Compte-rendu d’une partie de HackMaster.
Nous sommes le premier de lestes semailles 1016.
Tandis que le guerrier Tobert monte la garde devant la boutique, que le pisteur demi-elfe Eorl Thornen et le roublard demi-ogre Uhu fouillent l’échoppe de Lilegrune et son logement à l’étage du dessus sans trouver personne, malgré les traces d’effraction et de nombreux passages qu’ils ont repérées en arrivant, et que le mage milicien Asric et la guerrière Rosaline interrogent le voisinage pour savoir s’ils ont entendu ou vu quelque chose de particulier pendant la nuit, le frère Naïd Jambara et le maître d’armes Bergarian se rendent au Grand Marché, espérant trouver là-bas un portraitiste de rue qui serait capable de dessiner mystérieux homme en noir à partir de la description que sa victime lui en ferait. Ils font affaire avec le dénommé Miréusz qu’ils ramènent chez Lilegrune en lui promettant de le rémunérer grassement. Pendant que la couturière lui décrit son tourmenteur, Naïd part à la recherche de la jeune fille des rues qui prétendait avoir elle aussi croisé l’homme. Il la trouve en train de manger, débout dans la ruelle derrière chez le facteur d’instruments Threnaster, où le menuisier Woller et son apprenti sont en train de remplacer la fenêtre brisée, et la persuade de bien vouloir décrire l’homme qu’elle a vu à un artiste qui en ferait le portrait. Bien que méfiante, l’adolescente accepte (moyennant finances) et accompagne le clerc jusque chez la couturière. Comme Miréusz n’a pas encore terminé son premier portrait, Naïd, qui ne veut pas que la jeune fille soit influencée par la description faite par Lilegrune, discute avec elle devant l’échoppe pour la faire patienter. Il apprend qu’elle s’appelle Flinx et qu’elle voudrait devenir aventurière, mais il ne faut pas se lancer seule dans une telle carrière et elle n’a pas les moyens financiers de s’équiper correctement pour l’instant. Il lui demande si elle a vu un minotaure ou un homme-lézard dans le quartier, et elle lui explique qu’elle a effectivement vu passer récemment un guerrier minotaure accompagné d’un groupe d’une demi-douzaine de pèlerins armés, venant de l’échelle des étameurs et se dirigeant vers la terrasse de la Prospérité.
Les deux portraits réalisés par Miréusz se ressemblent beaucoup. Ils montrent un homme au visage long et mince, aux cheveux mi-longs et au nez fin.
Armés d’un des deux portraits, Naïd et Eorl se rendent d’abord à l’auberge des quatre éléments, située sur le trajet menant de l’échelle des étameurs à la Prospérité, et demandent à Mitzer s’il a un client minotaure, ce qui n’est pas le cas.
Les deux comparses se rendent ensuite à l’auberge de l’étoile d’argent. Ils y déjeunent, puis parviennent à rencontrer Volodar pour lui poser quelques questions. Il ne connait pas l’homme du portrait, et il ignore pourquoi le grand-prêtre Gamul Morénon a quitté précipitamment le temple du Poisson d’Argent il y a deux jours.
Au temple, ils apprennent que le grand-prêtre n’est pas revenu.
La compagnie aventureuse de la Canneberge fait le tour du quartier de la cruche pour montrer les portraits faits par Miréusz aux habitants et aux passants. Plusieurs personnes se souviennent de l’avoir vu passer dans les rues, mais personne ne lui a parlé. La dernière personne à l’avoir croisé l’a vu entre la forge et la boutique du tailleur.
Interrogée à propos des vêtements de l’homme en noir, Lilegrune explique qu’ils sont en toile bon marché et reprisés à plusieurs endroits.
Le soir venu, la compagnie emmène Lilegrune manger à la taberge du cornemuseux bleu, laissant Eorl et Naïd monter la garde dans son échoppe. Après leur avoir rapporté un repas froid, ils se préparent pour la nuit : Asric retourne à la Canneberge et les six autres se répartissent en binômes qui vont se relayer pour monter la garde chez Lilegrune, faire des rondes dans les ruelles alentour, et dormir. Rosaline et Eorl prennent la première garde et Tobert et Uhu font les premières rondes.
