En ce moment, je lis surtout pour le boulot et d’ailleurs, ça faisait longtemps que je n’avais eu vraiment le temps de le faire. Maintenant, on me paye pour ça, c’est proprement incroyable. Je sais que ce ne sera sûrement pas la Kro qui va me rapporter le plus de commentaires, mais tant pis, je prendrais mes cheveux ou mon chat en photo une autre fois.
Introduction aux Gender Studies. Manuel des études sur le genre par Laure Béréni, Sébastien Chauvin, Alexandre Jaunait et Anne Revillard
Introduction aux Gender Studies. Manuel des études sur le genre par Laure Béréni, Sébastien Chauvin, Alexandre Jaunait et Anne Revillard

Puis qu’on enseigne le genre à la fac, il semble assez naturel de se dire qu’un manuel pour les études “Genre” est utile. Ce qui est une réalisation particulièrement difficile, puisqu’il s’agit de se lancer sur un terrain nouveau (pas question de partir d’un manuel précédent pour se donner des idées) et en même temps, nécessite de faire des choix théoriques importants et potentiellement controversés au moment de la rédaction.
Et enfin, c’est un manuel, c’est à dire que ce n’est pas de la vulgarisation. Il faut que ce soit pédagogique et précis. Pour le coup, le pari est réussi, et je trouve ça assez fort.
Le but premier de ce manuel est de clarifier le concept de genre. Le genre n’est plus un machin en cours de stabilisation, tel que c’était le cas peut-être en France au début des années 2000. Et pourtant, on entend régulièrement des sortes d’approximation qui réduisent le genre au sexe social et ensuite, sur cette base erronée, partent en faire la critique. Ici, le genre est bien pensé comme “ rapport de domination producteur de catégories de sexe antagoniques “.
L’ouvrage va balayer les différents champs du social pour mettre en oeuvre le genre. Sexe et genre, sexualité, conjugalité, socialisation, travail, politique… des chapitres précis, concis et agrémentés d’exemples. Le dernier chapitre s’attaque aux frontières, en croisant les catégories : sexe, classe, ”race“.
A qui va s’adresser l’ouvrage ? J’hésiterai à le conseiller comme livre de chevet. Mais il peut devenir un ouvrage de référence solide pour toute personne qui souhaite faire le point sur où en sont les études genre, réalisé par des personnes qui savent vraiment de quoi elles parlent.
C’est quoi ce sous-entendu sur les commentaires !
Je suis certain qu’on peut faire un bon score. J’ai beaucoup de choses à dire moi, sur ce livre !
Prenons la couverture, par exemple : j’aime pas trop.
Demain, j’attaque la consubstancialité.
vivement demain!!
Tu vas faire dans le religieux ? Pourtant, c’est… pas ton genre 😀
« Le problème de la consubstantialité, au cœur des questions christologiques, ne doit pas être confondu avec le problème du filioque qui divise les Églises d’Orient et d’Occident. »
Eh oui, bien sûr. Bon, moi, je vous parlerai de consubstancialité en sociologie, hein…
Ah ben aller, je me lance pour le record de commentaires 😉
Sur le thème de la domination… Je conseille vivement le dernier documentaire « la domination masculine » de Patric Jean… Finement dénonciateur, avec une vision assez large de ce qui se passe en occident et bien bousculant sur les scènes de violence envers les femmes. Certes ce n’est pas complet (il manque par exemple un propos sur l’homophobie…) mais très touchant, voir motivant pour lutter !
Des commentaires de ceux qui l’ont vu ?!
J’ai fait une animation dans un lycée de Seine-Saint-Denis sur ce sujet. Les élèves étaient allés voir le film le matin. Beaucoup d’intérêt de la part des élèves (ce que je n’aurais pas parié). Lors de l’animation l’après-midi, ils se sont montrés très intéressés et attentifs.
et donc, je rappelle la Kro : http://blogs.bl0rg.net/finis_africae/2009/11/28/kro-de-films-politiques/
Je le verrai next week 🙂
Sinon le bouquin: il m’interpelle, qqpart.Un jour, je lirai, donc.
(Pfff.. j’voudrais bien bosser dans une librairie ou une bibliothèque… le livre saichair…)
Eh bien, vous m’avez donné envie d’aller voir la Domination Masculine, ce que j’ai fait ce soir, d’ailleurs j’ai eu de la chance, c’était la dernière à Metz, ce soir.
Globalement, ce film ne m’apprend rien. Les mécanismes de la domination masculine avec tout ce qu’elle comporte de violences, directes ou symboliques, qui sont dénoncés dans ce film, je les ai vues et étudiées à l’université.
Cela dit ce film dénonce des choses et fait bien de le faire.
Là où je mettrai le bémol, c’est que ce film ne vas pas voir plus loin que le boit de son nez, parce qu’il dit : les femmes sont dominées, à cause de tel ou tel processus, point.
Je pense que l’identité d’homme ou de femme telles qu’elle sont décrites dans ce reportage, sont très stéréotypées…Le mec qui veut se faire allonger le pénis, les militaires dans leur uniforme, la violence conjugale…On leur oppose les femmes qui pleurent, qui ont peur, qui portent des jupes et talons aiguilles, des femmes qui subissent, etc..Mais tout cela est en fait très réducteur.
