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Signe d’identitĂ© par Le Breton
Agent secret avec Vincent Cassel et Monica Belluchi
le thĂ© qu’on m’a offert
Les fatals picards
Signe d’identitĂ© par Le Breton

Ça fait un moment que la mode du tatouage et du piercing m’intrigue. Non pas que ça me tente, fouya, loin de lĂ ; Ce qui m’intrigue, c’est cet engouement pour quelque chose qui non seulement ne me plait pas mais Ă la limite me rĂ©pugne. Qu’est-ce que peuvent bien y trouver tous ces gens qui pratiquent, y compris des gens « communs », c’est-Ă -dire ni des punks, ni des marginaux, ni des grands musclĂ©s qui veulent faire viril ? Par ailleurs, ayant rencontrĂ© un hacker en passe de se faire tatouer, je me suis dit qu’il fallait vraiment que j’aille creuser le sujet, ce sera bon pour ma thèse. VoilĂ donc ce que j’ai ramassĂ© dans le livre de Le Breton.
Cette modification du corps n’a plus du tout la signification qu’elle pouvait avoir entre les deux guerres : le tatouage ne naĂ®t plus dans les bars, les bordels ou les prisons. Aujourd’hui, le corps est perçu comme inachevĂ©, imparfait. Il faut l’amĂ©liorer, le perfectionner par des rĂ©gimes alimentaires, le culturisme, la chirurgie esthĂ©tiqueÂ… « il n’est plus question de se contenter du corps que l’on a, mais en modifier les assises pour le complĂ©ter ou le rendre conforme aux idĂ©es qu’on s’en fait. »
Le signe tégumentaire est désormais une manière d’inscrire dans la chair des moments clés de l’existence. C’est un rite de passage et le corps se fait simultanément archives de soi et décoration. La marque corporelle traduit la nécessité de compléter par une initiative personnelle un corps insuffisant en lui même à incarner l’identité personnelle. C’est souvent une prise d’autonomie, une manière symbolique de prendre possession de soi. La douleur fait également partie du processus, d’une part pour marquer la transformation de l’individu par ce rite de passage et d’autre part, pour se prouver sa capacité à maîtriser la douleur.
En effet Le Breton distingue la souffrance et la douleur. La douleur, c’est l’information brute. La souffrance, c’est la manière dont la douleur est vécue. L’individu est « dans une relation de maîtrise avec ce qu’il s’inflige et ce qu’il ressent et ce sentiment désamorce la virulence rattachée à la souffrance. »
En général, ces tatouages ou piercing sont le signe d’un surinvestissement du corps… ce n’est pas toujours le cas, en particulier pour les tenants de la cyberculture (ce qui était principalement le domaine qui m’intéressait) :
« Les tatouages biomécaniques figurent une technicisation métaphorique du corps : circuit électronique, puces, machines cybernétiques, formes géométriques, ou encore dessins de monstres issus de la cyberculture et des jeux vidéo. […] Mime du rapprochement de l’homme et de la Machine, de l’informatique et de la chair dans le regret de l’origine non technicienne de l’homme, tentative plus ou moins lucide d’effacer le corps de la condition humaine. »
Agent secret avec Vincent Cassel et Monica Belluchi

Ce film d’espionnage est inspirĂ© du fait divers du rainbow warrior, avec les fozĂ©poux Turanges qui faisaient sauter le navire de greenpeace, tuant malencontreusement un photographe dans un port australien.
L’histoire, ici, est celle d’une mission du capitaine Georges Brisseau (Vincent Cassel), chargé par ses supérieurs de la DGSE de couler un cargo arrimé dans le port de Casablanca. Pour l’aider, trois agents l’accompagnent dont Lisa (Monica Bellucci), déterminée à décrocher après cette opération.
Evidement, le plan sans faille part en sucette, et Georges qui avait jusque là le feu sacré, commence à douter, alors que Lisa dérive de plus en plus dans l’amertume.
