><br \/>\n<em>&#8211; Eh oui madame.<\/em><br \/>\n<em>&#8211; C&rsquo;est regrettable. Dites-moi, vous aviez fait une demande pour que le bureau vous confie un vaisseau ?<\/em><br \/>\n<em>&#8211; C&rsquo;est exact, oui.<\/em><br \/>\n<em>&#8211; J&rsquo;ai accept\u00e9 sur le principe, mais je n&rsquo;ai pas de vaisseau en surplus ici, ni sur les autres bases du sous-secteur&#8230; Je vois quand m\u00eame une solution possible pour acc\u00e9der \u00e0 votre demande : nous avons actuellement un appareil en d\u00e9tachement qui est en panne sur Nakege. L&rsquo;\u00e9quipage \u00e0 qui il avait \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 a&#8230; d\u00e9conn\u00e9. Je ne vais pas entrer dans les d\u00e9tails, mais le vaisseau leur a \u00e9t\u00e9 retir\u00e9. Si vous le voulez, il est pour vous. Mais vous devrez aller le chercher l\u00e0-bas, proc\u00e9der aux premi\u00e8res r\u00e9parations, et le ramener ici pour que la Maintenance lui fasse une r\u00e9vision compl\u00e8te.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Casartelli compl\u00e8te rapidement quelques documents informatiques qu&rsquo;elle tenait pr\u00eats, et les transf\u00e8re \u00e0 Damien : ce sont les documents lui confiant, pour une dur\u00e9e d&rsquo;un an (renouvelable), une estafette de classe <em>Sulieman<\/em> et de num\u00e9ro matricule S001838-C.<br \/>\nElle explique que le vaisseau a eu un gros probl\u00e8me avec ses syst\u00e8mes \u00e9lectroniques. Il faut qu&rsquo;un \u00e9quipage aille changer un certain nombre de pi\u00e8ces et r\u00e9installe l&rsquo;essentiel du syst\u00e8me informatique de l&rsquo;ordinateur de bord. Une fois l&rsquo;appareil \u00e0 nouveau en \u00e9tat de voler, il devra \u00eatre ramen\u00e9 \u00e0 la base de Joyau pour y subir une r\u00e9vision compl\u00e8te. S001838-C se trouve sur Nakege <em>(Marches Directes \/ Joyau 1305)<\/em>, \u00e0 deux parsecs d&rsquo;ici, o\u00f9 son pr\u00e9c\u00e9dent \u00e9quipage l&rsquo;a abandonn\u00e9 apr\u00e8s avoir commis de graves manquements dans l&rsquo;entretien et dans l&rsquo;utilisation \u00ab\u00a0en bon p\u00e8re de famille\u00a0\u00bb. Le SIEI, qui reste propri\u00e9taire des vaisseaux en d\u00e9tachement, fournira \u00e0 Damien les pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es et logiciels n\u00e9cessaires aux r\u00e9parations \u00e0 r\u00e9aliser sur place (sous la forme de trois cantines pleines de pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es \u00e9lectroniques et d&rsquo;outils, et d&rsquo;une quatri\u00e8me cantine contenant une imprimante 3D et une centrale de diagnostic informatique (qui servira \u00e9galement \u00e0 l&rsquo;installation et \u00e0 la mise \u00e0 jour logicielle)), ainsi que des codes informatiques permettant de prendre le contr\u00f4le de l&rsquo;ordinateur de bord pour proc\u00e9der \u00e0 la nouvelle installation. L&rsquo;ancien syst\u00e8me d&rsquo;exploitation est probablement fortement corrompu, et de toutes fa\u00e7ons il a \u00e9t\u00e9 reconfigur\u00e9 pour l&rsquo;ancien \u00e9quipage : utiliser le vaisseau sans le r\u00e9installer serait risqu\u00e9, \u00e0 supposer que ce soit possible. Le syst\u00e8me d&rsquo;exploitation fourni est un syst\u00e8me temporaire, qui fonctionnera pendant trois mois sans mise \u00e0 jour, puis bloquera l&rsquo;appareil au sol au premier atterrissage une fois sa validit\u00e9 d\u00e9pass\u00e9e, ceci pour d&rsquo;\u00e9videntes raisons de s\u00e9curit\u00e9.<br \/>\nCasartelli remet en outre \u00e0 Damien quatre titres de transport en deuxi\u00e8me classe pour Nakege via Mongo <em>(Marches Directes \/ Joyau 1204)<\/em>, valables \u00e0 bord de n&rsquo;importe lequel des vaisseaux de la compagnie <em>Coursiers en Joyaux<\/em> (une petite compagnie commerciale dont les vaisseaux circulent dans et autour de l&rsquo;<em>Amas de Joyau<\/em>, en assurant \u00e0 l&rsquo;occasion des transports pour le compte du SIEI, surtout pour desservir Nakege, qui n&rsquo;a pas de base du SIEI et avec qui les liaisons du Service sont donc moins fr\u00e9quentes) : <em>\u00ab\u00a0Un pour vous, un pour votre pilote, un pour votre m\u00e9cano et un pour votre informaticien.\u00a0\u00bb<\/em> En effet, Damien ne sachant ni piloter, ni g\u00e9rer les machines, va devoir s&rsquo;entourer d&rsquo;un \u00e9quipage comp\u00e9tent (conform\u00e9ment \u00e0 ce qu&rsquo;il a indiqu\u00e9 dans son dossier de demande d&rsquo;attribution d&rsquo;un vaisseau).<br \/>\nElle lui fournit encore quatre cartes de cr\u00e9dit pr\u00e9pay\u00e9es, chacune avec 1000 Cr dessus, pour les d\u00e9penses impr\u00e9vues. Une fois le vaisseau ramen\u00e9 \u00e0 Joyau, son nouvel \u00e9quipage sera log\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel aux frais du SIEI pendant la dur\u00e9e de la r\u00e9vision (de l&rsquo;ordre d&rsquo;une semaine). L&rsquo;appareil lui sera alors confi\u00e9 pour un an.<br \/>\nLe pr\u00eat d&rsquo;un an est la proc\u00e9dure standard. L&rsquo;\u00e9quipage devra prendre en charge les frais inh\u00e9rents aux syst\u00e8mes vitaux et le carburant, et entretenir correctement l&rsquo;appareil. Le journal de bord sera examin\u00e9 \u00e0 chaque passage par des installations du SIEI, pour collecter des renseignements sur les spatioports et les mouvements de vaisseaux dans la r\u00e9gion. Au bout d&rsquo;un an, le SIEI assurera la r\u00e9vision annuelle compl\u00e8te de l&rsquo;appareil, suite \u00e0 quoi le bail pourra \u00e9ventuellement \u00eatre renouvel\u00e9 pour un an, et ainsi de suite.<br \/>\nEn concluant l&rsquo;entrevue, Casartelli ajoute \u00e0 propos du vaisseau un \u00e9nigmatique <em>\u00ab\u00a0Et j&rsquo;esp\u00e8re que vous ne ferez pas honneur \u00e0 sa r\u00e9putation&#8230;\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Damien et son comparse Quentin Williamson, un m\u00e9canicien costaud et passionn\u00e9 de robots, talentueux mais pathologiquement asocial, qui quitte lui aussi le SIEI en m\u00eame temps, organisent peu apr\u00e8s leur pot de d\u00e9part, auquel sont convi\u00e9s d&rsquo;anciens coll\u00e8gues et quelques autres personnes se trouvant au spatioport orbital de Joyau, dont les deux autres membres du nouvel \u00e9quipage : Lerbert Von Garthel, fils d&rsquo;une petite famille noble de Caladbolg <em>(Marches Directes \/ Mondes-\u00c9p\u00e9es 1329)<\/em>, qui vient lui aussi de quitter (avec le grade de lieutenant de vaisseau de premi\u00e8re classe) une carri\u00e8re d&rsquo;officier dans la Stellaire, carri\u00e8re qu&rsquo;il avait probablement embrass\u00e9e sous la pression des traditions familiales, car il est manifeste qu&rsquo;il se serait beaucoup plus \u00e9panoui au sein du SIEI ; et Lonyi Yundis Barek, une filiforme et androgyne Darrienne pur souche, brillante dipl\u00f4m\u00e9e en sciences \u00e9conomiques et commerciales de la prestigieuse <em>universit\u00e9 de Zlodh<\/em>, sur Darrien <em>(Marches Directes \/ Darrien 0627)<\/em>, sa plan\u00e8te natale dont elle arrive tout juste \u00e0 l&rsquo;issue d&rsquo;un voyage d&rsquo;environ huit mois. \u00c2g\u00e9e d&rsquo;une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es de moins que ses futurs compagnons de route, sa prestance et son aisance en soci\u00e9t\u00e9 contrastent avec l&rsquo;attitude de Quentin, qui passe le plus clair de l&rsquo;\u00e9v\u00e8nement \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de la foule, une cagoule d\u00e9cor\u00e9e de boucliers et d&rsquo;yeux brod\u00e9s enfonc\u00e9e sur la t\u00eate.<br \/>\nSes anciens coll\u00e8gues ayant appris que Damien n&rsquo;avait toujours pas de vaisseau lui offrent un Sulieman en peluche de 80 cm de long. Quentin re\u00e7oit pour sa part un petit robot-jouet parlant.