Lors de leur seconde garde (après un cycle complet), Eorl, installé dans le noir au rez-de-chaussée derrière le comptoir, entend des grattements dans le conduit de la cheminée. Passant la tête dedans, il reçoit de la suie sur la figure. Il monte rejoindre Rosaline dans la cuisine, puis pénètre dans la chambre de Lilegrune sans la réveiller. Là, il voit grâce à l’infravision deux pieds chaussés descendant par la cheminée éteinte. Lorsque l’intrus achève sa descente, il lui assène un bon coup de poing dans le ventre. L’autre dégaine une dague de sa ceinture, et après avoir tenté infructueusement de l’assommer, Eorl dégaine son épée et le frappe, tandis que son adversaire fait de grands gestes avec sa dague, tentant d’atteindre le pisteur au hasard.
La mêlée qui s’ensuit dans l’obscurité est confuse. Eorl blesse accidentellement au cou Lilegrune, réveillée par le bruit et qui s’est redressée dans son lit. Rosaline, qui était allée réveiller Naïd et Bergarian, déboule dans la pièce avec un bougeoir, et la lumière de la chandelle fait perdre à Eorl l’avantage de son infravision : il se rend alors compte qu’il ne voit personne face à lui, alors que le sang dans la pièce indique clairement qu’il s’est bien battu contre un adversaire réel… Naïd, voyant Lilegrune blessée, se précipite pour lui prodiguer des soins magiques, puis Bergarian et lui l’évacuent hors de la chambre, suivis par Rosaline qui emporte la chandelle, à la demande d’Eorl qui leur a demandé de sortir avec la lumière. Distinguant à nouveau son adversaire par la chaleur qu’il dégage, il le pourfend une fois de plus et l’individu s’effondre, lâchant sa dague.
Après l’avoir recouvert d’une couverture pour qu’on puisse repérer son corps, le pisteur appelle ses camarades qui reviennent dans la pièce. Naïd écarte du pied la dague (désormais bien visible) puis fouille le corps à tâtons. Outre divers objets (dont un jeu de rossignols et une sarbacane), il découvre qu’il porte une bague à l’annulaire gauche. Une fois le bijou retiré, l’individu devient visible : il ressemble à l’homme du portrait !
Naïd le ligote et lui prodigue les premiers soins. Eorl récupère la dague, Naïd la sarbacane et ses fléchettes.
Lilegrune confirme qu’il s’agit bien de son harceleur, qui n’a donc finalement rien d’un fantôme…
Tout le monde est persuadé que c’est lui qui a porté le coup à la gorge de la couturière, et Eorl, bien qu’affecté par l’accident, ne fait rien pour les détromper.
Tobert et Uhu reviennent de leur ronde. Laissant Rosaline et le demi-ogre avec Lilegrune, la compagnie emmène son prisonnier au poste du cobalt, où Gotterl est de garde cette nuit.
Les aventuriers retournent chez Lilegrune. Grâce à la magie d’Ahto, Naïd détermine que la sarbacane et ses fléchettes ne sont pas magiques, au contraire de la dague et de la bague. Rosaline et lui restent sur place pour la (courte) fin de la nuit. Au matin, après avoir prodigué de nouveaux soins magiques à la couturière (qui la guérissent complètement de sa blessure), Naïd, relayé par Tobert, rentre dormir à la Canneberge.
Dans la matinée, les aventuriers informent le voisinage que l’homme en noir qu’ils recherchaient la veille a été mis hors d’état de nuire.
L’après-midi, ils vont aux nouvelles au poste du cobalt. Le planton Félix leur apprend que l’homme en noir est un certain Burano, un voleur originaire de lointaines contrées occidentales qui squattait dans une maison abandonnée en aval du quartier de la cruche. Il était obsédé par Lilegrune et a agi seul. Il sera bien entendu lourdement condamné par la justice royale-divine, mais Félix ignore quelle sera la nature de sa peine.
Naïd va s’assurer que la fenêtre de chez Threnaster a bien été réparée, et constate que madame Grumph laisse la chatière ouverte pour permettre à Hamlin de circuler sans difficulté. Threnaster est toujours au vert, tout comme Auguste Martellus, mais le théâtre de minuit s’apprête à reprendre les représentations sous la houlette de Cyanyrys, l’elfe hautain membre de la troupe.
Les aventuriers font des essais de l’anneau d’invisibilité.