J’ai regardĂ© ce film jusqu’au bout, mais pour parler franchement, je bloggais en mĂŞme temps, sinon, je n’aurai pas tenu. Ça manque de souffle, d’énergie, on n’arrive pas vraiment Ă s’intĂ©resser Ă ces deux pauvres pions d’un système qui ne fascine pas plus. C’est dommage, parce que l’interprĂ©tation des deux acteurs est plutĂ´t valable, si seulement ils avaient eu une histoire Ă leur service. Et un montage dynamique, aussi.
A la fin du film, l’histoire est finie parce qu’on voit le générique. Heureusement, sinon, on n’aurait rien remarqué.
le thĂ© qu’on m’a offert
Le musĂ©um d’histoire naturel de Lyon vend du thĂ© et mĂŞme du thĂ© très bon.
Mes compagnons de vadrouille campagnarde m’en ont offert pour mon anniversaire.
Le thé des poètes :
Thé non fumé de Chine et de Ceylan, parfumé de cannelle, de caramel, de citron, de pommes et d’écorce d’agrumes
C’est le meilleur des trois. Un goût subtil ou les agrumes ne supplantent pas les autres goûts, l’ensemble se mariant avec bonheur.
Cité de Bogor :
Thé non fumé de Chine et de Ceylan, goût suave et acidulé des fruits du pacifique, agrémenté de pétales d’héliandre
Sympa. Surtout acidulé
Je me suis demandĂ©e ce qu’Ă©tait l’hĂ©liandre.
Ca ressemble Ă du tournesol, pas surprenant, vu le nom.
Et apparement, on en fait du savon plutôt que du thé.

Thé des sages
Mélange de thé noirs et verts, aromatisé à la bergamote, à la vanille et au jasmin
Sans plus. Les thés de base sont corrects mais sans vraiment de personnalité. Le résultat est bon, mais oubliable.
Les fatals picards

Je connais personnellement une des plus grandes fans des Fatals Picards. C’est comme ça que j’ai connu ce groupe, parce qu’elle fait du prosĂ©lytisme. Une de ses prosĂ©lytĂ©e nous a sournoisement coincĂ© dans un voiture pour nous faire Ă©couter leur dernier album. Après 3 chansons, on l’a menacĂ© de l’attacher Ă un piquet au bord de la route et elle a acceptĂ© de changer de musique.
Bon, les Fatals Picards, ça ressemble aux Wampas. Et c’est drĂ´le. Mais j’abuse pas. Donc, si vous aimez les Wampas, vous devez connaĂ®tre ce groupe.
En ce qui concerne, je suis contente que le punk Ă©nervĂ© soit not dead, mais j’Ă©coute pas vraiment.
Les gens de microsoft se sont penchĂ©s sur les danger du hack qui pervertit les enfants…
Kidtalk
23 avril 2005 at 9:49
« Les tatouages biomécaniques figurent une technicisation métaphorique du corps : circuit électronique, puces, machines cybernétiques, formes géométriques, ou encore dessins de monstres issus de la cyberculture et des jeux vidéo. […] Mime du rapprochement de l’homme et de la Machine, de l’informatique et de la chair dans le regret de l’origine non technicienne de l’homme, tentative plus ou moins lucide d’effacer le corps de la condition humaine. »
Cet extrait de Le Breton rĂ©sonne avec une autre lecture que je suis en train de faire en ce moment : “Villa Vortex” de Maurice Dantec. Dans ce polar, la Machine est ominprĂ©sente, Ă tous les niveaux, depuis la grosse Machine sociale qui organise les ballets des mĂ©caniques sur l’autorute, la destruction / construction des usines, les horaires de travail et de dĂ©placement des populations, jusqu’aux composĂ©s Ă©lectroniques qui se mĂŞlent Ă la chair des victimes du tueur - un fou qui tue ses victimes et ensuite tente d’en faire un simulacre du vivant en remplaçant des organses bien prĂ©cis par des composĂ©s Ă©lectroniques permettant de simuler des mouvements, de jouer des fichiers sons prĂ©enregistrĂ©s. la PoupĂ©e Vivante. Les victimes transformĂ©es en machines, abandonnĂ©es dans les centrales Ă©lectriques ou nuclĂ©aires, ou Ă cĂ´tĂ© de transformateurs EDF.
