Déclaration d’intention

Quelques réflexions de l’Auteur (avec une majuscule) sur la prochaine édition de Tigres Volants (qui ne s’appellera plus ainsi).

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RPGaDay2017, question 3

La question était :

How do you find out about new RPGs?

En d’autres mots :

Comment vous tenez vous au courant sur les nouveaux JdR ?

La réponse est facile : je ne me tiens pas au courant.
Les nouveaux JdR ne m’intéressent guère, mon truc c’est principalement les vieilleries des années ’70 et ’80. Je me tiens un peu au courant du suivi de certaines gammes, mais on parle là de suppléments, PAS de nouveaux JdR.
Il m’arrive de découvrir l’existence de nouveaux JdR, par des discussions avec des amis (rarement, car dans l’ensemble mes amis ne suivent pas beaucoup plus que moi l’actualité rôludique, ou alors surtout en français, et plus ça va et moins les nouveautés françaises m’intéressent) ou au détour d’internet, mais je ne fais pas de suivi sérieux du sujet. À vrai dire, ma principale motivation pour me tenir encore un peu au courant de ce qui sort est de mettre à jour ma liste des adaptations d’œuvres en JdR, pas d’étoffer ma ludothèque…

D’autres réponses à cette question , et en particulier.

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Meurs, pourriture communiste !

Alain Berberian, qui travailla avec les Nuls et réalisa leur film La cité de la peur, est mort avant-hier. Il avait 64 ans.

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RPGaDay2017, question 2

La question était :

What is an RPG you would like to see published?

Soit en gros :

Citez un JdR que vous aimeriez voir publier.

Encore une fois, avant de répondre il faut définir ce qu’on entend par JdR.
Encore que cette fois-ci, ça ne change pas grand-chose à ma réponse : car ce que j’aimerais voir publier, c’est en premier lieu (car il y a d’autres choses que j’aimerais voir) un JdR de space opera hard science. Ça vous parait antinomique ? Je m’explique : ce que j’entends par là, c’est un cadre de SF interstellaire, dans un futur lointain, mais avec une technologie cohérente découlant de nos connaissances et prospective actuelles. L’exemple type de ce genre de contexte, c’est Orion’s Arm. Et c’est la direction que prendrait mon propre JdR maison si je me remettais à bosser dessus, ce que j’aimerais énormément faire mais qui nécessite encore une fois un temps libre dont je ne dispose hélas pas.
Bien entendu, je voudrais ça avec un système de simulation qui tienne la route…

En second lieu, il y a un certain nombre d’œuvres que j’aimerais voir adaptées en JdR (mais ça pourrait n’être que des suppléments de contexte pour GURPS (par exemple) ; comme pourrait l’être d’ailleurs ma première proposition…), au premier rang desquelles figurent les enquêtes de Lord Darcy, de Randall Garrett, que j’envisage d’adapter moi-même à GURPS, et la trilogie Night’s Dawn (L’aube de la nuit en V.F.) de Peter F. Hamilton.

D’autres réponses à cette question , et en particulier.

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RPGaDay2017, question 1

La question était :

What published RPG do you wish you were playing right now?

Soit, librement traduit dans la langue de Guiserix :

À quel JdR du commerce souhaiteriez vous être en train de jouer en ce moment ?

