Oui mais alors non finalement

En découvrant que le nouvel épisode de la petite histoire du JdR était consacré à Tékumel, j’étais particulièrement impatient de prendre connaissance de son contenu (en plus ça tombait bien, puisque je suis actuellement en train de lire un pavé sur le sujet).
J’ai bien entendu été immédiatement choqué par le fait que cette fois, les deux intervenants se trouvent l’un à côté de l’autre dans un même local sans prendre la moindre des précautions élémentaires en rapport avec la situation sanitaire actuelle ; mais on va dire que c’est leur problème.
J’ai aussi été agacé par l’intro, qui est du genre : « On va vous parler de quelqu’un que vous ne connaissez pas. » « Ha ha, vous ne connaissez même pas la personne dont on va vous parler. » « N’est ce pas que ce nom ne vous dit rien ? ! ! ». Comme je l’ai déjà fait remarquer en ces lieux, ça a plutôt tendance, quand c’est complètement faux comme c’est le cas ici, à me gonfler d’entrée de jeu. On est en 2020, on est sur internet, l’histoire des débuts du JdR est désormais relativement bien connue et le professeur Barker est loin d’être un inconnu pour quiconque s’est un minimum penché sur le sujet.
Mais ça c’est la forme (enfin, pour ma première remarque, ça risque plutôt de ne plus être la forme dans quelques jours pour les personnes présentes dans le « studio »). J’étais prêt à passer outre pour ne retenir que le fond, mais mallheureusement, le discours de l’érudit de plateau comporte son lot d’erreurs plus ou moins grosses (et je ne parle pas seulement de la confusion entre Tékumel et Tsolyánu, ce dernier nom n’étant jamais prononcé : la planète s’appelle bien Tékumel, contrairement à ce qu’il affirme).
Bref, je m’attendais à un truc de qualité, j’ai eu droit à un truc globalement correct mais pas toujours exact et bourré d’imprécisions.
Et en plus, ils n’avaient à nous montrer qu’une réédition d’Empire of the Petal Throne, même pas la boîte originelle. Dommage pour une émission archéorôludique…
Je vous mets quand même la vidéo, mais prenez la avec quelques pincettes :

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6 réponses à Oui mais alors non finalement

  1. Alex dit :

    Ouaip, c’est une présentation assez entendue du monde et du travail de Barker. Au final, ils ne font que régurgiter les informations qui sont toujours citées lorsque les gens parlent de cet univers. Cela dit, Tékumel, c’est plutôt obscure comme truc, même chez les rôlistes. Donc, personnellement, je ne peux pas espérer quelque chose de mieux et suis globalement satisfait de l’intervention. Et pis, ce serait quoi « quelque chose de mieux », à part moins d’étourderies et de détails erronés ? Plus d’informations sur les divers systèmes de jeux, sur l’univers, voir même sur Barker lui-même, au risque de décevoir, si ce n’est de choquer ? Non, c’est pas mal comme introduction.

    En parlant de plus d’informations sur l’univers, voici une petite pépite que certains ne connaissent pas toujours et que je trouve intéressante. Dans les influences littéraires sur l’univers, on parle souvent (toujours !) de Jack Vance et d’Edgar Rice Burroughs. Mais une influence notable est aussi celle de la série de space-opera « pulp », Lensman, de l’écrivain E. E. « Doc » Smith. En effet, saviez-vous que les Lensmen, ces flics de la Patrouille Galactique des romans de Smith, apparaissent dans le monde de Tékumel ? Et oui. Ce sont les « Silver Suits » (les Costumes d’Argent), ces entités humanoïdes aux comportements insondables que l’on peut rencontrer, entre autres lieux distants, dans les ruines de la Ville Courbée (« Unstraightened City ») à l’extrême nord-est de Salarvyá, dans les Plaines de Verre (« Plains of Glass »). Et il n’y a pas que cela : le conflit entre les Escortes de la Germination et les Accélérateurs Blasphémateurs, ces deux grandes factions secrètes qui s’opposent sur l’avenir de Tékumel, rappelle celui entre les « bons » Arisiens et les « méchants » Eddoriens qui est sous-jacent à toutes les aventures des Lensmen. Bref, Tékumel, y a de quoi faire plus que du régurgité, même quand celui-ci est correct.

  2. Alex dit :

    Pour les Costumes d’Argent, c’est ici: https://www.therpgsite.com/pen-paper-roleplaying-games-rpgs-discussion/questioning-chirine-ba-kal/471/
    Ça commence à l’intervention # 471 de Chirine Bakal, avec aussi les réponses qui suivent.

    En ce qui concerne le parallèle que je dresse entre le conflit Escortes/Accélérateurs et Arisiens/Eddoriens, cela vient de ma lecture personnelle de Smith et de ma connaissance de Tékumel. Ce n’est dit nulle part ailleurs que dans ma cabeza. Mais, à mes yeux, et même si ces groupes ne sont pas du tout les mêmes, il est assez clair que Barker s’est inspiré de l’idée de Smith lorsqu’il a imaginé les Escortes et les Accélérateurs de son univers techno-fantastique. Leur opposition y est d’ailleurs liée, de manière ténu, au conflit qui oppose les Dieux Parias (dont, principalement, la Déesse de l’Os Pâle) aux divinités du panthéon tsolyáni, quant au futur du monde, avec un retour dans l’Espace-Humain (« Humanspace ») ou pas ?

    Bref, oui, tout ça, c’est vraiment de la plongée en eau profonde, sans espoir de jamais atteindre le fond d’ailleurs, car c’est comme cela que Barker le voulait. Juste toujours plus de peaux d’oignons.

    • Imaginos dit :

      Merci !
      Je n’ai jamais eu le courage de me plonger dans ce fil de discussion : il est beaucoup trop imposant.
      Par contre, ça fait un moment que je me dis que tu devrais ouvrir un site (ou un blog) sur Tékumel : tu es probablement l’un des tous meilleurs spécialistes francophones du sujet, et en dehors de quelques bricoles publiées par Phersu et dans une moindre mesure moi-même, il n’y a rien en ligne en français. Rien que cette histoire de Fulgurs et les hypothèses que tu lances derrière, ça ferait déjà un bon premier sujet à présenter.

      • Alex dit :

        De tout temps, l’Humanité a été scindée en deux : d’un côté les bloggeurs, assidus et éloquents, comme Phersu et toi, et de l’autre, les non-bloggeurs. Je fais parti de ce dernier groupe. Certes, c’est un statut plus humble, mais il me va. De plus, l’énergie que je réserve au monde de Barker est toujours dirigée vers mon Grand Œuvre, auquel je suis par exemple en train de terminer d’ajouter une bibliographie semi-interactive complète — 26 références pour l’instant. Bref, vive la non-blogaritée.

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