À la Pentecôte, les plumes les emportent

Finissant ce soir de passer la tondeuse par le recoin devant la façade de la chaufferie, j’ai eu la surprise, juste avant d’arriver à l’endroit en question, d’y voir voleter dans l’herbe un oiseau, gros comme un beau merle, mais qui, vu de plus près, s’est avéré être un jeune corbeau, probablement tombé du nid et en tous cas pas encore capable de voler (ça faisait quelques temps déjà que je me demandais s’il n’y avait pas des corbeaux qui nichaient sur la cheminée de ce côté, je crois que j’ai là ma réponse). Il n’y avait pourtant pas d’adultes qui volaient à proximité ou qui l’appelaient.
Acculé dans le recoin et certainement apeuré par le bruit de ma machine, l’oisillon cherchait à s’enfuir, mais en vain. J’ai tranquillement tondu les lieux, puis ai arrêté la tondeuse pour l’observer un moment.
Après avoir fait le tour du petit cul-de-sac où il se trouvait, l’animal a fini par foncer vers moi et se piquer sans bouger juste entre mes deux chaussures, ce qui m’a un peu amusé. J’ai hésité à le ramasser pour le placer en hauteur où il aurait été un peu moins vulnérable aux chats (même si je n’en vois plus que rarement dans mon jardin depuis quelques semaines, ça ne veut pas dire qu’il n’y en a plus qui rôdent), mais je suis partisan de laisser faire la sélection naturelle et ne l’ai pas touché.

Je n’y ai pas pensé sur le coup, seulement un peu plus tard ; mais il était presque dommage que je ne l’aie pas trouvé une ou deux semaines plus tôt. Car conformément au dicton de chez nous dont la traduction française de la fin sert de titre à ce billet, c’est à l’Ascension qu’il faut manger les jeunes corbeaux ; passée la Pentecôte, c’est trop tard.
Et puis bon, un jeune corbeau, c’est un peu comme un pigeonneau ou une caille : doit y avoir à peu près autant d’os que de viande, et je ne crois pas que ce soit un délice qui aurait justifié que je m’emmerde à le plumer, le vider et le préparer. Mais peut-être que je suis sans le savoir passé à côté d’un mets de roi…
Chose dont je ne suis pas exactement convaincu ; car un autre dicton de chez nous dit (en parlant certes de l’oiseau adulte) que (librement traduit vers le français) « c’est la sauce qui fait manger le corbeau ». Donc ça ne doit pas franchement avoir un goût extraordinaire…

Toujours est il en tous cas que celui-là, les plumes ne l’ont pas emporté. Ça sera plutôt sans doute le premier chat qui passera par là…

Ce contenu a été publié dans La bouffe, c'est sacré, Références cryptiques, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

1 réponse à À la Pentecôte, les plumes les emportent

  1. Vaken dit :

    Mais tu es un vrai sauvage ! :-p

    Alors que tu avais une occasion rêvée d’avoir un familier ;-)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *