Défi 2014 : scénario n° 23 : Mort sur ordonnance

Scénario pour Psi World, dans le contexte développé pour les modules Underground Railroad et Cause for War.

Ce scénario se déroule de préférence avant le dernier scénario d’Underground Railroad, et quoi qu’il en soit, avant l’assassinat de l’ambassadeur Robertson de l’Union des Plaines (Plains Union) et l’attaque de l’État Libre (Free State) par la Confédération des États du Centre (Central States Confederacy) : un cadre futur proche (par rapport à l’époque de parution des modules : 1985 et 1986) mais avec une technologie restée globalement la même qu’au milieu des années ’80.
Les références PW renvoient aux pages correspondantes du livret de règles, les références UR à celles d’Underground Railroad, les références CW à celles de Cause for War.

Si vous êtes censés participer à ce scénario en tant que joueurs, ne lisez pas plus loin…

Les personnages vivent dans l’État Libre et font partie de l’underground railroad, l’organisation clandestine pro-psi de l’État Libre qui apparait dans les scénarios des deux modules précités. Leur chef de cellule est l’empathe Mary Anderson (UR 4, 12, CW 7).

Mary Anderson est malade. Elle souffre d’épisodes fébriles répétés (s’accompagnant de migraines terribles, liées à son état d’empathe), durant à chaque fois plusieurs jours (et de plus en plus longs). séparés d’une période de rémission de quelques jours. Son médecin a diagnostiqué une forme de sodoku, une maladie bactérienne généralement transmise par morsure de rat. Malheureusement, la souche de spirille en cause s’est révélée résistante aux antibiotiques utilisés. Il faudrait employer une molécule puissante, commercialisée sous le nom de Cefaxcel®, mais du fait de la situation internationale (et en particulier des tensions avec la Confédération des États du Centre, où il est fabriqué), ce médicament n’est plus importé dans l’État Libre.
La pharmacie Fosbarr, auprès de qui Mary Anderson s’approvisionne habituellement en médicaments, s’est renseignée par téléphone auprès de ses confrères de l’Union des Plaines, qui lui ont confirmé que le Cefaxcel restait disponible chez eux. Mais les pharmacies de l’Union ne peuvent délivrer ce médicament que sur présentation d’une ordonnance signée par un médecin de leur pays. Mary Anderson va donc, munie d’une lettre de son docteur, se rendre à Glengarry (ville de l’Union située près de la frontière avec l’État Libre) pour y consulter un médecin, avant de pouvoir se procurer le précieux remède. Du fait de son état, il ne serait pas recommandé qu’elle prenne elle-même le volant, et en raison de son importance au sein de l’underground railroad, une escorte lui est attribuée pour le voyage : les personnages.

Glengarry

Le voyage vers la petite ville de Glengarry (8.000 habitants) dure plusieurs heures et se fait pendant l’une des périodes de rémission d’Anderson. Au passage de la douane, l’empathe (et/ou éventuellement les personnages, selon ce qu’ils ont accompli lors des précédents scénarios) est reconnue par un agent au service de la Confédération des États du Centre, qui va aussitôt en informer son contact, Kenneth Richards, un inspecteur de la police psionique de la Confédération (Psionic Police, UR 3) membre du réseau d’espionnage de son pays dans l’Union des Plaines. Mary Anderson est connue pour être un élément clé de l’underground railroad, et Richards va donc tenter de l’éliminer.

Le programme d’Anderson à Glengarry est simple : se rendre chez un médecin à qui elle remettra la lettre de son docteur, afin qu’il confirme le diagnostic de sodoku et lui prescrive du Cefaxcel ; aller retirer l’antibiotique dans une pharmacie ; puis reprendre la route de l’État Libre.

Peu après leur arrivée en ville, les personnages rencontreront Trevor Maxwell, l’adjoint du shérif de Glengarry : leurs plaques d’immatriculation étrangères ont attiré son attention, et il vient s’enquérir de la raison de leur présence ici. Il sera manifeste à certains de ses propos qu’il fait preuve de forts préjugés anti-psi, ainsi que d’une méfiance manifeste envers les ressortissants de l’État Libre.

Rendez-vous chez le docteur

Mary Anderson a pris (par téléphone avant le début du voyage) un rendez-vous auprès de l’unique médecin de Glengarry, le docteur Donald Travers. Celui-ci est un généraliste qui a installé dans sa maison entourée d’un jardinet une sorte de petite clinique occupant tout le rez-de-chaussée (lui-même habitant à l’étage) : elle comporte un vestibule (sur lequel donnent les escaliers conduisant à l’étage et à la cave), une salle d’attente, une salle de consultation, une petite salle d’opérations, une salle de radiologie avec une chambre noire attenante, deux chambres pour les patients hospitalisés, une pharmacie, un local carrelé servant entre autres de laboratoire et où sont stérilisés instruments et linges, un bureau, une salle de repos pour les infirmières, et des sanitaires. L’une au moins des quatre infirmières est toujours présente (il y a une chambre pour l’infirmière de garde à l’étage).