<br \/>\nEn discutant avec des \u00e9claireurs mieux inform\u00e9s que lui, Damien apprend que S0013838-C a \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9 <em>En F\u00e2cheuse Posture<\/em>, et qu&rsquo;il a la r\u00e9putation d&rsquo;\u00eatre un vaisseau \u00ab\u00a0porte-poisse\u00a0\u00bb : la derni\u00e8re remarque d&rsquo;Andrea Casartelli devient plus claire&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelques temps plus tard, les quatre voyageurs parviennent enfin \u00e0 embarquer pour Nakege, \u00e0 bord de <em>Halo Rutilant<\/em>, l&rsquo;un des trois vaisseaux de classe A-S2 des Coursiers en Joyaux, dont le commandant (et pilote) est Nadia Simanski et dont ils sont les seuls passagers. C&rsquo;est un petit vaisseau commercial typique, fonctionnel plut\u00f4t que luxueux. On est loin du luxe des grands paquebots, mais pour qui sait \u00e0 quoi s&rsquo;attendre en voyageant \u00e0 bord de ce type de vaisseaux, c&rsquo;est un moyen de transport parfaitement convenable.<br \/>\nLes voyageurs sont cantonn\u00e9s \u00e0 la zone destin\u00e9e aux passagers et, les hublots \u00e9tant automatiquement obtur\u00e9s par des volets m\u00e9talliques pendant le saut, ne peuvent pas s&rsquo;ab\u00eemer dans la contemplation du gris de l&rsquo;espace-saut (un spectacle r\u00e9put\u00e9 pour avoir rendu fou des personnes de nature d\u00e9pressive, raison pour laquelle de nombreux appareils transportant des passagers prennent cette pr\u00e9caution). La situation convient plut\u00f4t bien \u00e0 Quentin, qui n&rsquo;a ainsi que peu de personnes \u00e0 c\u00f4toyer et se montre capable d&rsquo;avoir des relations normales avec elles (et sans sa cagoule !), d&rsquo;autant plus une fois qu&rsquo;il les connait mieux. Il met \u00e0 profit le temps dont il dispose pour \u00e9tudier la constitution et le fonctionnement du robot-jouet qui lui a \u00e9t\u00e9 offert. Lerbert, qui craint de s&rsquo;ennuyer, profite du voyage (et en particulier de la longue semaine pass\u00e9e dans le huis clos de l&rsquo;espace-saut) pour se documenter sur Nakege gr\u00e2ce aux informations de la base de donn\u00e9es imp\u00e9riale. Lonyi, \u00e0 qui il faut une bonne heure le matin au r\u00e9veil avant d&rsquo;\u00eatre pleinement op\u00e9rationnelle, joue de la harpe et cherche \u00e0 \u00e9tablir des relations avec l&rsquo;\u00e9quipage du vaisseau. Celui-ci est compos\u00e9 de quatre personnes : outre Nadia Simanski, une ancienne capitaine de corvette de la Stellaire d&rsquo;environ quarante-cinq ans qui s&rsquo;est reconvertie dans le priv\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es, il y a Orwenn Julsonn, le m\u00e9canicien costaud au cr\u00e2ne ras\u00e9, Maryam McAllister, l&rsquo;astrogatrice (et second m\u00e9cano), une ancienne du bureau Communications du SIEI dans les m\u00eames \u00e2ges que Damien et Quentin, et Guileni Shimushur, le steward et m\u00e9decin, un jeune de 22 ans qui travaille actuellement pour acqu\u00e9rir de l&rsquo;exp\u00e9rience m\u00e9dicale et financer la fin de ses \u00e9tudes de m\u00e9decine sur Joyau, qu&rsquo;il a actuellement interrompues. Damien lui propose de lui faire b\u00e9n\u00e9ficier de son exp\u00e9rience, et passe une bonne partie du voyage \u00e0 l&rsquo;aider \u00e0 approfondir certains de ses cours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s un ravitaillement en \u00e9cumant l&rsquo;atmosph\u00e8re d&rsquo;une des g\u00e9antes gazeuses de Mongo et un rapide arr\u00eat au spatioport orbital pour y d\u00e9poser une cargaison \u00e0 la base locale de la Stellaire, Halo Rutilant saute \u00e0 nouveau, en direction de Nakege, o\u00f9 il arrive sans encombre une semaine plus tard. Guileni Shimushur a fait part aux passagers de l&rsquo;intention de la commandante Simanski de s&rsquo;arr\u00eater le moins longtemps possible sur place (pour une raison facile \u00e0 comprendre : pour un petit vaisseau comme le sien, qui ne d\u00e9gage que des marges r\u00e9duites, un arr\u00eat plus long que n\u00e9cessaire est une perte de temps et donc d&rsquo;argent), mais les voyageurs pr\u00e9f\u00e9reraient qu&rsquo;elle attende au moins qu&rsquo;ils aient fait un premier examen du vaisseau qu&rsquo;ils viennent r\u00e9cup\u00e9rer : au cas o\u00f9 ils constateraient qu&rsquo;il leur manque du mat\u00e9riel pour cette t\u00e2che, Halo Rutilant pourrait porter un message de leur part \u00e0 une base du SIEI lors de sa prochaine escale. Simanski refuse d&rsquo;abord, mais gr\u00e2ce aux talents de n\u00e9gociatrice de Lonyi, finit par accepter d&rsquo;attendre cinq heures sur place.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gr\u00e2ce aux informations trouv\u00e9es par Lerbert dans la BDDI, les voyageurs sont d\u00e9j\u00e0 assez bien renseign\u00e9s sur le monde o\u00f9 ils vont d\u00e9barquer. Nakege, d&rsquo;un diam\u00e8tre d&rsquo;environ 8.000 km, a une atmosph\u00e8re fortement charg\u00e9 en gaz soufr\u00e9s rejet\u00e9s par l&rsquo;intense activit\u00e9 volcanique de la plupart de ses montagnes, ce qui rend le port d&rsquo;un respirateur fortement recommand\u00e9, surtout en cas de s\u00e9jour prolong\u00e9 ou d&rsquo;effort physique intense (au grand regret de Lonyi, qui a surtout respir\u00e9 de l&rsquo;air en conserve depuis plus de huit mois). Le seul oc\u00e9an, situ\u00e9 juste au sud de l&rsquo;\u00e9quateur, n&rsquo;occupe qu&rsquo;environ 10 % de la surface plan\u00e9taire. Les 5.000 habitants vivent pour la plupart pr\u00e8s de ses c\u00f4tes nord-est, dans une r\u00e9gion qui n&rsquo;est pas volcaniquement active. La plan\u00e8te appartient \u00e0 <em>Schunamann und Sohn, AG (SuSAG)<\/em>, l&rsquo;une des treize m\u00e9gacorps, les plus puissantes entreprises de l&rsquo;Imperium, principalement active dans les domaines de la chimie et des biotechnologies. Les lois locales ne pr\u00e9sentent pas de particularit\u00e9 \u00ab\u00a0tordue\u00a0\u00bb. Le niveau technologique qui peut \u00eatre produit ou r\u00e9par\u00e9 localement correspond grosso modo \u00e0 celui de Terra \u00e0 la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle, et le spatioport n&rsquo;est que de classe D, tr\u00e8s peu \u00e9quip\u00e9 et sans \u00e9l\u00e9ment orbital. Nakege est pauvre et n&rsquo;a quasiment rien \u00e0 proposer \u00e0 l&rsquo;exportation, son \u00e9conomie \u00e9tant principalement tourn\u00e9e vers une agriculture vivri\u00e8re, comme le d\u00e9couvre Lonyi en faisant quelques recherches compl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Halo Rutilant traverse l&rsquo;atmosph\u00e8re de la plan\u00e8te et ses nuages orange ou brun sombre sans rencontrer beaucoup de turbulences, et bient\u00f4t le vaisseau est sur le sol au spatioport. Celui-ci est principalement constitu\u00e9 d&rsquo;une dizaine d&#8217;emplacements agenc\u00e9s en un cercle ouvert d&rsquo;environ un kilom\u00e8tre de diam\u00e8tre autour de la zone d&rsquo;atterrissage vertical, chacun entour\u00e9 vers l&rsquo;ext\u00e9rieur et sur les c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;un mur \u00e9pais principalement fait de terre, et dont trois sont couverts d&rsquo;un toit. Aucun vaisseau n&rsquo;\u00e9tant visible depuis le ciel, Lerbert se f\u00e9licite qu&rsquo;En F\u00e2cheuse Posture ait \u00e9t\u00e9 abrit\u00e9 des intemp\u00e9ries. Mais une fois au sol, les voyageurs ne peuvent que constater que Halo Rutilant est le seul vaisseau pr\u00e9sent sur place&#8230; Ce qui n&#8217;emp\u00eache pas Orwenn Julsonn de commencer \u00e0 sortir de la soute leurs cantines avec le robot m\u00e9canicien de Quentin, un puissant <em>63MEK49<\/em> \u00e0 propulsion antigrav.<br \/>\nLerbert, tr\u00e8s attentif aux sujets environnementaux, ne peut que constater que les installations laissent fortement \u00e0 d\u00e9sirer sur ce plan : le sol des emplacements de stationnement n&rsquo;est pas imperm\u00e9able et il n&rsquo;y a rien pour collecter les eaux pluviales ni les effluents de vaisseaux (et encore moins pour les s\u00e9parer).<br \/>\nUn agent de l&rsquo;ASP (<em>Autorit\u00e9 Spatioportuaire<\/em>, l&rsquo;administration civile imp\u00e9riale charg\u00e9e de g\u00e9rer les spatioports), R. Melrose (selon la bande patronymique de son uniforme), s&rsquo;est pr\u00e9sent\u00e9 au sas de Halo Rutilant pour r\u00e9gler les formalit\u00e9s d&rsquo;arriv\u00e9e avec la commandante Simanski. Il est accompagn\u00e9 de deux dockers qui proposent leurs services (payants) pour transporter le barda des voyageurs, mais ceux-ci d\u00e9clinent l&rsquo;offre.