Comment se faire chier pour rien…

Il y a des moments où je me demande si les gens du siège croient que je m’ennuie au boulot, et m’inventent des trucs supplémentaires à faire pour m’occuper afin d’éviter ça.

J’avais déjà expliqué le mois dernier qu’on m’avait demandé a posteriori des statistiques qui n’avaient pas été faites (puisqu’on ne savait pas qu’on nous les demanderait un jour) et qu’on ne pouvait pas faire (puisqu’on n’avait plus les données correspondantes). Comme visiblement il fallait a-bso-lu-ment des stats, j’en avais été réduit à extrapoler des estimations en me fondant sur des valeurs antérieures et d’autres plus récentes. Et je les avais transmises deux jours avant le délai de rigueur à la personne qui les demandait, copie à la chef de service.
J’aurais dû me méfier quand la personne en question m’avait relancé pour les avoir ; au lieu de ça, j’ai naïvement répondu en indiquant la date et l’heure du courriel qui les contenait.
Là, je viens de recevoir le tableau rempli pour l’ensemble des sites concernés. Ou plutôt, pour l’ensemble des sites concernés, SAUF LE MIEN, puisque seules les stats que je m’étais fait chier à extrapoler de façon plausible en étaient absentes. Si j’avais su que c’était tellement important que personne ne se soucierait que mes données ne figurent pas dans le tableau final, je n’aurais pas perdu mon temps à faire de savants calculs

Hier matin, appel en urgence de la secrétaire du service, me demandant de lui dire si un document scanné qu’elle allait me transmettre par courriel émanait bien de moi. Je reçois le document (dûment signé de ma main, avec mon tampon personnel ; mais quelqu’un aurait pu faire un faux, évidemment), le compare à la copie que j’avais gardée en archives, et lui répond dans les cinq minutes, par retour du courriel, que le document est bien authentique et signé de ma main.
Ce matin, alors que je m’étais arrangé avec mes collègues pour venir plus tard et partir plus tôt, histoire de réduire, certes de façon insignifiante, mon monceau d’heures supplémentaires (qui se comptent désormais en mois), je n’ai même pas eu le temps de saluer tout le monde et de pointer qu’on me saute sur le poil en me disant que le siège a déjà cherché plusieurs fois à me joindre et qu’il faut que je rappelle ladite secrétaire de toute urgence. Je la rappelle donc, et voilà pas qu’elle me bascule sur la chef de service qui me reproche de ne pas avoir répondu à la demande de la veille. Je ne saurai sans doute jamais si c’est que la secrétaire n’a pas lu mon msg ou qu’elle n’a pas fait remonter l’info comme elle l’aurait dû, mais ça m’a quelque peu gratté qu’on perde ainsi vingt-quatre heures et qu’on mette l’usine aux cent coups alors que le boulot avait de mon côté été fait en temps et en heure et que si la secrétaire avait fait le sien, tout aurait été réglé depuis longtemps. Aurait pas fallu qu’on me reproche de venir « en retard » ce matin, pasque là je pense que ça se serait passé de façon relativement explosive.
J’espère que le cirque ne va pas recommencer demain, pasque non, même sans qu’on trouve à m’occuper en me faisant faire des choses inutiles ou en me demandant de refaire ce que j’ai déjà fait, je n’ai pas le temps de m’ennuyer au boulot.

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