Défi 2014 : scénario n° 35, le tirage

Tirages :
Commanditaire : Monstrous Compendium Fiend Folio Appendix page 39 : spies of the highest caliber
Destination : 40-ton Slow Pinnace page 6 : (soute)
Action : se sacrifier pour
Objectif : Carse page 21 : a beautiful woman
Motivation : contrainte (PJ prisonniers, otages en jeu, etc…)
Antagoniste : Faces of Evil : The Fiends page 51 : tanar’ri
Théâtre : The New Orleans Guidebook page 22 : museum
Élément intéressant : Mass Combat page 36 : parleys
Quarante.

Résultat :
Des espions de haut vol amènent les PJ à se rendre dans la soute pour se sacrifier pour une superbe femme. Motivés par la contrainte, les PJ seront gênés par un démon au musée. Un élément majeur du scénario sera des pourparlers. (+ quarante)

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Apocalypse 4

Le quatrième volet du panorama des JdR post-cataclysmiques (selon une conception très étendue du thème) est en ligne chez Lowell Francis.

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Crise énergétique

Rentrant d’une consultation chez le spécialiste (dont le tarif a augmenté de 10 brouzoufs par rapport aux années précédentes ; encore un sale coup porté à mon pouvoir d’achat, qui a décidément bien dégringolé depuis que j’ai un emprunt à rembourser), je passe en bagnole devant un magasin où j’avais une course à faire, mais dont je me demandais s’il serait ouvert un lundi aprème. Tout y étant allumé, j’en ai fort logiquement conclu que c’était bien le cas. Sauf que je me suis cassé le nez sur la porte fermée… À quoi bon une telle débauche d’électricité, un tel gaspillage éhonté, pendant la fermeture du magasin ? Décidément, c’est pas la crise pour tout le monde…

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Défi 2014 : scénario n° 34, les commentaires

J’ai fait ce tirage en dernier, puisque j’ai utilisé le générateur bondien, et non le simple giannirateur de scénarios : le contexte était connu d’avance, je savais que je ferais un scénar pour James Bond parmi les quarante.

Le premier tirage de pays m’a posé bien des problèmes : Pitcairn (qui était bien le seul lieu mentionné sur la page tirée) n’a qu’une cinquantaine d’habitants. J’aurais pu faire un autre tirage, mais comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, un défi dans le défi était le respect aussi scrupuleux que possible des tirages réalisés, donc il n’en était pas question : il me fallait trouver quelque chose avec ça.
Pour l’Antarctique, j’ai beaucoup hésité sur l’endroit à choisir : devais je prendre une base néo-zélandaise (puisque les persos quittaient Pitcairn via la Nouvelle-Zélande) ? une base britannique (dans une zone à la souveraineté disputée par l’Argentine, ce pays ayant si ma mémoire est bonne produit des variantes de Mauser, ou des armes utilisant des cartouches Mauser) ? une base norvégienne (rapport à l’acte suivant) ? J’ai finalement choisi McMurdo, qui a l’avantage d’être vaste, peuplée, et très proche d’une base néo-zélandaise.
Le reste a été plus simple à développer.

Le scénario est aussi tordu et aussi peu crédible quand on le regarde de près que celui d’un film de James Bond, mais j’ai collé aux tirages et tout ça est exploitable, c’est l’essentiel !

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Défi 2014 : scénario n° 34 : Opération : Golden boy

Scénario pour James Bond 007.

Si vous êtes censés participer à ce scénario en tant que joueurs, ne lisez pas plus loin…

Prégénérique : Pitcairn

Nous sommes en janvier. C’est donc l’été dans l’hémisphère sud. Les personnages naviguent au large des Îles Pitcairn, se faisant passer pour des plaisanciers ou des pêcheurs sportifs à bord d’un yacht à moteur. Leur mission est de tenir à l’œil le Dawn Knight, un navire de l’ONG environnementale Greenpeace, dont le MI6 soupçonne que la présence sur place vise à perturber le démarrage d’un projet d’exploitation des nodules polymétalliques qui abondent sur les fonds marins entourant l’archipel. Ces nodules constituent une source potentielle d’approvisionnement en certains métaux stratégiques, le cobalt et surtout le titane, dont Londres craint que les prix ne flambent en raison de la crise russo-ukrainienne (la Russie est l’un des principaux producteurs de ces deux métaux, et l’Ukraine est riche en cobalt). En soi, l’implication d’une ONG environnementale ne justifie que rarement l’intervention des services secrets, mais là, la situation est particulière : le MI6 croit voir derrière Greenpeace la main des services secrets chinois, qui espèrent en sabotant le projet permettre à leur pays de trouver un débouché plus important au Royaume-Uni pour sa propre production minière.
Mais étrangement, les activistes ne semblent pas s’intéresser aux navires miniers qui ont commencé à prospecter la zone. Les agents vont vite comprendre que leur objectif est d’empêcher l’implantation sur l’île de Pitcairn elle-même (la seule habitée de l’archipel) d’un complexe bancaire que veulent monter un cartel de banques suisses (parmi lesquelles le Crédit central de Zurich, la Compagnie bancaire zurichoise, la Société suisse de crédit et d’épargne, le Crédit zurichois, le Crédit helvétique, et une grosse demi-douzaine d’autres sociétés pas exactement réputées pour leur transparence). Ces banques veulent s’implanter à Pitcairn pour y bénéficier, grâce aux lacunes de la législation spécifique de ce territoire britannique, des conditions d’un paradis bancaire qui devient de plus en plus difficile à maintenir en Suisse à cause des pressions des pays européens. Bien entendu, ces banques ont soigneusement préparé le terrain en persuadant les habitants que leur implantation allait leur apporter la prospérité financière (et un meilleur débit internet).
Certes, de nos jours l’essentiel de l’activité des banques se fait de façon complètement dématérialisée, et il n’y a pas besoin de bâtir sur Pitcairn d’immenses salles des coffres. Mais il leur faut un minimum de locaux, sans parler de logements pour le personnel qui sera basé sur place (et qui fera significativement augmenter la population de l’île, actuellement d’une cinquantaine de personnes). Ce sont toutes ces constructions qui mobilisent Greenpeace, car elles vont perturber fortement l’écosystème local. Or Pitcairn abrite plusieurs espèces de plantes qui ne poussent nulle part ailleurs, et c’est aussi le seul endroit où niche la rousserole de Pitcairn (Acrocephalus vaughani), un passereau en danger d’extinction : or le complexe bancaire devrait être édifié en plein sur la principale zone de nidification de l’espèce.
Bref, les personnages pourraient s’en laver les mains et, ayant constaté que les éco-activistes ne présentaient aucun danger pour le projet d’exploitation minière des fonds marins, considérer que leur mission n’a plus de raison d’être. Mais deux points les en empêcheront probablement : d’une part, ce projet d’implantation bancaire cache certainement des opérations financières guère honnêtes à grande échelle, et le MI6 appréciera sans doute de savoir de quoi il retourne plus précisément, et/ou voudrait empêcher cela ; d’autre part, à force de croiser dans les eaux autour de Pitcairn, le Dawn Knight risque tôt ou tard de s’intéresser aux navire miniers et d’en gêner l’activité : si les banques étaient contraintes de renoncer à leur projet, Greenpeace quitterait les lieux et ne représenterait plus un risque sur ce plan.
Les travaux de construction n’ont pas encore commencé (si le Dawn Knight fait des ronds dans l’eau au large de l’île, c’est qu’il attend le navire qui apportera tout le nécessaire). Mais un petit groupe d’architectes et de délégués des banques est déjà sur place, se logeant dans un « chalet » pour touristes, un gîte de quatre chambres qu’ils ont réservé pour plusieurs mois (la « ville » d’Adamstown n’a pas d’hôtel et les rares touristes souhaitant passer une nuit sur place doivent dormir chez l’habitant).
Les personnages devraient donc s’introduire dans le chalet pour y récupérer le contenu des disques durs des ordinateurs portables de ses occupants, afin qu’il puisse être analysé par les experts du MI6 à la recherche d’éléments compromettants.
Une fois les données transmises à Londres par satellite, il faudra moins d’une journée à un analyste financier civil sous contrat avec le MI6 pour déterminer que se cache derrière cette implantation bancaire un projet de criminalité financière de grande ampleur, avec pour conséquences l’annulation du permis accordé au cartel bancaire pour s’installer ici, annulation officiellement justifiée par des considérations environnementales qui satisferont Greenpeace et lui feront retirer le Dawn Knight de la zone pour l’envoyer harceler les baleiniers japonais dans le Pacifique sud, laissant ainsi le champ libre à l’exploitation des nodules polymétalliques de Pitcairn.