<br \/>\nAucun des trois agents spatioportuaires n&rsquo;a le moindre renseignement \u00e0 fournir \u00e0 propos d&rsquo;En F\u00e2cheuse Posture, mais une chose est certaine : il n&rsquo;est pas sur le spatioport&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vers l&rsquo;ouverture du cercle de stationnement, le long d&rsquo;une piste d&rsquo;atterrissage d&rsquo;environ 5 km de long (pour les appareils incapables de se poser ou de d\u00e9coller \u00e0 la verticale), se trouvent les quelques b\u00e2timents du spatioport : capitainerie, \u00ab\u00a0tour\u00a0\u00bb de contr\u00f4le avec son m\u00e2t de communications, entrep\u00f4ts, petit b\u00e2timent pour les voyageurs et poste de douane. \u00c0 l&rsquo;oppos\u00e9 se trouvent les cuves d&rsquo;hydrog\u00e8ne. La ligne d&rsquo;extraterritorialit\u00e9, qui s\u00e9pare le spatioport de la plan\u00e8te elle-m\u00eame, est mat\u00e9rialis\u00e9e par une cl\u00f4ture m\u00e9tallique corrod\u00e9e haute d&rsquo;environ trois m\u00e8tres. Au-del\u00e0, la ville spatioportuaire, d&rsquo;environ 600 habitants seulement, ressemble plus \u00e0 un village qu&rsquo;\u00e0 une grande ville, mais c&rsquo;est pourtant l&rsquo;un des trois lieux les plus peupl\u00e9s de la plan\u00e8te (avec la capitale <em>Gravelle<\/em>, d&rsquo;une taille \u00e9quivalente, et le site de recherches de SuSAG dans la cha\u00eene des <em>Totarin<\/em>, qui emploie un millier de personnes).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Interrog\u00e9s par Lonyi, les douaniers, apr\u00e8s un instant de r\u00e9flexion, se souviennent que l&rsquo;\u00e9quipage d&rsquo;En F\u00e2cheuse Posture est reparti \u00e0 bord d&rsquo;un autre vaisseau, un vaisseau commercial de classe M. \u00c0 la capitainerie du spatioport, Melrose, l&rsquo;adjoint du capitaine, met aimablement \u00e0 sa disposition les registres d&rsquo;arriv\u00e9e et de d\u00e9part des vaisseaux. Elle y apprend qu&rsquo;En F\u00e2cheuse Posture a rel\u00e2ch\u00e9 deux fois ici pendant l&rsquo;ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e (1104) ; pour la derni\u00e8re fois il y a trois ou quatre mois, pendant une dur\u00e9e de deux jours, avant de repartir pour une destination non pr\u00e9cis\u00e9e mais indiqu\u00e9e comme \u00e9tant \u00ab\u00a0dans le syst\u00e8me\u00a0\u00bb, ayant \u00e9t\u00e9 affr\u00e9t\u00e9 par le directoire local de SuSAG (c&rsquo;est-\u00e0-dire les autorit\u00e9s de Nakege).<br \/>\nLa Darrienne passe un appel au centre administratif et directorial \u00e0 Gravelle, pour tenter d&rsquo;obtenir des renseignements sur la mission pour laquelle les autorit\u00e9s avaient affr\u00e9t\u00e9 l&rsquo;estafette. Son interlocuteur, a priori un employ\u00e9 subalterne, se renseigne aupr\u00e8s de plusieurs de ses coll\u00e8gues et finit par lui annoncer qu&rsquo;il ne peut rien lui dire par t\u00e9l\u00e9phone, mais que si ses compagnons et elle se rendent \u00e0 la capitale, toutes les explications d\u00e9sir\u00e9es leur seront apport\u00e9es. Laissant en consigne leurs cantines et le robot de Quentin, les voyageurs franchissent donc la douane et se rendent \u00e0 la gare de la spatioville, pour y prendre le train vers Gravelle, dont les wagons peu remplis sont tir\u00e9s par une locomotive \u00e0 vapeur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s un voyage de deux heures pour franchir la cinquantaine de kilom\u00e8tres qui s\u00e9pare le spatioport de la capitale, et s&rsquo;\u00e9tant fait indiquer le centre administratif et directorial par le chef de gare de Gravelle, les voyageurs p\u00e9n\u00e8trent dans le b\u00e2timent, dont le comptoir d&rsquo;accueil est d\u00e9sert. Avan\u00e7ant dans un couloir, ils sont rep\u00e9r\u00e9s par un employ\u00e9 qui, apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre enquis du but de leur visite, les installe dans un salon d&rsquo;attente confortable o\u00f9 il leur sert du caf\u00e9, des g\u00e2teaux faits maison et de la bi\u00e8re locale, et leur demande de patienter. Quelques minutes plus tard, arrive un homme en costume qui se pr\u00e9sente comme \u00e9tant Christian Grundmann, le sous-directeur des affaires \u00e9trang\u00e8res, des relations publiques et des ressources naturelles, et leur fait des excuses pour les avoir fait attendre. Il \u00e9coute leur r\u00e9cit, examine les documents que lui pr\u00e9sente Damien, r\u00e9fl\u00e9chit un moment, puis leur explique la situation. Il se souvient tr\u00e8s bien de l&rsquo;\u00e9quipage d&rsquo;En F\u00e2cheuse Posture, qu&rsquo;il qualifie de <em>\u00ab\u00a0bande de fauteurs de trouble\u00a0\u00bb<\/em> (en pr\u00e9cisant bien que c&rsquo;est <em>\u00ab\u00a0pour rester poli\u00a0\u00bb<\/em>), et qu&rsquo;ils se sont comport\u00e9s de fa\u00e7on inqualifiable partout o\u00f9 ils sont all\u00e9s sur Nakege. Il les avait recrut\u00e9s pour r\u00e9aliser un petit travail relativement simple, mais ils sont partis avec leur a\u00e9romobile sans avoir rempli leur part du contrat, ont embarqu\u00e9 \u00e0 bord du premier vaisseau de passage, et personne ici n&rsquo;a plus entendu parler d&rsquo;eux.<br \/>\nPuisque les documents de Damien semblent \u00eatre en r\u00e8gle et indiquent qu&rsquo;il est d\u00e9sormais le l\u00e9gitime d\u00e9tenteur de l&rsquo;estafette, Grundmann propose un march\u00e9 aux voyageurs : il leur r\u00e9v\u00e9lera l&rsquo;endroit o\u00f9 se trouve En F\u00e2cheuse Posture s&rsquo;ils acceptent de faire le petit travail pour lequel il avait pay\u00e9 leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Il s&rsquo;agit d&rsquo;utiliser l&rsquo;\u00e9quipement d&rsquo;analyse plan\u00e9tologique du vaisseau pour r\u00e9aliser une \u00e9tude g\u00e9ologique d\u00e9taill\u00e9e d&rsquo;une zone de la r\u00e9gion habit\u00e9e de la plan\u00e8te, zone dans laquelle se trouve un volcan que l&rsquo;on croyait \u00e9teint mais qui a grond\u00e9 une fois il y a un peu plus d&rsquo;un an, l&rsquo;\u00e9v\u00e8nement s&rsquo;\u00e9tant accompagn\u00e9 de faibles secousses sismiques. Il souhaite en particulier une cartographie d\u00e9taill\u00e9e de l&rsquo;int\u00e9rieur dudit volcan. Les finances de Nakege \u00e9tant r\u00e9duites, il ne peut leur proposer que 3.000 Cr pour cette t\u00e2che, qui ne devrait pas leur prendre bien longtemps. Les aventuriers acceptent, et le sous-directeur leur r\u00e9v\u00e8le qu&rsquo;En F\u00e2cheuse Posture est actuellement pos\u00e9 en plein dans le crat\u00e8re du volcan en question, le <em>Falakat<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Falakat se trouve \u00e0 une centaine de kilom\u00e8tres au sud de Gravelle, et \u00e0 une vingtaine de kilom\u00e8tres de la petite ville c\u00f4ti\u00e8re de <em>Tamurin<\/em>, accessible par le train. Le sous-directeur Grundmann d\u00e9clare que le directoire prendra en charge les frais de transport et de logement des voyageurs, et leur recommande un h\u00f4tel \u00e0 Gravelle, car le train quotidien pour la spatioville part le matin, pour y acheminer les travailleurs habitant \u00e0 la capitale. Les aventuriers sont confortablement log\u00e9s, mais remarquent \u00e0 leur d\u00e9part le lendemain matin que le personnel de l&rsquo;h\u00f4tel se pr\u00e9cipite vers les chambres qu&rsquo;ils ont occup\u00e9es, manifestement pour s&rsquo;assurer qu&rsquo;ils ne se sont pas comport\u00e9s comme leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs de sinistre m\u00e9moire.