Kro du bato : Les ports

Après la navigation, voici une kro qui vous parle des ports.

Il y a plusieurs façon de faire une croisière : pour les maniaques, il y a les grands « tout droit », genre : par là, c’est les Açores. On règle les voiles une fois pour toute en quittant le port et on y retouchera dans 2 semaines. Ca sous-entend aussi qu’on sera amené à dormir dans la cabine à l’INTERIEUR pendant que le bateau roule et tangue.

Autre solution : on fait du cabotage (ne pas confondre avec cabotinage, ça, c’est moi avec ma marinière). Tous les soirs, on dort dans un port. Il faut donc prévoir ses étapes en fonction des distances, du vent, de la taille du port, de son heure d’arrivée et de la saison.

Prenons par exemple Port-Joinville, sur l’île d’Yeu.
 C’est un port plutôt couru en cette saison. Il est de notoriété publique qu’il vaut mieux ne pas y être trop tard si on veut une place au ponton voire une place TOUT COURT. Donc, de crainte d’être rejeté à la mer comme des vulgaires maquereaux trop jeunes, les bateaux tournent en rond devant l’entrée du port en attendant la marée. On reconnaît aisément les bateaux ayant un tirant d’eau équivalent : leur skippers ont fait les mêmes calculs de marée et tels des requins, les bateaux rodent au large.

De temps en temps, un bateau nargue tout le monde, se la joue : moi, je peux remonter ma dérive et pas vous et entre. Et soudain, à l’heure dite, c’est la ruée. Tout le monde met son moteur en route et fonce vers l’entrée. Sauf que je rappelle, ce sont des bateaux à voile, pas des hors-bords. On fonce benoîtement à 4 noeuds, un peu comme dans une courses de tortues. Et au moment d’entrer… on se retrouve sur le périph à 6 heures avec des gros cons qui sont prêts à tuer pour passer les premiers. Autant pour la courtoisie entre plaisanciers et la solidarité instinctive des amateurs de voile. On a tout vu, gens qui déboîtent pour doubler, mecs qui prétendent avoir une place de port pour passer devant tout le monde et prendre une place au ponton qui était attribué à quelqu’un d’autre.

Le personnel de la capitainerie gère au mieux l’affluence et empile les bateaux par taille et par couleur (non, par couleur, c’est une blague. De toute façon, ils sont presque tous blancs). 

Nous avons eu une place au ponton et derrière nous, se sont rapidement empilés 3, 4 jusqu’à 5 bateaux à couple, accrochés de chaumard en chaumard (vous voyez que ça sert, ce machin). Ce qui signifie que les sixièmes (qui sont entrés dans le port vers minuit) devaient enjamber 5 autres bateaux pour regagner le ponton. La règle de savoir-vivre veut qu’on passe devant le mât, pour ne pas s’inviter pendant l’apéro en traversant le salon.

En pleine nuit, un mini-grain a tenté de nous écraser avec toute la force de nos 5 copains contre le ponton. Et c’est pour cela que les vrais marins ne dorment que d’un oeil : pour remettre des pare-battages à 4h du matin, pendant que les touristes en croisière ne se rendent compte de rien et dorment.

Au matin, le même embouteillage se produit. Les bateaux se désaccouplent en vrac et tentent de se sauver comme des voleurs. Alors, parfois, dans le chenal, ben, ya des chocs.

Entrer dans les villes, par leur port, ça change et c’est très sympa, même si ça implique des manoeuvres complexes.

La base, c’est viser entre les bouées, danger isolé et autres trucs qui font qu’une entrée dans le port, ça ne se fait pas dans n’importe quel sens.

Ceci, par exemple, c’est Pilours. une bouée cardinale sud à l’entrée du port de Saint Gilles Croix de vie. Ca veut dire qu’elle est au sud du danger et qu’il faut donc passer encore plus au sud pour ne pas frotter. Pour bien entrer dans un port, il faut suivre des alignements, d’abord cap sur la pointe de Grosse Terre avec son phare. Puis le chenal au sud ouest en visant 2 tours carrées à sommets rouges et on laisse à bâbord la bouée sud Pilours. Et ensuite, on entre.

Pour entrer aux Sables, on a un cérémonial du même ordre. Ci-dessous, vous avez Les Barges. C’est le premier phare français qui a été automatisé en 1970. Il nous dit qu’il faut passer à l’ouest, parce que comme précise Lotin avec bon sens, si on passait à l’est, on le ferait avec des roues.

 

Ensuite, on dépasse les petites barges, la bouée Nouch sud et on entre en respectant bâbord rouge, tribord vert.

Voici donc 6 bas-rouges :

en tricot vert :

mais là, on sort, alors c’est l’inverse.

Prête à sortir ?

 

 

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