Kro des lectures de Vendée

Je n’en ai pas tout à fait fini avec mes voyages, mais revenons à maintenant… Je suis en vacances en Vendée où une tempête joueuse a coincé dans les rochers de la corniche une bouée qui avait tenté de s’échapper.

Voici quelques lectures (associée à quelques boissons) :

David Lodge : Un tout petit monde

Pinar Selek : Parce qu’ils sont arméniens

Tim : Un feutre dans ma limonade

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Kro à la frontière linguistique

Ottawa est situé au ras de la frontière linguistique français-anglais. La rivière Outaouais marque cette frontière. Côté Québec, la ville de Gatineau, qui possède certes une université, mais fait un peu ville dortoir d’Ottawa. Tous les matins, quantité de gens passent un des deux ponts empruntés par les transports en commun : Portage ou Chaudière… je les cite parce qu’ils étaient simultanément en travaux, et alternativement fermés, y compris aux heures de pointe. Souvent, je suis passée à pied, car c’était plus rapide et assez curieusement, la langue majoritaire change brusquement en passant le pont. Souvent, j’oubliais de basculer sur l’anglais lors de ma première interaction. De fait, les gens d’Ottawa comprennent souvent le français.

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Kro au Canada

Comme je le disais sur la Kro précédente, j’étais à Montréal parce que j’allais à l’ACFAS, le congrès de l’Association francophone des savoirs. Aller à l’ACFAS permet de visiter le Québec, y compris des villes improbables, comme Chicoutimi l’an dernier.

Cette année, l’ACFAS se tenait à Gatineau, qui est à la frontière avec le Canada et l’an prochain ce sera Sherbrooke. J’ai donc pris 2 jours pour visiter Ottawa.

Tout d’abord, j’ai réalisé un rêve nord-américain personnel : prendre le train.

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Kro au Québec

Cette année (comme tous les ans, d’ailleurs), je me suis pas mal baladée. J’ai pu apprécier une fois encore la conception particulière de la gastronomie version Air Canada (Chicken or Pasta ?) et surtout, surtout, faut que quelqu’un le disent, pour leur infâme chausson « poulet » ou « légumes » qui sert de snack à l’atterrissage (bon, ya un mieux, avant, il servait aussi de petit déjeuner au retour).

Comme l’an dernier, je suis allée au Congrès de l’ACFAS, mais comme mon point d’entrée en Québec est de toute manière Montréal, j’ai commencé par y passer quelques jours.

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Kro GoT

Game of Throne (les 8 saisons, on n’hésite pas)

Évidemment, je ne vais pas vous faire un résumé des 8 saisons…

De plus, tellement de choses ont déjà été écrites, je ne vais pas fournir une analyse détaillée de plus. Plutôt donner quelques ressentis subjectifs et en vrac.

Un peu de contexte. Il y a une bonne douzaine d’années, j’ai eu la grippe, alors que Lotin était en déplacement dans le nord de l’Europe et que Leirnette allait à l’école primaire, mais pas encore toute seule. J’étais un peu incapable de ne rien faire… si ce n’est l’emmener à l’école et la ramener (à condition de me shooter à l’advil peu avant). SEb m’a alors conseillé de regarder Starwas entre temps : facile, distrayant, avec des images qui bougent.

Quand je me suis mise à aller un peu mieux, je me suis mise à lire Le Trône de fer, conseillé par Seb, toujours. Cela faisait un moment que je ne lisais plus de fantasy, mais d’une part, il m’a dit que c’était de la fantasy politique et d’autre part, j’aimais beaucoup les nouvelles de SF de J R R Martin, telle que chanson pour Lya que m’avait fait découvrir JL (et je regrettais qu’il ait arrêté d’écrire de la SF).