<br \/>\nLe groupe d\u00e9cide de se s\u00e9parer : tandis que Lonyi accompagne Quentin au spatioport pour y r\u00e9cup\u00e9rer le mat\u00e9riel devant permettre les r\u00e9parations de l&rsquo;estafette, Damien et Lerbert prennent le train pour Tamurin, dont le maire, Musafer Purru, a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9venu de leur arriv\u00e9e par Grundmann et doit leur fournir l&rsquo;assistance dont ils auront besoin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De retour au spatioport, Quentin, qui pr\u00e9f\u00e8re \u00e9viter de faire lui-m\u00eame ses courses pour ne pas avoir \u00e0 entrer en contact avec les commer\u00e7ants, confie \u00e0 Lonyi une liste de pi\u00e8ces dont il aura besoin pour fabriquer un double plateau de transport, sur lequel les cantines de mat\u00e9riel pourront \u00eatre plac\u00e9es pour \u00eatre transport\u00e9es par le robot. Une fois le n\u00e9cessaire achet\u00e9 au magasin d&rsquo;\u00e9quipement pour vaisseaux spatiaux qui jouxte le spatioport, la Darrienne laisse son camarade faire son bricolage et va d\u00e9ambuler dans la ville spatioportuaire pour tenter d&rsquo;en savoir plus sur le pr\u00e9c\u00e9dent \u00e9quipage d&rsquo;En F\u00e2cheuse Posture, dont le comportement l&rsquo;intrigue : elle craint qu&rsquo;il ne soit d\u00fb \u00e0 l&rsquo;influence d&rsquo;une substance (un gaz, peut-\u00eatre) \u00e0 laquelle ils auraient \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s dans le crat\u00e8re du Falakat. Mais il semble finalement qu&rsquo;il se soit tout simplement agi d&rsquo;une bande de bons gros connards.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant ce temps, Damien et Lerbert arrivent \u00e0 Tamurin, apr\u00e8s environ quatre heures de tortillard \u00e0 vapeur. Ils sont accueillis par le maire, qui leur propose d&rsquo;aller manger avant d&rsquo;entreprendre l&rsquo;ascension du volcan. En discutant lors du repas, ils apprennent qu&rsquo;un g\u00e9ologue de passage sur Nakege a fait un examen rapide du Falakat il y a quelques mois et a conclu qu&rsquo;il n&rsquo;y avait quasiment aucun risque d&rsquo;\u00e9ruption.<br \/>\nUn cultivateur, Eneri Salbagan, les emm\u00e8ne \u00e0 bord de son tracteur \u00e0 vapeur (un vrai tape cul). En lui faisant la conversation, Damien et Lerbert apprennent que, comme beaucoup d&rsquo;autres autochtones, il a une s\u00e9rieuse dent contre l&rsquo;ancien \u00e9quipage de l&rsquo;estafette, qui lui a saccag\u00e9 un champ de choux en le traversant, alors qu&rsquo;il aurait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s simple de le contourner. Le tracteur ne peut aller au-del\u00e0 de 500 m d&rsquo;altitude, les flancs de la montagne devenant trop escarp\u00e9s et trop accident\u00e9s. Les voyageurs disent \u00e0 leur chauffeur que ce n&rsquo;est pas la peine de les attendre : ils lui passeront un coup de fil s&rsquo;ils ont besoin qu&rsquo;il revienne les chercher ici.<br \/>\nMalgr\u00e9 la hauteur du volcan, l&rsquo;ascension est relativement ais\u00e9e. En bon m\u00e9decin, Damien se m\u00e9fie du mal des montagnes, mais la pression atmosph\u00e9rique sur Nakege fait qu&rsquo;il n&rsquo;y a aucun risque \u00e0 ces altitudes. Les pentes sont rocailleuses, avec pas mal d&rsquo;\u00e9boulis, et quelques buissons et broussailles doivent \u00eatre contourn\u00e9s, mais les deux hommes progressent d&rsquo;un bon pas, et ne rencontrent pas de passage difficile avant environ 1.700 m d&rsquo;altitude. L\u00e0, une grosse corniche les emp\u00eache de continuer leur marche vers le sommet. Plut\u00f4t que de chercher \u00e0 la contourner, Lerbert d\u00e9cide d&rsquo;en tenter l&rsquo;escalade tout en mettant en place une corde, gr\u00e2ce \u00e0 laquelle Damien, qui bien qu&rsquo;il ait une certaine exp\u00e9rience du milieu montagneux, a jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent toujours grimp\u00e9 en a\u00e9romobile, pourra le suivre sans grosses difficult\u00e9s, et sans risques de chute puisque le pilote, qui est pour sa part un alpiniste chevronn\u00e9, dispose du mat\u00e9riel n\u00e9cessaire (harnais de s\u00e9curit\u00e9 attach\u00e9 \u00e0 la corde par un mousqueton et jumars (poign\u00e9es bloquantes qu&rsquo;on accroche \u00e0 la corde (et au harnais) et qui ne peuvent coulisser que dans un sens)) pour que son camarade puisse le rejoindre sans risque. Ils d\u00e9cident de laisser la corde pour que le reste de l&rsquo;\u00e9quipe puisse les rejoindre plus facilement.<br \/>\nDans un buisson un peu plus haut, Damien d\u00e9couvre des ossements humains : ce sont les restes manifestement anciens de deux personnes, dont l&rsquo;une avait les deux jambes fractur\u00e9es. Les os ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9s par des animaux, et l&rsquo;\u00e9quipement des deux malchanceux n&rsquo;a gu\u00e8re r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 de longues ann\u00e9es d&rsquo;exposition aux rigueurs de l&rsquo;environnement. En fouinant dans les broussailles, Damien met la main sur un vieil ordinateur personnel, cass\u00e9 et dont la batterie est d\u00e9charg\u00e9e. Lerbert se souvient que quand il \u00e9tait enfant, son grand-p\u00e8re en avait un d&rsquo;un mod\u00e8le proche.<br \/>\nLe jour commence \u00e0 d\u00e9cliner alors que les deux grimpeurs sont encore \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres du sommet, et ils d\u00e9cident de bivouaquer sur place plut\u00f4t que de prendre le risque de continuer avec un \u00e9clairage insuffisant. Ils pr\u00e9viennent Salbagan qu&rsquo;ils ne redescendront pas ce soir. La nuit est paisible, de m\u00eame que pour Lonyi et Quentin qui sont revenus \u00e0 Gravelle avec tout le mat\u00e9riel, et prennent le lendemain matin le train pour Tamurin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au prix d&rsquo;un nouveau passage d\u00e9licat qui n\u00e9cessite la mise en place d&rsquo;une corde par Lerbert, la premi\u00e8re \u00e9quipe arrive \u00e0 environ 2.900 m d&rsquo;altitude, au point le plus bas du crat\u00e8re. Ce dernier, large d&rsquo;environ deux kilom\u00e8tres, a 200 m plus bas en son centre un lac de 500 m de diam\u00e8tre avec au milieu une \u00eele sur laquelle les grimpeurs peuvent voir la silhouette caract\u00e9ristique d&rsquo;un Sulieman.<br \/>\nDamien marque l&rsquo;endroit par lequel ils ont acc\u00e9d\u00e9 au crat\u00e8re, pour permettre \u00e0 la deuxi\u00e8me \u00e9quipe de suivre le m\u00eame chemin, puis les deux hommes descendent les flancs escarp\u00e9s vers l&rsquo;int\u00e9rieur et traversent les broussailles clairsem\u00e9es qui les s\u00e9parent du lac.<br \/>\nM\u00e9fiant, Damien commence par tremper dans le lac une branche arrach\u00e9e \u00e0 un buisson, puis sort son analyseur pour s&rsquo;assurer qu&rsquo;il s&rsquo;agit bien d&rsquo;eau (charg\u00e9e en soufre et en min\u00e9raux) \u00e0 une temp\u00e9rature normale et non d&rsquo;un liquide d\u00e9l\u00e9t\u00e8re. Une fois ces v\u00e9rifications faites, Lerbert attend que la chaleur du jour r\u00e9chauffe un peu le lac, puis il se met \u00e0 l&rsquo;eau (encore froide) apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre presque enti\u00e8rement d\u00e9shabill\u00e9 et fait sans se presser la travers\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00eele.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Sulieman, qui porte une tourelle pourvue d&rsquo;un laser minier, est bien En F\u00e2cheuse Posture, si l&rsquo;on se fie au nom peint sur sa coque couverte d&rsquo;\u00e9raflures, de bosses et de traces de br\u00fblure. Tout autour de lui dans les broussailles sont \u00e9parpill\u00e9s d\u00e9chets, pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es et objets divers, certains cass\u00e9s, d&rsquo;autres en bon \u00e9tat. Lerbert, qui est pieds nus, s&rsquo;en approche prudemment. L&rsquo;appareil est ferm\u00e9, mais au moyen des nouveaux codes d&rsquo;acc\u00e8s qui avaient \u00e9t\u00e9 fournis \u00e0 Damien, il parvient \u00e0 d\u00e9verrouiller l&rsquo;\u00e9coutille ventrale. Il doit cependant l&rsquo;ouvrir manuellement, car il n&rsquo;y a plus d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 bord (\u00e0 part pour les \u00e9clairages de secours, qui sont n\u00e9anmoins tr\u00e8s faibles).<br \/>\n\u00c0 l&rsquo;int\u00e9rieur, le vaisseau, o\u00f9 r\u00e8gnent de naus\u00e9abonds relents de chaussette moisie, est un terrible foutoir. Tout est en d\u00e9sordre, \u00e0 l&rsquo;image de l&rsquo;ext\u00e9rieur, avec des objets \u00e9parpill\u00e9s partout. Pour couronner le tout, pratiquement tous les panneaux d&rsquo;acc\u00e8s sont ouverts, les rev\u00eatements, d\u00e9j\u00e0 bien ab\u00eem\u00e9s, ont \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9s un peu partout, et des grappes de fils pendent des parois.