Kro en résumé : Elder Race

Elder Race
Adrian Tchaikovsky
ISBN 978-1-250-76872-8
Tor
Copyright © 2021 by Adrian Czajkowski
199 pages

Roman de SF

Comme Inversions, Elder Race met en scène un personnage technologiquement avancé sur un monde arriéré, et comme Inversions, les chapitres alternent entre les points de vue de deux personnages.
Elder Race prend place sur une planète autrefois colonisée depuis la Terre, mais dont les habitants ont régressé technologiquement jusqu’au stade médiéval, et oublié les origines de leurs ancêtres. Est ensuite venue sur la planète il y a plusieurs siècles une expédition scientifique terrienne, pour observer les habitants ; mais ses membres ont dû repartir, ne laissant sur place qu’un seul d’entre-eux, Nyr, qui passe son temps en cryogénie dans une tour isolée dans les montagnes, en attendant un recontact avec la Terre.
Une société médiévale, un individu mystérieux, une tour isolée dans les montagnes… Rien d’étonnant à ce que les autochtones le considèrent comme un puissant sorcier, d’autant que sa tour dispose de défenses technologiques suffisamment évoluées pour leur apparaître comme étant de la magie, comme l’aurait décrit Arthur C. Clarke, et que lui-même est fortement « augmenté ».
Nyr est censé se contenter d’observer sans interférer ; mais il y a de cela quelques générations, il est intervenu pour aider la reine du royaume au pied de sa montagne à vaincre un adversaire qui avait mis la main sur un vestige technologique datant des anciens colons et s’en servait pour se tailler un empire. Alors quand des rumeurs parlant d’un démon arrivent d’un pays voisin, une descendante de cette reine, Lynesse, quatrième fille de la reine actuelle et sortant à peine de l’adolescence, grimpe demander à nouveau l’aide du sorcier.
On a donc un récit avec un personnage si avancé technologiquement que les gens autour de lui prennent ça pour de la magie. Mais en plus du fossé technologique entre lui et les indigènes, il y a un fossé linguistique : s’il est capable de s’exprimer dans la langue locale et de la comprendre, il n’en maîtrise pas les subtilités, ce qui fait qu’il ne parvient pas à expliquer certaines nuances, voire carrément à expliquer par exemple qu’il n’est pas un sorcier mais un scientifique, puisque les deux sont désignés par le même terme. Avec l’alternance des points de vue au fil du récit, présentant tour à tour les choses de son point de vue et de celui de Lynesse, on voit bien à quel point ils n’arrivent pas pleinement à se comprendre, voire restent sur des quiproquos frustrants pour Nyr.
Là encore, ça peut faire une bonne inspiration pour mettre en scène ce genre de situations à MEGA (ou ailleurs). Par contre, ce qui m’a déçu dans le bouquin est la menace « démoniaque », dont la nature précise n’est jamais clairement expliquée mais qui, pour ce qu’on en voit, ne semble pas être de nature technologique. Ce n’est pas expliqué, ça a l’air d’être purement fantastique, à mes yeux c’est décevant. Dommage, car c’est quand même ce qui est à la base de l’histoire, même si ça n’est pas ça qui fait l’intérêt du roman. Vous pouvez lire quand même, mais attendez vous à boucler votre lecture sur ce sentiment de frustration.

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