Le lendemain (3 de lestes semailles), Naïd incite ses camarades à retourner dans le repaire des skulks pour poursuivre l’exploration de ce qu’il y a sous la trappe. Bergarian accepte à condition que le clerc les accompagne, et la compagnie entière retourne dans les égoûts.
Les lieux sont tels qu’ils les avaient laissés. La compagnie se risque dans la salle suivante, où Naïd est attaqué par deux goules dissimulées derrière un rideau défraîchi. Il ne parvient pas à les repousser par sa foi, et est paralysé, mais Eorl et Bergarian disposent rapidement des deux morts-vivants. Rosaline découvre une petite bourse de cuir contenant douze tinkers et vingt-cinq rondes. Les aventuriers chargent Naïd sur un brancard qu’ils avaient pris la précaution d’apporter et se retranchent dans la pièce précédente pour aviser de la conduite à tenir, mais Naïd retrouve alors sa liberté de mouvements, et la compagnie repart de l’avant. Le couloir maçonné dans lequel étaient embusquées les deux goules conduit jusqu’à une chapelle consacrée selon Naïd à Masque, le dieu des ombres, un dieu des voleurs, si l’on en croit les fresques murales représentant des processions de gens vêtus de noir au visage dissimulé par des masques blancs laissant bouche et menton à découvert. Les aventuriers explorent prudemment la pièce, divisée en deux parties par un escalier montant dont Uhu affirme catégoriquement que la troisième est piégée et qu’il ne faut surtout pas y poser le pied. Arrivant au niveau de l’autel situé au fond de la pièce, Eorl est frappé par une forte odeur de charogne, juste avant qu’Uhu et lui ne soient attaqués par deux morts-vivants portant des robes noires en lambeaux et des masques de porcelaine blancs. Griffé par les deux et mordu par l’un d’eux, Uhu est paralysé. Eorl rate son adversaire et assène un violent coup d’épée au demi-ogre immobile, achevant son moulinet contre l’autel sur lequel il brise son arme. Il dégaine la dague de Burano, mais est mordu par ses deux adversaires et se retrouve à son tour paralysé. Le reste de la compagnie arrive à la rescousse. Naïd ne parvient pas à repousser les deux morts-vivants. Rosaline est paralysée elle aussi, mais Bergarian réussit à éliminer les deux créatures, dont l’une porte une paire de bracelets métalliques dont le bon état tranche avec le reste de ce qui se trouve dans la chapelle. Naïd confie les bracelets et les deux masques en porcelaine à Bergarian. Rosaline reprend ses esprits, Uhu et Eorl eux aussi mais un peu plus tard.
Poursuivant l’exploration de la pièce, Eorl découvre la présence d’une porte secrète pivotante dans le mur derrière l’autel. Uhu ne décèle pas de piège, mais lorsque Eorl tente de l’ouvrir, il voit un grand flash blanc émanant des motifs abstraits du bas-relief ornant ladite porte, puis tout devient noir : il est aveugle…
La porte a néanmoins été ouverte : elle donne sur un escalier en colimaçon étroit qui s’enfonce dans les profondeurs obscures. Uhu, Bergarian et Tobert y sont envoyés en éclaireurs pendant que le reste de la compagnie attend dans la chapelle, espérant que la cécité d’Eorl ne soit qu’un phénomène temporaire comme la paralysie dont plusieurs d’entre-eux ont été récemment victimes ; mais un long moment passe et le demi-elfe est toujours aveugle (ce qui est particulièrement gênant pour un pisteur…). Naïd lui prodigue des soins magiques, qui le guérissent de ses blessures mais ne lui rendent pas la vue. Les aventuriers décident de descendre rejoindre leurs trois camarades, Eorl étant guidé par Naïd. L’escalier s’enfonce profondément, et après une descente estimée à environ 70 mètres sans en avoir atteint le bout, la compagnie, craignant de déboucher profondément dans le Cloaque, fait demi-tour et entame la pénible ascension. De retour dans la chapelle, il est décidé de retourner à la Canneberge, en refermant au passage la trappe de pierre dans le repaire des skulks.
Naïd soigne ses compagnons blessés, puis fait une détection de la magie sur le maigre butin rapporté : seuls les deux bracelets sont magiques. Il espère que le lendemain, son dieu lui accordera le pouvoir de guérir Eorl de sa cécité…