Dans la salle d’attente, Mary Anderson sera prise par un nouvel épisode fébrile accompagné d’une migraine encore plus violente que les précédentes. Le docteur Travers, apprenant son intention de repartir immédiatement pour l’État Libre, estimera qu’elle n’est pas en état de faire la route, et l’hospitalisera d’office pour la durée de la crise dans l’une des deux chambres de sa petite clinique. Certes, le traitement devrait s’avérer efficace, mais Travers préfère garder sa patiente en observation pour s’en assurer ; et il ajoutera même que ces migraines l’inquiètent et (sur un ton allusif) que, si jamais la malade avait sans le savoir des capacités psioniques, il craint qu’elle ne développe une méningite foudroyante (évidemment, si le fait qu’Anderson est empathe lui a été révélé, il ira droit au but au lieu de se contenter d’allusions ; Travers est pro-psi).
Le médecin estime qu’avec le Cefaxcel, la crise ne devrait durer qu’environ trois jours ; après quoi, si l’examen clinique indique une amélioration de l’état de sa patiente, il l’autorisera à reprendre la route vers l’État Libre.

Agent infectieux ou agent secret ?

Kenneth Richards essaiera d’assassiner Mary Anderson pendant qu’elle est hospitalisée. Peu subtil, l’inspecteur de la police psionique emploiera la force et se fera aider d’un ou plusieurs hommes de main (leur nombre dépendra des capacités des personnages). L’attaque aura lieu pendant la nuit. Les personnages devraient être en mesure d’intervenir pour sauver la vie de l’empathe.
Si les personnages déjouent la tentative d’assassinat et si Richards est encore en vie, des attaques ultérieures seront menées pour les éliminer, afin que l’inspecteur et ses sbires aient ensuite le champ libre pour tuer Mary Anderson.
Tôt ou tard dans l’une de ces confrontations, Richards sera tué (au corps à corps, par balle si les personnages ont réussi à passer la douane avec une arme à feu ou à s’en procurer une sur place, en faisant une mauvaise chute, dans un accident de la circulation, ou autre).

Si les personnages examinent son visage, ils se souviendront de l’avoir croisé plus tôt en ville, en compagnie de l’adjoint du shérif. Maxwell avait de bonnes relations avec Richards, dont il partageait les opinions anti-psi. Il ignorait par contre tout de son appartenance à la police psionique de la Confédération et de ses activités d’espionnage.

Cours après moi shérif

Une fois Richards mort, ses sbires, s’ils sont encore vivants, ne poursuivront pas les tentatives d’assassinat (sauf si le MJ estime que cela rend la vie trop facile aux persos). Mais cette mort violente attirera l’attention de la police. Le shérif chargera son unique adjoint, Trevor Maxwell, de mener l’enquête. Celui-ci devrait probablement assez facilement pouvoir remonter jusqu’aux personnages…
Ces derniers vont donc devoir trouver un moyen d’échapper à la police tout en continuant à protéger Mary Anderson.

Pour échapper à Maxwell, il leur suffit de sortir du comté, qui mesure environ quarante kilomètres sur quarante, Glengarry étant située à peu près en son centre.
Le docteur Travers s’opposera à la sortie de sa patiente avant la fin de la crise et un examen clinique approfondi. Il autorisera finalement la sortie de Mary Anderson trois jours après le début de son hospitalisation. Bien entendu, les personnages pourraient passer outre et l’évacuer discrètement ; mais le médecin n’a pas encore rédigé l’ordonnance qui permettra à sa patiente de se procurer du Cefaxcel… Il faudra lui ramener Mary Anderson (ou l’emmener là où elle se trouve) afin qu’il puisse l’examiner avant qu’il ne délivre le précieux papier (à moins évidemment que les persos ne parviennent à le persuader de le faire avant).
À noter que si Trevor Maxwell a réuni suffisamment d’éléments pour penser que les personnages sont liés à la mort de Richards (et le simple fait qu’ils soient étrangers en est déjà un), il pourrait leur tendre un piège à la clinique si Mary Anderson s’y trouve encore (ou s’il apprend qu’elle doit y revenir pour chercher la fameuse ordonnance).

Délivrance(s)

Grâce à l’ordonnance du docteur Travers, le Cefaxcel peut être obtenu auprès de n’importe quelle pharmacie de l’Union des Plaines (sous réserve que l’officine en question en ait en stock, ce qui est le cas de celle de Glengarry ; sinon, il faudra le commander, ce qui imposera un délai supplémentaire de quarante-huit heures). À noter que Mary Anderson n’a pas besoin d’aller elle-même retirer le médicament : un personnage muni de la précieuse ordonnance peut parfaitement le faire à sa place.

Puis ce sera le retour vers l’État Libre. Selon la façon dont se seront déroulés les évènements, il pourra être paisible, ou comprendre une course-poursuite avec Maxwell. Dans ce dernier cas, les personnages seraient bien avisés de ne pas chercher à franchir la frontière là où l’État Libre borde le comté de Glengarry, mais de changer d’abord de comté (du moins, s’ils comptent s’arrêter au poste de douane pour remplir les formalités réglementaires).

Épilogue

Grâce au traitement, Mary Anderson guérira complètement de sa maladie.
Mais peut-être d’autres cas surviendront ils. Et comme l’empathe n’avait pas été mordue par un rat, il pourrait s’agir en réalité d’une arme bactériologique employée par la Confédération des États du Centre pour préparer son invasion à venir en affaiblissant la population de l’État Libre (et tout particulièrement les psis).

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