Googlebooks avait été présenté comme quelque chose d’extraordinaire, une chance unique pour tout un chacun d’accéder aux moindres recoins des rayons des bibliothèques du monde entier et de pouvoir consulter des ouvrages introuvables.
Ouais.
Sur le principe, je suis assez d’accord, c’est une bonne idée.
Mais sur la réalisation par contre, ça pèche, et plus qu’un peu.
Ainsi, on m’a récemment indiqué un ouvrage numérisé par Googlebooks et susceptible de m’intéresser.
Je vais voir, je télécharge le fichier, je commence à le feuilleter, c’est vrai que l’ouvrage a l’air intéressant. Trrrès intéressant.
Quel dommage que pas mal de pages aient leur texte systématiquement amputé de plus d’un centimètre de large côté reliure ! Ce qui rend l’ouvrage illisible en dehors des pages numérisées proprement.
Bref, du travail de sagouin.
Mais le problème, c’est qu’un jour, un conservateur de bibliothèque va faire l’inventaire de son fonds, le comparer avec celui proposé par Googlebooks, se rendre compte que ce titre précis y figure et décider de bazarder la version papier, à ses yeux obsolète, pour gagner de la place.
Et c’est comme ça qu’un jour, plus tard encore, on se rendra peut-être compte (si notre espèce survit suffisamment longtemps) qu’on a perdu des pans entiers de la littérature et du savoir humains, les croyant pourtant précieusement archivés pour toujours dans les méandres du réseau…
Don’t judge a book by its cover, disent les Anglais. Ils peuvent ajouter : Don’t judge Googlebooks by its catalog…
Heureusement en ce qui me concerne que l’ouvrage ancien en question a été réédité il y a quelques temps : je l’ai trouvé si intéressant que je viens de m’en commander un exemplaire papier…