La question n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire, car avant d’y répondre, il faudrait déjà définir ce qu’on entend par JdR (RPG) et par jouer (playing).
Pour le premier de ces termes, je ne vais pas vous faire le coup de la définition du JdR. J’en ai déjà donné une ici, et comme je l’expliquais à l’époque, ma façon personnelle de concevoir le JdR est plus restrictive que ça. Non, en l’occurrence, pour cette question comme pour d’autres dans la liste, il faudrait savoir si on définit un JdR par ses règles, par son contexte, ou par la réunion des deux.
Pour le second, le problème est de savoir si on le considère au sens strict (et donc, si on parle d’une pratique du JdR en tant que joueur), ou au sens large (et donc, si on inclut le rôle de MJ, qui est de loin celui qui a ma préférence).
Et puis, il y a encore le problème du « en ce moment » (right now). Pasqu’en ce moment, précisément, comme la plupart du temps après une journée de boulot fatigante, je n’ai pas vraiment envie de faire du JdR. J’ai juste envie de buller assis dans mon fauteuil en écoutant de la zique et en bouquinant quelque chose d’intéressant, ou en glandant sur internet, ou éventuellement en écrivant du JdR. Mais je n’ai pas envie d’y jouer.

Ces considérations liminaires m’amènent à réécrire la question ainsi :

Quel JdR du commerce souhaiteriez vous pratiquer ?

(vous noterez que je n’ai pas tranché sur la définition de JdR)

Ce qui nous donne selon les combinaisons de définitions les réponses suivantes :

– système de règles + MJ : GURPS. Je ne me mouille pas trop, je choisis un système dont j’ai suffisamment l’habitude pour ne plus avoir besoin de relire les bouquins avant de faire jouer (même si ça peut toujours servir de se rafraîchir la mémoire sur certains points), et qui par ailleurs m’ouvre un éventail on ne peut plus vaste de possibilités pour ce qui est du choix du contexte (qui est quand même à mes yeux le plus important).
– contexte + MJ : l’OTU. C’est pas un hasard si mes quatre dernières campagnes s’y déroulent (ou s’y déroulaient). Plus précisément, je voudrais, d’une part faire jouer The Traveller Adventure (mais ça sera pour une autre campagne, je pense), et d’autre part, faire jouer une campagne de longue haleine s’étendant de 1105 à 1120 voire plus tard, histoire que les joueurs voient se dérouler un certain nombre d’évènements « historiques » auxquels leurs persos pourront éventuellement prendre part.
Il y a d’autres contextes que j’aurais pu mentionner, mais ça risquerait de tourner à l’énumération purement gratuite, aussi m’en tiendrai-je là.
– [règles + contexte] + MJ : là, à brûle-pourpoint je sèche un peu. Ayant l’habitude de presque tout passer à la moulinette GURPS, ça ne me laisse que peu de possibilités. Mais si j’en avais l’occasion, je me ferais bien une campagne de Dark Sun (donc avec les règles d’AD&D, ou peut-être de HackMaster), si j’avais du temps pour bosser dessus.
On m’objectera que Dark Sun n’est pas un JdR, mais un contexte. Auquel cas je me rabattrai, soit sur Rêve de Dragon (mais d’aucuns prétendront peut-être (à tort, mais je ne développerai pas le sujet dans le présent billet) que c’est un JdR sans contexte), soit sur Warhammer (plutôt la deuxième édition, qui corrige certains défauts de la première ; je n’ai pas encore lu la troisième) et son Vieux Monde, où j’aimerais bien faire jouer la campagne impériale en entier.
– joueur : là, j’aurais tendance à dire que le système importe peu, c’est le MJ qui est important, c’est à lui de se démerder avec le système. Ça n’est pas complètement vrai, car il y a des systèmes lourdingues qui à mon avis s’effacent difficilement, même avec un bon MJ (je pense plus précisément aux versions ≥ 3 d’AD&D, que je ne connais pas mais qui m’ont l’air d’être pas mal des usines à gaz plus destinées à gérer du combat avec figurines que l’élaboration collective d’un récit). Et par ailleurs, c’est aussi au MJ de me donner envie de jouer dans le contexte choisi (ou, si j’ai déjà envie de jouer dans ledit contexte, de m’inspirer suffisamment confiance pour lui en laisser les rênes). Je vais donc plus ou moins botter en touche et répondre « un JdR maîtrisé par Roger » (à vrai dire, j’aurais voulu répondre « Univers Infinis », mais ayant considéré que published s’appliquait ici à une parution « commerciale », il ne correspond donc pas aux termes de la question).
Notez que j’ai écrit plus haut « c’est le MJ qui est important », mais les autres joueurs aussi le sont : le même jeu avec le même MJ mais des joueurs avec qui le courant passe plus ou moins bien ne me donnera pas forcément autant envie…

D’autres réponses à cette question , et en particulier (Jérôme, tu ne participes pas ?).

