Sans loupe, c’est loupé

Page 14 du nouveau « Casus Belli », en plein dans les nouvelles du front (réchauffées et même limite à nouveau refroidies, vu le retard de parution dont nous avons déjà parlé), on nous cause du second tome de L’Almanach Arcadien, un supplément que je ne connais pas pour un JdR qui ne m’intéresse pas. Comme le machin « est enfin sorti des presses et il vient tout juste d’atteindre les boutiques spécialisées » (dixit le canard ; je n’ai pas daigné chercher sur internet depuis quand il était sorti, mais j’imagine que ça fait désormais un bout de temps), son contenu n’est que superficiellement effleuré, mais la brève s’achève par cette phrase :

En attendant de pouvoir replonger dans les années 1888 pour vous offrir une vraie critique de cet ouvrage, nous vous laissons admirer sa superbe couverture par David Lecossu.

Comme la photo de la couv’ mesure ici 2,4 × 3,4 cm, avec une résolution pas terrible, ce qui fait qu’elle ressemble à une tache noire sur un fond nuageux grisâtre, la formule « nous vous laissons admirer » me semble pour le moins mal choisie. Autant nous proposer d’admirer une reproduction d’un tableau de maître sur un timbre-poste format Marianne.

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Le lapin blanc, il a bon râble

J’attaque ce matin ma lecture du nouveau numéro de « Casus Belli » (vous savez bien, celui qui est daté mai | juin 2012 mais dont la version papier n’est sortie qu’en juillet) ; et, alors que jusqu’à présent, j’étais tout disposé à accepter les classiques explications sur son retard de parution, liées à des problèmes imprévus et indépendants de la volonté de l’éditeur, je commence maintenant à croire que, bien au contraire, ce retard était connu bien à l’avance, et même prévu.
J’en veux pour preuve la pub’ en deuxième de couv’, pour le numéro de juin / juillet 2012 d’une revue de jeu vidéo dont on nous annonce qu’il est, je cite, « Actuellement en kiosque ».
Ça veut dire que, quand cette pub’ a été acceptée, le nouveau « CB » était déjà en retard, et qu’il était même loin d’être bouclé.
Bref, on nous amuse avec des dates bidon sur la couverture du canard, pour nous faire croire à une périodicité relativement régulière, alors que Black Book est (sciemment cette fois) en train de nous rejouer le même coup que pour sa précédente revue, Black Box. Et l’éventuel prochain numéro de « CB », qui sera probablement estampillé « juillet |août 2012 », sortira si tout va bien dans 2D6 mois (comptez un délai supplémentaire de 4D4 semaines pour la version papier).
Et quant à moi, si jamais je décide de continuer à suivre la revue, je ne risque pas de m’y abonner de sitôt (surtout si les tarifs sont restés les mêmes qu’auparavant ; je n’ai pas encore vu le bulletin d’abonnement).
Malheureusement, je crains que des retards de parution ainsi prévus par l’éditeur ne soient pas un signe de très bonne santé pour le canard (doux euphémisme…), et je me demande combien de temps il va continuer.

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Home of the brave

Le supplément Civilization Gone pour Dead Reign contient en particulier une section intitulée Resources Common to Most Homes & Houses, signée Kevin Siembieda et tentant de faire un tour d’horizon des objets intéressants qu’on peut récupérer dans une maison américaine abandonnée, dans un contexte post-cata.
J’ai trouvé particulièrement incongru que soit mentionnée la possibilité de trouver des revues porno, mais que nulle part il ne soit question de préservatifs, pilules, ou autres moyens de contraception.
Je me demande s’il y a des conclusions à en tirer sur les valeurs de l’auteur (et avec lui, d’un certain nombre d’Américains).