Acte I : McMurdo

Les personnages ont gagné la Nouvelle-Zélande, d’où ils doivent prendre l’avion pour Londres. Le MI6 les contacte soudain pour les informer d’un changement : ils doivent se rendre immédiatement à la station de Wellington (station de niveau 2) où une nouvelle mission leur sera confiée.
À Wellington, Steven Palmer, le responsable de la station, est visiblement gêné au moment de leur expliquer en quoi consiste cette mission : les agents doivent accompagner un groupe d’étudiants britanniques d’Oxford particulièrement méritants, se rendant pour un séjour « touristique » d’une semaine en Antarctique, à la station de recherches américaine McMurdo, située sur la Terre de Ross (la partie du continent austral revendiquée par la Nouvelle-Zélande), à environ trois kilomètres de la base néo-zélandaise Scott. La raison d’un tel déploiement de moyens qui seraient certainement mieux employés à protéger les intérêts britanniques en contrant les agissements des services secrets russes et chinois ou les manigances islamistes plutôt qu’à jouer les baby-sitters de luxe loin de toute civilisation ? Parmi le groupe d’étudiants figure Richard Howell, le fils aîné du Chancelier de l’Échiquier Gideon Howell. Sa protection aurait normalement dû être assurée par des policiers britanniques du service de protection des personnalités, qui l’avaient accompagné de Londres à la Nouvelle-Zélande, mais ceux-ci ont été victimes hier d’un grave accident de la route et sont dans l’incapacité d’accomplir leur mission, et les agents sont pour ainsi dire les seules personnes sur place à qui Londres peut faire appel. Les personnages ont tout juste le temps de se rendre à l’aéroport d’Auckland pour embarquer à bord de l’avion qui doit déposer les étudiants (accompagnés de quelques journalistes, de scientifiques et d’autres personnes se rendant à McMurdo ou à Scott) sur l’aérodrome de Pegasus Field, à quelques kilomètres des deux stations scientifiques. Et bien entendu, pas question de prendre l’avion avec des armes à feu !
Richard Howell est un jeune homme de vingt-trois ans, étudiant en sciences économiques. Il se contentera de saluer hautainement les agents, qu’il considère à la fois comme du petit personnel sans intérêt, situé bien en dessous de son statut social, et comme un mal nécessaire lié à la position occupée par son père. En dehors de ce net sentiment d’appartenir à la caste dirigeante, c’est un étudiant normal, dont les principaux centres d’intérêt sont l’alcool et les filles, et qui passera son temps à chahuter avec ses condisciples (d’autant que, n’étant pas scientifique de formation, les expériences menées à McMurdo lui passent largement au-dessus de la tête). Il ne cherchera pas à compliquer la mission des personnages, mais ne fera rien pour la leur faciliter non plus.
Le séjour à McMurdo tient plus du voyage touristique que du stage universitaire. Le programme consiste principalement en une visite des installations avec présentation des recherches en cours, et en quelques excursions alentour pour profiter de l’été austral, dont une ascension d’Observation Hill (230 mètres d’altitude) qui surplombe les lieux (les températures diurnes varient entre -10 et +4,5 °C (ou, pour ceux des résidents américains de la base qui sont plus habitués à employer des degrés Fahrenheit, entre quatorze et quarante)). La population estivale de la station est d’environ 1.200 personnes (étudiants et personnages inclus), dont la plupart ne sont pas des scientifiques mais du personnel de support. Les installations se composent d’une grosse centaine de bâtiments, d’un héliport et d’un petit port. Une route relie la station à la base Scott, et une autre d’environ 1.600 km, faite de neige tassée, conduit à la base américaine Amundsen-Scott, au pôle sud.
Au troisième jour du séjour est prévu l’enregistrement d’une émission de télévision dans le studio d’AFAN-TV (la télévision de McMurdo). L’émission, qui sera enregistrée le soir après avoir été préparée toute la journée, consistera en la présentation des principales recherches scientifiques actuellement menées sur place, sous la forme d’interviews des chercheurs par les étudiants. Pendant que les étudiants, les principaux scientifiques, le personnel d’AFAN-TV et les personnages sont rassemblés dans le studio, et alors qu’on en est à la troisième prise pour l’interview par l’étudiant Ethan Collins du docteur Sandra Jensen, la responsable du département étudiant l’influence de l’activité solaire sur le trou dans la couche d’ozone antarctique, un commando armé surgit dans la salle. Vêtus de tenues militaires polaires et armés de pistolets-mitrailleurs argentins FMK-3 (chargeur 32 cartouches, 9 mm parabellum ; pour James Bond 007, utiliser si nécessaire les caractéristiques de l’Uzi), ces hommes sont venus enlever l’un des étudiants, Charles Crompton, dit Charlie, un doctorant en informatique des systèmes financiers, mais leur irruption sème le chaos et devrait donner quelques sueurs froides aux agents : non seulement ils ne sont pas armés, mais tout pourrait porter à croire qu’il s’agit d’un attentat contre Howell Junior, assis juste à côté de Charlie…
Le commando se repliera rapidement dans la nuit, avec son captif. Les dégâts éventuels qu’il aura causés parmi l’assistance dépendront des réactions des personnages : ces hommes sont des professionnels, ils ne sont pas venus faire un carnage, et dans l’idéal ils se contenteront de tenir l’assistance en respect (éventuellement en tirant une courte rafale en l’air pour mieux l’intimider) sans verser de sang.
Les agents (aidés si nécessaire d’une rookie de la CIA, Carol Barnett (une Bond girl potentielle), qui représente l’agence américaine à McMurdo « au cas où ») se lanceront probablement à la poursuite des kidnappeurs, qui s’enfuient en motoneige, et devraient parvenir au minimum à en capturer un (soit en réussissant à lui sauter dessus avant qu’il ne quitte la station, soit à l’issue d’une poursuite en motoneige dans un décor enneigé plus ou moins accidenté (et donc, accidentogène), par exemple en l’éperonnant), et dans l’idéal réussir à faire échouer la tentative d’enlèvement s’ils sont vraiment doués (et sans doute aussi chanceux). Ceux qui réussiraient éventuellement à s’enfuir embarqueront à bord d’un Learjet 36 équipé de skis, qui les attend prêt à décoller sur l’ancienne piste d’atterrissage tracée sur la banquise non loin de la station elle-même, et abandonnée depuis décembre en raison des conditions estivales qui rendent la glace moins solide. Si les ravisseurs sont tous capturés ou tués, l’avion prendra la fuite. Par le cockpit, les agents apercevront peut-être le pilote, une jolie femme coiffée d’une chapka (il s’agit d’Anya Amasova, mais sauf s’ils la connaissent déjà, ils n’ont aucun moyen de le savoir). Le rayon d’action d’un tel appareil lui permet d’atteindre la côte sud de la Nouvelle-Zélande.
Interrogés (ou fouillés s’ils sont morts), les ravisseurs peuvent révéler qu’ils sont des mercenaires argentins, dont la mission était d’enlever Charles Crompton pour le compte de la branche norvégienne des Entreprises Auric A.G., dont la maison-mère est suisse.