Il y a sans cesse une rĂ©fĂ©rence au roman “l’Eve Future” de Villiers de l’Isle-Adam, oĂą un ingĂ©nieur crĂ©e une figure fĂ©minine grandeur neture qu’il animera par la grâce de l’Ă©lectricitĂ© et qui sera la femme “parfaite” (c’est-Ă -dire celle qui correspond Ă l’idĂ©al fĂ©minin d’un ami mâle de notre gĂ©nial inventeur).
Ce roman est un polar, il y est donc question de crime et de tueur. S’y Ă©chaffaude une thĂ©orie, selon laquelle notre organisation sociale produit, secrète, des “tueurs absolus”, c’est-Ă -dire des hommes pour lesquels le crime est un mode de vie, c’est-Ă -dire “le moment oĂą la vie ne devient plus qu’un moment de mise Ă mort”.
Le rapport avec la Machine ?
–> “Wolfmann disait que le crime absolu appraisait dans les sociĂ©tĂ©s livrĂ©es Ă une libertĂ© technique et sexuelle sans restricton, ou plutĂ´t, disait-il, il les annonce … Le sexe devenait une simple opĂ©ration technique, la technique elle-mĂŞme en retouir ne devenait plus que l’appendice de nos libidos (…) [p.276]”
ou encore, p286
“Un matin, alors que la douce lumière de l’aube glissait sur la peau du jour, je vis le corps de la femme comme une machine. Une machine de lait et de mĂ©tal, de sang et de carbone, en quelques instants, la vision de la PoupĂ©e Vivante vint s’intĂ©grer comme naturellement aux corps que je ne connaĂ®trais pas.
Un processus de désintégration singulier.
VoilĂ quelle Ă©tait la tendance lourde. Un processus terrifiant d’autodissection de l’humanitĂ©.
Après l’isolation des fonctions reproductrices et sexuelles, on pouvait imaginer que chacune des catĂ©gories se verrait alors soumise Ă l’exercice plus libre encore de l’expĂ©rience mutilatoire ainsi lancĂ©e.
La reproduction elle-mĂŞme, comem nous le promettaient les auteurs de science-fiction, et les chercheurs en biologie molĂ©culaire, ne serait bientĂ´t plus qu’une sĂ©rie dĂ©composable d’actes techniques qui ne seraient liĂ©s en aucune façon Ă l’expression du dĂ©sir sexuel, de ce terrifiant dĂ©sir qui nous anĂ©antit dans l’autre, mais Ă celle de l’ego, cette confortable situation de nous-mĂŞmes. [...]
Le dĂ©sir sexuel, de son cĂ´tĂ©, pouvait se fragmenter Ă son tour en autant de concepts et de discours techniciens, en autant d’actes purement opĂ©ratifs, de gestes mĂ©caniques, de degrĂ©s hyperconscients et discursifs de l’amour, de pornographies universaliĂ©es et indiffĂ©renciĂ©es, bref en autant de menaces pour le dĂ©sir sexuel lui-mĂŞme.
C’Ă©tait cela qu’expĂ©rimentait Ă son niveau le tueur des centrales.
Il avait trouvé une réponse personnelle à ces doubles contraintes en cascade dans lesquelles le monde nous avait enfermés.
En transformant les femmes en machines, en leur Ă´tant la vie biologique pour lui substituer un artefact informatique, il;paraissait vivre Ă la hauteur de sa prise de conscience : la sexualitĂ© elle-mĂŞme n’Ă©tait plus qu’un appendice virtuel de l’appreillage technique.”
Ce roman de fiction rĂ©sonne avec ces extraits de Le Breton que tu nous faits lire, Leirn, mais Ă cette diffĂ©rence qu’il ne traite pas de la transformaton de son propre corps en machine, mais de la transformation des autres en machine, et qui commence par le regard qui est portĂ© sur l’autre - la femme une machine de lait et d’acier …
Sur ce, bonne journée quand même ! mdr :o)
Annick (musum)
PS : et le bonjour Ă Lotin, le Roi du Saumon !