Me coupez pas !

Je forme des jeunes (et des moins jeunes) au boulot depuis deees années, en leur faisant manipuler des instruments potentiellement dangereux (pour ne pas dire potentiellement mortels). En des centaines de journées de formation, je n’ai jamais eu le moindre problème.
Jusqu’à aujourd’hui. Où une de mes subordonnées, pour son premier jour de formation à un poste qu’elle n’avait jamais tenu auparavant, a réussi l’exploit de m’entailler un doigt sur plusieurs centimètres de longueur alors que j’étais en train de lui expliquer le geste qu’elle devait faire.
Rien de bien grave (a priori ; je ne suis pas allé gratter dans la plaie pour vérifier si elle avait coupé autre chose que de la peau et un peu de viande), mais c’est bien emmerdant, et pas seulement pasque les doigts, ça saigne tout de suite beaucoup. Et puis dans l’idéal, il m’aurait fallu trois points de suture (voire quatre).
Problème, étant donnés nos effectifs actuels je ne peux pas me permettre d’être en arrêt (enfin, si ça devait quand même arriver tant pis, après moi le déluge, je ne verrais pas le bordel que ça serait puisque je ne serais pas là). Et je n’avais pas du tout envie d’aller perdre toute mon aprème et ma soirée aux urgences. J’aurais pu essayer d’avoir un rendez-vous en urgence chez le toubib, qui m’avait déjà recousu une fois il y a des années, mais ça risquait d’être compliqué. Et je n’avais pas non plus envie de faire une déclaration d’accident du travail, pasque ça risquait d’avoir pour principale conséquence que la direction nous aurait imposé de porter des équipements de protection supplémentaires dans des situations où ils ne sont en principe pas nécessaires. J’ai donc essayé de faire appel à des copains vétos, qui m’auraient suturé sans difficulté ; sauf que les deux seuls exerçant à une distance raisonnablement proche sont actuellement en vacances…
Tant pis, j’aurai une balafre supplémentaire et je vais devoir faire gaffe pendant quelques jours, le temps que la peau soit suffisamment recollée pour que je ne mette plus du sang de partout quand je n’ai pas de pansement.
Notez que la fautive a été nettement plus secouée que moi : alors que moi je rigolais avec une de ses collègues qui m’aidait à me faire un pansement, elle était au bord des larmes ; et elle est restée comme ça jusqu’à la fin de la journée.
Y avait pourtant pas de quoi se mettre dans cet état. Mais au moins, ça m’aura permis de constater qu’en cas de réel problème, elle risque plus de perdre tous ses moyens que de pouvoir agir efficacement de sa propre initiative. J’espère donc ne jamais avoir l’occasion de constater que j’avais raison sur ce point.

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Une réponse à Me coupez pas !

  1. Phersu dit :

    Aïe, désolé, bon courage, j’espère que ce n’est pas trop douloureux pour écrire ?

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