Kro cinéma

Les cinémas ont réouvert et j’ai trouvé le temps d’y aller… mais pas de faire des Kro. La fin d’année se profile enfin, même si depuis deux jours, je ne croise que des collègues qui n’en peuvent plus et qui essaient de boucler pour partir en vacances, mais ça veut pas.

J’ai fait a priori mon dernier zoom (Congrès à Tunis depuis mon bureau) et je me dis que là, enfin peut-être, je vais pouvoir faire des textes plus fun…

Le dernier voyage de Romain Quirot avec Hugo Becker, Jean Reno, Paul Hamy

Falling par Viggo Mortensen avec Viggo Mortensen, Lance Henriksen, Terry Chen

Promising young woman par Emerald Fennell avec Carey Mulligan, Bo Burnham, Alison Brie

Le discours par Laurent Tirard avec Benjamin Lavernhe, Guilaine Londez, François Morel, Julia Piaton, Kyan Khojandi, Sara Giraudeau

Le dernier voyage de Romain Quirot avec Hugo Becker, Jean Reno, Paul Hamy

À la réouverture, il n’y avait pas beaucoup de choix. J’avais plutôt envie d’un film pour cinéma, grand spectacle, un truc léger… Il y avait ce film de SF post apocalyptique français… je me méfie des films de SF français…Ils ont tendance à vouloir prouver que même si c’est de la sous-culture (de la SF quoi), ils sont intellos quand même… Les images m’ont accrochée, j’ai tenté… Je vais vous dire : c’est tellement mauvais que j’ai failli résilier ma carte Gaumont.

La terre a épuisé ses ressources. Une planète rouge est apparue et elle fournit une énergie salvatrice (comment ? parce que). Mais soudain, elle a changé de trajectoire et fonce sur la terre (comment ? parce que). Un seul pilote est capable de la détruire : le fils du scientifique qui a trouvé comment exploiter l’énergie de la planète rouge. Pourquoi seulement lui ? Parce qu’il a réussi un test de compétences (dont on ne sait rien, si ce n’est son numéro) qui prouve que lui seul peut y arriver. Mais comme il a des rêves qui lui disent de ne pas le faire, il s’enfuit et toute la planète le recherche.

Dans ce film, on ne vous expliquera ou justifiera rien, tout est supposé être allégorique (pourquoi la planète rouge ? Pourquoi les gardes prétoriens qui le poursuivent ont des scaphandres qui font gloup gloup et les rendent inaudibles ? Pourquoi quand on tente d’approcher la planète, on frôle la mort et on devient méchant avec des pouvoirs psy ? ok, je spoile…) Bref, une SF prétexte à un machin faussement intello à la morale écolo niaise. Ok, les images post apocalyptiques sont belles.

Ah oui : pourquoi Cambodia de Kim Wild au générique, dans sa version d’origine, pure années 80 ? Surement parce que.

Falling par Viggo Mortensen avec Viggo Mortensen, Lance Henriksen, Terry Chen

Avant de passer ma carte Gaumont au broyeur, je me suis dit : go pour un film intello avec des belles images.

Falling, c’est l’histoire de John qui vit en Californie avec son mari Eric et leur fille adoptive Mónica. C’est aussi l’histoire de son père, qui vieillit et dont l’esprit décline et qui ne peut plus vivre seul. John va le chercher dans la maison familiale isolée en campagne pour lui trouver un autre logement plus près de lui et de sa soeur.

Le film est composé de flash-back, montrant la manière dont cet homme, traditionnel et obtus, a gouverné sa famille, jusqu’à ce que son épouse claque la porte. Au présent, son fils a tenté de faire la paix avec un père qui l’abreuve de remarques homophobes, qui est désagréable avec son mari, et qui est également odieux avec sa fille, la soeur de John, qui a fait des petits enfants pas suffisamment conformes.

