À brûle-pourpoint, ça ne m’inspire pas grand-chose. Le premier truc auquel j’ai pensé, c’est la noblesse dans l’OTU, qui jouit certes de privilèges, mais finalement pas plus que d’autres castes de parasites sociaux dans d’autres contextes de JdR. Alors je vais plutôt élargir le cadre et évoquer la série de vidéos sur « comment décoloniser le JdR ? » (ou un titre du genre ; je n’ai pas les vidéos sous la souris, mais il y en a eu deux jusqu’à présent), dont les intervenants, pour certains « racisés », font bien prendre conscience qu’être un mec blanc « de souche » cis-hét CSP+ est un privilège dont, justement, on n’est pas réellement conscient.
Supplément pour Rikki-Tikki-Traveller 2 visant à y recréer l’ambiance des films américains mettant en scène des routiers (à l’époque de la C.B.) ayant souvent des démêlés avec la police
Il décrit un amas de dix systèmes stellaires situé au-delà de la frontière centrifuge de la Confédération Solomanie, dont le niveau technologique est relativement bas (9) et où beaucoup du transport de marchandises est assuré par des truckers, en concurrence avec une grosse entreprise très puissante (et très riche, au moins pour l’amas). Tout ça joue ouvertement sur la « mythologie » des camionneurs, leur argot, leur mode de vie, etc… ; jusque dans les illustrations. Outre la description de l’amas, il y a des règles (en particulier sur les déplacements spatiaux), des infos sur le mode de vie des truckers, des engins spatiaux, et une campagne d’assez grande envergure pour des persos voulant devenir truckers (à bord d’un engin dans un état plutôt lamentable). Personnellement, j’estime qu’avoir placé ça dans un amas était une erreur : ça ne change pas vraiment de la situation « normale » de Traveller avec des transports par petits vaisseaux genre Beowulf, et le côté truckers qu’on vient nous coller ici fait caricatural, quelque part entre le lourdingue et le loufoque. Il aurait été préférable de situer le supplément dans un unique système stellaire (isolé et paumé), où les truckers, à bord d’engins incapables de saut (donc de quitter le système), auraient assuré les liaisons entre les multiples astres (planètes, astéroïdes, stations spatiales…) de façon beaucoup plus crédible et cohérente. On aurait également pu ainsi retrouver une ambiance à la Firefly. Tel qu’il est écrit, Cluster Truck a le cul entre deux chaises, mais il me semble aisé de corriger ça. Mon conseil serait donc de virer le contexte interstellaire décrit, de le remplacer par un système stellaire unique (ce qui nécessitera d’adapter légèrement la campagne, mais ça ne devrait pas poser de gros problèmes), de situer ça ailleurs que dans l’OTU, et de pouvoir ainsi jouer tranquillement à fond sur les clichés camionneurs et l’ambiance à la Firefly.
Ça m’a fait penser aux trois volumes du Book of Drastic Resolutions, des ouvrages gloranthiens publiés par Stephen Martin dans la deuxième moitié des années ’90.
Roman post-cataclysmique (à ne pas confondre avec Le sanctuaire)
Là aussi, ça raconte l’histoire d’un ultrariche qui a senti venir la Ruine et a fait aménager un ancien silo de missile nucléaire dans les Rocheuses pour s’y réfugier, en compagnie de sa femme, de leurs deux enfants, et d’un peu de personnel (bonne à tout faire, médecin personnel, personnel technique pour gérer le bon fonctionnement de l’abri et équipe de sécurité aguerrie et bien armée). C’est un homme d’affaires avec de fortes connexions politiques, et il est persuadé que quand tout ça sera passé, il ressortira tranquillement de son trou pour jouer un rôle essentiel dans le nouveau gouvernement des États-Unis. Tandis qu’ils sont bien à l’abri dans leur bunker, le reste de la population crève de faim et s’entre-tue pour essayer de survivre au jour le jour. Un petit groupe de survivants, comprenant deux personnes connaissant l’existence du bunker et de ses réserves abonfantes), tente de mettre la main sur une partie des abondantes réserves qui s’y trouvent ; mais bien entendu, il est hors de question pour l’ultrariche de partager avec eux…
C’est vite lu, ça se finit plutôt mal, et j’ai trouvé ça meilleur que le précédent bouquin.
Ça raconte la vie d’une famille de quatre personnes qui s’est réfugiée sur une île déserte pendant la Ruine. Le père, un richissime homme d’affaires, a acheté cette petite île inhabitée de l’Atlantique Nord à environ 600 km des côtes africaines, y a fait construire une maison, l’a fait équiper avec tout le confort moderne, des stocks de bouffe, médicaments et autres impressionnants, un système informatique avec un catalogue encore plus impressionnant de films, disques et autres e-books, et s’y est fait déposer avec sa femme, leurs deux enfants, et un couple de domestiques. Le père croyait avoir tout prévu pour faire face à cet effondrement dans son refuge insulaire et secret. Tout, sauf les relations avec les autres personnes réfugiées avec lui : sa propre famille, et le couple de domestiques qui finissent par refuser d’être considérés comme des larbins corvéables à merci. Et sauf la panne de leur système informatique, les privant du jour au lendemain de tout son contenu. Bref, les quatre membres de la famille ont tous développé un grain (à des degrés divers), et la panne informatique ne fait rien pour arranger les choses.
C’est vite lu, c’est relativement bien vu comme post-cata, mais finalement c’est juste moyen : c’est du post-cata sans espoir, c’est un peu trop « réaliste » à mon propre goût vue la vitesse à laquelle notre propre monde court au cataclysme. Pour montrer comment quelqu’un qui croyait avoir tout prévu n’était finalement pas si bien préparé que ça, c’est plus intéressant. Et évidemment, on peut aussi le lire comme le récit d’une déconnexion entre les ultrariches et les réalités de la vie et du monde qui les entoure.
Inspiré par le commentaire matinal d'[Alt+Fred], je me suis dit qu’il aurait ptêt été intéressant, puisque le RPGaDay de cette année n’est guère inspirant, de faire comme lui : penser en dehors du cadre, tordre les mots proposés et répondre aux nouvelles « questions » ainsi obtenues. Pas sûr que je trouve le temps de faire cette deuxième tournée, cependant. Mais je garde l’idée sous le coude…
Ça m’évoque en premier lieu Non merci. Mais si on veut en rester à l’orthographe (et au sens) anglaise, je pourrais par exemple mentionner le scénario Mercy Mission pour Traveller, paru dans White Dwarf n° 82 (celui qui contenait en encart un aperçu du (alors) futur Warhammer Fantasy Roleplay, dont il reprenait l’illustration de couverture).