Kro des 25 ans des Dragonneries

Logodragonjournal-2014-08-3-21-41.gifIl était une fois, il y a très longtemps, dans une contrée à l’époque lointaine, une joyeuse bande d’allumés pratiquait le jeu de rôle.

L’un d’entre eux se dit que plutôt que d’éduquer de jeunes monstres errants dans une salle de classe, il ferait mieux de faire un magazine de jeux de rôle. Avec quelques comparses, dont un corse mathématicien à la voix grave, il créa le Dragon radieux. Radieux parce que quand on fait son nid à côté d’un Superphénix, il faut bien s’attendre à luire la nuit.

Après quelques années d’aventures, des Créatures encore plus féroces que le Dragon eurent raison de sa détermination et il cessa son activité publique… Paradoxalement, c’est ici que l’histoire commence…

200px-Large_Yellow_Elebit-2014-08-3-21-41.jpgEn effet, alors que le Dragon se retirait dans son antre, son propriétaire organisa un WE prolongé consacré à la nourriture, à la boisson et aux jeux de rôles, le tout dans dans un mélange subtil.

C’est alors qu’il devint le Chef. (Contrairement à ce que l’image pourrait laissé paraître, le Chef affectionne d’ordinaire le violet.)

Ce jour là, il ignorait qu’il en prenait pour 25 ans. C’était les premières Dragonneries.

Le mathématicien corse était toujours dans les parages et même qu’il acheta un terrain juste à côté de celui du Chef pour construire son Castel. A l’heure où je vous parle, le Castel est toujours en construction.

Il y a 25 ans, les amateurs de jeux de rôles étaient suspectés de rendre les jeunes fous, de les inciter à pratiquer des messes noires, d’immoler des vierges à la lune et de recruter pour la scientologie ou le pastafarisme, je ne sais plus.

En tout cas, puisqu’il y a maintenant prescription, je tiens à le dire publiquement : tout cela était vrai, évidemment.

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La joyeuse bande d’allumés, ayant dû renoncer à pervertir la jeunesse par voie de presse, se réfugia dans la nourriture, la boisson et le jeu de rôle dans des mélanges de plus en plus subtils. Sur la photo de famille, on distingue nettement au fond, le Chef qui veille sur ses ouailles, la femme du Chef, leur deux fils, la femme du fils du chef, leurs deux filles (arrivées par la suite), les Pounets (en bleu), leur fille (arrivée par la suite) le Doudou (en rose), la Famille Nain, constituées peu à peu, Marcel Pendart, les vrais Frères, la garde rapprochée du Chef (celle qui se beurre mais ne rend pas), l’Image du Dieu, le Triporteur d’eau, etc.

Quelques années plus tard, le mélange commençait à perdre de sa subtilité, la part nourriture / boisson l’emportant sérieusement sur la part JDR. Heureusement, il restait des jeux de plateaux auxquels nous restions fidèles. Notons en tête : Ave césar, Aquire, Munchkin, Perrudo et Comics en scooter.

C’est alors qu’un nouveau dealer fut introduit dans l’équipe, facilement reconnaissable à sa couleur orange :

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Il arriva, les bras chargés de jeux. Le problème qui se posa alors fut de manger et boire autant, tout en jouant plus. Globalement, je dirai que nous nous en sommes sortis, même si ce fut assez difficile. Le JDR tenta de résister, un petit Hurlement par ci, un petit Nephilim par là, un petit ADD par ci, un petit Marvel par là…

Les jeux de plateau arrivèrent alors de partout, nous tombâmes d’immeubles, avons joué au petit train, piqué des goûtés à la récré, construit des empires sous toute leur forme, conquis des galaxies, joué au foot pour de faux, mais aussi un peu au baseball, dessiné n’importe quoi, n’importe comment, combattu des tentacules de toutes espèces, piloté des robots, négocié, pillé, marchandé et pas plus tard qu’hier, nous nous sommes engagé dans Starfleet.

Le tout en étant de mauvaise foi, bien sûr.

Au cours, de ces vingt-cinq ans, il y a eu des déménagements, des divorces, des naissances, des rencontres, des coups de gueules, des procès, des gens qui montent pas leur tente, des gens qui finissent la daube, des gens qui vomissent sur la route, des tentes qui prennent l’eau, des 40° à l’ombre et aussi de la gestion de parapluies sous une pluie continue, des tombereaux de courgettes (dont une courgette d’or), des poules à qui il faut apprendre à se percher, des saucissons de toute taille, des glaçons dans le rosé, des cocktails moutarde, des gin to, des barbecues.

Green_Elebit-2014-08-3-21-41.jpgCertains ont cessé de venir, mais pas beaucoup. D’autres ont cessé puis sont revenus. 25 ans plus tard, en fait, on n’a pas beaucoup changé.

Enfin si, on a beaucoup changé : regardez par exemple comment le mathématicien corse a l’air respectable, maintenant qu’il est proviseur (à gauche, en bleu clair).

Bref, si en 25 ans, il nous est arrivé bien des choses dans la vie civile, dans la parenthèse qui s’ouvrait sur le WE à cheval entre juillet et août, nous étions toujours les mêmes, braillements, idioties, mauvaise fois, calembours vaseux, délations, 533 sous la ligne de flotaison, et encore plus de braillements.

porte-lunette-bonhomme-violet-2014-08-3-21-41.jpgLe tout sous la houlette bienveillante du Chef, présenté cette fois-ci dans sa couleur habituelle, un Chef militant qui a réussi à faire en sorte que cette affaire improbable fonctionne tous les ans, en faisant à manger gastronomique pour 35, quelque soit l’humeur, la conjoncture et les aléas de la vie.

Les 25e et dernières Dragonneries sont closes. Jusqu’à présent, on n’avait pas vieilli du tout, rien, pas ça. J’espère que ça ne va pas nous rattraper…

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3 réponses à Kro des 25 ans des Dragonneries

  1. François dit :

    Je fais partie de ceux qui ont cessé de venir, justement parce que ça ne changeait pas, mais toujours en gardant une pensée attendrie pour ce joli rassemblement.

    Merci pour ce bel hommage.

  2. fred dit :

    Merci pour ce vibrionnant témoignage Pounette !
    j’ai le fond de la cornée toute humide
    je crois que je vais l’encadrer cette chronique

  3. Pauline dit :

    Ouhaou ! Merci pour ce bô texte Pounette. Des bises

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