Kro en résumé : Starfleet Academy

Star Trek : Starfleet Academy
(2026)

Série télé Star Trek (première season, dix épisodes d’environ une heure chacun)

Comme son nom l’indique, la série met en scène un groupe de cadets étudiant à Starfleet Academy (sur le campus de San Francisco et à bord du vaisseau Athéna).
En théorie, ça avait tout pour m’intéresser : l’un des tous premiers suppléments que j’avais achetés pour Star Trek : The Next Generation était justement la boîte Starfleet Academy, et (comme c’était également le cas avec Star Trek Lower Decks) je suis persuadé qu’on peut faire des tas de trucs intéressants avec des personnages qui ne sont pas des héros hyper expérimentés.

J’avais quelques a priori négatifs du fait que ça se passe à la même époque (ou un poil après) que la fin de Discovery, plus de cent-vingt ans après le Brasier, la catastrophe qui a causé l’effondrement des voyages interstellaires et de la Fédération. Ce n’est pas une époque qui me plait, ce n’est pas une époque qui m’intéresse, ce n’est pas mon Star Trek.
Je n’aime pas non plus l’esthétique des vaisseaux ou de l’intérieur des bâtiments de l’académie : c’est trop « plastique transparent », immaculé lisse et brillant, pas mon truc non plus.

Le premier épisode ne m’a absolument pas convaincu, entre la rectrice de l’académie qui ne me semble pas avoir l’étoffe pour commander un vaisseau dans une situation de crise, le cadet « principal » dont je ne vois pas pourquoi on est allé le chercher pour qu’il suive les cours de l’académie alors que ça n’est qu’un petit délinquant sans éducation (scolaire), les nouvelles espèces ET (y en avait déjà bien assez sans qu’il soit besoin d’en inventer des supplémentaires, surtout quand leur seule différence avec des humains c’est leurs sourcils), l’esthétique des vaisseaux, etc…

Les personnages principaux sont donc un groupe de cadets appartenant à la toute première promotion à être formée à Starfleet Academy depuis son retour sur son campus de San Francisco. On a donc en premier rôle masculin un jeune débrouillard qui a grandi sans parents dans les bas-fonds de diverses planètes, suite à l’emprisonnement de sa mère quand il était gamin, emprisonnement décidé par la toute nouvelle rectrice de l’académie (et premier rôle féminin) alors qu’elle était juge, du coup elle se sent responsable de ce qui est arrivé audit gamin, elle a finalement réussi à le retrouver alors qu’il venait de se faire gauler et elle lui donne le choix entre la taule et l’académie tout en lui promettant de tout faire pour retrouver sa mère (qui de son côté a réussi à s’évader et a disparu dans la nature) : donc y a un arc scénaristique où le jeune rebelle, qui n’a pas l’intention de rester à l’académie mais veut retrouver sa mère, cherche la trace de cette dernière tout en étant sur le campus, et bien entendu 1°) il évolue, trouve sa place dans le monde et décide de s’impliquer dans le cursus et 2°) il retrouve sa mère à la fin de la season (je ne spoile rien, on le voyait venir dès le premier épisode).
À côté de ces deux rôles principaux, on a une poignée de faire-valoir, principalement des étudiants (la fille balèze dans tous les domaines qui a un père amiral et qui marche sur ses traces, le connard imbuvable qui va quand même finir par devenir ami avec les autres, le Klingon mal dans sa peau et queer, l’étudiante holographique qui essaie de comprendre la société des « organiques » (dans la lignée d’une série de personnages comprenant Spock, Data, Odo et Seven of Nine, qui l’avaient fait de façon plus intéressante), la Bétazoïde qu’est une télépathe ‘achement balèze, et son frère qui n’est quasiment pas développé dans la série), mais aussi des cadets de l’académie militaire (rivale de Starfleet Academy et installée sur le même campus) et quelques membres de l’encadrement (dont une hybride Klingon / Jem’hadar dans le rôle du bras droit de la rectrice).
Notez qu’on retrouve parmi les enseignants le docteur holographique de Voyager, avec une explication sur le fait qu’il a pris trente ans dans les rides (ça me choque beaucoup moins que Data dans Picard, sans doute pasque Robert Picardo ne s’est pas empâté, contrairement à Brent Spiner).
On retrouve aussi l’ingénieure Jett Reno, l’un des rares personnages intéressants de Discovery, qui est à mes yeux l’un des personnages les plus intéressants de la présente série (probablement le personnage le plus intéressant, carrément).

J’ai pas vraiment accroché. Les histoires de campus à l’américaine (avec frictions entre cothurnes, rivalités entre écoles sur le même campus, compétitions sportives, histoires d’amour de fin d’adolescence (notez au passage que (spoiler) la blonde bien roulée n’a aucune vie sentimentale, y a même pas un gros lourd qui vient la draguer, que dalle : c’est très surprenant), soirées alcoolisées et autres) ne m’intéressent pas des masses, la cadette holographique qui a tout à apprendre à propos des formes de vie biologiques et fait donc souvent benête m’a gonflé. Le connard qu’est quand même finalement sympa avec ses amis quelque part aussi. Les autres sont plutôt sympathiques, OK, mais y a pas de personnage parmi les cadets qui puisse me servir de « support » pour me « projeter » dans l’histoire.

Il y a un peu d’action à la fin, dans les deux derniers épisodes, quand l’arc scénaristique (extra-académique) du cadet « principal » à la recherche de sa mère est bouclé. Ledit arc scénaristique n’est pas spécialement intéressant (et pas du tout original), par contre ces deux épisodes sont ptêt les plus intéressants de la season, en particulier pasqu’on y voit Jett Reno dans un rôle central (elle occupe même brièvement le fauteuil de capitaine), et aussi pasque c’est là que les cadets finissent par coopérer pour fonctionner comme la passerelle d’un vaisseau normal de Starfleet et ainsi résoudre la situation de merde profonde dans laquelle ils sont plongés (tout en faisant enfin du vrai Star Trek, avec voyage spatial et vaisseau avec un équipage complémentaire).

C’est meilleur que Discovery (bon OK, ça c’était pas vraiment difficile), mais dans l’ensemble ce n’est pas exceptionnel, et ce n’est pas vraiment du Star Trek comme je l’aime, avec des voyages spatiaux et tout (OK, y en a un peu à la fin, et c’est donc là que la série prend un peu d’intérêt à mes yeux). Un bon point quand même, on n’y retrouve pas certains des éléments qui me gonflent tant dans Star Trek, comme les ET dotés de pouvoirs divins (y a bien des « particules » aux propriétés physiques « magiques » au cœur de l’intrigue des deux derniers épisodes, mais soit je m’habitue au bout de pas loin de mille épisodes de séries Star Trek sous la ceinture, soit c’était à peu près supportable).

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