Pfffiou, ça prend plus de temps que prévu de répondre sérieusement… Je ne sais pas si je vais avoir le temps de préparer des réponses à l’avance, ni si je vais réussir à tenir le rythme d’une réponse par jour. Et quelle idée j’ai eue d’évoquer les questions subsidiaires…

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RPGtomorrow2017

J’avais vaguement évoqué mon intention de faire comme les copains et de « participer » au RPGaDay 2017. Je pense que je vais effectivement le faire, au rythme d’une question par jour, en commençant tout à l’heure ou demain. Je vais même essayer de m’organiser pour préparer mes réponses à l’avance de telle sorte que le blog se mette à jour automatiquement, mais ça c’est pas encore gagné.
Pour mémoire, la liste des questions (que je n’ai lue qu’en travers) se trouve ici, avec une traduction française (qui ne m’avait pas semblé exempte de tout reproche) .
Je me tenterai ptêt aussi les questions subsidiaires si je suis motivé.
Par contre, comme je suis un rebelle, je ne mettrai pas de croisillon (car, faut il le rappeler, ce n’est pas un dièse) devant RPGaDay2017. Ah mais !

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Drinax arrière

MGP a sorti un nouveau micro-supplément *.pdf dans la série Pirates of Drinax. Je n’ai même pas eu le temps de lire le précédent !
Leur planning en prévoit encore quatre d’ici à la fin du mois, il reste huit jours… C’est jouable.

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Old hobbits die hard

Ceci m’a amusé.

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Traveller 2017 : Chaud et froid

Compte-rendu d’une partie de Traveller
(le nom de la campagne est toujours provisoire…)

Arrivés à leur grande surprise le 322-1105 dans le système de Smoug (Marches Directes / Lunion 1729) alors qu’ils croyaient émerger à Saurus (Marches Directes / Vilis 1320), Damien Parker, Lonyi Yundis Barek, Lerbert Von Garthel et Quentin Williamson, à bord de l’estafette En Fâcheuse Posture (matricule S001838-C), voient leurs plans de mettre la main sur le mythique trésor de Thorfinn le Sanglant subir un fâcheux contretemps.

Smoug est l’un des Mondes Boucliers, une série de mondes du sous-secteur de Lunion situés sur la frontière impériale face à la Confédération des Mondes-Épées. C’est un petit monde d’environ 1.600 km de diamètre, quasiment dépourvu d’eau mais extrêmement riche en fer qui lui donne sa teinte rougeâtre. Les minerais ferreux et ferriques sont soumis en usine à une réaction avec du dihydrogène acheminé depuis la géante gazeuse la plus proche, pour donner de l’eau (utilisée sur place) et du fer (dont une grande partie est exportée vers Adabicci (Marches Directes / Lunion 1824), le reste étant utilisé par l’industrie locale). La présence d’importantes quantités de particules ferrugineuses en suspension dans l’atmosphère impose aux quatre-vingt-dix millions d’habitants le port de filtres respiratoires lorsqu’ils sortent de leurs bâtiments pressurisés, et la sécheresse nécessite de recourir à des systèmes d’hydratation oculaire. En raison des conditions locales particulièrement défavorables à la vie humaine, les lois strictes édictées aux débuts de la colonisation pour permettre la survie de la population sont toujours en vigueur.

