Kro

Méta chronique :
Alors, on est en fait 55 ! incroyable, hein ? Il y en aurait 25 sur la liste, dont certain que j’ai aucune idée qui c’est et à qui je dis coucou. et encore, je compte pas les couples. En somme j’en déduis qu’il est impossible de savoir combien nous sommes exactement et que cette quête est vaine. J’y renonce. Plus tard, j’essaierai de compter les informaticiens.

Incassable
je tiens à préciser que j’ai reçu plusieurs mails du comité de défense du film Incassable, donc je tenais à vous en faire part.

Passons aux choses sérieuses :

Coldplay en concert à l’Olympia (en direct sur M6)

Girlfight

Charlie et ses drôles de dames avec Cameron Diaz, Lucy Lu, Drew Barrymore et Bill Muray

La 8e saison d’Urgences…

Une prière pour Owen de John Irving

Le harcèlement moral de Marie-France Hirigoyen

Coldplay en concert à l’Olympia (en direct sur M6)
Visiblement, Coldplay, c’est surtout son chanteur. Il a une belle voix, il est sympa sur scène. Il a un T-shirt sur le commerce équitable, même si d’aucun le trouve moche (le T-shirt). C’est pas une bête de scène, mais il fait une prestation fort agréable. A la fin, ils sont revenus pour chanter 2 chansons de leur groupe préféré, j’ai trouvé ça plutôt sympa. Donc, tout ça pour dire que Colplay en concert m’a fait bonne impression.

Girlfight
C’est l’histoire d’une jeune fille mexicaine de banlieue américaine. Elle a un père violent qui la méprise et un frère. Son père donne des sous à son frère pour qu’il apprenne la boxe. Seulement voilà, c’est la soeur qui chope le virus et qui veut boxer. Mais les filles, ça boxe pas. Ca s’habille en robe, ça fait du shopping dans les centres commerciaux. Le patron du club de boxe ne veut pas en entendre parler. Mais elle insiste et après tout, il a des factures à payer. Alors, il la prend. C’est un film bien fait, les acteurs sont vraiment bien, en particulier l’héroïne avec son regard de sauvage. La musique est bien et les combats de boxe sont bien filmés (et Dieu sait que la boxe, hein, je m’en fous). J’ai lu une critique de ce film qui disait que ce film était bien en tout sauf le scénario qui était un véritable cliché (une fille qui veut être boxeuse ? Cliché ?) et qu’il manquait une approche sociale. C’est drôle, moi je trouve que tous les autres films manquent d’une approche de genre. Visiblement, c’est pas facile de trouver le public de ce film, les fans de boxe vont être déçu. Ainsi que ceux qui trouvent qu’on en a rien à taper des problèmes discriminations des filles. Par exemple, lors de son premier combat, l’adversaire de l’héroïne ne cesse de l’insulter. Il est finalement disqualifier parce qu’il refuse de se battre loyalement, comme avec un « vrai » adversaire. Elle gagne de fait le combat mais elle-même risque de ne pas pouvoir aller en finale car elle a gagné par disqualification de l’adversaire. Ensuite, elle tombe amoureuse d’un boxeur. Le problème, c’est que celui ci refuse de se battre avec elle, d’abord, dit-il, parce qu’il ne veut pas la frapper, mais en fait, parce qu’il meurt de trouille de se faire battre par sa copine. Tout ce qu’on pourrait reprocher à ce film, c’est d’être un peu optimiste, mais de temps en temps, ça ne fait pas mal.