<br \/>\nApr\u00e8s avoir constat\u00e9 que l&rsquo;armurerie, vide, \u00e9tait probablement la pi\u00e8ce la plus propre \u00e0 bord, et avoir eu des sueurs froides en constatant que des charges explosives (sans doute celles fournies \u00e0 l&rsquo;ancien \u00e9quipage par le sous-directeur Grundmann et destin\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude sismique du volcan) \u00e9taient jet\u00e9es en vrac parmi le bazar de la soute (il s&rsquo;occupe imm\u00e9diatement de les entreposer soigneusement dans l&rsquo;armurerie, en prenant les pr\u00e9cautions d&rsquo;usage que son exp\u00e9rience militaire lui a permis d&rsquo;apprendre), Lerbert d\u00e9cide de ne pas explorer enti\u00e8rement le vaisseau. Apr\u00e8s avoir cherch\u00e9 infructueusement des v\u00eatements propres pour pouvoir s&rsquo;habiller un peu, il r\u00e9cup\u00e8re pour ne plus marcher pieds nus une paire de claquettes qu&rsquo;il va laver au lac, puis remonte \u00e0 bord et se ferme dans le poste de pilotage en attendant les autres.<br \/>\nDamien, qui a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 ne pas laisser leurs affaires sans surveillance, d\u00e9cide d&rsquo;attendre pour traverser l&rsquo;arriv\u00e9e de la deuxi\u00e8me \u00e9quipe et du robot. En fouinant autour du lac, il d\u00e9couvre l&rsquo;existence de plusieurs tunnels de lave, dont les plus grands permettraient largement le passage d&rsquo;un homme, mais il pr\u00e9f\u00e8re \u00e9viter de s&rsquo;y aventurer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quentin et Lornyi finissent par arriver \u00e0 Tamurin. Comme leurs compagnons les ont tenus inform\u00e9s par communicateurs de leur progression et de leurs d\u00e9couvertes, la Darrienne demande au maire de la petite ville si deux personnes n&rsquo;auraient pas disparu sur la montagne il y a quelques dizaines d&rsquo;ann\u00e9es. Apr\u00e8s r\u00e9flexion, Purru se souvient d&rsquo;avoir autrefois entendu feu son p\u00e8re parler de deux alpinistes venus d&rsquo;outre-plan\u00e8te il y a une cinquantaine d&rsquo;ann\u00e9es, partis \u00e0 la conqu\u00eate du Falakat et que personne n&rsquo;a jamais revus ensuite. C&rsquo;est probablement leurs restes qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts hier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les retardataires \u00e9tant tous les deux bons grimpeurs, et pouvant en outre profiter des deux cordes pos\u00e9es la veille par Lerbert, ils rejoignent Damien en fin d&rsquo;apr\u00e8s-midi, puis se font porter par le robot de Quentin pour traverser le lac. Le m\u00e9canicien traverse le premier, puis renvoie sa machine chercher Lonyi et Damien. Pendant que Lerbert l&rsquo;aide \u00e0 rapprocher les cantines de l&rsquo;estafette, celui-ci entend du bruit dans les broussailles et y voit bouger une grosse masse indistincte dont la couleur brun fauve se confond assez bien avec celle de l&rsquo;environnement. Le pilote tire un coup de pistolet en l&rsquo;air qui fait fuir la myst\u00e9rieuse cr\u00e9ature, qui est peut-\u00eatre l&rsquo;animal qui a d\u00e9vor\u00e9 les rations empaquet\u00e9es dont des d\u00e9bris d&#8217;emballage se trouvent parmi les multiples objets \u00e9parpill\u00e9s alentour&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin r\u00e9unis, les quatre compagnons d\u00e9gagent une place \u00e0 bord pour y abriter leurs cantines et font le tour complet du vaisseau (o\u00f9 tout est dans le m\u00eame \u00e9tat lamentable et dont l&rsquo;a\u00e9romobile est bien entendu absente), puis font de la place dans les cabines pour pouvoir y dormir. Lerbert a trouv\u00e9 dans la cambuse quelques conserves non p\u00e9rim\u00e9es, qui seront la base du d\u00eener.<br \/>\nLonyi parvient \u00e0 acc\u00e9der aux enregistrements de bord. Ils sont tr\u00e8s laconiques, mais indiquent que le pr\u00e9c\u00e9dent \u00e9quipage d\u00e9tenait En F\u00e2cheuse Posture depuis d\u00e9but 1099, que le vaisseau circulait principalement dans le Saillant de Joyau et ses environs imm\u00e9diats, et confirment qu&rsquo;il est bien venu deux fois sur Nakege en 1104, la seconde en provenance de Lysen <em>(Marches Directes \/ Joyau 1307)<\/em>. La maintenance annuelle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e correctement selon ces enregistrements, mais Quentin remarque que bon nombre de pi\u00e8ces importantes ne sont pas les pi\u00e8ces de qualit\u00e9 fournies et install\u00e9es par le SIEI, mais des pi\u00e8ces bon march\u00e9 ou r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es dans des casses : les voyageurs comprennent que leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs ont arnaqu\u00e9 le Service (sans doute en soudoyant au passage les m\u00e9caniciens charg\u00e9s de la maintenance du vaisseau) en faisant installer des pi\u00e8ces bon march\u00e9 et en revendant un bon prix les pi\u00e8ces neuves de qualit\u00e9 qui \u00e9taient destin\u00e9es \u00e0 leur appareil&#8230; et qui ne leur avaient rien co\u00fbt\u00e9.<br \/>\nLes instruments plan\u00e9tologiques semblent \u00eatre encore intacts et fonctionnels, contrairement \u00e0 la plupart des choses \u00e0 bord. Il devrait donc \u00eatre possible de r\u00e9aliser l&rsquo;\u00e9tude demand\u00e9e par le sous-directeur Grundmann.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quentin, qui a \u00e9valu\u00e9 l&rsquo;\u00e9tendue des travaux \u00e0 r\u00e9aliser sur le vaisseau, veut s&rsquo;atteler imm\u00e9diatement aux r\u00e9parations. Ses camarades ont toutes les peines du monde \u00e0 le convaincre d&rsquo;aller dormir pour se reposer de la fatigue de son ascension tout en laissant son robot travailler seul \u00e0 remettre en service le r\u00e9acteur du vaisseau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le lendemain, le robot m\u00e9canicien ayant bien travaill\u00e9 pendant leur sommeil, les voyageurs se r\u00e9veillent \u00e0 bord d&rsquo;un vaisseau disposant \u00e0 nouveau d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9. Tandis que Lonyi met comme d&rsquo;habitude du temps avant d&rsquo;\u00eatre pleinement op\u00e9rationnelle, Quentin, assist\u00e9 de son robot, se met enfin au travail sur l&rsquo;\u00e9lectronique de l&rsquo;appareil en commen\u00e7ant par le r\u00e9tablissement des syst\u00e8mes vitaux. Damien et Lerbert, qui ne pensent pouvoir lui \u00eatre d&rsquo;aucune utilit\u00e9, sortent pour trier le d\u00e9potoir \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur. Ils mettent de c\u00f4t\u00e9 ce qui peut encore \u00eatre utilisable, et entassent le reste sur les plateaux qui ont servi au robot pour porter les cantines de mat\u00e9riel. Lorsque Lonyi est enfin d&rsquo;attaque, elle se charge de r\u00e9installer l&rsquo;ensemble du syst\u00e8me informatique du bord.<br \/>\nDamien trouve parmi les objets jet\u00e9s tout autour du vaisseau les filtres du syst\u00e8me de recyclage de l&rsquo;air conditionn\u00e9, et une gamelle en m\u00e9tal sur laquelle ont \u00e9t\u00e9 grav\u00e9es les lettres BAXA. Lerbert et lui pensent qu&rsquo;il pourrait s&rsquo;agir de l&rsquo;animal mis en fuite la veille par le pilote. Apr\u00e8s y avoir vers\u00e9 le contenu d&rsquo;une bo\u00eete de corned-beef trouv\u00e9e \u00e0 bord, Damien la pose au sol, s&rsquo;en \u00e9loigne un peu et appelle <em>\u00ab\u00a0Baxa !\u00a0\u00bb<\/em>. Un animal efflanqu\u00e9 ressemblant \u00e0 un grand chien et dot\u00e9 d&rsquo;une imposante dentition finit par sortir des broussailles et s&rsquo;approcher avec m\u00e9fiance, puis se jette sur la gamelle en grondant et en engloutit avidement le contenu. Une recherche informatique dans ses bases de donn\u00e9es permet au scientifique de d\u00e9couvrir qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un sp\u00e9cimen tr\u00e8s maigre de <em>loup de Tensher<\/em>, un mammalo\u00efde omnivore \u00e0 tendance carnivore, nomm\u00e9 en l&rsquo;honneur du zoologiste Tensher qui le d\u00e9couvrit. Cet animal, qui p\u00e8se une cinquantaine de kg \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte, n&rsquo;est pas originaire des Marches Directes, mais il arrive qu&rsquo;il soit domestiqu\u00e9 et employ\u00e9 comme animal de compagnie ou de garde. Une fois la b\u00eate rassasi\u00e9e, Damien parvient assez facilement \u00e0 l&rsquo;amadouer. Entreprenant de la brosser, il d\u00e9couvre qu&rsquo;elle porte un collier avec une m\u00e9daille \u00e0 son nom.