Après avoir ravitaillé en écumant l’atmosphère de l’une des deux géantes gazeuses du système, Lerbert met le cap sur le spatioport orbital de Smoug, où Quentin souhaite procéder à une batterie de tests et à de nouveaux réglages minutieux des moteurs de saut du vaisseau. Il considère en effet qu’il serait très imprudent, vu ce qui vient de se produire, de sauter à nouveau sans ces révisions, dont il estime qu’elles vont lui prendre au bas mot entre huit et dix jours.
L’élément orbital du spatioport n’est qu’une simple station spatiale aux coursives métalliques étroites, et l’on n’y trouve que le strict minimum : emplacements d’appontage, entrepôts, bureaux de douane, hôtels dont les chambres sont des capsules à peine plus grandes que des cercueils, et quelques bars miteux. Damien, Lerbert et Lonyi, qui craignent de s’ennuyer ferme s’ils restent des jours ici, décident donc de descendre sur Smoug pour la durée des opérations, laissant Quentin seul à bord avec ses robots, ce qui n’est pas pour lui déplaire.
Ayant pris chacun un billet aller-retour, ils embarquent à bord de l’une des navettes qui assurent la liaison avec le spatioport bas. L’appareil peut embarquer une vingtaine de passagers, mais il n’y a que trois personnes en plus des aventuriers : un vargr en costard cravate, un homme d’une cinquantaine d’années, dégarni et bedonnant, et une jeune femme d’une vingtaine d’années habillée à la mode de Smoug. Lonyi engage la conversation avec chacun d’eux et apprend que le vargr est un avocat d’affaires d’un cabinet de Strouden (Marches Directes / Lunion 2327) qui se trouve sur Smoug pour des raisons professionnelles sur lesquelles il ne s’étend pas, confidentialité oblige. Il explique simplement à la Darrienne qu’il s’agit de développer le commerce transfrontalier avec les Mondes-Épées.
L’homme, qui est visiblement mal à l’aise à la moindre secousse subie par la navette, parle beaucoup dès que l’occasion lui en est donnée. Originaire de Ianic (Marches Directes / Lunion 1924), il raconte à son interlocutrice que suite à un petit héritage, il avait investi sur Smoug dans plusieurs mines détenues par la mégacorp Sternmetal Horizons, et qu’il se rend sur place pour revendre ses parts et réaliser les profits correspondants. Malheureusement, une réglementation sur le désinvestissement massif ne lui permet pas de tout vendre d’un bloc, et il est à la recherche de personnes qui pourraient lui racheter des lots, ce qui lui permettrait de réaliser les profits attendus tout en laissant les acheteurs empocher le reste des bénéfices. Il assure à Lonyi que l’opération serait particulièrement rentable pour toutes les parties impliquées, mais cette dernière a des doutes quant à l’ampleur des gains dont lui parle le boursicoteur.
Quant à la jeune femme, qui parle avec l’accent de Smoug et est native de la planète, elle se montre nettement plus réservée. Lonyi la met à l’aise et parvient à apprendre qu’elle est étudiante à l’École des Mines de Glisten (Marches Directes / Glisten 2036), établissement particulièrement réputé des Marches Directes, et fait actuellement un stage dans l’une des entreprises minières locales. Elle s’était rendue au spatioport orbital pour revoir des amis qui y travaillent.