Charlie et ses drôles de dames avec Cameron Diaz, Lucy Lu, Drew Barrymore et Bill Muray
« Il était une fois trois filles superbes qui rêvaient de s’engager dans la police : une à San Francisco et deux à Los Angeles. Mais on les avait cantonné dans des travaux bien peu passionnants. Alors, moi Charlie je les ai embauché et je ne le regrette pas, car ce sont vraiment… De Drôles de Dames » poum, la voiture explose sur le redémarrage de la musique, avec Farah Fawvett Major qui bondit. Voici un film dans la grande mode : refaisons les célèbres séries d’antan en film. En gros, les réalisateurs ont deux options : se prendre au sérieux et faire un film sérieux, ce qui donne Mission impossible (imaginez-vous que Tom Cruise puisse un instant ne pas se prendre au sérieux ?) ou ne pas se prendre au sérieux, ce qui donne les Mystère de l’ouest. J’ai également aimé les 2. Ici, le parti est de ne pas du tout, mais du tout se prendre au sérieux. Tout est exagéré, les jambes, les décolletés, des poses plastiques, les mouvements de cheveux… Pour ouvrir une porte : il faut mettre un coup de pied. Quand on se bat, on vole sur l’adversaire (les actrices ont du passer leur film suspendu à des câbles). Le scénario est aussi cousu de fil blanc que dans la série d’origine, ainsi que les dialogues. En gros, ce film est une caricature avouée de la série qui, elle, était supposée se prendre au sérieux. Après, on marche ou pas. Moi, j’ai pas tellement marché.

La 8e saison d’Urgences…
Et voilà, c’est repartiiiii ! Je ne dis pas ça pour les quelques Suisses privilégiés qui, évidement, ont déjà vu toutes la saison. Alors, un premier épisode de mise en place pour raccrocher les wagons et ensuite, hop, on embraye sur un 2e épisode avec Urgences subookées, comme on les aime. Alors, souvenez-vous : Kerry Weaver s’était déclarée lesbienne tout en essayant de retrouver sa mère. Green était devenu hargneux depuis son opération de tumeur et avait laissé mourir un sérial killer sur la table. Il a eu un bébé avec Élisabeth. Le neveu de Benton est mort. Et Benton s’est engueulé avec sa copine qui accessoirement, s’est piqué avec une aiguille qui avait piqué un sidéen. Elle est donc en tritérapie préventive. Lukas flirt avec la copine de Carter (qui s’est fait rembarré) mais c’est pas facile parce que, quand même Luka est jaloux de Carter. Voilà… vous y êtes ? On peut recommencer.

Une prière pour Owen de John Irving
Mais mais mais… Voilà un livre qu’il est bon, malgré une quatrième de couverture à même de faire fuir un bataillon d’amateur. John Weelwright est issu de la bonne société de Gravesend (région de Boston). Sa grand mère est la notable. Sa mère… ma foi… a fait un bébé toute seule et la ville a été bien obligé de l’accepter. John a un ami très particulier : Owen Meany. Il a la taille d’un enfant de 5 ans, alors même qu’il en a le double. Il a une voix IMPOSSIBLE, criarde, éraillé. (Dans le livre, il parle en majuscule) Et il est très intelligent. Lors d’un match de Base-ball, Owen touche une balle, pour une fois, tape de toutes ses maigres force et tue la mère de John. De ce jour, il se croit l’instrument de Dieu. Mais un instrument dans quel but ? John nous raconte ses souvenirs d’enfance à Gravesend depuis le Canada, où il s’est exilé au moment de la guerre du Vietnam. Il parle de son meilleur ami, de son dégoût pour les USA et de Dieu. Ca à la limite, c’est le passage quej’ai trouvé le moins intéressant (Dieu). Et j’ai eu un peu de mal à me lancer. Mais sinon, qu’est-ce qu’il écrit bien. Et qu’est-ce qu’il raconte bien. C’est plein de détail, de péripéties sur la vie des gens, les personnages se construisent avec finesse et on s’y attache. C’est plein de petits bouts hétéroclites qui s’assemblent dans un puzzle parfaitement pensé et maîtrisé. Quand j’ai lu les 5 dernières pages je me suis dit : c’est génial. Et par moment, c’est même drôle. Et c’est curieusement d’actualité, dans son analyse de la politique américaine, du Viet Nam et l’Irangate. Je conseille son commentaire d’après un titre de journal : « Les États unis applique une politique de fermeté vis à vis de l’Iran, mais les plans sont confus. » Ferme et confus : voilà toute la politique extérieure américaine.