Lorsqu’ils regagneront la Nouvelle-Zélande, les personnages seront informés de ce que l’analyste financier employé par le MI6 a établi une liste des principales sociétés qui auraient bénéficié d’un transfert de leurs fonds de Zurich vers Pitcairn s’ils n’avaient pas fait échouer le projet des banques. Parmi ces entreprises figure en bonne place Auric A.G. ! Il y a décidément quelque chose de louche derrière cette société, et les agents vont se mettre à enquêter sur elle (s’ils n’en prennent pas l’initiative, c’est M qui leur en donnera l’ordre).

Intermède : longs détours

Les personnages pourraient vouloir se lancer dans deux longs détours : l’un par l’Argentine (en raison de la nationalité des mercenaires) et l’autre par Zurich (à cause des banques et du siège social des Entreprises Auric A.G.). Dans les films, James Bond ne perd jamais son temps ainsi et va toujours droit au but (ou du moins, droit où l’attend la suite de l’action). Le MJ devra donc subtilement les amener à ne pas traîner en route et à se rendre directement à Oslo. Au pire, le passage à Oslo pourrait être remplacé par un passage à Zurich apportant aux agents les mêmes informations.

Acte II : Oslo

À Oslo, les personnages devraient s’intéresser à la branche norvégienne des Entreprises Auric A.G. : Auric A.G. a pour activité principale la fabrication de mobilier et de divers autres objets métalliques (des sièges pour avions en particulier, qui ont fait sa notoriété), mais elle est depuis des années devenue très impliquée dans le monde de la finance (entre autres secteurs dans lesquelles elle s’est diversifiée).
S’ils se rendent à la Bourse d’Oslo, les agents pourront y rencontrer un jeune trader qui travaille pour Auric A.G., Steffen Søderlund.
Søderlund serait disposé à leur révéler des informations confidentielles sur l’activité financière d’Auric A.G. en Norvège et à l’international, mais il ne le fera pas gratuitement : il exige en contrepartie une importante somme d’argent (ou, si les personnages ont orienté la négociation dans cette direction, une grosse quantité de cocaïne, dont il est consommateur régulier).
Mais Søderlund est un dingue, c’est même un tueur en série qui se prend pour un vampire et sacrifie rituellement ses victimes (il en est déjà à trois) pour leur sucer le sang (il utilise un petit couteau effilé pour leur percer la jugulaire ou la carotide, en général après les avoir soigneusement ligotés et baillonnés) : il essaiera d’attirer l’un des agents dans un traquenard pour en faire sa prochaine victime (traquenard où il se présentera déguisé tel un participant à un G.N. Mind’s Eye Theatre (la version grandeur nature du World of Darkness, et tout spécialement de Vampire, the Masquerade)), et devra donc être éliminé par la force.
Mais la sécurité interne d’Auric A.G. estimait depuis quelques temps que Søderlund, par ses fréquentations et les informations qu’il détenait, risquait de représenter une source potentielle de fuites, et le tenait sous surveillance discrète. Ses rencontres avec les personnages ne sont donc pas passées inaperçues (les agents (qui avaient sans doute d’ailleurs été repérés par la sécurité indépendamment de leurs contacts avec Søderlund, en raison des questions qu’ils ont pu poser au sujet de l’activité d’Auric A.G. à la Bourse et/ou de leurs recherches à ce sujet) ont probablement été photographiés à leur insu), et le rendez-vous qu’il leur avait donné était sous surveillance. Alors que les agents sont encore penchés sur le corps pantelant du trader, qu’ils n’ont pas eu le temps de fouiller, ils sont entourés par un groupe d’hommes de main armés de pistolets Glock 17 (chargeur 17 cartouches, 9 mm parabellum). Ces nouveaux arrivants sont trop nombreux pour que les personnages puissent espérer sortir vivants d’une fusillade. Les sbires d’Auric A.G. les désarment, les ligotent, leur fourrent la tête dans des sacs de toile malodorants, et les embarquent à bord d’une camionnette jusqu’à un entrepôt désaffecté et sinistre où on les fait descendre du véhicule. Ils sont alors attachés aux montants d’un palettier, et on leur retire les sacs qui les rendaient aveugles.
Les agents découvrent alors face à eux, outre certains des hommes de main qui les ont capturés et qui se sont placés en arc de cercle sans les quitter des yeux (tandis que d’autres s’activent à répandre tout autour de la pièce le contenu de jerrycans, probablement de l’essence vue l’odeur qui finit par arriver jusqu’aux narines des prisonniers), Auric Goldfinger et, un pas en retrait, Anya Amasova. Ils ne connaissent peut-être pas ces deux personnes, mais ils pourraient reconnaître en Amasova la pilote du Learjet de McMurdo.
Goldfinger éclate d’un rire sinistre : « Alors, voilà les fameux fouineurs qui s’intéressent d’un peu trop près aux activités de MON entreprise ? Eh bien, comme il semble que vous n’aurez pas l’occasion de le répéter à quiconque, je vais satisfaire votre curiosité. »
Il entreprend alors, dans la plus pure tradition des grands méchants bondiens, de leur exposer son plan machiavélique (au moins en partie : il ne mentionne ni le nom de la banque où aboutissent les lingots, ni l’endroit où elle se trouve, ni comment il compte les en retirer). Il déclare également que, n’ayant pas pu faire affaire avec le petit génie britannique de l’informatique financière qu’il comptait associer à son plan (s’il sait que ce sont les personnages qui ont fait échouer l’enlèvement, il le leur reprochera), il a dû en recruter un autre, un jeune étudiant de l’université de Houston qui va bientôt commencer son stage de fin d’études chez Auric A.G….
Après avoir laissé les agents faire quelques réparties spirituelles ou engager une petite conversation avec lui, Goldfinger fait un signe à ses sbires, qui mettent le feu à l’essence versée, puis tout le monde quitte l’entrepôt (« Il était temps d’en reconstruire un plus moderne, de toutes façons… ») ; à part bien sûr les personnages, toujours ligotés.
Espérons pour eux qu’ils parviendront à se libérer suffisamment rapidement pour pouvoir sortir du bâtiment avant qu’il ne soit entièrement en flammes.

Leur prochaine destination devrait logiquement être le Texas.