Le trajet de l’orbite au sol dure un peu plus d’une heure : le spatioport bas n’est pas situé sur l’équateur et l’élément orbital n’est donc pas en permanence à son aplomb.
Tandis que Damien engage à son tour la conversation avec l’avocat vargr, Lerbert réalise que la navette prend de l’allure et descend de plus en plus vite, ce que lui confirment des mesures réalisées grâce à l’altimètre de son ordinateur personnel. Il se lève de son siège et va frapper à la porte de la cabine de pilotage, sous les regards étonnés des autres passagers, mais n’obtient pas de réponse. Il essaie de l’ouvrir, mais elle est (fort logiquement) fermée à clé. Il tente alors de forcer le circuit d’ouverture, mais il ne dispose pas du matériel électronique adéquat. Ouvrant le kit de survie de la navette, il en sort une hache avec laquelle il compte défoncer la porte. Les passagers s’inquiètent, malgré les tentatives de Lonyi pour leur servir une explication rassurante. La porte est résistante. Lonyi utilise de force un masque à oxygène sur le quinquagénaire (dont elle a la confuse impression qu’il est moins stressé qu’il ne le montre). Damien se lève, s’empare de l’extincteur et en pulvérise le contenu sur la porte, créant un nuage de brouillard masquant aux passagers la mystérieuse disparition de Lerbert, qui se retrouve soudain et à sa grande surprise de l’autre côté de la porte toujours fermée.
Le pilote de la navette est inconscient, affalé sur son tableau de bord. Lerbert s’installe dans le siège du copilote, redresse l’appareil, puis déverrouille la porte de communication, ce qui permet à Damien de pénétrer à son tour dans la pièce et de prodiguer les premiers secours au pilote.
Lerbert prend contact avec la tour de contrôle, se présentant comme officier de réserve de la Stellaire, et explique brièvement la situation à son interlocuteur, qui lui indique la trajectoire à suivre pour atteindre le spatioport bas. Lorsqu’il pose la navette sur la piste d’atterrissage, pompiers et ambulances l’attendent, de même que quelques journalistes venus filmer le héros du jour. Lonyi s’occupe de répondre à leurs questions, puis, s’étant fait rembourser leurs billets, les voyageurs se rendent à Gopal, la capitale planétaire, en périphérie de laquelle se trouve le spatioport.
Du fait de leur passage aux actualités (ils apprendront d’ailleurs que le pilote de la navette a été victime d’une intoxication alimentaire, mais que ses jours ne sont plus en danger), Lerbert attire un peu l’attention, et Lonyi a l’occasion de participer à quelques émissions télévisées. Pour le reste, les trois compagnons passent des journées tranquilles. Damien est déçu car l’absence de végétation indigène ne lui permet pas de découvrir de nouvelles plantes médicinales. Lonyi est favorablement surprise par l’offre culturelle disponible en ville (musées, spectacles), bien supérieure à ce qu’elle s’attendait à trouver sur une planète frontalière aux confins de l’Imperium. Elle se renseigne également sur les opérations financières dont lui avait parlé l’homme à bord de la navette, et arrive à la conclusion que les gains (si toutefois gains il y avait) seraient bien moindres que ce qu’il lui avait fait miroiter, et qu’il s’agissait probablement d’un escroc à la recherche de pigeons. Lerbert passe son temps libre à se documenter sur les systèmes de fermeture électroniques. Il cherche également à comprendre comment il a pu se retrouver soudain de l’autre côté d’une porte fermée. Il soupçonne que l’explication soit à chercher du côté des pouvoirs psioniques, ce qui lui déplait : serait il un psi latent qui s’ignore ? Cette idée lui répugne.

Au bout de dix jours, Quentin contacte ses camarades : il a fini de régler les moteurs de saut et, s’il n’a aucune explication à avancer pour l’incident qui s’est produit, il estime qu’En Fâcheuse Posture est en état de sauter à nouveau. Les trois compagnons regagnent l’orbite (le trajet en navette se passe sans problème cette fois-ci), et une fois de retour à bord, sautent en direction de Wardn (Marches Directes / Lunion 1727), leur première escale sur la route de Saurus (et, espèrent ils, du trésor de Thorfinn).

