Kros 465 à 471

Pour mémoire, voici les principaux sujets abordés dans les dernières kros, si des non-abonnés souhaitent un tiré-à-part :

465 : Tome of Salvation, pour Warhammer

466 : Career Compendium, pour Warhammer

467 :
Livres de Greg Bear :
Éon
Éternité
Héritage

468 :
Livres de fiction :
La cité du gouffre (José Moselli)
La fin d’Illa (José Moselli)
Le presqu’homme (Marcel Roland)
La ferme des animaux (George Orwell)
Le bacille (Arnould Galopin)
Le docteur Oméga (Arnould Galopin)
Les premiers hommes dans la Lune (Herbert George Wells)
Autour de la Lune (Jules Verne)
Sans dessus dessous (Jules Verne)
Livres sérieux :
Planétologie
Musique :
Two Suns (Bat For Lashes)

469 : Jouer avec l’Histoire

470 :
JdR (Traveller) :
Fiddler’s Green
30-ton Slow Boat

471 : The Fantasy Role-Playing Game

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DRH : déception, rage, puis haine ?

Je vais commencer à barrer les jours avant mon départ de mon poste actuel. Car je crains de ne plus tenir le coup très longtemps.

Cet après-midi, comité de direction. Ça fait au bas mot dans les six mois que mes collègues et moi-même, qui sommes à la tête d’équipes implantées sur des sites « déconcentrés », assistons à ces séances hebdomadaires par habitude, car nous ne sommes plus vraiment concernés par ce qui s’y dit, car nos problèmes n’intéressent plus nos chefs, et car avec la fusion-réorganisation en cours de réalisation, nous passons d’éléments relativement importants du dispositif (dont nous représentions jusqu’alors plus de la moitié) à des éléments mineurs noyés dans la masse.

D’ailleurs, si ça n’avait été que moi, je n’y serais même pas allé : pas possible d’être à l’heure et besoin de partir en avance, ça ne présentait guère d’intérêt. Mais quand on covoiture, même avec son propre véhicule, on n’est pas pleinement maître de son organisation.

Déjà, je trouvais que mon directeur ne manquait pas de culot, en s’attribuant la paternité d’une idée que j’avais soumise devant la même assemblée quelques mois auparavant et qui avait alors été catégoriquement écartée. Mais bah, je ne bosse pas pour la gloire.

Déjà, mon chef m’avait pas mal chauffé quand, alors que nous évoquions certains problèmes de personnel dans nos équipes déconcentrées, il avait eu le culot d’affirmer « J’y suis tous les quatre matins » (alors qu’un des reproches majeurs que tout le monde chez nous fait à nos cadres dirigeants, c’est justement de ne jamais venir nous voir, faire la tournée des popotes, prendre la température…). Mais je n’avais rien dit.

Déjà, il avait osé enchaîner en ajoutant au sujet de nos équipes « On leur dit qu’on s’intéresse à eux… ». Alors que le sentiment général, dans la mienne en particulier, est que les chefs se foutent royalement de ce qui se passe chez nous en général et des problèmes que nous rencontrons en particulier, l’important étant que nous ne fassions pas de vagues. Et là, j’ai pas pu me retenir, j’ai lâché : « T’es sûr qu’ils l’ont entendu ? »

Et l’autre de me répondre, pas gêné : « S’ils n’ont pas entendu… » (sous-entendu « c’est qu’ils sont sourds »), et d’ajouter : « Ils n’entendent que ce qu’ils veulent entendre. » Alors que c’est justement le reproche précis que nous lui faisons…

Mais quand, alors que nous étions sortis à quatre pour constituer une sous-commission (ou était ce un groupe de travail ?) pour tenter de régler un problème de personnel face auquel lui comme le directeur refusaient de prendre eux-mêmes leurs responsabilités et de faire leur boulot, il a osé me reprocher d’avoir « chauffé » le directeur (alors que visiblement, c’est lui qui l’avait agacé), j’ai explosé. Et j’ai déclaré que moi aussi, j’étais chauffé, et qu’il y en avait marre qu’ils refusent de prendre leurs responsabilités et de gérer le personnel. Et comme il m’a répliqué que je n’avais qu’à partir… je l’ai pris au mot.

Et ce bouffon de déclarer à ceux qui étaient restés que depuis que je savais que je partais, j’étais totalement démissionnaire. Venant de la part d’un branleur qui n’est jamais là quand on a besoin de lui mais toujours présent pour nous faire chier avec des conneries, et parlant de quelqu’un qui a environ quatre-vingts heures supplémentaires à son actif depuis le début de l’année, et qui prend encore des initiatives pour assurer aussi bien que possible sa succession, j’ai trouvé ça particulièrement gonflé.

Alors c’est décidé : à compter de maintenant, je suis effectivement démissionnaire. Je viens, je pointe, je gère la routine, je me barre.

Sauf que j’ai encore des trucs de prévus pour préparer ma succession, et que je m’y tiendrai pour ne pas mettre ma Pupille dans la merde.

Et sauf que, je me connais, je n’arriverai pas à mettre ma menace à exécution. Ma conscience professionnelle est trop profondément ancrée pour ça.

Mais quand même… c’est pas l’envie qui m’en manque.

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Un grand chez les autres

J’ai finalement fait affaire cet aprème, je vais prendre la maison dont je vous avais parlé le 13.

J’ai réussi à négocier l’installation de prises normales dans la cuisine, le fauchage initial de l’herbe, et la fenêtre en simple vitrage ne devrait pas passer l’hiver.

Mais je n’aurai les clés que le 4 juin… c’est un peu dommage, ça va vraiment être la course pour être fin prêt à déménager le ouéquande des 12 – 13 – 14.

À ce sujet, je vous rappelle que toutes les bonnes volontés seront les bienvenues… surtout celles qui ont des gros bras et des camions !

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Ils étaient quinze sur le coffre du mort

Ce billet illustré chez Kek, il ne vous rappelle pas un collectionneur-accumulateur de votre connaissance ?

En tous cas, moi, mon bateau pirate, j’y ai tellement joué qu’il a souffert !

Mais j’ai même encore le mode d’emploi pour l’assembler… ce qui a permis à de plus jeunes amateurs (dont l’âge leur permettait encore de se livrer à ce genre de pratiques sans risquer le qu’en dira t-on) de remonter le leur qu’ils avaient imprudemment mis en pièces !

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Volonté de fer blanc

Il en faut parfois, de la volonté, pour ne pas succomber à la tentation…

Voyez en images le cas de Mady, par exemple.

(quant à moi, j’ai divisé ma consommation par dix, au bas mot)

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De l’art ou du cochon

J’ai beau ne pas avoir trouvé convaincant l’ouvrage évoqué dans le billet précédent, je ne peux nier qu’on y trouve quelques passages bien sentis.

Par exemple :

At their best, elegant role-playing game rules can facilitate wonderful performances, but so too can the crudest of systems. The magnitude of the role-playing game performance depends upon the imagination, energy, and emotional honesty of the role-players, which should never be circumscribed by the mechanics of the role-playing system, no matter how impressive in breadth or delicacy they may be.

En d’autres mots, on peut raconter de belles histoires même avec un système aussi primitif que AD&D première édition (voire OD&D, mais là je n’ai jamais essayé), n’en déplaise aux tenants des jeux dits d’ambiance et autres storytellers

Ou encore :

Class- or skill-based role-playing games like AD&D, where the emphasis is on the numerical quantification of abilities grouped according to prepackaged roles […], only qualify elements that are secondary to the story, leaving the primary elements of theme, meaning, and character development unbounded by the rules. Because there are no rules about them, anything is permissible in the areas that really matter. While games such as Everway include such narrative elements they also delimit those same elements. In guaranteeing their inclusion, they place a rules-based boundary around what may or may not be included in the game. This is a good approach for games like Everway that are aimed at first-time and inexperienced role-players. Such role-players would do well to learn the basics of role-playing on systems that urge them to experiment with dramatic modes of characterization. However, experienced role-players who are already used to creating and implementing dramatic character concepts may feel hindered by story-based systems such as Everway. Paradoxically, in such situations experienced role-players may feel unconstrained by less story-oriented role-playing games such as AD&D, because when in the capable hands of experienced role-players, they allow for less formulaic stories.

Enfin, sur un autre sujet, cette constatation qui en surprendra peut-être plus d’un :

Despite what many gamemasters may believe, in the role-playing game there is no omniscient point of view.

Eh oui, même le MJ n’est pas omniscient… puisque les joueurs peuvent lui cacher des choses sur les intentions ou les pensées de leurs persos.