Une femme peut porter des talons aiguilles et une jupe, et être l’égale d’un homme. D’ailleurs on oppose, dans ce film, l’image des militaires en uniforme alors qu’ils sont en situation professionnelle, tandis que la femme en jupe et talons est à la ville, on rapproche deux contextes radicalement différents pour faire une comparaison, et je trouve que ça ressemble plus à un arrangement qu’à une dénonciation. Une femme peut porter une jupe à la ville, et un autre jour, porter elle aussi un pentalon militaire avec des Doc Marteens, d’ailleurs, je l’ai déjà fait. ce que je veux dire c’est qu’il y a plusieurs façon d’être femme, et qu’il faut pas stigmatiser les jupes et talons hauts sous prétexte que ça nous rend faibles. c’est pas vrai, ça.
Il y a aussi d’autres amalgames comme la violence congugale et le machisme…Je suis persuadée qu’il existe les pires machos du monde sans pour autant qu’ils aient déjà frappé une femme. Or, dans ce film qui dénonce la domination masculine, on montre des corps de femmes criblés de coups…Mais on n’oublie de dire que ces hommes qui battent les femmes sont, avant d’être des machos dominateurs, des malades mentaux. Il ya un gros amalgame entre domination et violence. Alors bien sûr, le premier suppose l’autre, mais il ne faut pas tout mélanger non plus.
Pareil pour les jouets chez les gosses…Ok, tout est stéréotypé, moi même j’hallucine aujourd’hui quand je passe dans les rayons jouets,mais en même temps, rien n’empêche les filles de jouer aux voitures, et aux garçons de jouer avec des trucs de filles…J’ai joué à la dinette quand j’étais gosse, ça m’a pas pour autant conduite à être une ménagère de coeur et à aimer faire la cuisine, bien au contraire…Et j’ai joué aux voitures aussi!
Enfin bref, le film a raison sur tout ce qu’il dit, c’est pas le problème, mon souci à moi, c’est qu’il ne nuance pas assez les choses. Et c’est pour ça que quelque part, il lui donne raison, à cette domination…Du moins c’est ce que j’en pense!
« …Mais on n’oublie de dire que ces hommes qui battent les femmes sont, avant d’être des machos dominateurs, des malades mentaux »
Ouh là non justement, le pourcentage de maladie mentale réelle chez les hommes violents est réduit.
Pour ne citer que lui, cf les travaux de R.Coutanceau, par ex, et je cite:
« Sur le plan clinique, on peut distinguer schématiquement trois profils :
– le premier, à tonalité immaturo-névrotique dans le spectre de la normalité
– le second, celui d’un sujet mal structuré avec des fragilités diverses : instabilité, agressivité, aspect dysharmonique du caractère, problématique de jalousie ou de peur de la perte.
– enfin un troisième profil de personnalité particulièrement problématique avec un égocentrisme très marqué et une dimension paranoïaque et mégalomaniaque. » ((les ‘vraies maladies mentales donc))
« Le deuxième profil, celui qui concerne la grande masse des sujets violents, concerne des sujets égocentrés présentant de multiples failles, de multiples problématiques. Leur attitude face aux faits est également caractéristique car souvent ils les banalisent ou les minimisent.
Ils apparaissent dans un premier temps plus préoccupés des conséquences pour eux-mêmes que du ressenti de leur compagne.
Leur immaturité est fortement connotée d’égocentrisme avec un mouvement défensif privilégié, une difficulté d’autocritique, une difficulté à exprimer leurs émotions, à les verbaliser.
A notre sens, dans cette hypothèse, les techniques de groupe sont à privilégier, car elles permettent tout simplement à ceux qui sont le moins autocritiques d’écouter ceux qui sont le plus engagés dans une réflexion authentique émotionnelle les concernant. La prise en charge individuelle de ces sujets souvent sur la défensive, fluctuant dans leur positionnement, est difficile. »
En clair, leur personnalité est l’aboutissement de la construction genrée, croisée à leur histoire singulière bien sûr, et leur comportement violent l’extrême expression de la domination h/f.
Mais peu d’entre eux sont prêts à entreprendre un suivi psy, puisque dans leur logique (si on peut dire), leur comportement est normal et/ou justifié, surtout.
Flûte, cliqué trop vite:
le premier profil, considéré comme ‘dans la normalité’ ressortit tout autant de la construction genrée.
Le second, qui évoque des fragilités, pourrait les exprimer autrmeent que dans la violence envers les femmes, mais notre système social sexiste facilite cette expression là.
Ch’uis pas du tout convaincue, sorry!
Pas grave, il y a d’autres gens que vous qui lisent ce blog, alors un peu de références ne feront de mal à personne 🙂
OK pour le film, si je résume bien, il est un peut trop caricatural mais assez vrai.
Et le livre ? Il est lisible comme les commentaires de Jessica ou comme ceux de Mebahel ?
Sans vouloir vexer personne biensur !
Moi je suis plutôt novice. S’il y a plein de références trop « scientifiques » que je ne peux pas m’approprier, ça ne me sert pas à grand chose.
J’aime bien savoir que ce que je lis est vrai et sérieux. Mais sérieux ne doit pas vouloir dire inaccessible.
mhmmm, bonne question. Tu es novice avec quand même un certain niveau en science de l’éduc. A mon avis, celui là est lisible. Le mieux, ce serait d’en feuilleter quelques pages pour te faire une idée, mais c’est sûrement difficile à trouver comme ça en librairie. Le suivant : « Black feminism » est aussi plutôt lisible avec une excellente préface d’Elsa Dorlin, peut être un peu plus difficile. (mais la série livre sur le genre n’est pas fini…)