Le 339-1105, En Fâcheuse Posture émerge dans le système de Wardn. Après avoir ravitaillé en écumant l’atmosphère de la géante gazeuse Orster, Lerbert met le cap vers la base du SIEI, où Damien va comme le demande son statut de réserviste du Service transmettre une copie des éléments pertinents du livre de bord du vaisseau. Mais, alors qu’il pensait qu’il ne s’agirait que d’une simple formalité, après quoi les voyageurs pourraient reprendre leur route et sauter, soit vers Tenalphi (Marches Directes / Lunion 1826), soit vers Zaïbon (Marches Directes / Lunion 1825) et sa ceinture cuprifère, une destination qui pour des raisons inexpliquées semble ne guère leur plaire, il se fait alpaguer par l’administratrice Roxane Marigold, de la branche Renseignements du bureau Détachement, qui, faute d’avoir un autre équipage sous la main, confie à En Fâcheuse Posture et à ses deux réservistes une mission. Il s’agit de sauter vers Mithril (Marches Directes / Mondes-Épées 1628), dans la Confédération des Mondes-Épées, pour voir ce qui est arrivé à un vaisseau de surveillance (euphémisme pour désigner un vaisseau espion) expérimental. Comme les aventuriers sont arrivés dans la région des Mondes Boucliers suite à un incident de saut, ils pourront toujours invoquer la même excuse si jamais ils étaient interceptés par les autorités de l’Épée (hypothèse peu probable mais pas impossible).
Doutant de la crédibilité d’une telle explication, Damien demande à son interlocutrice si elle pense que ça marcherait. « Avec un grand sourire, oui… » lui rétorque t-elle.
Le vaisseau disparu est un vaisseau astrographique de classe Donosev, le Sarah Russo, avec un équipage de dix personnes sous le commandement de Denise Dumont. Fortement blindé pour résister aux rayonnements électromagnétiques et aux très fortes températures, il devait surveiller l’activité dans le système en se plaçant à proximité de l’étoile, qui l’aurait ainsi dissimulé aux observateurs extérieurs. À la question de Damien s’étonnant qu’un vaisseau expérimental soit déployé sur le terrain sans essais préalables, Roxane Marigold répond que des essais (concluants) ont bien été menés dans l’Imperium, mais qu’il s’agissait là du premier test au-delà des frontières.
Les objectifs de la mission confiée aux aventuriers sont dans l’ordre, de découvrir ce qui s’est passé, de récupérer certains appareils de surveillance à bord, de secourir d’éventuels survivants, et de ramener le Sarah Russo (c’est-à-dire de le remettre si nécessaire en état de sauter pour que son équipage survivant éventuel puisse le ramener lui-même à Wardn). Si tout n’est pas possible, il conviendra de relever précisément la position du vaisseau et tous les éléments utiles pour l’organisation d’une expédition de secours mieux équipée.
Mithril est l’un des Mondes Métalliques, un groupe de quatre mondes frontaliers mis en réserve par la Confédération des Mondes-Épées en vue d’une exploitation ultérieure. Inhabités, à part deux ou trois fonctionnaires postés au spatioport (de classe E) qui ne sont là que pour appuyer les prétentions territoriales confédérées, ces mondes étaient tout indiqués pour la première mission du Sarah Russo.

En regagnant son vaisseau, Damien croise dans l’un des corridors de la base un homme portant le même genre de cagoule que Quentin lorsqu’il se rend en société, avec des yeux et des boucliers. Étonné, il tente d’engager la conversation, mais se fait traiter de bâtard et menacer de violences physiques par l’étrange individu (qui semble porter une calotte métallique sous sa cagoule), et décide donc de continuer sa route.

Lonyi n’est guère enthousiaste à l’idée de se rendre dans la Confédération des Mondes-Épées, ennemie atavique de la Confédération Darrienne. En apprenant la surprenante rencontre faite par Damien, elle déclare qu’il serait temps de demander à Quentin des explications au sujet de sa cagoule, mais ne creuse finalement pas le sujet.

À la demande de Lerbert, Lonyi trafique les enregistrements de bord pour qu’ils indiquent que le vaisseau a sauté directement vers Mithril en quittant Smoug, effaçant les traces du passage par Wardn.

