De l’influence des présidents de la République française sur les JdR anglo-saxons

Suite à une discussion en lien avec l’actualité d’alors que j’avais eue il y a dix jours avec le camarade Phersu, je m’attendais à ce qu’il nous ponde sur son blog un billet sur le sujet mentionné dans mon titre. Malheureusement, il n’est toujours pas passé à l’acte, et comme il y a de la demande, je vais devoir me dévouer pour le faire à sa place (mais probablement plus laconiquement qu’il ne l’aurait fait lui-même).

Vu des États-Unis (ou dans une moindre mesure peut-être, d’Angleterre), la France, ça semble être avant tout (ou en bonne partie) son président. Ou, quand on veut l’évoquer de façon un poil plus subtile, son ancien président. En particulier quand il porte un nom à particule. Et il est bien connu que dans ce dernier cas, ce qui précède la particule, c’est le prénom.
C’est ainsi que plusieurs PNJ de nationalité (ou d’inspiration) française se sont retrouvés affublés d’un prénom absolument pas usité chez nous : Giscard

On peut ainsi rencontrer, dans le scénario d’initiation à Forgotten Futures Taking the Tunnel, le capitaine Giscard Foch de la Légion Étrangère, à la tête du corps expéditionnaire chargé de prendre possession du fort de Douvres, à l’extrémité anglaise du tunnel sous la Manche, pour permettre à des trains militaires français d’utiliser l’ouvrage pour lancer l’invasion de la Grande-Bretagne (rappelons que tout ceci se passe sous le règne de Victoria, précisément en 1897).
On notera que le PNJ en question cumule deux sources habituelles de noms français : les présidents, et les généraux.
Ce scénario, à ma connaissance d’abord publié en 1997 par la revue Arcane, faisait partie du kit d’initiation Forgotten Futures Lite disponible sur internet à la fin du siècle dernier. On peut désormais le trouver, soit dans la version papier du livre de base du jeu, soit gratuitement sur Warehouse 23 ou DrivethruRPG (n’ayant pas téléchargé ces deux versions, j’ignore si le malheureux capitaine y est toujours affublé de ce prénom ridicule…).

Un autre exemple est le baron bretonnien Giscard Du’ponte, qui dirigeait la ville de Bordeleaux en 1786 pendant l’épidémie de variole rouge (Red Pox) qui la ravagea, nous apprend le supplément The Loathsome Ratmen pour Warhammer.

Mais c’est à Traveller 2300 que ce nom prend le plus d’importance, puisque c’est celui d’un grand fabricant d’armes français, produisant entre autres les Giscard Fusil Chasseur 2268 FC-68 et Giscard Fusil Chasseur 2270 FC-70. Notez cependant que dans 2300 AD (puis dans les versions ultérieures du contexte, pour T20 puis Rikki-Tikki-Traveller), ce nom est transformé en Guiscard, pas spécialement plus joli mais un poil moins voyant, nom qui d’ailleurs était déjà employé dans Traveller 2300 pour des missiles (français eux aussi) : Guiscard Martel, Guiscard Blindicide-9, Guiscard Blindicide-3, Guiscard Manta-1, Guiscard Aero-12 et Guiscard Aero-27 (puis d’autres apparus dans des suppléments et versions ultérieures du contexte ; de même d’ailleurs que d’autres fusils Guiscard, et même des lasers ; je vous en passe la liste). On peut raisonnablement supposer qu’il s’agissait dans Traveller 2300 du même fabricant.

Moins incongru sans doute, mais tout aussi flagrant pour le lecteur francophone (ou en tous cas, français), ce Cajun vivant dans le bayou non loin de la Nouvelle-Orléans et nommé Louis Mitterand (avec un seul r, certes) dans le supplément New Orleans pour Dark Conspiracy, paru en 1991 sous la présidence de son homonyme.

Phersu croyait se souvenir d’un vaisseau spatial baptisé Giscard, ou peut-être D’Estaing, quelque part dans la gamme 2300. Ça ne me dit rien, et je n’en ai pas retrouvé la trace (mais faute de temps, je n’ai pas poussé jusqu’à éplucher ma collection de Challenge, alors qu’il pensait que ça aurait pu apparaître dans un article de cette revue).
Par contre, et bien que ce ne soit pas le nom d’un président de la République, on y trouve un modèle de vaisseau français baptisé Thorez, ce qui à chaque fois me fait en premier lieu penser à Maurice.
Et on finira ce panorama, certainement très incomplet, des hommes politiques français recyclés en JdR sur une note plus récente (mais déjà mentionnée sur cet écran) avec ce chef de gouvernement de la Fédération nommé Hortefeux à Prime Directive.

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1 réponse à De l’influence des présidents de la République française sur les JdR anglo-saxons

  1. GCM dit :

    Ah ben tout de suite c’est plus clair, merci !

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