Et en effet, j’ai aimé le Trône de fer. J’ai lu tout ce qui était traduit à l’époque (ça en faisait 6 ou 7)… et quand la suite est sortie et que j’ai réalisé qu’on était encore loin de la fin parce que Martin se plaisait bien dans son univers et avait envie de s’y balader un peu… Déjà à l’époque, on me disait : « L’hiver vient », mais il y avait bien encore 600 pages d’automne à lire avant que ça comment… J’ai renoncé.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la réalisation de la série est magistrale. Elle a aussi les mêmes défauts que la série papier : parfois, c’est très lent, trop lent, il ne se passe rien. On joue avec les perso, ils discutent, on réagence les relations… mais ça n’avance pas. Et soudain, on en zigouille quelques-uns… c’est quand même la série réputée pour abattre avec enthousiasme ses héros (comme ses méchants iconiques).

C’est aussi une série qui a déclenché un engouement tel que ça a débordé. Je ne sais pas si d’autres séries ont entrainé de tels débordements.

Martin s’est fait insulter par les fans parce qu’il n’avançait pas le scénario assez vite. Neil Gaiman est venu à son secours sur son blog (« Martin is not your bitch », dit-il…) et s’est fait insulter de même. Ces mêmes fans de l’extrême ont eu du mal à séparer le personnage de l’infâme roi Joffrey de l’acteur. C’est apparemment ce qui a dégoûté un temps Jack Gleeson du métier. Il a incarné Joffrey, son sadisme et son égoïsme avec tant de talent qu’il a été haï, moqué et insulté. Il n’a pas de compte instagram, pas de twitter et fait maintenant du théâtre. Et il a même une réflexion maligne sur la misogynie de GoT (nous y reviendrons).

C’est aussi la série qui a pratiqué l’auto-teaser comme jamais, laissant filtrer des infos juste avant la saison, avec des acteurs qui pseudo-gaffent en signalant à demi-mot qu’ils vont faire un « truc », de quoi lancer 10 000 spéculations.

On a beaucoup discuté sur la violence souvent assez graphique de GoT. J’ai été étonné que la fin du duel qui oppose Gregor Clegane à Oberyn a fait frémir tant de gens (que c’était la scène la plus horrible des horribles et que  ça allait trop loin). Alors qu’on a 2 personnes, tous deux volontaires pour se foutre sur la gueule à mort, avec Oberyn qui joue les imbéciles et parade alors qu’il aurait pu tuer Clegane (et donc, il meurt d’horrible façon). Précédemment, on avait eu abondance de viols, décapitations, massacre à grande échelle et or fondu, mais c’est cette scène-là, le splotch final qui a été de trop pour certains, parce que plus gore…

Pour finir, dans les milieux autour de moi, on a beaucoup parlé de la misogynie de GoT et de la culture du viol que la série véhicule. Le sujet est compliqué, surtout qu’au milieu des saisons, éclate l’affaire Weinstein, ce qui fait que plus rien ne peut plus être comme avant (et c’est tant mieux).

Il y a tout d’abord des raccourcis ou des situations de voyeurisme gratuit dont les scénaristes auraient pu se passer. En particulier, Daenerys apparaît très souvent nue au début de la série et c’est loin d’être la seule… Quelques scènes de bordel sont visiblement là simplement pour balader des nichons sous le nez du spectateur hétéro. La prostituée rousse de la première saison devient un personnage, visiblement pour pouvoir générer ces scènes sans que le prétexte ne paraisse trop grossier. À noter que plus on avance dans les saisons, moins on voit de femmes nues. Tout d’abord, Daenerys, quand elle a commencé à avoir un peu de notoriété, a refusé de se déshabiller. La scène de l’incendie sera la dernière du genre. Ça en dit long sur la vulnérabilité et le libre arbitre des actrices, quant à leur nudité.

Les accusations de misogynie augmentant, les scénaristes ont dû préférer globalement lever le pied sur les femmes à poils.

L’autre accusation récurrente est que GoT fait la promotion de la culture du viol (c’est-à-dire une banalisation du viol, qui serait présenté comme un mal inévitable, une pulsion des hommes, un moyen nécessaire, etc.) En effet, les scénaristes ont fait du zèle par rapport aux livres et ont cédé à la facilité.