Le saut vers Mithril se passe sans encombre, et une fois sur place (le 355-1105), les senseurs d’En Fâcheuse Posture ne détectent aucune activité radio ou autre signe de présence d’êtres pensants. Après avoir ravitaillé en écumant l’atmosphère de l’unique géante gazeuse du système, Lerbert met le cap droit vers son soleil. Après de fastidieuses heures de recherche, il finit par détecter la présence d’un vaisseau devant lui. Gêné par les rayonnements de l’étoile, il n’est pas en mesure d’affirmer catégoriquement la présence d’une source d’énergie à bord. En se rapprochant, il semble qu’il s’agisse d’un appareil de 400 tonneaux de classe Donosev.
Damien émet via faisceau laser un message à destination du vaisseau détecté, utilisant le code de reconnaissance qui lui a été fourni par Roxane Marigold, et reçoit la réponse prévue par ledit code : il s’agit bien du Sarah Russo.
En s’approchant, les aventuriers constatent que le Donosev semble avoir subi d’importants dégâts de type brûlure. La proue, affaissée, fait un angle anormal avec le reste de l’engin. Lerbert fait le tour de l’épave et constate que son flanc bâbord, actuellement tourné vers l’étoile, est plus fortement endommagé.
Les sauveteurs décident de pénétrer à bord en passant par le sas de la soute. Lerbert stabilise l’estafette suffisamment près pour que son sas portable puisse être accolé au Sarah Russo, puis il confie les commandes à Quentin tandis qu’il se rend à bord du Donosev avec Damien.
Bien qu’ayant manifestement été secoué par un violent impact, le contenu de la soute semble rangé. La porte permettant de passer vers l’arrière du vaisseau est bloquée en raison de la dislocation au niveau de la jonction entre proue et poupe. Lerbert retourne à bord d’En Fâcheuse Posture pour chercher un chalumeau, et entreprend de découper une ouverture qui lui permettrait d’accéder à l’autre côté, pendant que Damien entre en contact par communicateur interposé avec le navigateur du Sarah Russo, Dusan Burr, qui lui fait un premier bilan de la situation à bord.
Le Sarah Russo a été pris dans une tempête solaire avec éjection de masse coronale, qui a causé d’importants dégâts (dont les stigmates sont visibles sur la coque). Deux membres d’équipage ont été tués, un troisième est porté disparu (le chef mécanicien Hervé Legrand, probablement bloqué dans l’une des salles des machines), la commandante Dumont, grièvement brûlée, est maintenue sous sédation par la médecin du bord, et le reste de l’équipage souffre de blessures diverses et plus ou moins mineures, brûlures, lacérations, contusions, voire fractures. En outre, deux personnes (dont la deuxième mécanicienne) s’étaient rendues sur Mithril à bord d’une vedette modulaire pour y ravitailler en carburant avant que le vaisseau ne soit frappé par la tempête, et n’ont pas regagné le bord : ils n’ont donc plus personne qui soit capable de procéder à des réparations.
Une fois le passage ouvert, Lerbert part à la recherche du chef mécanicien Legrand. Il le découvre mort dans la salle du réacteur.
Lerbert revient à bord de l’estafette pour permettre à Quentin, accompagné de ses robots, de se rendre sur l’épave pour évaluer les dégâts et commencer les réparations. Après avoir examiné les machines, le mécano estime qu’elles sont réparables, grâce aux pièces détachées stockées à bord des deux vaisseaux. Il se met aussitôt au travail, pendant que Lerbert remorque le Donosev plus loin de l’étoile, jusqu’à un point d’où il pourrait sauter sans problème s’il était en mesure de le faire. Puis, laissant Quentin à son travail, ses trois compagnons se rendent vers Mithril pour tenter d’y retrouver la vedette et ses deux occupants.

