Retour à Laelith : Le fantôme de Lilegrune (première partie)

Compte-rendu d’une partie d’AD&D.

Le MJ n’ayant pas pris beaucoup de notes et le compte-rendu ayant été rédigé un mois et demi après la partie, le résumé sera probablement approximatif sur plus d’un point.

Nous sommes à la fin du mois de findefroid 1016.
La compagnie aventureuse de la Canneberge a recruté le demi-ogre Uhu pour remplacer Taonnée, immergée cérémoniellement dans l’Inlam après avoir été tuée par un skulk dans les égouts.
Bergarian propose à ses camarades de retourner dans le repaire des skulks pour tenter d’ouvrir la trappe située dans la chambre des enfants : il pense qu’avec l’aide d’Uhu et des leviers appropriés, ils arriveront à la soulever. Tobert est enthousiaste et le reste de la compagnie se laisse entraîner, sauf Asric, qui préfère se plonger dans l’étude des livres de sorts qu’il a achetés à la foire aux enchantements, et Naïd, qui doit aller chez divers artisans pour leur commander quelques travaux.

Naïd se rend tout d’abord chez Woller, un menuisier gopneldaun décharné aux grandes jambes et aux longs cheveux gris dépassant en mèches de son bonnet installé un peu plus bas que le quartier de la cruche, pour lui commander une chatière pour chez Threnaster. L’artisan, qui roule les R, explique qu’il doit voir sur place, et Naïd passe chez madame Grumph, la boulangère, qui a la clé de la maison du facteur d’instruments, pour la prévenir. Puis il va chez Ouafi, fabricant de coffres demi-orc d’allure patibulaire et partiellement édenté situé près du quai des contrebandiers, pour faire installer un coffre à la Canneberge. Enfin, il passe chez Détoril, graveur sur bois elfe, pour lui commander une enseigne, toujours pour la Canneberge.

Pendant ce temps, le reste de la compagnie descend dans les égouts jusqu’au repaire des skulks. Uhu et Bergarian réussissent après quelques efforts à soulever la dalle de pierre et les aventuriers s’engagent dans un couloir souterrain qui débouche sur une salle contenant deux lits en piteux état, une table basculée et des restes de rats manifestement rongés. Surpris par un mort-vivant qui se dissimulait derrière la table, Bergarian lui fait face mais la créature (une goule) parvient à le griffer, ce qui le paralyse. Elle est tuée par Uhu et Rosaline prodigue les premiers soins à Bergarian, ce qui ne le tire pas de son état. Les aventuriers décident de battre en retraite et, après avoir refermé la trappe, rejoignent la Canneberge en portant leur infortuné compagnon.

Eorl, Naïd (qui était revenu de chez Détoril) et Rosaline se rendent chez Kiralie pour lui demander un remède, mais son échoppe est fermée. Ils se rendent chez un autre herboriste, Guerroj, mais celui-ci n’est pas sûr d’être capable de produire un remède efficace contre la paralysie des goules.
Ils vont quérir de l’aide au temple du Poisson d’Argent, où ils découvrent que le grand-prêtre, Gamul Morénon, est parti précipitamment dans des circonstances qui suscitent l’étonnement et les discussions. Sans prêter attention à cette agitation, Naïd se rend auprès du patriarche Rasingratt, qui lui explique que la paralysie de son camarade ne devrait durer que quelques heures au plus. Après s’être arrêtés à une rôtisserie pour y acheter quelques volailles pour le repas de midi de la compagnie, les trois aventuriers rejoignent la Canneberge où Bergarian a retrouvé sa mobilité.

Une discussion a lieu sur ce que devra représenter l’enseigne commandée à Détoril. Par quoi symboliser une compagnie d’aventuriers ? La proposition d’Eorl, une tête de dragon (de profil, rouge vif avec les yeux dorés), est finalement adoptée. Un fronton portant la mention « compagnie aventureuse de la Canneberge » est également commandé au graveur sur bois. Un changement de la décoration de la salle principale, qui n’a pas été modifiée depuis que les aventuriers ont pris possession des lieux, est également envisagé, mais sans passage à l’acte.
Après avoir emprunté la clé à madame Grumph, Naïd se rend chez Threnaster avec Woller pour lui faire faire la chatière pour Hamlin. Il passe ensuite chez le ferronnier d’art Mikaros passer commande d’un heurtoir représentant une tête de dragon. En fin d’après-midi, il amène Ouafi à la Canneberge pour discuter de l’installation du futur coffre. Après avoir posé moult questions et donné des conseils, il propose de le placer dans l’épaisseur du mur, à l’angle de la cheminée de la cuisine.

À la nuit tombée, on tambourine à la porte (encore dépourvue de heurtoir) de la Canneberge : l’ouvrant, les aventuriers découvrent une jeune femme affolée aux longs cheveux châtains dépeignés, en chemise de nuit blanche et pieds nus, qu’ils ont déjà croisée à maint reprises dans le quartier. Il s’agit de Lilegrune, une couturière établie à mi-chemin entre la Canneberge et le théâtre de minuit. Elle a entendu dire que la compagnie avait résolu plusieurs problèmes de fantômes et les supplie de venir à son aide : elle est poursuivie par un fantôme, celui d’un homme qu’elle a tué et qui est revenu pour se venger…
Les aventuriers la font entrer pour qu’elle se calme et raconte son histoire.