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir remis en service les syst\u00e8mes vitaux et l&rsquo;\u00e9lectronique des machines, Quentin explique \u00e0 Lonyi, qui a termin\u00e9 la r\u00e9installation et la mise \u00e0 jour de l&rsquo;ordinateur de bord, comment remplacer les circuits \u00e9lectroniques dans l&rsquo;ensemble du vaisseau. La t\u00e2che est fastidieuse mais pas compliqu\u00e9e : il suffit de tester un par un chaque \u00e9l\u00e9ment \u00e9lectronique, qui porte un num\u00e9ro sp\u00e9cifique, avec la centrale de diagnostic informatique, et de remplacer ceux qui sont d\u00e9fectueux par leurs \u00e9quivalents num\u00e9rot\u00e9s de m\u00eame, pris parmi les pi\u00e8ces de rechange apport\u00e9es de Joyau. La num\u00e9rotation suit une logique simple et indique l&#8217;emplacement de la pi\u00e8ce \u00e0 bord. Lonyi se remet au travail. Lerbert et Damien (qui a install\u00e9 Baxa dans la soute, sur une vieille couverture en piteux \u00e9tat qui lui servait visiblement de couche) ach\u00e8vent le rangement et le m\u00e9nage \u00e0 bord. Les d\u00e9chets ramass\u00e9s (y compris \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur) sont rassembl\u00e9s dans la soute de l&rsquo;a\u00e9romobile. En soir\u00e9e, Quentin et son robot r\u00e9tablissent enfin l&rsquo;avionique et les contr\u00f4les du poste de pilotage. En F\u00e2cheuse Posture devrait d\u00e9sormais \u00eatre en \u00e9tat de faire un vol d&rsquo;essai, mais les voyageurs pr\u00e9f\u00e8rent proc\u00e9der en plein jour et attendre le lendemain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les premiers essais en vol s&rsquo;accompagnent d&rsquo;abord d&rsquo;une impressionnante gerbe d&rsquo;\u00e9tincelles sortant d&rsquo;un des panneaux du tableau de bord, et mettent en \u00e9vidence de nombreux probl\u00e8mes restant \u00e0 r\u00e9gler : Lerbert repose donc l&rsquo;estafette sur l&rsquo;\u00eele et Quentin et son robot se mettent imm\u00e9diatement au travail, car il y en a pour quelques heures. Damien en profite pour placer dans le crat\u00e8re et sur les flancs du Falakat capteurs et charges explosives. L&rsquo;id\u00e9al aurait \u00e9t\u00e9 d&rsquo;en installer aussi \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des tunnels de lave, mais il se refuse toujours \u00e0 y p\u00e9n\u00e9trer. Il pr\u00e9f\u00e8re aussi attendre que le vaisseau soit en l&rsquo;air (avec tout le monde \u00e0 bord) pour faire sauter les charges.<br \/>\nQuentin et son robot ayant termin\u00e9 leurs r\u00e9glages, Lerbert d\u00e9colle \u00e0 nouveau. Cette fois-ci, l&rsquo;appareil s&rsquo;av\u00e8re beaucoup plus stable, m\u00eame si (entre autres probl\u00e8mes) les commandes sont un peu dures, les d\u00e9lais de r\u00e9action un peu lents, et s&rsquo;il a encore tendance \u00e0 tirer un peu sur b\u00e2bord (un d\u00e9faut que, malgr\u00e9 tous ses efforts et \u00e0 son grand regret, le m\u00e9canicien ne parvient pas \u00e0 corriger).<br \/>\nDamien fait sauter les charges plac\u00e9es sur le volcan et commence \u00e0 collecter des donn\u00e9es avec les instruments plan\u00e9tologiques du bord. Il faut plusieurs heures \u00e0 l&rsquo;ordinateur pour sortir une mod\u00e9lisation 3D de l&rsquo;int\u00e9rieur de la montagne et analyser les donn\u00e9es pour en tirer des pr\u00e9visions. Mais une l\u00e9g\u00e8re secousse \u00e9branle le Falakat pendant la collecte des donn\u00e9es, suite \u00e0 quoi un l\u00e9ger panache de fum\u00e9e s&rsquo;\u00e9chappe de son flanc sud-ouest tandis que de grosses bulles viennent \u00e9clater en surface du lac de crat\u00e8re.<br \/>\nLes donn\u00e9es indiquent que le bouchon de lave solidifi\u00e9e qui obture la chemin\u00e9e du volcan s&rsquo;est fissur\u00e9, et l&rsquo;ordinateur pr\u00e9voit une probabilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9ruption de 95 % dans les huit mois \u00e0 venir. Cette \u00e9ruption devrait \u00eatre d&rsquo;une ampleur limit\u00e9e, peu de lave sortant du crat\u00e8re et les coul\u00e9es se figeant bien avant d&rsquo;atteindre la base du Falakat. Le panache de gaz et de cendres devrait \u00eatre pouss\u00e9 vers l&rsquo;ouest (donc vers l&rsquo;oc\u00e9an) par les vents dominants, sans menacer Tamurin. La mod\u00e9lisation informatique indique avec une quasi-certitude qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de risque significatif pour les implantations humaines autour du volcan, m\u00eame pas pour les quelques fermes \u00e9tablies sur les terres fertiles \u00e0 son pied. Toutefois, une surveillance est recommand\u00e9e, car ces pr\u00e9visions sont bas\u00e9es sur une cartographie incompl\u00e8te de la structure interne de la montagne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lonyi transmet ces premi\u00e8res conclusions au maire de Tamurin et Lerbert se pr\u00e9pare \u00e0 mettre le cap sur le spatioport, quand Damien remarque un voyant clignotant sur l&rsquo;\u00e9cran de la console scientifique : l&rsquo;ordinateur a revu ses pr\u00e9visions sur la base de nouvelles donn\u00e9es, et la mod\u00e9lisation 3D du volcan montre d\u00e9sormais une \u00e9norme colonne de lave for\u00e7ant le bouchon et remplissant les tunnels de lave, avec une \u00e9ruption pr\u00e9vue dans environ six minutes. Lonyi a \u00e0 peine le temps d&rsquo;en informer Purru que la machine actualise \u00e0 nouveau ses pr\u00e9visions : la mod\u00e9lisation montre d\u00e9sormais une colonne de lave bien plus r\u00e9duite, qui se contentera de s&rsquo;\u00e9couler hors du crat\u00e8re et sur les flancs du volcan, accompagn\u00e9e d&rsquo;un nuage de gaz br\u00fblants et de cendres. Les premi\u00e8res fumerolles sont d\u00e9j\u00e0 visibles aux orifices des tunnels de lave et au-dessus du lac, qui est en train de se vider et commence \u00e0 bouillir. Le sol tremble \u00e0 nouveau.<br \/>\nTout \u00e0 coup, l&rsquo;alarme anti-collision se met \u00e0 hurler <em>\u00ab\u00a0Missile ! Missile !\u00a0\u00bb<\/em> tandis que le radar montre de multiples projectiles sillonnant l&rsquo;air. Une \u00e9ruption a commenc\u00e9, non pas dans le crat\u00e8re mais bien plus bas sur le flanc sud-ouest du Falakat, et des bombes volcaniques ont \u00e9t\u00e9 projet\u00e9es dans les airs. Lerbert fonce vers l&rsquo;ouest et le vaisseau ne re\u00e7oit qu&rsquo;une pluie de petites pierres, qui vient ajouter aux multiples bosses que porte d\u00e9j\u00e0 sa coque meurtrie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les voyageurs re\u00e7oivent un appel du sous-directeur Grundmann, qui a re\u00e7u des rapports confus parlant de fum\u00e9e sortant de la montagne et d&rsquo;une secousse. Il souhaiterait savoir quelle est la gravit\u00e9 de la situation et quelles seront les cons\u00e9quences \u00e0 plus long terme. Lonyi lui expose aussi clairement que possible la situation, tandis qu&rsquo;elle re\u00e7oit un appel de Purru qui souhaite savoir s&rsquo;il doit donner l&rsquo;ordre d&rsquo;\u00e9vacuer sa ville. Damien lui assure que la simulation montre que Tamurin n&rsquo;est pas menac\u00e9e pour l&rsquo;instant. Pour permettre aux autorit\u00e9s d&rsquo;organiser au mieux les secours, Lerbert ram\u00e8ne En F\u00e2cheuse Posture vers le volcan et Lonyi leur transmet en direct les vid\u00e9os des cam\u00e9ras du bord. Elle entend Grundmann s&rsquo;entretenir avec plusieurs autres interlocuteurs. Les trois seules a\u00e9romobiles de la capitale, ainsi qu&rsquo;un train charg\u00e9 de sauveteurs et de mat\u00e9riel de secours, sont partis de Gravelle, et les habitants de la r\u00e9gion du Falakat sont fortement incit\u00e9s \u00e0 se r\u00e9fugier \u00e0 Tamurin, ou au petit village c\u00f4tier de <em>Courbinn<\/em> situ\u00e9 une vingtaine de kilom\u00e8tres plus au sud.