Jouer sans l’Histoire

Ce n’est pas une nouveauté, j’apprécie les contextes de JdR détaillés.
Or, quel contexte peut être plus détaillé qu’un contexte qui existe vraiment ? Ou qui a vraiment existé…

Pendant des années, j’ai été un farouche défenseur de l’utilisation de contextes historiques « vrais » en JdR. Pendant des années, j’ai potassé (avec plus ou moins de facilités selon les sources à ma disposition) des bouquins et des articles de revues sur le Far West ou la Révolution française, la grande époque de la flibuste ou celle des mousquetaires, la France d’Henri IV ou le Japon des Tokugawa, les années folles ou l’époque victorienne. Mais j’ai finalement assez peu joué historique (si l’on excepte l’époque contemporaine, ou des choses très nettement modifiées comme Space 1890).

Pourquoi ?
Outre la plus grande attractivité de contextes totalement fictifs (de SF ou med-fan’) qui nous amenaient, compte tenu de notre fréquence de jeu considérée comme insuffisante, à privilégier ces univers imaginaires, ça tient à plusieurs raisons, certaines étant liées au reste de ma tablée. Mais en ce qui me concerne, le principal frein était sans doute la masse de travail nécessaire avant chaque partie pour être en mesure de mettre en scène un résultat qui trahisse le moins possible l’original. Or, si j’aime les contextes de JdR détaillés, c’est à condition toutefois qu’ils ne brident pas ma liberté d’imagination et d’interprétation, qu’ils ne me contraignent pas dans un carcan, ce que j’en suis venu, après y avoir pourtant beaucoup joué, à reprocher à Glorantha depuis plusieurs années, comme je l’ai déjà expliqué, ici-même en particulier.

Du coup, mes récentes réflexions sur le sujet m’incitent à penser que la solution pour jouer historique sans les inconvénients associés pourrait être d’adopter un contexte fictif mais fortement inspiré de l’époque historique correspondante.
Alors, vais je finalement retourner ma veste et me faire le défenseur des univers inspirés de notre propre Histoire, genre Legend of the Five Rings, après les avoir longtemps rejetés ?

Ce n’est pas si simple. Car le problème avec les imitations comme L5R et consorts, c’est que non seulement on n’a pas affaire à l’authentique contexte historique, mais on est en plus bridé par les choix de l’auteur, qui n’a pas forcément pris dans son modèle ce qu’on aurait aimé en garder, pas forcément développé ce qu’on aurait aimé développer, pas forcément modifié ce qu’on aurait aimé y changer.

Ils ne pourraient donc fonctionner pour moi que si j’en étais l’auteur ; à quelques exceptions près, probablement toutes extrêmement « légères » dans la description de leur contexte (qui est plus évoqué que décrit, en fait ; je pense tout particulièrement à Lace & Steel qui, une fois débarrassé de sa magie, ferait peut-être un cadre de cape et d’épée acceptable le jour où j’aurai envie de revenir à ce genre d’ambiances).

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