Acte III : Houston

À Houston, Auric A.G. veut recruter un autre petit génie de l’informatique financière pour camoufler ses traces : il s’agit d’une étudiante de l’université de Houston, Annabel Ling (jolie femme, donc Bond girl potentielle, de père singapourien et de mère texane), mais les personnages ne connaissent ni son nom, ni même son sexe, et savent simplement qu’elle est en fin d’études et doit faire son dernier stage au sein de l’entreprise.
Le fichier des stages de l’université n’est pas accessible par internet, et les agents vont donc devoir se rendre physiquement sur le campus pour accéder à la machine sur laquelle il se trouve, dans l’un des bâtiments administratifs.
Le fait que le campus de l’Université de Houston soit le cadre d’une importante et particulièrement active campagne de Mind’s Eye Theatre risque d’amener les personnages à y croiser à plusieurs reprises des étudiants déguisés en vampires, ce qui pourrait leur rappeler de mauvais souvenirs de leur séjour à Oslo. Heureusement, il ne s’agit bien là que d’un jeu et ils n’ont rien à craindre de ses participants.
Accéder à la liste des stagiaires et des entreprises qui les accueillent est possible depuis le bureau des études, dans le bâtiment administratif principal du campus, soit en accédant à l’ordinateur qui la contient (ce qui ne pourra en principe se faire qu’en l’absence des secrétaires travaillant dans la pièce), soit en épluchant les conventions de stages (archivées dans une armoire du même bureau), soit en obtenant l’information auprès d’une secrétaire ayant accès à la liste, par des moyens laissés à la discrétion des agents.
Annabel Ling habite dans l’une des résidences universitaires du campus. Les personnages peuvent trouver sa photo, soit dans son dossier d’étudiante (toujours au bureau des études), soit sur le trombinoscope de sa promotion, affiché dans un couloir.
La chambre de la stagiaire est déserte. Sa porte est fermée à clé, mais il y a des traces de lutte dans la pièce. En regardant par la fenêtre (au besoin parce qu’ils ont entendu des cris), les agents peuvent voir sur le parking derrière le bâtiment, deux étages plus bas, une femme brune et athlétique en pousser une plus petite et de type asiatique dans le coffre d’une voiture. Il s’agit bien sûr d’Anya Amasova et d’Annabel Ling !
Ling, qui a commencé à faire pour Auric A.G. quelques bricoles informatiques préparatoires à son stage, a rapidement découvert que l’entreprise se livrait à des mouvements de fonds internationaux plutôt louches. Devant l’ampleur des sommes concernées et craignant (à raison) de se retrouver au cœur de combines mafieuses, elle a prévenu quelques heures plus tôt par téléphone son maître de stage qu’elle se désistait. Amasova se trouvait justement à Houston pour surveiller de loin le bon déroulement des opérations auxquelles devait participer la stagiaire. Prévenue de cette défection inattendue, elle a décidé de kidnapper Ling : le temps est désormais compté et Auric A.G. ne peut pas se permettre de laisser filer un deuxième génie de l’informatique financière, ni n’a le temps de lui trouver un remplaçant.
Les personnages vont certainement intervenir. Eux aussi doivent faire vite. La scène va probablement tourner à la fusillade, et comme nous sommes aux États-Unis, il est probable que quelques étudiants des deux sexes, fiers détenteurs d’armes à feu, aient la mauvaise idée de s’en mêler, croyant avoir affaire à un énième massacre sur campus… La sécurité du campus interviendra elle aussi (un peu plus tardivement), puis la police, avec un important déploiement de moyens. En principe, les agents auront réussi à délivrer Annabel Ling, et Anya Amasova devrait s’être échappée in extremis (probablement après avoir grillé la plupart de ses Hero Points), mais ce dernier point n’est pas indispensable. Les forces de l’ordre embarqueront tous les protagonistes restés sur les lieux (y compris Ling), de même que toutes les personnes qui traîneront à proximité avec une arme à feu visible.
Les personnages feront certainement partie des individus raflés par la police. Par chance pour eux, une agente de la CIA se trouve justement de passage au commissariat central de Houston et les reconnait : il s’agit de Carol Barnett, de retour de son séjour en Antarctique (si jamais ils ont quitté McMurdo en mauvais termes avec Barnett, la remplacer par un autre agent de la CIA (ou d’un autre service américain, comme par exemple le FBI) connaissant déjà les persos). Grâce à son influence, les agents du MI6 seront rapidement sortis de cet imbroglio, à moins qu’ils n’aient tué d’innocentes personnes sans défense. Et avec son aide, ils pourront interroger Annabel Ling, encore choquée par ce qui vient de lui arriver.
L’étudiante pourra alors leur révéler qu’elle a découvert que les Entreprises Auric A.G. faisaient d’énormes mouvements de fonds, sous la forme de lingots d’or, de nombreuses banques américaines vers la Hawaiian Savings Bank, à Honolulu.

Remarque : l’acte III pourrait être résolu de façon très différente, si les personnages parviennent à convaincre Anya Amasova que la coopération avec le MI6 (et l’échec du plan de Goldfinger) est dans l’intérêt de la Russie. Mais vue la situation internationale, ce ne sera pas chose aisée.

Final : Honolulu

Les personnages auront pu apprendre, s’ils s’intéressent aux actualités d’Hawaï, que cet État connait depuis quelques semaines un regain de tensions indépendantistes, tout particulièrement sur l’île d’O’ahu. Il y a eu plusieurs manifestations, dont certaines ont tourné à l’émeute, et des drapeaux américains ont été brûlés. De ce fait, les formalités de sécurité à l’embarquement dans l’avion qui les emmène de Houston à Honolulu seront particulièrement longues et tatillonnes : la TSA abusera peut-être de son pouvoir (fouilles au corps et autres), et les bagages des agents seront ouverts en leur absence (de force s’ils sont verrouillés), ce qui pourrait s’accompagner de la disparition de certains objets (une arme à feu un peu trop jolie, par exemple, ou un gadget fourni par Q).
À Honolulu, la présence de la police et de renforts de la Garde nationale est nettement visible.
Même si Anya Amasova a pu prévenir Goldfinger que les personnages avaient échappé à la mort à Oslo, celui-ci ne peut guère accélérer la mise en œuvre de son plan. Les lingots sont sortis des coffres de la Hawaiian Savings Bank par caisses de cinquante kg (une à chaque voyage), et acheminés en voiture jusqu’au port, où ils sont chargés à bord du grand yacht de Goldfinger, L’or des mers. Les agents vont devoir repérer le manège des véhicules faisant la navette entre la banque et le port, ce qui leur permettra de découvrir quel est le navire de Goldfinger. Ceci fait, ils peuvent tenter de s’en rendre maîtres eux-mêmes (ce qui risque d’être un peu délicat), ou faire appel aux forces américaines (éventuellement par l’entremise de Carol Barnett, qui les a certainement accompagnés).
Goldfinger lui-même parviendra peut-être à s’échapper (par exemple à bord d’un petit engin sous-marin piloté par Anya Amasova), mais ne pourra le faire qu’en abandonnant son navire plein de lingots.
Quant à l’organisation indépendantiste hawaïenne, privée du financement de Goldfinger, elle éclatera en multiples chapelles, dont certaines prônent la violence alors que d’autres sont beaucoup plus modérés. Les groupuscules les plus radicaux seront démantelés par les forces de l’ordre (non sans avoir au préalable commis quelques actes sanglants), et le mouvement s’essoufflera ensuite assez rapidement.

Annexe : Le plan de Goldfinger

Auric Goldfinger, le fondateur et propriétaire des Entreprises Auric A.G., a fait transférer d’énormes quantités de lingots d’or des banques européennes qui les détenaient vers les coffres de la Compagnie bancaire zurichoise (dont Auric A.G. est l’actionnaire majoritaire). De là, il comptait les faire acheminer à Pitcairn, mais comme le projet de paradis bancaire (dont il avait été l’un des plus ardents promoteurs) est tombé à l’eau (suite à l’intervention des personnages), il se rabat vers son plan B, qui est de transférer ces lingots vers les coffres de la Hawaiian Savings Bank, à Honolulu (dont Auric A.G. est également l’actionnaire majoritaire), où il a déjà fait transférer d’autres lingots, venant de banques américaines. Une fois tout l’or arrivé à Hawaï, il passera à la seconde partie de son plan : il finance discrètement depuis des années un mouvement indépendantiste, qui devra alors lancer une insurrection visant à ce que l’État d’Hawaï fasse sécession du reste des États-Unis. Goldfinger ne se fait aucune illusion sur les chances de réussite d’une telle tentative, mais il compte que les indépendantistes créent suffisamment de chaos sur l’île d’O’ahu pour que l’on puisse croire, suite à une habile mise en scène, que les coffres de sa propre banque ont été pillés lors des émeutes (en réalité, en raison du temps nécessaire au transfert d’une telle quantité de lingots, et des risques que ferait peser sur lui une situation insurrectionnelle, il a en fait déjà procédé au plus gros de ce déplacement, et 500 tonnes d’or se trouvent actuellement dans les cales d’un navire ancré dans le port d’Honolulu).
En retirant du circuit une grande quantité de lingots, il compte faire monter le cours du métal précieux, et donc augmenter artificiellement la valeur de son trésor…
Comme ce plan n’a guère d’intérêt si Goldfinger doit payer au prix fort chaque lingot transféré vers ses propres banques, et comme une concentration aussi importante de lingots auprès d’une même banque attirerait immanquablement l’attention du monde de la finance, il a besoin d’informaticiens capables de faire réaliser ces flux tout en les camouflant aux systèmes informatiques des banques ainsi « siphonnées », qui croiront donc avoir conservé un stock de lingots supérieur à celui qui leur restera réellement. D’où l’organisation de l’enlèvement de Charles Crompton, considéré comme un petit génie de l’informatique financière, puis le recrutement d’Annabel Ling, dont le profil est comparable.

