Pearl Harbor de Michael Bay
Ocean’s 11
Pearl Harbor de Michael Bay avec plein d’acteurs Comme je le dis souvent, il est important de savoir identifier un film de repassage.
Pearl Harbor en avait toutes les caractéristiques. Scénario enfantin, longueur dégoulinante et américanisme de convenance. En plus, avec ses 3 heures, il convenait bien à un GROS tas de repassage car il est decevant que le film finisse alors qu’il reste encore 2 chemises et un chemisier à pinces.
Et bien, c’est une erreur. Pearl Harbour n’est pas un film de repassage.
« Pearl Harbor est au cinéma ce que le raid japonais du 7 décembre 1941 fut pour l’Histoire : une honte et une « infamie » à jamais condamnable. » La critique n’est pas de moi, mais elle donne une idée du film.
En fait, dans Pearl Harbor, on s’ennuie pendant une heure trente dans une bluette niaise d’amûûûr déchirant entre 2 pilotes qui aiment la même infirmière. Ensuite, vient l’Attaque (elle peut venir vite d’ailleurs, parce que la touche « avance rapide » existe aussi sur les DVD). Boum le bateau, boum l’avion, pan dans la traction, la routine quoi. Les bateaux de synthèse qui explosent le font très bien (encore heureux, avec le pognon qu’a coûté ce film). Et je confirme, suite aux discussions du Dragon d’il y a quelques années : ce n’est ni la Pinta, ni la Nina et encore moins la Santa Maria qui a coulé à l’entrée du port, mais bien l’Arizona.
Mais quand on est un mauvais réalisateur avec un très gros budget, on fait des plans ridicules qui en jettent. L’hopital, filmé dans un flou hamiltonien alors que les blessés arrivent et que les infirmières se précipitent, par exemple. Et la scène où le Président Roosevelt, paralytique, se met debout devant ses généraux pour leur montrer qu’on peut toujours se relever et combattre… On se croirait à la fin du docteur Follamour. Sauf que là, normalement, c’est sérieux; Ensuite, je vais vous révéler un secret : les américains ont perdu, à Pearl Harbor. Si ! Même si 2 pilotes héroïques ont descendu 7 avions japonais. Si.
Tous les sept. Ils étaient mal les japonais. 7 sur trois cents. La débandade, pour tout dire.
Bref, on ne peut quand même pas se quitter là dessus, parce qu’il plane malgré tout un sentiment de défaite.
Donc, on poursuit avec des p’tits gars bien de chez nous qui en ont et qui vont bombarder Tokyo en marchant sur un porte-avion en contre plongé avec un léger ralenti.
Ont-ils réussi à rentrer de cette mission héroïque qui sauva l’honneur de l’Amérique ? j’en sais rien, ca faisait 10 min que j’avais fini de repasser et il y avait encore 25 min de film (plus le film est chiant, plus je repasse vite).
Bon, vous allez me dire : c’est un film de guerre américain d’action avec des belles images et un scénario nul ? Ben, pas seulement, sinon, ca aurait été un film de repassage valable. On regarde les belles images et le reste du temps, on écoute d’une oreille distraite. Là non. Parce que Michael Bay, il a fallu qu’il en rajoute. Rien est laissé au hasard, tout sert, on en a pour son argent.
Ca ne vous gonfle pas, les films où *toutes* les péripéties sont téléphonés
1/2 avant ?
Au debut, les supers pilotes font une suberbe manoeuvre d’évitement genre fureur de vaincre. Et comment ils dégomment leur 7 zéros ? Devinez ?
L’infirmière sauf in extremis la vie d’un officier en lui mettant un doigt sur la carotide (alors que c’est dégouttant, tout ce sang qui gicle, elle a du mal, la pauvre, vous êtes priez de mourir proprement, on est pas dans « Le soldat Ryan »). Et sur qui elle tombe, quand elle cherche à avoir des nouvelles de ses 2 bien aimés ? L’homme a la carotide convenablement recousu depuis !
Bon, vous avez compris l’idée ? Alors si jamais vous regardez quand même ce film : expliquez-moi une chose. Dans la scène super romantique avant que le héros parte à la mort, l’infirmière et lui sont sur un quai en se disant :
c’est peut être notre dernière nuit.
Là, elle lève les yeux vers un navire de croisière et dit : oh, j’aimerai y monter.
Et là, le piltote l’emmène dans une barque providentielle jusqu’au monte-charge du bateau qui s’élève spontanément pour les amener à bord. (on est en pleine nuit, hein, y’a personne sur le bateau qui a pu les voir et cette barque, à qui elle est ?) Il est fort, ce mec. Pas étonnant que les américains aient gagné la guerre.
Ocean’s 11 avec (respirez un grand coup) Georges Clooney, Brad Pitt, Matt Damon et Julia Robert de Steven Soderbergh (soufflez).
Steven Soderbergh a fait Sexe, mensonges et vidéo, L’anglais, Erin Brokovitch, Traffic (que j’ai pas encore vu mais ca vient). Quelques films qui permettent de le différencier aisément de Michael Bay.
Ensuite, si on voit peu Julia Roberts (je dis ca pour les mecs, je ne fais pas de publicité mensongère), on voit beaucoup Clooney et Pitt, qui sont non seulement très beaux mais aussi très bien.
Ce film est une reprise d’un vieux film des années 60 avec Franck Sinatra.
Le thème est éculé : 11 truands « gentleman cambrioleur » vont faire le casse du siècle à Las Vegas.
La trame du scénario et les « rebondissements » sont sans la moindre surprise et pourtant ca n’en fait pas un film de repassage. D’une part, parce que je ne vais pas payer 50F pour aller faire mon repassage dans une salle de cinéma (si tant est qu’on me laisse passer avec la planche) et d’autre part, parce que c’est un film jubilatoire.
Les 11 personnages sont vraiment très bien joués, mais les autres aussi (le propriétaire du casino, sa femme, jusqu’au plus petit rôle). Les répliques sont excellentes et la technique employée pour faire le casse pas mal du tout. Le plaisir de ce film, c’est sans nul doute les dialogues et le jeu d’acteur.Vous avez par exemple Georges Clooney (le séduisant pédiatre du feuilleton Urgences) qui discutent avec de petits acteurs de petits feuilletons télé et qui leur dit : « Et votre passage au cinéma, vous y avait pensé ? C’est pas facile, parait-il la conversion quand on vient de la télé. »
Un film facile, amusant et agréable, emmené en plus avec brio.