Le harcèlement moral de Marie-France Hirigoyen
A sa sortie, il y a 4 ans, maintenant, ce livre a rencontré un immense succès. Je ne m’y suis pas intéressée pour plusieurs raisons. D’abord, mea culpa, pour une sorte de snobisme. Je me suis dit qu’un livre rencontrant un tel succès devait être une de ces bouses du genre : « Épanouissez vous en vous connaissant vous même » ou encore « Devenez Maître du monde grâce à la Programmation neuro-linguistique ». La deuxième raison était qu’elle n’utilisait à aucun moment la thématique du genre et de la domination masculine. Or, avec 80% des harcelées qui sont des femmes, il est difficile de dire que c’est une répartition due au hasard. Sur mon premier reproche, j’avais tort. C’est un vrai bouquin de psycho, vulgarisé certes et encore pas tant que ça. Sur le deuxième, j’avais malheureusement raison. Comme le dis Geneviève Fraisse, elle est respectée pour son travail sur le genre, tout le monde dit que c’est très bien et très intéressant ce qu’elle fait, mais personne ne s’en sert, comme une des approches possibles d’un cas, comme une thématique. Où on trouve des livres SUR le genre, la domination masculine, etc., ou on trouve des livres sur autre chose et là, pas un mot sur cette thématique. Imaginez par exemple qu’on ne parle du racisme que dans les livres sur la racisme et qu’on en dise jamais un mot dans toutes les autres études sociologiques. C’est n’importe quoi (à l’exception au moins de Kaufmann qui dans sa sociologie de la famille, introduit les rapports sociaux de sexe, et c’est tant mieux). Bref, dans ce bouquin, même quand tous les cas cliniques de harcèlement domestique sont perpétrés par des hommes sur des femmes, c’est quand même un peu dommage de faire l’impasse. Alors revenons au bouquin : ce livre a le mérite de se placer du côté de la victime (ce qu’on fait trop peu souvent) et aussi s’applique à ne pas la culpabiliser (ce qu’on fait aussi trop peu souvent). Il est composé de 4 parties : le harcèlement domestique, le harcèlement au travail, les techniques de harcèlement et les moyens de résister. Il explique au moins deux choses essentielles :
– le harceleur est un pervers narcissique ou moral. Il a un niveau d’empathie très faible. Il vit parce qu’il détruit autour de lui, il tue à petit feu sa victime en lui faisant croire au choix : qu’elle a besoin d’elle, qu’il est brillant, qu’elle lui doit quelque chose. Il vampirise son énergie, ne lâche jamais et ne s’excusera jamais, ne reconnaîtra jamais le tort qu’il fait.
– la victime n’a pas une propension naturelle à être victime. Elle n’est pas masochiste. Des personnes se retrouvent dépressives à cause de harcèlement alors que ni avant, ni après, elles n’ont jamais manifesté la moindre tendance masochiste. Mais le pervers moral harceleur piège la victime, la plonge dans la confusion, se rend soi-disant indispensable, se fait lui même passer pour une victime et finalement sidère sa victime. Elle est totalement dans l’emprise de son agresseur, ne peut réagir, ne peut se reconstruire sauf si un témoin extérieur lui tend un main, ne serait-ce qu’en lui disant que son quotidien est un enfer, qu’elle ne doit jamais admettre cela. Enfin, il faut ajouter qu’il est très difficile de se débarrasser d’un pervers moral car en général, il s’arrange pour ne rien faire d’illégal. (Notez, il est également très difficile de se débarrasser d’un harceleur sexuel, même avec preuve avérée). Depuis la sortie de ce livre, un loi contre le harcèlement moral en entreprise est sortie. Le premier procès sera plaidé cette automne. C’est une femme qui aurait du être la directrice de la chaîne érotique de Canal + qui attaque la chaîne pour harcèlement morale. Je conseille fortement ce livre à tout le monde. Vous vous rendrez peut être compte que ce sur quoi vous ne saviez pas mettre un nom était du harcèlement moral. Ou vous serez mieux armé pour l’éviter dans la suite de votre vie.

Enfin, pour ceux et celles que ça intéresse : 2 bons article sur le forum des Chiennes de garde Sur le corps morcelé, le corps féminin pensé différemment que le corps masculin
http://chiennesdegarde.org/article.php3?id_article=191

Sur le discours masculiniste, qui tente de faire passer le féminismte pour une persécution des hommes qui sont tout aussi maltraités que les femmes :
http://chiennesdegarde.org/article.php3?id_article=194

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