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Manifeste pour le dixième art

Suite à la lecture de l’ouvrage de Daniel Mackay The Fantasy Role-Playing Game, sous-titré A New Performing Art, je me suis repenché sur la définition de l’Art, afin de pouvoir aisément mettre en évidence, et ce, de façon irréfutable, pourquoi le JdR n’est pas un art.

mackay

Eh bien, il faut croire que j’avais bien besoin de me replonger dans des cours de philo vieux de plus de vingt ans. Car après m’être ainsi rafraîchi les idées, je suis loin d’être aussi catégorique…

L’Art est défini comme étant la représentation du Beau, ou la production du Beau dans une œuvre. Et si l’on peut facilement exclure d’appliquer au JdR la première définition, c’est déjà plus délicat pour la seconde.

L’artiste n’a pas au début l’idée de tout ce qu’il va faire. L’œuvre commencée va induire la suite. L’artiste s’adapte à ce qu’il fait, il invente à chaque instant, l’idée lui vient à mesure qu’il fait. La beauté n’apparaîtra qu’une fois l’œuvre achevée.

Si l’on excepte la dernière phrase, n’a t-on pas là la description d’une partie de JdR ?

L’art n’obéit pas à une règle, chaque œuvre a sa règle particulière, chaque œuvre est nouvelle. Il faut attendre d’avoir créé pour être en présence de la règle.

C’est peut-être un peu moins flagrant, mais ça me semble toujours applicable au JdR…

L’artiste va transposer ses rêves, ses complexes, ses obsessions inconscientes, dans l’œuvre d’art. Il crée un monde préservé à côté du réel dangereux et décevant, dans lequel il réalise ses désirs. L’artiste se dépasse tout en s’intériorisant.

Là encore, à part ptêt la dernière phrase, c’est exactement ça !

L’artiste fuit le réel ; sa différence avec le névrosé c’est son aptitude à la sublimation.

Alors oui, après avoir soutenu le contraire pendant plus de douze ans (depuis la fameuse polémique née dans Casus Belli n° 102), je vais changer d’avis sur le sujet et reconnaître, au vu de ces éléments, que le JdR est peut-être bien de l’Art.

Ce qui n’empêche pas que les tenants de sa consécration comme dixième art soient à côté de la plaque, car s’il s’agit bien d’art, ça ne signifie pas pour autant qu’il s’agisse d’un art.

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La musique pousse les murs

Les paris sont ouverts : déménagerai je avant ou après avoir rempli la rangée de disques en cours et en avoir commencé une nouvelle superposée aux autres ?

etroit

Personnellement, j’hésite encore à me prononcer.
Ça devrait être limite ; mais en trois semaines, c’est loin d’être impossible, même si j’ai un peu baissé le rythme des acquisitions pour en avoir un peu moins à déménager.

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CAVOK !

Puisque j’ai reçu un msg angoissé (ou presque) à ce sujet, je tiens à rassurer tout le monde : non, je n’ai fort heureusement pas été touché par les récents aléas météorologiques.

Ce qui n’est hélas pas le cas de tout mon entourage.

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Transmission des savoirs

Aujourd’hui, au lieu de poser un jour pour faire le pont, ma Pupille (et héritière, au moins professionnellement parlant) est venue me voir pour que je lui explique des tas de choses sur le poste qu’elle va reprendre dans un mois.

Mais il y a tant à dire, à montrer, à expliquer, tant de gens à rencontrer, tant de choses à voir, tant de sujets à aborder, tant de dossiers à commenter, que j’ai plus l’impression de l’avoir assommée, et pas de lui avoir inculqué les choses de façon pédagogique…

Pourquoi, à chaque fois qu’on me demande de former quelqu’un, ne me donne t-on pas les moyens nécessaires, au moins en temps ? (pour le reste des moyens, je me démerde)
La fois d’avant, on m’avait donné une semaine pour en faire une bête de guerre. Cette fois-ci, on ne m’a rien donné, c’est moi qui ai dû prendre l’initiative de nous organiser…

Mais peut-être que je ne me pose pas la bonne question : car en y réfléchissant, je pourrais plutôt me demander pourquoi moi, on me balance sur des postes sans m’avoir briefé avant (et je ne parle même pas de formation, là…).

Enfin bref…

Je pense que je vais devoir jeter par écrit la liste des savoirs que je dois impérativement transmettre, que je prépare quelques protocoles et tutoriels, et pour le reste… je m’attends à avoir des appels téléphoniques, et des msg à la pelle.

Mais comme je le lui ai dit : j’assurerai le service après-vente.

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