Kro

Dès fois, je me dis que je suis la dernière ou presque à voir ou lire certaines choses.
Tiens, Pratchett, par exemple.

Bon, là, pareil.
Land and Freedom de Ken Loach

Le Poulpe avec Darroussin

Ubik de Philip K. Dick

Un ticket pour Tranaï de Sheckey

Sur l’onde de choc de John Brunner
Je viens de voir Land and Freedom de Ken Loach.
Ben, oui, je sais.
Je connais au moins 3 personnes sur cette liste qui connaissent ce film par coeur.
Bien, pour ceux qui, mécréant comme moi, n’ont pas vu le film, c’est sur la guerre d’Espagne.
De nos jours, un vieil homme meurt. Sa petite fille retrouve dans ses papiers un vieux foulard rouge noué autour d’une poignée de sable. Elle lit alors ses vieilles lettres et découvre sa vie.
David, un chomeur de Liverpool part pour l’Espagne entrer dans les milices anti fasciste du POUM.
Seulement voilà, les démocraties occidentales ont trop peur de la révolution et refusent de leur vendre des armes. Faisons le dos rond, que préfère-t-on ? les fascistes ou les anarcho-coco ? Heureusement que le gouvernement français était de gauche, moi je dis.
Donc, on se bat avec des batons et des allumettes, et puis des vieux fusils, aussi.
Staline aussi a l’oeil sur l’Espagne. Et se dit qu’il pourrait bien rafler la mise. Il arme les communistes et les incite à combattre le POUM. A Barcelone, POUM et Communistes se tirent dessus… Dois-je préciser qui gagne ? Franco.
C’est un vie, très beau et émouvant, sans faire dans le mélo lourd.
On se laisse prendre à la camaraderie dans les rangs du POUM.
Les scènes de discussion politique (faut-il collectiviser ? Faut-il s’allier aux communistes ?) sont bien faites et ce n’était vraiment pas des scènes faciles.
Et sympa de le voir en VO, car si tout le monde parle anglais dans cette milice, tout le monde le parle avec son accent d’origine, Liverpool, France, Espagne, Allemagne…
Je suis toujours épatés de voir comment des gens de toute l’europe et meme des USA ont pu decider de venir en espagne, alors qu’ils ne savaient pas se battre, pour lutter contre le fascisme.
Je me dis aussi que de nos jours, ils auraient surement trouver des gens pour leur vendre des armes, pas par idéal, hein, on s’entend. Sauf que Franco aurait eu des missiles à uranium enrichi.
Bon, ben, je suis bien contente d’avoir vu Land and Freedom.
Et no passaran !

Le Poulpe avec Darroussin
Puisqu’on est dans le libertaire, continuons, puisque j’ai revu le Poulpe.
Le Poulpe est une série de polar, initié par JM Pouy et ensuite confié à divers auteurs.
Le Poulpe est un detective indépendant, qui défend la veuve et l’orphelin contre les cons et les salauds en ramassant la mise au passage (genre le Saint, mais en destroy).
Il a une copine délurée qui ici, l’accompagne dans ses aventures.
Les dialogues sont savoureux, l’intrigue pas mauvaise. C’est un défilé de trognes qu’on voit dans ce film qui fait craindre la province profonde.
Moi, ca m’amuse beaucoup. Le film rend bien l’atmosphère des livres et Daroussin et Clothilde Coureau sont excellent.

Ubik de Philip K. Dick
Voila, encore un grand classique de la SF que j’avais pas lu.
J’avais tellement entendu dire que Ubik était le meilleur roman du siècle, que finalement, ca me faisait un peu peur. Et puis, j’ai fini par le lire.
Ubik se place entre Le maître du Haut Chateau et Le dieu venu du Centaure.
Bcp plus compréhensible que le deuxième, mais quand meme moins bien que le premier.
En 1992 (!) les psy existent et une organisation anti-psy s’occupent de « déverminer » votre entreprise si vous craignez d’être infiltré. Or voila que toute une fine equipe de psy tombe dans un piège : une bombe explose et tue leur leur patron. A partir de ce moment, rien ne va plus : l’univers semble regresser autour d’eux, revenir dans le temps.
C’est de l’intrigue typique Dick avec des personnages qui ne cassent pas grand chose en terme de crédibilité (on fait pas Blade runner à tous les coups). C’est bien à lire, un bon scénar et pas trop embrouillé pour une fois. Mais ce n’est pas, à mon sens, le meilleur Dick.

Un ticket pour Tranaï de Sheckey
Une toute petite nouvelle pas sérieuse, tiré du coffret 1001 nuits intitulé « 10 retours vers le futur ».
Donc, c’est de l’humoristique, avec un pointe de grinçant.
Un type, désabusé de la corruption, de la criminalité et des inégalités sur terre, plaque tout et part pour Tranaï, planète qui a réalisé l’Utopie : pas de pauvre, pas de vol, pas de corruption, pas d’abus de pouvoir.
Il part, donc… et découvre l’arrière salle de l’Utopie.

Sur l’onde de choc de John Brunner
Une grande surprise avec ce livre qui m’impressionne vraiment. Tout d’abord, c’est du Cyberpunk de 1975. Juste pour dire que tout n’a pas tout a fait commencé avec Neuromancien, en 1984.
Ce qui est sidérant, c’est la modernité de ce texte, je dirais même : ses considérations politiques visionnaires.
L’autre surprise, c’est qu’il a servi de base pour le feuilleton « Le Camelon » !
Thème commun : un enfant orphelin est placé en institution d’état pour surdoué. Or, il estime que l’institution le trompe et s’enfuit. Pour ne pas être rattrapé, il endosse de multiples personnalités.
Sauf que « shockwave rider » n’a rien de niais (contrairement à Jarod).
Cette institution pour surdouée, c’est la descendante des Think Tanks du XXe. Et le héros, c’est un hacker, qui se refabrique des personnalités à volonté. Mais dès le début, on sait qu’il s’est fait attrapé. Et son long interogatoire nous raconte sa fuite et les raisons de sa cavale.
Il y a tout, dans ce livre, un monde cohérent, crédible et intéressant, des vrais persos, une vision politique de l’avenir, avec les discussions morales qui vont avec.
Il développe une vraie vision de l’utopie.
Et il dit (en 1975, hein) : Le réseau permet à tout le monde d’avoir des milliards d’information sur tout et sur tout le monde. Mais bien sûr, personne ne peut avoir accès à toute cette information, ne serait-ce que par manque de temps. Alors, tout le monde est terrorisé que son voisin puisse avoir des information sur soi que soi-meme on ignore.
Ou encore : les états ont compris que la guerre ne menait nulle part. Mais pour tenir les individus, non plus par la menace de l’ennemi commun, il faut entretenir son conformiste et son uniformité. Le fin du fin : entrer dans un Hilton et demander : je suis à Pékin ou à New york ?
Il « prophétise » la dérive des Think Tanks et leur diffusion. Il fustige cette tendance du behaviourisme à vouloir programmer les hommes au lieu de les comprendre. Je ne connais pas Brunner, mais ca me donne envie de le faire.
Vraiment, je place ce livre de SF au niveau des plus grands, des plus visionnaires et des plus intelligents, avec en plus des persos tous étonnament crédibles, humains et attachant.

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Les États-Unis sont le seul pays à être passé de la barbarie à la décadence sans connaître la civilisation. — Albert Einstein.

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