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Les spammeurs s’excitent

Il n’y avait pas dix minutes que le billet sur Dead Reign était en ligne, qu’il était déjà victime d’une tentative de spam…

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Kro en résumé : Endless Dead

Palladium Books Presents :
Dead Reign Sourcebook 3 :
Endless Dead
by Kevin Siembieda and Matthew Clements
ISBN-13 : 978-1-57457-197-4
copyright 2012 Palladium Books Inc & Kevin Siembieda
96 pages

Supplément fourre-tout pour Dead ReignOn trouve dans ce supplément : nouveaux types de zombies, nouvelles « classes de perso », nouveaux véhicules et règles supplémentaires sur les véhicules, considérations sur ce qu’il reste des forces armées (et en particulier, sur leur comportement, leur attitude vis-à-vis des civils, ce qu’on peut trouver dans les ruines d’une installation militaire, etc…), tables de rencontres aléatoires de survivants et autres, tables de bâtiments en ville, « chronologie » sommaire de l’évolution des évènements jusqu’à un an environ après la Ruine (qui me renforce dans mon sentiment que Dead Reign est plus un JdR « cata » que post-cata), caracs d’animaux sauvages nord-américains, etc…
Ce supplément est certes le plus gros de la gamme, mais c’est aussi celui qui au final me parait présenter le moins d’intérêt pour un recyclage vers du post-cata sans zombies.

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Kro en résumé : Dark Places

Palladium Books Presents :
Dead Reign Sourcebook Two :
Dark Places
by Kevin Siembieda
ISBN-13 : 978-1-57457-176-9
copyright 2009 Palladium Books Inc & Kevin Siembieda
64 pages

Supplément fourre-tout pour Dead ReignComme pour Civilization Gone, le contenu est assez hétéroclite, avec des conseils de survie nocturne, de nouvelles variétés de zombies, des conseils pour voyager, des tables aléatoires de trouvailles le long des voies ferrées ou dans les wagons, des tables de rencontres le long des voies ferrées ou en rase campagne, des tables aléatoires d' »arrivée de la cavalerie » (des secours inattendus qui surgissent alors que les persos sont profondément dans la merde ; parfois pas aussi providentiels qu’il n’y parait), des infos sur les sous-sols urbains (principalement les égouts), etc…
Comme pour Civilization Gone, ce qui ne concerne pas les zombies est réutilisable dans d’autres contextes post-cata (le topo sur les égouts est même en grande partie exploitable pour du contemporain).

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Kro en résumé : Civilization Gone

Palladium Books Presents :
Dead Reign Sourcebook One :
Civilization Gone
by Kevin Siembieda
ISBN-13 : 978-1-57457-146-2
copyright 2009 Palladium Books Inc & Kevin Siembieda
64 pages

Supplément fourre-tout pour Dead ReignOn trouve dans ce supplément des considérations sur des PNJ non-zombies, de nouveaux troubles mentaux, d’autres dangers du contexte (environnement, maladies, etc…), de nouveaux types de zombies, des listes de ce qu’on peut trouver (rencontres aléatoires et matos) en fouillant une maison abandonnée, des tables aléatoires pour créer des communautés de survivants, et d’autres pour déterminer la densité de population zombiesque dans les environs.
Une bonne partie de ces éléments (sauf ce qui touche aux zombies, évidemment) est réutilisable dans d’autres contextes post-cata.

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Kro en résumé : Dead Reign

Palladium Books Presents :
Dead Reign
Zombie Role-Playing Game
by Kevin Siembieda with Josh Hilden and Joshua Sanford
ISBN-13 : 978-1-57457-140-0
copyright 2008 Palladium Books Inc & Kevin Siembieda
224 pages

JdR post-cataclysmique à base de zombiesLes zombies, comme le fantastique contemporain d’une manière générale, c’est pas vraiment ma tasse de thé. Seulement voilà, c’est à la mode, et à force de matraquage, on a beau n’avoir à la base aucun intérêt pour le sujet, on finit par s’y accoutumer. Et quand à côté de ça, on vient vous expliquer que le JdR de zombies, c’est la version moderne du JdR post-cataclysmique (qui a pris du plomb dans l’aile avec la fin de la Guerre froide), quand on est amateur de post-cata, on finit par se laisser tenter.
Contrairement à ce qui se fait généralement en matière de post-cata rôludique, on se situe ici très peu de temps après la Ruine : quelques mois (cinq) seulement. Une épidémie particulièrement mortelle a ravagé la population, puis les morts se sont ranimés sous forme de zombies, et ceux qu’ils tuent rejoignent à leur tour leurs rangs.

Après une brève esquisse de la Zombie Apocalypse, on a une présentation détaillée et bien faite des zombies, cannibalisable pour d’autres contextes de JdR.
Les zombies de Dead Reign sont plutôt classiques, avec quelques particularités : leur morsure ou griffure ne transforme pas en zombie (il faut être tué par un zombie pour ça ; mais la « mortvivification » ne prend que quelques minutes) ; ils se nourrissent de l’énergie spirituelle des humains (et si nécessaire, des animaux, mais ceux-ci sont moins nourrissants), qu’ils sont capables de voir comme une aura lumineuse (donc tout particulièrement dans l’obscurité : nuit, cave ou autre) ; se nourrir ralentit (et parfois inverse) leur décomposition ; et leurs geignements, qu’ils poussent lorsqu’ils ont détecté la présence d’un humain, attirent les autres zombies. Pour le reste, c’est classique : les zombies sont forts, résistants, lents et bêtes mais sans peur et implacables. Il existe aussi des variantes.
On trouve entre autres dans l’ouvrage 101 idées de scénarios. La plupart sont malheureusement trop spécifiques « zombies » pour être exploitables dans un post-cata classique.
Les règles sont pour l’essentiel reléguées à la fin du bouquin, ce qui est plutôt une bonne idée car l’accent est de ce fait mis sur le contexte, donc sur la partie intéressante ; mais comme cette partie intéressante fait référence aux règles (et utilise en particulier des abréviations de termes de jeu), la compréhension de tous les détails n’est pas évidente pour qui ne connait pas déjà le système Palladium. D’ailleurs, j’ai le sentiment que le gros du bouquin a été conçu comme un supplément pour Beyond the Supernatural, le JdR fantastique-contemporain de Palladium, et que quand la décision d’en faire un JdR à part entière a été prise, on s’est contenté de coller le système de jeu à la suite du reste (voir aussi l’absence d’explications sur les aspects fantastiques non-zombiesques du contexte, explications sans doute superflues pour les utilisateurs de Beyond the Supernatural, mais pas pour les autres).

Je ne suis pas particulièrement amateur de zombies, donc, comme je le disais plus haut. Mais je dois reconnaître qu’en tant que MJ, ces bestioles ont un gros avantage : elles sont faciles à utiliser, puisque (sauf exceptions) elles ne réfléchissent pas : donc pas besoin de se creuser la tête pour élaborer le plan des adversaires des persos, d’être obligé de réfléchir à toute allure pour les gérer en craignant de laisser une faille flagrante alors que les joueurs ont l’avantage d’avoir plusieurs cerveaux pour penser aux actions des PJ, on peut les foutre directement dans la merde et regarder ce qui se passe : ça doit être reposant.
Par contre, côté post-cata, les zombies imposent des limitations particulières qui font que, si certains des éléments présentés dans Dead Reign sont réutilisables vers des post-cata plus traditionnels, d’autres sont spécifiques à la présence de morts-vivants ; ce qui limite l’intérêt du jeu comme sourcebook post-cata une fois qu’on en a retiré les zombies.
Et puis, il y a une différence majeure entre ce contexte et la plupart des post-cata, c’est qu’ici, la menace zombie est tellement oppressante, omniprésente, qu’il n’y a pratiquement pas d’espoir : le moindre zombie qui gémit sur la piste d’une proie en attire d’autres, qui à leur tour en attirent d’autres, et les survivants, aussi nombreux qu’ils soient, se retrouvent tôt ou tard inéluctablement submergés.
D’ailleurs en fait, à bien y réfléchir, est ce vraiment du post-cata ? On est très près de la Ruine, quelques mois à peine, et sa cause est toujours présente et active, donc finalement, c’est plutôt du « cata » tout court. Et c’est ptêt pour ça qu’il n’y a pas d’espoir, car les survivants sont encore le nez dans le guidon, préoccupés de leur survie au jour le jour plutôt que de reconstruction.
Bref, tout ça pour dire que, même s’il y a quelques idées et infos intéressantes à piocher dans Dead Reign, la « portabilité » vers des contextes post-cata classiques n’est pas assurée. Maintenant, si le thème même du jeu vous intéresse, vous pouvez y aller, c’est bien fait, c’est du tout bon (à part ptêt les règles ; mais comme elles sont à la fin du bouquin, le reste est assez facile à réutiliser avec un autre système) ! Avec des zombies qui, bien que dépourvus d’intelligence (pour la plupart…), deviennent plus intéressants (et peut-être aussi, plus dangereux) que lorsqu’ils font simplement l’objet d’une brève notice dans un recueil de monstres. Et puis… ça pourrait ptêt aussi servir d’inspiration pour un contexte cata tout court dans lequel la Ruine n’est pas causée par les zombies, mais par des créatures autrement plus redoutables, car rapides et intelligentes : les Aliens. Il y a ptêt quelque chose à creuser là, mais comme il y aurait encore moins d’espoir pour les survivants, pas sûr que ça présente un réel intérêt rôludique.