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tandis que le radar anti-collision du vaisseau continue \u00e0 hurler <em>\u00ab\u00a0Missile !\u00a0\u00bb<\/em> \u00e0 chaque caillou volant qui passe \u00e0 proximit\u00e9, Lerbert survole l&rsquo;\u00e9ruption dans un air de plus en plus charg\u00e9 de cendres et de fum\u00e9es, pour permettre aux instruments topographiques du bord de r\u00e9aliser une cartographie pr\u00e9cise de la zone. Un v\u00e9ritable fleuve de lave jaillit d&rsquo;un orifice situ\u00e9 \u00e0 environ 2300 m d&rsquo;altitude sur le flanc sud-ouest du volcan, mais le relief de la r\u00e9gion devrait l&rsquo;amener \u00e0 s&rsquo;\u00e9couler jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;oc\u00e9an. Seules quelques fermes et deux hameaux sont sur le trajet pr\u00e9visible de la coul\u00e9e. Courbinn ne sera peut-\u00eatre pas touch\u00e9, mais il semble toutefois pr\u00e9f\u00e9rable de le faire \u00e9vacuer. Tamurin, situ\u00e9e 20 km plus au nord, n&rsquo;est pas menac\u00e9e. Un sous-marin de p\u00eache annonce qu&rsquo;il se d\u00e9route vers le village pour embarquer autant d&rsquo;habitants qu&rsquo;il le pourra.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lonyi, toujours en communication avec Grundmann et Purru, re\u00e7oit un nouvel appel : cette fois-ci, il s&rsquo;agit carr\u00e9ment du directeur plan\u00e9taire lui-m\u00eame, Lucas Masterton, qui se trouve \u00e0 bord d&rsquo;une des a\u00e9romobiles fon\u00e7ant vers Tamurin. Il annonce qu&rsquo;il va installer dans cette derni\u00e8re ville le poste de coordination des secours, et souhaite savoir si la coul\u00e9e menace la piste et la voie ferr\u00e9e qui longent la c\u00f4te plus au sud, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit des axes que vont emprunter les r\u00e9fugi\u00e9s \u00e9vacuant la zone et les secours venus pour les aider. Gr\u00e2ce aux instruments topographiques, Damien pr\u00e9voit que la piste sera assez vite coup\u00e9e mais que la voie ferr\u00e9e devrait rester utilisable presque jusqu&rsquo;\u00e0 la fin. Par contre, Courbinn devrait \u00eatre englouti par la lave&#8230; Il faut \u00e9vacuer ses habitants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;ordinateur revoit une nouvelle fois ses pr\u00e9visions sur l&rsquo;\u00e9ruption, indiquant que l&rsquo;\u00e9coulement de lave se ralentit. Ces revirements incessant conduisent Damien \u00e0 soup\u00e7onner un probl\u00e8me informatique. Il demande \u00e0 Quentin d&rsquo;examiner l&rsquo;appareil, ce qui contraint ce dernier \u00e0 interrompre la t\u00e2che d&rsquo;analyse en cours. Mais il ne trouve rien d&rsquo;anormal sur la machine. Lorsqu&rsquo;il relance l&rsquo;analyse g\u00e9ologique, la mod\u00e9lisation 3D indique d\u00e9sormais qu&rsquo;un bouchon s&rsquo;est form\u00e9 dans la chemin\u00e9e du volcan, mais qu&rsquo;il devrait c\u00e9der d&rsquo;ici quelques minutes, ce qui se traduira par une \u00e9ruption massive accompagn\u00e9e d&rsquo;une nu\u00e9e ardente de cendres et de gaz br\u00fblants. Courbinn sera d\u00e9truit et toute personne se trouvant sur le trajet de la nu\u00e9e mourra. Tamurin ne devrait pas \u00eatre touch\u00e9e, \u00e0 part par quelques retomb\u00e9es de cendres. Les autorit\u00e9s ordonnent imm\u00e9diatement l&rsquo;\u00e9vacuation de la zone. Le sous-marin de p\u00eache fait toujours route vers Courbinn, mais il n&rsquo;est pas certain qu&rsquo;il y parvienne \u00e0 temps, ni qu&rsquo;il puisse embarquer tous les habitants \u00e0 son bord, et encore moins qu&rsquo;il r\u00e9ussisse \u00e0 fuir ensuite. Lerbert, qui fonce d\u00e9j\u00e0 vers le village, demande \u00e0 ce qu&rsquo;on fasse repartir le submersible pour qu&rsquo;il aille se mettre hors de danger : l&rsquo;estafette est en mesure d&rsquo;\u00e9vacuer la soixantaine d&rsquo;habitants bien plus rapidement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un Sulieman poss\u00e8de plusieurs acc\u00e8s, mais celui qui permettra de faire embarquer le plus rapidement un grand nombre de personnes est la porte de la soute (En F\u00e2cheuse Posture \u00e9tant un mod\u00e8le o\u00f9 elle se trouve \u00e0 la poupe). Mais c&rsquo;est l\u00e0 que se trouve actuellement Baxa. Damien va chercher le loup de Tensher pour l&rsquo;enfermer dans la petite cambuse (un local que l&rsquo;animal semble d\u00e9j\u00e0 bien conna\u00eetre et o\u00f9 il ne se fait pas prier pour entrer).<br \/>\nUn survol de Courbinn permet \u00e0 Lerbert de rep\u00e9rer l&rsquo;endroit id\u00e9al pour se poser : une aire b\u00e9tonn\u00e9e entre le quai du port et un entrep\u00f4t. Malheureusement, les habitants en occupent une partie et ne comprennent pas qu&rsquo;ils vont g\u00eaner l&rsquo;atterrissage. Lonyi demande aux autorit\u00e9s de les contacter pour leur demander de d\u00e9gager la zone, ce qui est fait. Apr\u00e8s avoir soigneusement calcul\u00e9 sa trajectoire, le pilote r\u00e9ussit \u00e0 se poser sans \u00e9craser personne, et Lonyi est suffisamment autoritaire et persuasive pour faire embarquer tout le monde en bon ordre : d&rsquo;abord un premier groupe comprenant les enfants, qui est d\u00e9pos\u00e9 d&rsquo;un coup d&rsquo;aile \u00e0 Tamurin (o\u00f9 un champ a \u00e9t\u00e9 d\u00e9gag\u00e9 pour permettre au vaisseau de se poser) ; puis un second, et enfin un troisi\u00e8me et dernier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lerbert se propose ensuite de tenter de forer une tranch\u00e9e avec le laser minier pour tenter de d\u00e9tourner la lave. Pour \u00eatre efficace, la tranch\u00e9e devrait \u00eatre \u00e9norme, ce qui repr\u00e9senterait un travail titanesque. Mais il n&rsquo;a pas le temps de commencer \u00e0 mettre son plan en application, car l\u00a0\u00bb\u00e9ruption massive tant redout\u00e9e finit par se produire. Le sommet du Falakat est pulv\u00e9ris\u00e9 et retombe en pluie de rochers, tandis qu&rsquo;une monstrueuse montagne de cendres et de fum\u00e9e s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve du volcan et commence \u00e0 en descendre le flanc en direction de la mer. Le directeur Masterton indique \u00e0 Lonyi qu&rsquo;il reste encore dans la zone deux groupes, un de onze personnes en route pour Courbinn \u00e0 bord de deux tracteurs \u00e0 vapeur, et un couple de fortes t\u00eates qui avait refus\u00e9 de quitter sa ferme et dont il regrette qu&rsquo;il soit trop tard pour les sauver.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lerbert rep\u00e8re les deux tracteurs qui avancent poussivement sur la piste menant \u00e0 Courbinn et se pose devant eux. Il y a l\u00e0 six adultes et cinq enfants, que Lonyi fait embarquer en vitesse dans la soute, malgr\u00e9 les r\u00e9criminations initiales de certains qui auraient voulu emporter des objets plus ou moins encombrants entass\u00e9s dans les remorques de leurs deux tracteurs \u00e0 vapeur.<br \/>\nLonyi ferme les portes de la soute et annonce aux autorit\u00e9s que l&rsquo;op\u00e9ration est un succ\u00e8s, tandis que Lerbert d\u00e9colle sans tarder en direction de l&rsquo;ouest, la nu\u00e9e ardente s&rsquo;approchant \u00e0 grande vitesse et n&rsquo;\u00e9tant plus qu&rsquo;\u00e0 quelques minutes. C&rsquo;est alors que ses instruments lui indiquent, dans la zone que la nu\u00e9e va engloutir, le signal du transpondeur d&rsquo;une a\u00e9romobile. \u00c0 sa grande surprise, il s&rsquo;agit de Nakege Un, l&rsquo;a\u00e9rolimousine du directeur plan\u00e9taire !<br \/>\nLe bon sens lui aurait command\u00e9 de fuir les lieux au plus vite, mais il d\u00e9cide d&rsquo;aller tenter de secourir les occupants du v\u00e9hicule. Ceux-ci sont d\u00e9j\u00e0 dans une situation d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, car les voyageurs captent leur appel de d\u00e9tresse path\u00e9tique, avec en bruits de fond un souffle qui donne l&rsquo;impression que le pare-brise et\/ou une autre vitre a \u00e9clat\u00e9 et un horrible couinement qui ressemble au bruit que feraient des g\u00e9n\u00e9rateurs gravitiques mis \u00e0 l&rsquo;effort et sur le point de l\u00e2cher : <em>\u00ab\u00a0SOS&#8230; SOS&#8230; Ici Nakege Un. L&rsquo;a\u00e9ro est endommag\u00e9e, les moteurs vont l\u00e2cher&#8230; Les vitres sont cass\u00e9es, j&rsquo;y vois plus rien&#8230; Je pense que je vais vers la mer mais je perds de la vitesse et de l&rsquo;altitude. Je crois pas qu&rsquo;on va s&rsquo;en sortir. Y a quelqu&rsquo;un ? S&rsquo;il vous plait ?