J’attendais mon tour dans la salle d’attente du charcutier-dentiste, en entendant vaguement des bruits bizarres provenant du cabinet de son confrère : apparemment, le patient n’était pas coopératif.
Les bruits cessent et sortent une femme et son fils d’environ huit ans, visiblement pressé de partir. Comme il fallait avant cela régler la douloureuse (enfin, si c’est la facture qu’on peut qualifier de douloureuse chez le dentiste…), la mère envoie son gosse s’asseoir en salle d’attente.
Plus intéressé par les chaussures de la mère (ça doit quand même pas être pratique de marcher avec ce genre d’escabeaux aux pieds) que par la tronche du gosse, je n’ai pas spécialement fait gaffe à lui. La mère discute avec la secrétaire, puis se retourne vers le gamin et lui dit : « Tu l’auras bien mérité, ton cadeau. »
J’imaginais qu’elle allait lui offrir un petit jouet ou autre pour le consoler de son passage sur le chevalet de torture, mais pas du tout : en fait, la secrétaire est allée lui chercher une… brosse à dents. Qu’elle lui a elle-même apporté dans la salle d’attente.
Le gosse lui a arraché des mains la brosse à dents, sans rien dire (et surtout pas merci), et c’est à cette occasion là que je l’ai regardé et que j’ai vu qu’il tirait la tronche caricaturale du gamin qui boude et qui tient à ce que tout le monde le sache en le regardant.
« Qu’est ce qu’on dit ? » a demandé la mère, mais le gosse est resté braqué dans son mutisme renfrogné.
À ma relative surprise, l’affaire en est restée là. Je m’attendais pourtant à ce que la mère insiste jusqu’à ce que le gosse fasse preuve de la plus élémentaire des politesses, mais que dalle, pas la moindre tentative supplémentaire.
Je pense qu’à son âge et à sa place, un tel comportement m’aurait valu une paire de calottes maternelle (rectification : je pense qu’à son âge et à sa place, sachant pertinemment que persister dans l’impolitesse allait me valoir une paire de calottes maternelle, j’aurais dit merci quand on me l’aurait demandé). Et trouvant ça parfaitement normal, je me demande si c’est moi qui ai des idées rétrogrades sur l’éducation des gamins, ou si j’ai assisté là à un exemple supplémentaire du laxisme ambiant qui crée de futurs incivils.
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Je confirme : les enfants des autres sont de pire en pire.
Et j’ai passé 6h enfermé dans une salle avec 180 d’entre eux aujourd’hui. :-)
J’ajoute qu’un de nos élèves a été exclu pour deux jours, aujourd’hui, après avoir lancé à un (excellent) collègue: « C’est bon, vous vous sentez plus pisser ou quoi?! ».