Que fait le FSB (successeur du KGB), en la personne d’Anya Amasova, aux côtés de Goldfinger ? La Russie soutient le projet de Goldfinger, car une baisse de l’or accompagnée d’une baisse des monnaies occidentales (dollar, euro et livre sterling) permettrait au rouble de mieux faire face aux sanctions économiques prises à son encontre dans le cadre de la crise ukrainienne. Le major Amasova est chargé d’apporter aux Entreprises Auric A.G. l’aide nécessaire.

Notes

Concernant le contexte géopolitique : ce scénario a été conçu en mars 2014 et rédigé en septembre 2014. Selon la période à laquelle il sera joué, quelques modifications de la situation internationale seront probablement nécessaires.

Il est probable que des joueurs connaisseurs de James Bond pensent à Goldfinger dès que sera mentionné le nom des Entreprises Auric A.G.. Cela ne devrait a priori pas les avantager pour la résolution du scénario.

Si employer des figures connues de l’univers bondien vous dérange, vous pouvez remplacer Auric Goldfinger par Arjan Silverstone, Auric A.G. par Arian A.G., et Anya Amasova par Natalya Nagorova.

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Défi 2014 : scénario n° 34, le tirage

Tirages :
Ce tirage n’a pas été fait sur le giannirateur, mais sur le générateur bondien.

Prégénérique :
Type de mission : conquérir (envahir / ravager / affronter / vaincre)
Pays / Ville : Effondrement page 198 : Pitcairn
Type de lieu : For Your Information, hors table : navire
Antagoniste : Urban Guerilla page 26 : leader of an active guerilla movement
Objectif : Illuminati page 128 : Gnomes of Zurich
Élément récurrent : Crime Scene – Police Investigation page 8 : a civilian with a police interest or skill

Acte I :
Type de mission initiale : défendre (protéger / aider / escorter)
Pays / Ville : Survivre page 159 : Antarctique
Type de lieu : Critical Locations page 62 : broadcasting station
Objectif : Martial Arts Adventures page 120 : children or teenagers
Antagoniste : The Compendium of Contemporary Weapons page 45 : Mauser
Type de mission : tromper (faire croire / trahir / mentir / tricher)
Antagoniste principal du scénario : Manuel du service Q page 89 : Goldfinger
Élément intéressant : Questions pour un Empire première édition page 15 : la Machine Computante et l’être Vivant Humain ont scellé un pacte définitif pour accomplir un projet fou

Acte II :
Pays / Ville : Les animaux de la toundra et des glaces page 39 : (Norvège)
Type de lieu : For Your Information : Government office
Antagoniste : Voodoo page 64 : a renegade Initiate suspected of practicing human sacrifice
Élément intéressant : Creatures of Middle-Earth page 45 : he himself taking the form of a Vampire

Acte III :
Pays / Ville : Homo disparitus page 171 : Houston
Type de lieu : Critical Locations page 57 : public high school
Antagoniste : Pour votre information page 72 : Anya Amasova
Élément intéressant : RuneQuest Cities page 8 : a watch patrol recognizes the player-character

Final :
Pays / Ville : Histoire du Japon et des Japonais ** page 226 : Honolulu
Type de lieu : For Your Information : aircraft
Antagoniste : Allegheny Uprising page 40 : militia
Élément intéressant : Berlin confidential page 28 : la naissance de multiples groupuscules beaucoup plus violents et déterminés va encore fissurer son organisation

Résultat :
Dans la séquence prégénérique, les PJ doivent affronter / vaincre les Gnomes de Zurich (ceux qui contrôlent les banques suisses) à Pitcairn. Ils seront gênés par le chef d’un mouvement de guérilla actif sur un navire. L’élément récurrent (faisant le lien avec l’acte I) sera un civil avec un intérêt ou des compétences policiers.
M leur confie alors la mission d’aller en Antarctique protéger / escorter des enfants ou adolescents. Les PJ seront gênés par un (ou plusieurs) Mauser dans une station d’émissions télé. Ils se découvriront alors une nouvelle mission : tromper Goldfinger. Un élément majeur du premier acte sera que l’ordinateur et l’être humain ont scellé un pacte définitif pour accomplir un projet fou.
Les PJ se rendront ensuite en Norvège, où ils seront gênés par un initié renégat soupçonné de pratiquer le sacrifice humain dans un bâtiment administratif. Ils subissent un revers et semblent en voie d’être défaits. Un élément majeur du second acte sera qu’il prend lui-même la forme d’un vampire.
Puis les PJ iront à Houston, où ils seront gênés par Anya Amasova dans un lycée public. Ils sont en position de reprendre le dessus. Un élément majeur du troisième acte sera qu’une patrouille de surveillance reconnait le PJ.
Enfin, les PJ iront à Honolulu, où ils seront gênés dans un avion par une milice. Ils viennent à bout de Goldfinger en déjouant son plan machiavélique, dans un temps limité. Un élément majeur du final sera que la naissance de multiples groupuscules beaucoup plus violents et déterminés va encore fissurer son organisation. (+ quarante)

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Pas à une minute près

Entendu tout à l’heure sur Transes Info :

Dans la prochaine demi-heure nous entendrons [tel sujet] : rendez-vous à 19h25. Il est 18h54

(la citation est peut-être approximative, mais les heures sont les bonnes)

Une demi-heure, chez moi, c’est trente minutes.
Or 18h54 + 30mn = 19h24 seulement…
Bref, le gars qui déblatère dans le poste y était presque.

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Défi 2014 : scénario n° 33, les commentaires

Ce tirage, le vingt-deuxième du défi, faisait partie de ceux que j’étais impatient de développer : j’étais assez content de mon lissage.
Pour le préparer, je me suis infligé une séance du film L’aube rouge, et j’ai fait quelques recherches sur le miracle on ice et les différents Hockey Halls of Fame (sans réussir à déterminer où précisément se trouve en réalité l’équipement de Jim Craig ; mais je n’ai pas cherché très longtemps cette info là, en fait). J’ai eu plus de mal à trouver des renseignements fiables sur l’organisation et l’armement des unités de l’armée rouge à l’époque, et j’ai fini par faire ma petite sauce à moi : après tout, on est dans une uchronie. J’ai aussi dû éplucher les catalogues de flingues de ma ludothèque pour proposer un éventail aussi varié que possible de sources fournissant les caractéristiques des armes soviétiques… Le résultat fait lourd, mais vu le boulot (le temps surtout) qu’il m’avait demandé, je ne voulais pas ne pas l’inclure.
Le bouclier de bronze du scénario n’est pas ce à quoi je pensais au départ : je voyais plutôt (mais sans rien avoir décidé, cependant) un grand Afro-Américain qui soulevait une plaque d’égout pour permettre aux persos de fuir par là.
C’est peut-être encore un de mes scénars souffrant du syndrome des grands voyages : le trajet réalisé par les persos n’est peut-être pas énorme, mais étant données les conditions dans lesquelles ils le font, ça représente quand même une sacrée expédition.