Tout a commencé il y a plusieurs semaines. Un homme tout de noir vêtu l’a abordée dans la rue et lui a fait des avances. Elle lui ai dit qu’elle n’était pas intéressée, mais ça ne l’a pas découragé. Il a commencé à la suivre. Quand elle regardait par la fenêtre de sa boutique, il était là dehors à l’observer. Quand elle allait faire des courses, il la suivait, d’un peu loin mais suffisamment près pour qu’elle soit consciente de sa présence.
La semaine dernière, il l’a empoignée alors qu’elle remontait du marché du pont des pêcheurs, lui a plaqué une main sur la bouche pour l’empêcher de crier, et l’a entraînée dans une traboule sous la menace d’un couteau. Elle s’est débattue, il l’a plaquée au sol, elle a réussi à se libérer, et quand elle a tourné la tête en s’enfuyant, elle l’a vu immobile par terre, son couteau planté dans la gorge. Elle a couru s’enfermer chez elle et n’est ressortie que le lendemain matin pour aller au poste du cobalt les prévenir de ce qui s’était passé, mais quand les gardes sont allés voir, le corps n’était plus là. Depuis, plusieurs fois, elle est sûre de l’avoir senti tout proche d’elle qui l’observait, ou entendu lui murmurer des choses. Elle a mis ça sur le compte de son imagination et a essayé de reprendre une vie normale. Mais ce soir, alors qu’elle se préparait à aller se coucher, pendant qu’elle se brossait les cheveux dans sa chambre, elle l’a vu apparaître derrière elle dans son miroir, dans ma chambre ! Il lui a chuchoté « Je suis venu pour toi, Lilegrune ! » et a tendu les bras pour l’attraper. Elle s’est enfuie et a couru jusqu’à la Canneberge.
Les aventuriers proposent à Lilegrune de passer la nuit chez eux. Eorl, Naïd et Rosaline se rendent chez elle (suivis à distance par Uhu, pour voir si personne ne leur emboîte le pas). Ils lui rapportent quelques affaires après avoir fermé le bâtiment à clé. Naïd et Eorl vont au poste du cobalt, où on leur confirme que Lilegrune est bien venue il y a cinq jours pour s’accuser d’un meurtre, mais qu’aucun corps n’ayant été retrouvé à l’endroit qu’elle avait indiqué et personne n’ayant signalé de disparition, l’affaire a été classée sans suite. Ils apprennent que la couturière se serait installée dans le quartier de la cruche suite à un problème avec la guilde des teinturiers, mais personne ne peut leur en dire plus à ce propos.

Après une nuit calme (au cours de laquelle ils ont fait des tours de garde au cas où un fantôme se manifesterait chez eux), les aventuriers se rendent sur les lieux du meurtre, entre l’échoppe du boucher Cozmar et une maison d’habitation de quatre appartements, mais n’y trouvent aucun indice. Pendant qu’Asric raccompagne Lilegrune chez elle (et que tous les deux entendent le fantôme menacer de mort tous ceux qui se mettraient entre la couturière et lui), Naïd fait une enquête de voisinage, au cours de laquelle il interroge entre autres la jeune fille des rues âgée de quinze ou seize ans qui traîne souvent à proximité de la Canneberge et qui se souvient d’avoir vu traîner un homme en noir dans le quartier il y a quelques temps (elle est elle-même vêtue de noir…), et le tabergiste Pip Dufoix au cornemuseux bleu. Informés par Asric des menaces proférées par le fantôme, les aventuriers décident de se relayer pour surveiller l’échoppe de Lilegrune. Naïd soupçonne qu’en fait de fantôme il s’agisse plutôt d’un magicien agissant à distance au moyen d’une bouche magique, mais Asric lui explique que si magie il y a, ce serait plutôt un sort de ventriloquie.
Asric confirme l’existence d’un ordre de magiciens habillés de noir : les Nigritiens.

La chatière chez Threnaster a été faite. Il faudra maintenant que madame Grumph apprenne à Hamlin à s’en servir…

Les aventuriers proposent à Lilegrune de passer à nouveau la nuit chez eux. En discutant avec elle, ils apprennent que la guilde des teinturiers a refusé qu’elle prenne la succession de son père au décès de ce dernier car elle n’a pu justifier auprès d’eux d’un apprentissage en règles du métier, faute d’avoir été déclarée. Elle soupçonne qu’il s’agisse surtout de misogynie de la part de la guilde.
Ils font à nouveau des tours de garde, mais la nuit se passe sans problème.

Le lendemain, alors qu’ils raccompagnent la couturière chez elle pour qu’elle puisse ouvrir son échoppe, ils entendent à nouveau la voix menaçante, un chuchotement rauque. Naïd invoque les pouvoirs d’Ahto pour tenter de détecter un usage de magie, mais il ne décèle que la dague récupérée chez les skulks, à la ceinture d’Asric.
Examinant la serrure de l’échoppe, Uhu remarque des griffures sur le métal, probables signes d’une tentative de crochetage. À l’intérieur, Eorl détecte au rez-de-chaussée les traces du passage d’au moins une quinzaine de personnes, dont une aux sabots fendus (un minotaure ?) et une autre avec une queue traînant derrière elle (un homme-lézard ?), mais rien ne semble avoir été dérangé…

(à suivre)

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