 

Daenerys n’est pas violée par Khal Drogo lors de sa nuit de noces (le thème de la jeune fille qui  tombe par la suite amoureuse de son violeur est en effet largement problématique). Par ailleurs, le thème du viol revient effectivement de manière récurrente et même si Martin ne l’a pas utilisé de la même manière, il y a quand même un passage de ses livres où les viols deviennent des actes fréquents,  certes jamais banalisés, mais tout de même envahissants dans l’histoire.

La scène qui a fait déborder le vase, c’est le viol de Sansa, d’autant plus qu’elle n’apparait pas dans le livre. Ce n’est pas tant son viol d’ailleurs qui a posé problème (d’autant plus qu’à mon sens, qu’il se justifie : elle est contrainte au mariage et dans un mariage forcé, une « nuit de noces », c’est un viol). Donc, à mon avis, la situation n’est pas gratuite, mais c’est son traitement est gratuit, voire, mauvais. En effet, son viol est vu uniquement par les yeux des hommes, en particulier par ceux de Theon : Sansa n’est pas à ce moment le sujet de son histoire, c’est Theon le sujet. Elle devient le moyen de montrer l’avilissement de Theon… Deuxième erreur grave : dans la dernière saison, Sansa justifie ses épreuves passées en disant en somme qu’elles ont été utiles puisqu’elle y a puisé sa force : « Sans Littlefinger, Ramsay et les autres, je serais restée un petit oiseau toute ma vie. » Or, comme l’a dit avec justesse Jessica Chastain : « Le viol n’est pas un outil pour rendre un personnage plus fort. Une femme n’a pas besoin d’être victime pour devenir un papillon. Le petit oiseau a toujours été un phénix. C’est uniquement grâce à elle qu’elle a su s’imposer. Et elle seule. »

Quoi qu’il en soit, comme je disais plus tôt, au milieu de GoT, l’affaire Weinstein et #metoo éclatent et les scénaristes comment à se méfier des bad buzz féministes. Nous avons une série qui commence avec des hommes taillés dans la masculinité hégémonique de l’époque qui sont au pouvoir : un soudard (Barathéon, qui ne sait que boire, manger, chasser, baiser et faire la guerre, comme roi, il est nul) et quelques guerriers remarquables (Jaime, Ned Stark, Khal Drogo…) ou hommes riches et puissants (Tywin Lannister). Argent, force physique, puissance sexuelle, rang de naissance, tout y est.

Et l’histoire avançant, tout ce monde se massacre allègrement et finalement, le pouvoir semble devoir se partager entre un bâtard, deux femmes, un nain, un eunuque et deux estropiés.

Enfin, GoT est une des rares séries à nous offrir plusieurs personnages féminins très différents et qui évoluent, et pas un ou deux schémas stéréotypés :

Daenerys, Sansa, Arya dont la personnalité évoluera sans cesse au cours des saisons.

Catelyn Stark, la mère dévouée à sa famille, ses enfants et qui se battra jusqu’au bout pour l’honneur de son nom et la sauvegarde des siens.

Mais aussi des personnages de méchantes tel que la sorcière rouge ou surtout Cersei, qui serait la version de Catelyn qui a mal tournée : mariage arrangé aussi, mais pas à un brave type comme Ned Stark, mais à un soudard, ce qui a attisé chez elle une haine très efficace, contre sa famille (son frère Tyrion, mais aussi son père ce qu’on voit moins dans la série) amoureuse de son frère… mais peut être par intérêt… dévouée à ses enfants, mais peu à peu d’abord dévouée à elle-même et sa lignée, ne reculant devant rien, prenant toute sorte de risque…

Une telle richesse dans les personnages féminins ne se rencontre pas souvent.

Et la saison 8 ? ben oui, elle est magistralement réalisée, mais scénaristiquement, ne tient pas vraiment debout. Le dernier épisode rattrape le coup, à mon avis. c’est déjà ça.

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