En tant que spectatrice, on commence par plaindre le vieil homme qui tente de s’accrocher à sa vie d’avant et son indépendance, et plus on connait sa vie d’avant, plus on se dit qu’il n’est pas seulement d’un autre temps, ou devenu aigri par la vieillesse, mais simplement qu’il a toujours été odieux et tyrannique avec son entourage. Comme il vieillit et qu’il est leur père, ses enfants tentent de « faire avec », d’être gentils avec un vieil homme… Seule sa petite fille, adolescente californienne moderne lui dira que le fait d’être vieux ne l’autorise pas à insulter et maltraiter son entourage.

Un film beau par ses paysages de campagne de la jeunesse de John avec ses parents, très bien joué par tous les acteurs. Un film acide et dérangeant, d’autant que le comportement de ce vieil homme m’a désagréablement rappelé mon grand-père, dont on disait par euphémisme qu’il était « spécial ».

Promising young woman par Emerald Fennell avec Carey Mulligan, Bo Burnham, Alison Brie

Un peu rassuré par un bon film à la fois beau et déprimant, je me suis dit : hop, on y retourne, voir ce truc que je sais pas si c’est une comédie ou pas. Spoiler : ce n’est pas du tout une comédie.

Cassie était une brillante étudiante en médecine jusqu’à ce qu’un événement traumatisant arrive à sa meilleure amie de fac et qu’elle plaque ses études. Depuis, elle vit chez ses parents, à la limite de la dépression et sert des cafés dans une pâtisserie en étant désagréable avec tout le monde. Le samedi soir, elle va dans un bar, simule la fille trop saoule pour savoir ce qui se passe. Là, un mec « gentil » lui propose de la ramener chez elle… mais finalement la ramène chez lui, la fait boire encore plus, tente une approche qu’elle refuse et quand elle simule l’évanouissement ou le sommeil, tente d’abuser d’elle. Et là, elle lui montre qu’elle n’est pas saoule et lui flanque la trouille de sa vie. Puis elle rentre chez elle et une nouvelle semaine recommence.

Jusqu’au jour où les fantômes du passé réapparaissent et qu’elle décide de s’attaquer directement à eux.

Ca aurait pu être une comédie d’après la bande-annonce, mais pas du tout. C’est pris au premier degré et aussi glauque que ça en à l’air. Si parfois c’est un peu facile, c’est rempli de réflexions pertinentes et d’observations très justes, en particulier sur la manière dont sont traitées les violences sexuelles à l’université.

Alors que l’histoire semble prendre un tour prévisible, la fin bascule dans quelque chose inattendu et violent. À l’arrivée, je ne suis pas sûre de conseiller ce film, mais indiscutablement c’est une curiosité dérangeante. Un Oscar du meilleur scénario… ça se comprend.

Le discours par Laurent Tirard avec Benjamin Lavernhe, Guilaine Londez, François Morel, Julia Piaton, Kyan Khojandi, Sara Giraudeau

Et le voilà enfin le film léger que j’avais envie de voir depuis le début !!!

Adrien est en pause. Enfin, c’est surtout Sonia qui est en pause de leur couple depuis 34 jours. Aujourd’hui, il décide de lui envoyer un sms anodin pour voir… Et il attend sa réponse… Il va l’attendre jusqu’au soir, où il sera coincé à un dîner de famille où papa ressort la même anecdote que d’habitude, maman ressert le même gigot (parce qu’avec un gigot, on ne se trompe jamais). Ludo, son futur beau-frère, fait un cours de sciences naturelles dès qu’il a la parole (le réchauffement climatique et la trophallaxie chez les fourmis) et Sophie, sa soeur, parle d’elle. Et alors qu’Adrien cherche des échappatoires imaginaires (se remémorant sa vie avec Sonia, imaginant de manière loufoque pourquoi elle ne répond pas…) Ludo lui demande de faire un discours à leur mariage.

Ce discours, c’est l’angoisse absolue, Adrien va imaginer toutes les manières dont il pourrait le rater, tout en racontant au public du film la manière dont sa famille est dans le déni et le non-dit… Et ce sms qui n’arrive toujours pas…

C’est un film qui rappelle un peu Le prénom, en moins ouvertement drôle et plus onirique, mais c’est vraiment plaisant, léger, tendre et un peu acide avec des acteurs super. et drôle quand même ! Bref, celui-là, je le conseille sans réserve.

Bref, je garde ma carte Gaumont.

 

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