Accessoirement, je suis content de mon titre…

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Défi 2014 : scénario n° 33 : Hockey boys

Scénario pour contexte de type Red Tide.
Red Tide était le titre prévu pour le premier supplément du JDR Freedom Fighters, supplément qui n’est jamais paru. Dans Freedom Fighters, les PJ sont des résistants dans des États-Unis occupés (sans que la nature de l’occupant (envahisseur extérieur ou intérieur) soit précisé : il pouvait tout aussi bien s’agir des Soviétiques (le jeu date de 1986) que des Martiens de Wells, des Lézards de V, voire de la prise du pouvoir par une faction totalitaire (putsch, coup d’état survivaliste ou autre)). Bien entendu, Red Tide devait décrire une Amérique envahie par l’URSS. C’est ce type de cadre (qu’on retrouve dans d’autres JDR, comme The Price of Freedom (pour qui ce scénario aurait presque pu être écrit), ou dans des films comme L’aube rouge (1984)) qui sert de contexte au présent scénario.

Si vous êtes censés participer à ce scénario en tant que joueurs, ne lisez pas plus loin…

Nous sommes dans les années ’80 (entre 1981 et 1985, soit entre les derniers mois de l’ère Brejnev et la mort de Tchernenko). L’URSS, aidée en particulier par ses alliés cubains et nicaraguayens, a envahi les États-Unis (avec le renfort de quelques bombes atomiques et d’une cinquième colonne terroriste). Elle contrôle les points-clés et les grandes villes, mais il reste des résistants, en particulier dans les coins les plus reculés des Montagnes Rocheuses et au fond des déserts du sud-ouest du pays. Ceux qui sont pris sont soit exécutés sommairement, soit condamnés à l’un des goulags implantés sur le sol des États-Unis. À condition de prendre suffisamment de recul avec le contexte et de le prendre au second degré (voire plus loin encore), on peut voir tout ça comme une version romantique (idéalisée) et « dépassionnée » (sans nazis, sans Shoah, etc…), voire comique / soap opera (ce qui devrait être assez facile avec le présent scénario), de l’Occupation et de la Résistance. Toutefois, à l’exception du fil directeur volontairement humoristique (au moins vaguement), tout ceci a été écrit sur un ton sérieux.

La cellule des personnages (petit groupe autonome constitué des PJ et de quelques PNJ) fait partie d’une « compagnie » d’une vingtaine de résistants (organisés en trois cellules), située soit au Dakota du Nord, soit au Dakota du Sud, soit au Minnesota. Ils se cachent dans des repaires situés dans les collines ou les montagnes, et en descendent de temps en temps, par petits groupes ou en masse, pour frapper l’occupant quand une bonne occasion se présente, ou pour tenter de se procurer des choses qui leur font défaut et qu’ils ne peuvent pas produire eux-mêmes.

L’embuscade

Une colonne de véhicules militaires soviétiques a été repéré traversant la région et approchant de la zone dans laquelle opère la compagnie des personnages. Visiblement, ils vont la traverser en suivant la route qui passe en aval des hauteurs où se cachent les résistants. Ils sont isolés, sans appui aérien : voici une cible bien tentante pour nos patriotes, qui décident de leur tendre une embuscade.
Il s’agit d’une section d’infanterie motorisée, constituée de quarante hommes (dont le lieutenant qui la commande) et circulant à bord de trois véhicules blindés de transport de troupes BTR-70. Ils se croient en terrain conquis et pacifié et ne se méfient pas particulièrement (à moins que la cellule des personnages ait récemment commis des attentats dans le secteur).

Le BTR-70, décrit par exemple en page 14 du Soviet Combat Vehicle Handbook pour Twilight: 2000, est un véhicule de transport de troupes blindé et amphibie, équipé de deux mitrailleuses (une mitrailleuse KPV de 14,5 mm (Compendium of Contemporary Weapons p 106 ; The Armory Volume 1 p 63 ; More Guns p 32 ; High-Tech 1st edition p 122, 2nd edition p 123, 3rd edition p 119, 4th edition p 134 ; Opération triangle p 34) et une mitrailleuse PK de 7,62×54 mm), a un équipage de trois personnes (chef de véhicule, conducteur et tireur) et peut transporter huit passagers.
Outre l’armement des trois véhicules, les Soviétiques disposent des armes suivantes :
– un lance-grenades automatique de 30 mm AGS-17 (Compendium of Contemporary Weapons p 118 ; High-Tech 1st edition p 124, 2nd edition p 125, 3rd edition p 121, 4th edition p 142 ; Heavy Weapons Handbook p 21)
– un lance-missile sol-air SA-14 Gremlin (Heavy Weapons Handbook p 71)
– six lance-roquettes antichar RPG-16 (Heavy Weapons Handbook p 10)
– huit mitrailleuses PK (High-Tech 1st edition p 122, 2nd edition p 123, 3rd edition p 120, 4th edition p 135 ; Infantry Weapons of the World p 91 ; Delta Green p 292)
– trente fusils d’assaut Kalachnikov AK-74 (The Armory Volume 1 p 47/48 ; Compendium of Modern Firearms pp 95/96 ; More Guns p 28 ; High-Tech 1st edition p 116, 2nd edition p 118, 3rd edition p 114, 4th edition p 114 ; Special Ops 2nd edition p 100, 3rd edition p 115 ; Infantry Weapons of the World p 47 ; Ultramodern Firearms p 92, version D20 p 96 ; Mercenaires p 67 ; Delta Green p 289)
– un fusil de précision semi-automatique Dragunov SVD (Compendium of Contemporary Weapons p 76 ; The Armory Volume 1 p 47 ; Compendium of Modern Firearms p 119 ; More Guns p 27 ; High-Tech 4th edition p 116 ; Special Ops 1st edition pp 105/106, 2nd edition p 100, 3rd edition p 114 ; Infantry Weapons of the World p 75 ; Ultramodern Firearms p 104, version D20 p 110 ; Mercenaires p 64 ; Delta Green p 289) confié au tireur d’élite de la section
– un pistolet Makarov (Compendium of Contemporary Weapons p 56 ; The Armory Volume 1 p 13 ; More Guns p 19 ; High-Tech 4th edition p 100 ; Special Ops 1st edition p 104, 2nd edition p 98, 3rd edition p 113 ; Infantry Weapons of the World p 12 ; Ultramodern Firearms p 41, version D20 p 42 ; Trauma p 49 ; Opération aigle blanc p 18 ; Delta Green p 287) pour le lieutenant
– un assortiment de grenades offensives.
Si les personnages n’ont pas les moyens de percer le blindage des véhicules, remplacez les BTR-70 par deux camions de transport de troupes type GAZ-66 (Mercenaires p 88 ; à peu près équivalent en termes de caractéristiques au 2½-Ton Truck de Twilight: 2000 (2nd edition p 66)) et un véhicule léger tout-terrain UAZ-469 (Twilight: 2000 2nd edition p 65) ou UAZ-469B (Opération aigle blanc p 26) à bord de laquelle a pris place le lieutenant.

Les personnages (et le reste de leur compagnie !) peuvent monter une embuscade sur la route, par exemple dans une zone accidentée et forestière. Le combat sera sanglant. Si l’embuscade est bien montée, les Soviétiques seront anéantis, mais pas sans avoir fait des victimes parmi les patriotes. Pour les morts, il n’y a bien entendu plus rien à faire, mais pour ce qui est des blessés, il est capital qu’ils reçoivent rapidement les soins nécessaires. Or, si les blessures légères peuvent être pansées sur le terrain par un personnage compétent en la matière, l’un des PNJ de leur cellule, Jimmy Stark, a été plus gravement touché, et son état nécessite qu’il soit opéré, ce qui n’est pas possible avec les moyens dont disposent les résistants. Le capitaine Bill Johnson, qui commande la compagnie de résistants, leur ordonne donc de le descendre à la petite ville proche de Rockford (quelques milliers d’habitants), située au bas de l’autre versant de la colline depuis laquelle l’embuscade a été tendue, et où exerce un médecin, le docteur Don « Doc » Owens, qui accepte de soigner secrètement les patriotes (et aux services duquel les personnages ont d’ailleurs peut-être déjà eu recours).

