Kro dans l’espace

Une vraie Kro de SF, pour changer, et soit dit en passant, la 700e…

Babylon V, saison II

Richard Morgan : Anges déchus

Babylon V, saison II

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Ca va vous paraître curieux, je suis sûre, que je regarde Babylone V alors qu’on peut considérer ça comme une vieille série maintenant. Quand elle est sortie, j’avais vaguement regardé quelques épisodes et j’avais trouvé les personnages figés dans un décor de synthèse, peu expressif, jouant assez mal et j’avais laissé tomber.

Et puis, j’ai entendu des discussions enflammées de la part d’amis sur l’intrigue de la série et finalement, longtemps après, je les ai empruntés à l’un d’eux, qui m’a conseillé de sauter la saison I.

Ma première impression reste vrai, la plupart des acteurs ont un jeu un peu artificiel. Par ailleurs, Babylon V manque de vie. On se croirait dans un bouquin d’Asimov. Les héros vivent sur Babylon V toute l’année mais ne font globalement que travailler ou parfois prendre un verre entre collègues de travail. Ils n’ont aucune vie privée et donc aucune relation sentimentale. Et si on nous sous-entend un truc naissant entre Delenn et Sheridan… on ne peut pas vraiment parler de “vie privée”. Finalement, Babylon V est un assez digne descendant de Startrek, mais avec une longue trame de scénario, qui est d’ailleurs plutôt pas mal faite. Et c’est ce qui retient l’attention finalement, devant cette série, qui a vieilli, c’est certain (et je ne parle pas des effets spéciaux), mais qui se laisse regarder.

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Finalement, le meilleur acteur, celui qui donne le personnage le plus intéressant et lui donne le plus de personnalité, c’est l’ambassadeur Molari… plutôt du mauvais bord, mais en réalité coincé dans des choix il sait mauvais mais pas assez courageux ou trop fier pour décrocher.

Richard Morgan : Anges déchus

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Après Carbon modifié, j’ai aussitôt attaqué la suite, car ce n’est pas si souvent qu’on trouve du bon cyberpunk.
On retrouve Takeshi Kovacs ex Force Diplomatique du Protectorat, (c’est à dire Space Marin avec un conditionnement de psychologue super fort) engagé comme mercenaire dans une guerre sur la planète Sanction IV.
Après un combat particulièrement mortel, il se retrouve à l’hôpital avec un pilote qui lui propose un marché : avec une équipe d’archéologues, il a découvert le plus extraordinaire artefact extra-terrestre jamais déterré : une porte d’espace saut et derrière, un vaisseau spatial. Ils font alliance pour prendre contact avec une corpo pour lui vendre la découverte, en échange d’un billet de sortie de cet enfer vers une planète de loisir, assorti d’un nouveau corps et d’une confortable prime.

Carbone modifié avait mis la barre très haut et ce n’était pas simple de faire aussi bien. On commence dans une ambiance guerrière, qui me plait moins que l’ambiance de polar noir du tome 1. En outre, si nous avons vu que Kovacs avait des talents appris chez les “Diplos”, l’auteur avait évité d’en faire un super héros dans le tome 1. Au début du tome 2, il a tendance à en faire beaucoup avec le conditionnement psychologique qui le rend super fort.
Néanmoins, il y a de très bonnes choses, comme les citations de Quellcrist Falconner (qu’on trouve déjà dans le 1), une espèce de Che Gavara anarcho-communiste de la planète d’origine de Kovacs :
La guerre est une histoire d’amour ratée comme une autre. Bien sûr, on envie de tout arrêter, mais quel prix ? Et surtout, une fois qu’on s’en est sorti, se sent-on vraiment mieux ?
Dynamique, plein de personnages intéressants, de péripéties, d’inventions cyberpunk réussies, c’est un roman qui se lance bien. Malheureusement, une fois lu les 3/4, on se demande si l’auteur va réellement réussir à utiliser pleinement les différents éléments qu’il apporte, en particulier du vaisseau alien et des croyances vaudou. A l’arrivée, ce n’est pas mauvais, mais pas tout à fait à la hauteur de ce qu’on aurait aimé, un peu trop de guerre à mon goût et le fin mot de l’affaire arrive un peu déconnecté du reste. Bref, moins bon que Carbone modifié, mais un bon roman de guerre avec une intrigue.

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