L’examen des enregistrements des appareils de surveillance du Sarah Russo indique avec une assez bonne précision l’endroit où la vedette s’est rendue : une baie située sur l’hémisphère opposé au spatioport, à la limite de la banquise qui recouvre une grande partie des océans de Mithril. Lerbert aborde la planète en la plaçant en permanence entre le spatioport et l’estafette, et descend de l’orbite à la verticale. La vedette n’est visible nulle part et les senseurs du bord ne détectent aucune masse métallique pouvant lui correspondre.
Les aventuriers se demandent si l’appareil ne se trouverait pas sous l’eau. Lerbert fait fondre la banquise avec le laser minier ventral et immerge le vaisseau. Il détecte alors assez rapidement la vedette, posée sur le fond à une profondeur de trente mètres, et envoie son drone d’observation la filmer de près.
La coque de l’appareil est fissurée en plusieurs endroits, peut-être sous l’effet de la pression, et la verrière du cockpit (inoccupé) est brisée, ce qui permet au drone de pénétrer dans la partie avant. À force de taper sur le bouton d’ouverture, Lerbert parvient à lui faire ouvrir la porte donnant sur le reste de la partie avant, elle aussi déserte. Il fait ressortir le drone et le dirige vers l’arrière et la salle des machines, mais sans parvenir à trouver d’orifice par lequel il pourrait se glisser à l’intérieur. Les voyageurs pensent que les deux disparus ne se trouvent de toutes façons pas à bord.
Lerbert fait remonter le drone et sort l’estafette de l’eau. Il se dirige vers le rivage, espérant que les deux disparus, s’ils sont encore vivants, aient vu la colonne de vapeur dégagée par la fonte de la banquise et le contact du vaisseau avec l’eau glaciale. Effectivement, quelqu’un sur la plage fait des signaux lumineux vers le cockpit d’En Fâcheuse Posture avec un miroir, et a allumé un feu dégageant beaucoup de fumée. Le pilote met le cap dessus. Deux humains vêtus de peaux de bête font de grands signes à son attention. Il se pose à proximité et ouvre la porte de la soute pour leur permettre de monter à bord.
Il s’agit bien des deux disparus, le pilote de la vedette Rishar Lishenii et la mécanicienne Shania Jaquino. Lishenii avait posé son appareil sur la banquise, mais celle-ci a cédé sous son poids alors que ses deux occupants étaient partis chercher de quoi améliorer l’ordinaire du Sarah Russo. Lonyi se montre condescendante devant une telle imprudence.

Les aventuriers retournent au Sarah Russo. Là, il est décidé que Quentin, qui a procédé aux réparations devant permettre au vaisseau de retourner à Wardn, restera à bord du Donosev pour le voyage de retour, tandis que Shania Jaquino embarquera à bord d’En Fâcheuse Posture pour le remplacer. Non seulement cette décision n’enchante guère le mécano asocial, mais il doit à regret laisser à bord de l’estafette son fidèle 63MEK49, auquel ses compagnons font peut-être plus confiance qu’à sa consœur pour s’occuper des machines.

Vient enfin le moment de quitter le système de Mithril pour revenir à Wardn. Le Sarah Russo part le premier, puis c’est au tour du vaisseau des aventuriers. Le saut se passe sans problème, et une semaine plus tard (le 016-1106), En Fâcheuse Posture quitte l’espace-saut, et ses occupants ont la surprise de ne pas découvrir sous leurs yeux le système de Wardn ! Il semble qu’encore une fois, les moteurs n’aient pas été correctement réglés, et que l’excuse suggérée par Roxane Marigold aurait donc été parfaitement crédible. Quoi qu’il en soit, voilà les voyageurs dans le système de Shirène (Marches Directes / Lunion 2125), qui plus est sans leur mécanicien attitré…

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À l’est de la vie

L’auteur et anthologiste de SF Brian Aldiss, auteur entre autres de la trilogie d’Helliconia, est mort samedi dernier. Il avait eu 92 ans la veille…

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