Économies d’échelle

En science-fiction (et dans les autres genres constituant avec elle ce qu’on appelle parfois les littératures de l’imaginaire), les auteurs ont souvent tendance à se lancer dans l’écriture de multiples textes se situant dans un même contexte fictif, aboutissant à des séries ou des cycles plus ou moins étoffés.

J’ai une hypothèse pour expliquer ce phénomène : l’investissement de l’auteur dans la création du contexte du récit étant plus important que dans les histoires se déroulant dans notre monde ou dans notre passé, il devient « rentable », en termes d’investissement de travail, de réexploiter ce qu’on a déjà créé.

Ça nous vaut d’avoir sur nos étagères des pavés tels qu’Hypérion et ses suites, ou la trilogie (en cinq ou six volumes) de L’Aube de la Nuit ; et de voir des auteurs finir par tirer à la ligne, comme Herbert avec les derniers volumes de Dune ou Asimov avec ceux de Fondation.

Mais ça a également d’autres conséquences, plus terre-à-terre : comme de ne plus pouvoir transporter un poche dans une poche arrière de jean, voire une poche de blouson.
Comme également, de surseoir systématiquement à la lecture de certains pavés, comme la tétralogie de L’espace de la révélation, d’Alastair Reynolds, dont le plus petit des volumes mesure la bagatelle de 893 pages au format poche, et le plus gros 1182. Je les ai depuis trois ans, mais j’ai jusqu’à présent toujours calé au moment de m’attaquer à eux…

Je viens à peine d’oser commencer le premier. Mais, même si j’apprécie qu’on me propose des contextes fouillés, ô combien je regrette le bon vieux temps où on trouvait principalement des bouquins qui se lisaient en une petite après-midi et se suffisaient à eux-mêmes…

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