Une visite chez le docteur

Stark a reçu une balle dans le ventre. Il souffre énormément, a perdu pas mal de sang, et est dans l’incapacité de se déplacer. Les personnages vont donc devoir le porter ou le brancarder.
La première partie du transport pourra se faire à travers bois : le principal problème sera alors le relief accidenté et le sol inégal, sources de secousses qui arrachent des gémissements (voire des cris de douleur) au blessé, et risquent, si elles sont trop brutales, trop fréquentes ou trop importantes, d’aggraver son état. Mais l’approche de Rockford devra se faire en terrain découvert, et avec Stark, les personnages ne passeront pas inaperçus s’ils ne prennent pas une foule de précautions (d’autant plus s’ils sont restés en tenue militaire ou paramilitaire et portent des armes bien visibles). La meilleure solution est peut-être de patienter jusqu’à la nuit pour se glisser en ville à la faveur de l’obscurité (du fait des restrictions et du couvre-feu, l’éclairage public s’éteint vers 21 heures (heure à laquelle les gens ne doivent plus sortir de chez eux), voire plus tôt, du moins quand il a été allumé…).
Les Soviétiques ont installé à Rockford un petit poste de police militaire, fort d’une dizaine d’hommes. La plupart ont autour de cinquante ans et ne sont plus des combattants vaillants et athlétiques, mais ils savent se servir de leurs armes et certains sont expérimentés. De nuit, ils font des patrouilles dans les rues à bord du pick-up de l’ancien shérif, repeinte avec une grande étoile rouge sur son capot. Et si la nouvelle de l’embuscade dans laquelle sont tombées un peu plus tôt les victimes des personnages leur est déjà parvenue, il est probable qu’ils soient particulièrement sur le qui-vive.
Outre la police, les personnages doivent se méfier des collabos : bien que tout le monde soit en principe fermé chez soi et que l’éclairage public soit éteint, ils pourraient quand même être repérés par quelqu’un regardant par sa fenêtre, qui pourrait avoir l’idée antipatriotique de téléphoner au poste de police pour donner l’alerte (évidemment, il n’est pas certain que le téléphone fonctionne à toute heure).
Enfin, un chien pourrait se mettre à aboyer sur leur passage (et d’autres chiens pourraient lui répondre), et attirer l’attention de son maître et du voisinage.
S’ils progressent furtivement et en prenant les précautions nécessaires, les personnages devraient parvenir au cabinet du docteur Owens sans autre problème que des sueurs froides.

Les résistants qui vont se faire soigner clandestinement de nuit chez Doc Owens viennent frapper à la porte arrière de sa maison. Son cabinet occupe une bonne partie du rez-de-chaussée, et lui dort à l’étage avec sa femme et ses deux enfants de neuf et douze ans.
Owens a le sommeil léger et les personnages entendront rapidement du mouvement à l’intérieur de la maison. Peu après, une voix (que ceux qui connaissent Doc reconnaitront comme étant la sienne) demandera doucement à travers la porte : « Qu’est ce que c’est ? »

Les personnages n’auront pas de difficulté à convaincre Owens de les laisser entrer chez lui. Il refermera rapidement la porte derrière eux, après avoir jeté un coup d’œil sur les alentours, et les fera vite avancer vers sa salle de consultation, où ils pourront déposer le malheureux Stark, blafard et à peine conscient.
Doc Owens est âgé d’une quarantaine d’années, grand, mince, avec une moustache poivre et sel et de petites lunettes rondes. Il examinera rapidement son patient (après avoir découpé ses vêtements avec une paire de gros ciseaux) et décrétera qu’il doit être opéré sans attendre. Cela se fera dans la salle voisine, destinée en principe à des chirurgies beaucoup moins lourdes. Doc demandera à un ou deux personnages de l’assister.

Doc procédera en silence à l’anesthésie et à la préparation du blessé, à moins que les personnages, trouvant l’ambiance trop lourde, n’essaient de lui faire la conversation, auquel cas il répondra laconiquement. Par contre, une fois qu’il se sera lui-même préparé et qu’il aura commencé à ouvrir le ventre de son patient, il se mettra à discuter tranquillement, comme s’il était en train de réaliser une tâche parfaitement banale… Il donnera ainsi aux résistants les dernières nouvelles et potins de Rockford et des environs. Entre autres banalités, il leur apprendra que les Soviétiques ont l’intention de monter une mise en scène dégradante avec l’équipement de Jim Craig, l’héroïque gardien de l’équipe de hockey sur glace américaine championne olympique à Lake Placid en 1980 (après avoir miraculeusement battu l’équipe soviétique 4-3, ce dont les personnages, en bons patriotes, se souviennent certainement fort bien : le match a tellement frappé les esprits qu’on en parle comme du miracle on ice (le miracle sur glace)). Cet équipement se trouve actuellement au United States Hockey Hall of Fame, à Eveleth.

Une fois l’opération finie (deux bonnes heures plus tard), alors que le blessé est encore sous anesthésie et qu’il reste encore à nettoyer la salle pour faire disparaître les traces de ce qui vient de s’y passer, Doc, en retirant ses gants en latex et en s’épongeant le front, demandera aux personnages de se charger du ménage. Tout en se lavant les mains, il déclarera que Jimmy a « des chances raisonnables » de s’en tirer, mais qu’il est pour l’instant intransportable autrement que sur une civière. Or il n’est pas question de le garder ici : si jamais il était découvert, Owens aurait de gros ennuis et la résistance locale devrait se trouver un nouveau médecin.
S’ils n’ont pas déjà fabriqué un brancard improvisé pour amener Stark à Rockford, les personnages vont devoir le faire maintenant, par exemple au moyen de deux perches longues et solides et d’une bonne toile (de la toile de tente ou de voile, par exemple). Doc n’a pas ce genre de choses chez lui, mais un petit raid dans les potagers et les appentis du voisinage devrait permettre de pallier ce problème, pendant que le blessé commence à se réveiller.
Évacuer Stark, encore dans le pâté, sur un brancard ne posera pas plus de problèmes qu’à l’aller ; mais il faudra faire vite, car les personnages doivent avoir regagné le couvert des bois avant l’aube.
Une fois en forêt, le retour jusqu’à la cache de la résistance se fera sans difficulté. Mais de nombreux bruits de moteurs seront audibles au loin : l’Armée Rouge réagit à l’embuscade de la veille (les personnages ne le sauront que plus tard, mais il va y avoir des représailles contre les populations civiles des villes de Clemens et Longholm, situées en amont et en aval de la route sur laquelle les soldats ont été attaqués).

La relique

Une fois Stark ramené en lieu sûr, les résistants vont certainement ruminer ce dont leur a parlé Doc Owens. Laisser les Soviétiques faire n’importe quoi de la tenue d’un héros national tel que Jim Craig serait dramatique pour le moral de la population. Les personnages vont donc probablement décider de se rendre à Eveleth pour y subtiliser l’équipement du gardien et le ramener en lieu sûr (s’ils ne prennent pas cette initiative, c’est Bill Johnson qui les chargera d’accomplir cette mission, une fois qu’ils lui auront appris la nouvelle parmi les informations rapportées de Rockford).

Eveleth, où se trouve le United States Hockey Hall of Fame est une petite ville minière du Minnesota (environ cinq mille habitants), près de Virginia, dans le Mesabi Range, au nord de Duluth. Selon l’endroit précis où se cachent les personnages, le voyage peut représenter une bonne trotte, au cours de laquelle il faudra éviter les patrouilles soviétiques et les collabos. Un voyage en voiture sera plus rapide et moins fatigant, mais il sera alors plus difficile de tenter de se dissimuler en urgence que si les résistants circulent à pied. La bicyclette peut constituer un bon compromis.

