Kro en résumé : Le voyage de Haviland Tuf

Le voyage de Haviland Tuf
George R. R. Martin
J’ai lu n° 9043
ISBN : 978-2-290-01097-6
© Les Éditions Mnémos 2006
V.O. : Tuf Voyaging, © George R. R. Martin 1986
446 pages

Recueil de nouvelles de space opera, mettant en scène un dénommé Haviland TufvoyagehavilandtufC’est pour vous situer les choses du space opera à la Mike Resnick, ou à la Jack Vance mais en plus technologique. Tuf est à la base un marchand interstellaire indépendant, possédant un petit vaisseau spatial (et deux chats). Recruté comme chauffeur et moyen de transport interstellaire par une bande de cinq aventuriers, il se retrouve finalement seul maître à bord d’un très ancien vaisseau de guerre biologique long de trente kilomètres, et décide de se reconvertir en ingénieur écologiste (pour éviter les confusions, regrettables mais de plus en plus fréquentes, avec la mouvance politique qu’on qualifie d' »écologie », le traducteur (Alain Robert) parle d’écologue) et de proposer ses services (moyennant finances, évidemment) aux mondes qui en ont besoin.
Tuf ne paie pas de mine (bien qu’il soit très grand) : c’est un bonhomme effacé, ventru et chauve, toujours flegmatique, obnubilé par ses chats, prenant tout (ou feignant de tout prendre) au pied de la lettre, et que la plupart des gens sous-estiment et croient inoffensif, naïf et sans compétence particulière. Et il passe son temps à les décevoir sur ce plan, sans jamais se départir de son calme…

Tout ça a beau parler d’écologie, on n’est pas dans la hard science biologique d’un Greg Bear dans L’échelle de Darwin, plutôt dans celle d’un Greg Bear dans Héritage, et encore : ça ne va jamais très loin dans les explications / justifications.

Ce n’est pas de la grande SF pleine d’inventions scientifiques et techniques, ce n’est pas de la SF flamboyante pleine d’action et d’exotisme, mais c’est une lecture fort sympathique. J’ai bien aimé.

À noter qu’il est à un moment question de créatures « dotées de pouvoirs psychiques redoutables » nommées githyanki (comme la créature emblématique du Fiend Folio) : un rappel de plus de ce que Martin est un rôludion…

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3 réponses à Kro en résumé : Le voyage de Haviland Tuf

  1. Phersu dit :

    La relation avec les Githyanki est aussi assez directe : c’est GRR Martin qui les a créés dès 1977 dans Dying of the Light. Charles Stross (qui n’était encore qu’un jeune fan écossais de 15 ans) en fait les créatures d’AD&D pour White Dwarf n°12, avril 1979 et ils deviennent une espèce humanoïde psi (alors que les Githyanki chez GRR Martin avaient l’air d’être plutôt des vampires psychiques non-intelligents qui servaient une autre espèce – je me demande si Martin s’inspirait des Grogs de Larry Niven, qui sont issus des Thrintuns).

    Le livre de Martin de 1986 est dans le même univers que celui de 1977 et comprend plusieurs nouvelles écrites de 1976 à 1985. GRR Martin ignorait peut-être encore que « ses » Githyanki avaient eu une seconde vie dans AD&D.

    Je me demande s’il connaissait le cycle Daedalus (1976-1979) de Brian Stableford, une sorte de Star Trek où le vaisseau est aussi composé d’écologues qui affrontent à chaque fois un problème sur l’écosystème d’une planète.

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