\u00a0\u00bb<\/em> la voix implorante devient de plus en plus faible puis la communication est coup\u00e9e.<br \/>\nL&rsquo;a\u00e9rolimousine va s&rsquo;\u00e9craser d&rsquo;un instant \u00e0 l&rsquo;autre, et la nu\u00e9e ardente l&rsquo;engloutira presque aussit\u00f4t. La tentative de sauvetage sera extr\u00eamement risqu\u00e9e et devra \u00eatre tr\u00e8s rapide. Lonyi demande \u00e0 Damien de faire monter dans le carr\u00e9 de l&rsquo;\u00e9quipage les onze personnes qui viennent d&rsquo;\u00eatre r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es, pour qu&rsquo;elles ne risquent pas d&rsquo;\u00eatre br\u00fbl\u00e9es lors de l&rsquo;ouverture de la soute, et \u00e0 Quentin de descendre la rejoindre avec une corde et son robot. Apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre emmitoufl\u00e9e dans des v\u00eatements mouill\u00e9s (prenant bien soin de couvrir ses cheveux longs), pour tenter de se prot\u00e9ger des br\u00fblures caus\u00e9es par l&rsquo;air surchauff\u00e9, elle s&rsquo;encorde et lui demande de se tenir pr\u00eat \u00e0 la tirer \u00e0 bord. Lerbert se pose juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du signal du transpondeur, d\u00e9sormais immobile. Lonyi entrouvre la porte de la soute. Le grondement du volcan est assourdissant, l&rsquo;air, insupportablement br\u00fblant, est compl\u00e8tement obscurci par les cendres et la fum\u00e9e, et il lui faut quelques instants d&rsquo;adaptation pour deviner plus qu&rsquo;elle ne les voit trois personnes se tenant \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;a\u00e9romobile accident\u00e9e, dont l&rsquo;une tire \u00e0 l&rsquo;aveuglette des fus\u00e9es de d\u00e9tresse avec lesquelles elle risque surtout de la blesser accidentellement. Elle les empoigne et les pousse \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, s&rsquo;y jetant \u00e0 leur suite. Quentin actionne la fermeture de la porte et Lerbert d\u00e9colle aussit\u00f4t et fonce vers l&rsquo;oc\u00e9an, tandis que Damien, qui est redescendu dans la soute pour leur dispenser ses soins, cr\u00e9pit du contenu d&rsquo;un extincteur les rescap\u00e9s et Lonyi. Cette derni\u00e8re, noire de suie, souffre de br\u00fblures cutan\u00e9es, et les trois personnes qu&rsquo;elle vient de sauver, une femme d&rsquo;une trentaine d&rsquo;ann\u00e9es dont le visage est en sang et un couple de personnes \u00e2g\u00e9es, sont dans un \u00e9tat encore pire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est alors qu&rsquo;En F\u00e2cheuse Posture est rattrap\u00e9 et englouti par la nu\u00e9e ardente. L&rsquo;impact frappe violemment le vaisseau. Lerbert, bien sangl\u00e9 dans son fauteuil de pilotage, est simplement secou\u00e9, mais tous ses passagers sont violemment projet\u00e9s contre les parois et agit\u00e9s en tous sens. Dans la soute, les trois rescap\u00e9s du crash de l&rsquo;a\u00e9rolimousine perdent connaissance, et si les voyageurs restent conscients, ils n&rsquo;en sont pas moins tr\u00e8s fortement choqu\u00e9s.<br \/>\nLe vaisseau est d\u00e9vi\u00e9 vers le haut et l&rsquo;oc\u00e9an. Le r\u00e9acteur et les moteurs, surcharg\u00e9s, s&rsquo;arr\u00eatent brutalement. La gravit\u00e9 int\u00e9rieure se coupe, l&rsquo;int\u00e9rieur du vaisseau est soumis \u00e0 la gravit\u00e9 plan\u00e9taire. Toutes les lumi\u00e8res int\u00e9rieures s&rsquo;\u00e9teignent, puis se rallument plus faiblement quand les batteries de secours prennent le relais. Malheureusement, elles ne sont pas suffisamment puissantes pour alimenter les moteurs directionnels, et d&rsquo;un instant \u00e0 l&rsquo;autre, En F\u00e2cheuse Posture, qui roule et tangue en tous sens et serait de toutes fa\u00e7ons incapable de planer, va atteindre la fl\u00e8che de sa trajectoire et retomber vers l&rsquo;oc\u00e9an.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien que salement meurtri par le choc, Quentin se pr\u00e9cipite vers la salle des machines, son robot sur les talons. Tandis que Lerbert essaie en vain de red\u00e9marrer les contr\u00f4les directionnels, il se rue sur le r\u00e9acteur pour en court-circuiter les circuits de s\u00e9curit\u00e9 et r\u00e9tablit ainsi l&rsquo;alimentation des moteurs.<br \/>\nL&rsquo;estafette amorce le d\u00e9but de sa retomb\u00e9e lorsque le m\u00e9canicien r\u00e9ussit aussi \u00e0 red\u00e9marrer les contr\u00f4les depuis la console de secours de la salle des machines. Les commandes r\u00e9pondant enfin \u00e0 ses actions, Lerbert parvient \u00e0 stabiliser la trajectoire du vaisseau et commence \u00e0 en reprendre le contr\u00f4le. Mais il ne parvient pas \u00e0 redresser suffisamment vite, et En F\u00e2cheuse Posture heurte \u00e0 grande vitesse la surface de l&rsquo;oc\u00e9an selon une trajectoire proche de la tangente, glissant sur l&rsquo;eau que la chaleur intense de sa coque transforme imm\u00e9diatement en vapeur, avant de reprendre de l&rsquo;altitude et de s&rsquo;\u00e9lever dans une grande gerbe de vapeur et de d\u00e9bris. Enfin ma\u00eetre de l&rsquo;appareil, Lerbert met le cap sur Tamurin et son centre de secours, tandis que Damien peut enfin prodiguer des soins aux occupants de la soute et que Lonyi et Quentin prennent le temps de se faire \u00e0 eux-m\u00eames les premiers soins.<br \/>\nLerbert pr\u00e9vient les secours de Tamurin de son arriv\u00e9e et annonce le nombre de ses passagers, qu&rsquo;il pr\u00e9tend tous bless\u00e9s (ce qui s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre la v\u00e9rit\u00e9). D\u00e8s qu&rsquo;il s&rsquo;est pos\u00e9, il d\u00e9clenche l&rsquo;ouverture des issues de l&rsquo;appareil et se rend dans le carr\u00e9 pour voir dans quel \u00e9tat sont les onze premiers rescap\u00e9s. Ignorant les appels plaintifs de Baxa toujours ferm\u00e9 dans la cambuse, il commence \u00e0 prodiguer un massage cardio-respiratoire \u00e0 l&rsquo;un des enfants qui est en arr\u00eat cardiaque. Les secours arrivent et prennent le relais.<br \/>\nUne fois tous les Humains pris en charge, Damien se met \u00e0 la recherche d&rsquo;un v\u00e9t\u00e9rinaire pour Baxa. Par chance, l&rsquo;un des secouristes de Tamurin est v\u00e9to et, avec l&rsquo;aide de l&rsquo;ancien \u00e9claireur pour la contention, il proc\u00e8de \u00e0 l&rsquo;examen et aux soins de l&rsquo;animal, qui s&rsquo;av\u00e8re avoir une fracture \u00e0 l&rsquo;ant\u00e9rieur droit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les d\u00e9g\u00e2ts mat\u00e9riels caus\u00e9s par l&rsquo;\u00e9ruption sont importants, mais gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;intervention courageuse des voyageurs, aucune victime humaine n&rsquo;est \u00e0 d\u00e9plorer. Les quatre compagnons sont trait\u00e9s comme des h\u00e9ros par les autorit\u00e9s et la population reconnaissantes. Ils re\u00e7oivent un bonus de 1000 Cr en plus des 3000 promis pour l&rsquo;analyse g\u00e9ologique (ce qui repr\u00e9sente une somme substantielle dans le budget de Nakege, plan\u00e8te pauvre et qui va devoir en plus g\u00e9rer maintenant l&rsquo;apr\u00e8s-catastrophe), les moyens du spatioport sont mis gracieusement \u00e0 leur disposition pour r\u00e9parer les d\u00e9g\u00e2ts subis \u00e0 cause de l&rsquo;\u00e9ruption, et les habitants leur remettent produits alimentaires et boissons locaux, et pulls et bonnets tricot\u00e9s en fibres de chou laineux. Ils n&rsquo;ont plus qu&rsquo;\u00e0 ramener En F\u00e2cheuse Posture \u00e0 la base de Joyau&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Compte-rendu d&rsquo;une partie de Traveller bas\u00e9e sur une version modifi\u00e9e du toujours efficace sc\u00e9nario Type S publi\u00e9 par Avenger \/ ComStar.. (le nom de la campagne est provisoire&#8230;) 016-1105. 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