Le United States Hockey Hall of Fame est situé un peu à l’écart d’Eveleth, au nord-est de la ville, sur une route qui longe l’autoroute 53. Bien sûr, les personnages l’ignorent probablement (à moins qu’ils ne s’y soient déjà rendus) et vont devoir se renseigner auprès des autochtones… Il est actuellement fermé au public, les Soviétiques ne voulant pas qu’il puisse servir de lieu de ralliement pour l’esprit patriotique américain. Il devrait donc être assez facile aux résistants de s’y introduire discrètement, à la faveur de la nuit. Il leur faudra ensuite explorer le musée pour y trouver la panoplie de Jim Craig. Elle n’est plus exposée, mais a été reléguée dans une réserve par l’occupant.
(optionnellement, elle peut avoir été remplacée dans la salle d’exposition par une autre tenue, sans que la plaque explicative n’ait été modifiée ; en espérant que les personnages se rendent compte qu’il ne s’agit pas du bon équipement…)

Le bâtiment n’est pas désert, et les résistants finiront par être surpris par le veilleur, Marvin Jenkins, un Afro-américain massif d’une trentaine d’années portant un blouson de cuir rouge orné de clous et armé d’un imposant revolver Smith & Wesson Model 29, de calibre 44 magnum, dont il les braque en leur demandant « Qu’est ce que vous foutez là ? »
Si les personnages ne réagissent pas violemment, ils peuvent s’en faire un allié, car il a un compte personnel à régler avec les Soviétiques. C’est un ancien policier d’Eveleth (il porte toujours sur lui comme un talisman protecteur son insigne de cuivre, qu’il a réussi à conserver) démis de ses fonctions par l’occupant et réduit à travailler comme gardien pour vivre. La raison de son éviction, alors que ses collègues sont restés en poste, est à chercher du côté de ses antécédents : Marvin était un lutteur de haut niveau et il a battu à plusieurs reprises des lutteurs soviétiques (dans la catégorie des super-lourds (plus de 100 kg) en lutte libre) dans des compétitions internationales (son grand regret est de ne pas avoir pu le faire chez eux aux Jeux Olympiques de Moscou en 1980, à cause du boycott des Jeux par les Américains en protestation contre l’invasion soviétique en Afghanistan : il est persuadé qu’il aurait eu l’or à la place de Soslan Andiev). Si les résistants lui expliquent pourquoi ils sont venus voler la tenue de Craig, il peut les conduire à l’endroit où elle est entreposée, mais il leur demandera de monter une mise en scène (en le ligotant très classiquement sur une chaise par exemple) afin qu’il ne soit pas soupçonné de complicité.

Une fois les personnages en possession de la fameuse tenue (relativement encombrante à transporter, les gardiens au hockey sur glace portant une véritable armure), reste à savoir ce qu’ils comptent en faire : vont ils la ramener chez eux, la cacher quelque part, la confier à quelqu’un ?
Quoi qu’il en soit, le vol sera plus ou moins rapidement découvert par un agent du KGB, venu lui aussi chercher la fameuse tenue pour qu’elle serve à cette fameuse mascarade, et la police se lancera sur la piste des cambrioleurs pour la leur reprendre. Selon les précautions prises par les résistants, leur piste sera plus ou moins facile à découvrir et à remonter.

En approchant de leur maquis, les personnages devront se montrer de plus en plus prudents. Depuis l’embuscade à laquelle ils ont participé, la région grouille de soldats qui la ratissent avec l’aide d’inspecteurs du KGB. De plus, des postes de contrôle ont été mis en place sur plusieurs accès routiers, avec fouille systématique (et approfondie) des véhicules et des personnes, quel que soit le sens dans lequel ils circulent, comme les résistants pourront s’en rendre compte s’ils observent de loin. Il n’y a aucune chance pour qu’ils réussissent à franchir un tel contrôle avec leurs armes et la tenue de Craig.

Bien entendu, ils peuvent essayer de passer, après avoir dissimulé dans une cache ou enterré la fameuse tenue et tout ce qui risquerait de les compromettre, tout en espérant pouvoir le récupérer plus tard. Les policiers s’intéresseront de près à leurs papiers et les cuisineront pour savoir d’où ils viennent et où ils vont, mais s’ils n’ont rien sur eux qui les rende suspects, on les laissera passer.
Il est également possible de pénétrer discrètement dans la zone, sans suivre les routes goudronnées et en évitant les patrouilles.

Marée rouge

Mais les ennuis seront loin de s’arrêter là : car s’ils tentent de rejoindre leurs compagnons dans le maquis, les personnages se retrouveront tôt ou tard sur une colline au sommet boisé et dont la base est encerclée par un cordon de troupes qui commencent à monter… Il n’est d’ailleurs pas certain qu’ils soient la cible d’un tel déploiement de forces de la part de l’armée rouge et du KGB : d’autres résistants se retrouvent piégés dans la même nasse… Les personnages y retrouvent le reste de leur compagnie, toujours sous les ordres du capitaine Johnson.

La situation est désespérée. Dire que les personnages ont fait tous ces efforts pour que la tenue de Jim Craig retombe entre les griffes de l’occupant ! Pour éviter cela, la seule solution est désormais de la détruire, ce qui est facile à réaliser (même si les résistants le feront probablement la mort dans l’âme). S’ils ont rejoint Bill Johnson et lui ont annoncé qu’ils avaient la fameuse panoplie, c’est le capitaine lui-même qui, devant les circonstances, leur donnera l’ordre de destruction.

Les Soviétiques resserrent peu à peu leur étau sur le réduit boisé où se dissimulent les combattants de la liberté. Les personnages et certains de leurs compagnons peuvent quand même s’en tirer miraculeusement : par exemple, en concentrant toutes leurs forces pour faire une sortie au niveau d’un point jugé plus faible dans leur encerclement (mais s’ils y parviennent, ils seront poursuivis), en réussissant à se dissimuler (l’un dans un arbre mort dont le tronc est creux ; un autre dans un trou creusé par un animal, agrandi à la hâte et recouvert de feuilles mortes ; etc…), ou encore en mettant le feu au bois et en espérant que le vent pousse les flammes vers les ennemis et crée suffisamment de confusion dans leur dispositif pour permettre à certains des acculés de s’esquiver discrètement. À moins qu’une grosse opération de la résistance soit organisée pour briser l’encerclement de l’extérieur et sauver ce qui reste de la compagnie Johnson…

Épilogue

Ceux qui s’en tireront, s’il y en a, seront impitoyablement traqués par l’armée rouge ; mais ceci sera une autre histoire…

Note : dans notre histoire, Jim Craig n’est entré dans l’United States Hockey Hall of Fame qu’en 2003, en même temps que toute l’équipe olympique américaine de 1980. Sa tenue ne s’y trouve pas, puisqu’elle est exposée dans un Hockey Hall of Fame canadien.

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Défi 2014 : scénario n° 33, le tirage

Tirages :
Commanditaire : Space 4th edition page 6 : « Doc »
Destination : Space Atlas 4 page 37 : summer palace
Action : détruire (tuer)
Objectif : 101 Religions page 26 : a great warrior’s equipment
Motivation : altruisme (serviabilité, compassion, bonté, etc…)
Antagoniste : Monster Hunters 4 : Sidekicks page 15 : forensic scientist
Théâtre : Magic Items 3 page 98 : une colline boisée
Élément intéressant : Deities & Demigods page 102 : a massive dark-skinned man with red studded leather carrying a bronze shield
Quarante.

Résultat :
« Doc » amène les PJ à se rendre au palais d’été pour y détruire l’équipement d’un grand guerrier. Motivés par l’altruisme, les PJ seront gênés par un policier scientifique sur une colline boisée. Un élément majeur du scénario sera un homme massif à la peau sombre en cuir clouté rouge portant un bouclier de bronze. (+ quarante)

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