Mais le gros, GROS problème que j’éprouve vis-à-vis de Dead Reign est que, malgré ce qu’on essaie parfois de nous faire miroiter, il n’y a AUCUN espoir pour la survie de l’humanité : l’éradication des zombies (à moins qu’on ne nous sorte une disparition aussi mystérieuse et inexpliquée qu’a été leur apparition) n’est pas réalisable (et encore moins avec les moyens (matériels et humains) limités dont disposent les rares survivants (d’autant que les zombies continuent de présenter un danger même lorsque leur corps est salement endommagé, et qu’ils peuvent se nourrir d’animaux, faute d’humains disponibles)). Donc faire jouer quelque chose en campagne ne m’attire absolument pas (indépendamment du peu d’intérêt que j’éprouve pour les zombies). À la limite, je pourrais en cannibaliser des idées pour un contexte un peu moins désespéré. Ou faire jouer un ou deux scénarios, un truc d’ampleur limitée. Ou alors introduire un deus ex machina faisant cesser l’animation des zombies (mais dans ce cas, faudrait d’abord que je trouve quoi). Bref, je vois mal quelle utilisation rôludique on peut en faire (et l’absence de scénario dans la gamme n’arrange pas les choses). Du reste, je me demande dans quelle mesure tout ceci a effectivement été testé en jeu, et pas simplement écrit. Quant à être joueur dans un tel contexte, c’est niet. C’est vraiment pas du tout mon truc, surtout après avoir vu à quel point l’envers du décor est flippant. Et c’est la première fois que je me projette dans un contexte de JdR en me disant qu’un PJ pourrait décemment s’y tourner vers le suicide.
Même dans un truc avec des perspectives aussi sombres que War Against the Chtorr pour GURPS (basé sur la série de romans éponyme de David Gerrold, dans laquelle la Terre est victime d’une terrible et meurtrière invasion écologique extra-terrestre que l’humanité n’arrive pas à enrayer, je n’avais pas ressenti ça (bien au contraire, c’est un contexte qui m’avait énormément plu).

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Suffisait de demander

J’écrivais il y a à peine deux jours la réflexion suivante :

La prochaine étape dans l’escalade du spam presque adapté sera peut-être la reprise de ma propre prose, venant de mon site, pour commenter les mêmes sujets traités sur le blog (ceci dit, comme le site est mis à jour seulement quand j’ai le temps, si c’est sur un billet récent, ça risque d’attendre un peu).

Purgeant le filtre antispam tout à l’heure, j’ai eu la surprise de trouver, en guise de faux commentaire à mon billet du même soir évoquant le planning de parutions de White Wolf, une prose dont le style et le contenu m’ont semblé vaguement familiers.
Et vérification faite, il s’agissait bien d’un extrait de la page A World of Darkness de mon site ; plus précisément, de la citation in extenso de mon commentaire sur le supplément Hengeyokai (j’ai supprimé le spam sans même faire une copie d’écran, vous irez voir le texte en question à son emplacement normal s’il vous intéresse).
La coïncidence est tellement forte quand même que je me suis demandé si l’un de mes lecteurs n’avait pas voulu me faire une blague. Mais comme les coordonnées du « posteur » sont celles d’un site intitulé Panama Offshore Legal Services, je doute que ce soit effectivement le cas : car le plaisantin se serait alors exposé au risque presque certain que sa blague ne soit pas perçue comme telle ; ce qui lui aurait enlevé tout son sel.

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Appendix N pour LBB

Je suis tombé tout à l’heure sur cet intéressant article sur les sources littéraires de Traveller.

(et puisqu’on parle d’articles sur Traveller, la série de billets consacrés aux univers pour ce jeu a repris sur Anniceris)

 

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