4×4

À de rares exceptions près (je pense en particulier à Twilight: 2000), les gammes de JdR n’ont qu’un seul supplément catalogue de véhicules (vaisseaux spatiaux exceptés).

Ce n’est pas le cas de Rikki-Tikki-Traveller, qui a sorti coup sur coup deux suppléments sur le sujet : Civilian Vehicles pour les véhicules civils, et Military Vehicles pour… les véhicules militaires.

Sur le papier, ça pouvait sembler être une bonne idée. Mais à la lecture, tout ceci sent très nettement le supplément initialement prévu pour être unique et artificiellement coupé en deux, histoire de vendre au passage deux fois plus de bouquins.

Car la plupart des amateurs se procureront les deux ouvrages, afin d’avoir à leur disposition un éventail décent de véhicules variés.

Ce qui leur permettra également d’avoir en double les règles de création de véhicules. Ils n’ont même pas fait l’effort de présenter deux exemples différents d’utilisation de ces règles, c’est le même dans chacun des deux bouquins !

Non, franchement, la scission n’était pas justifiée, autrement que sur un plan purement commercial.
Un travers assez courant dans la gamme, si l’on considère la tripotée de bouquins « classe de perso » qu’elle comprend (et qui pour leur part tournent parfois au pur remplissage).

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Gros nez blanc

Les chauves-souris de l’est des États-Unis sont actuellement décimées par une mystérieuse maladie baptisée syndrome du nez blanc (ou du museau blanc ; en anglais white nose syndrome).

L’agent infectieux en cause semble être un champignon, Geomyces destructans, auquel les chauves-souris européennes seraient peut-être immunisées, mais beaucoup d’incertitudes subsistent.

La situation des populations de la côte est semble en tous cas fortement préoccupante.

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La phrase qui tue

Cette semaine, je boucle les entretiens d’évaluation de mon équipe.

Comme il s’agit d’entretiens confidentiels, et comme je n’ai pas de bureau séparé du reste de nos locaux (il y a bien un paravent pour couper un peu la salle, mais côté insonorisation, vous repasserez), on se fait prêter l’infirmerie de l’usine. Ce qui au passage amuse beaucoup, car le local en question contient un lit, et vous savez que mon équipe est aux deux-tiers féminine…

Malheureusement, vendredi matin, où je devais faire passer le dernier entretien, il y aura visite médicale : donc l’infirmerie ne sera plus disponible à partir de 8h30.
Comme ni la collègue concernée, ni moi, n’avons particulièrement envie de venir spécialement plus tôt juste pour le plaisir de cet entretien, nous discutions tout à l’heure pour trouver un autre créneau, ainsi que pour préciser quelques détails de la préparation dudit entretien.

Et tout à coup, ma collègue s’exclame : « Mais je vais me faire baiser ? ! ! »

Là, j’ai éclaté de rire, nié farouchement, et répliqué du tac au tac : « Faut pas prendre tes désirs pour des réalités ! »

En fait, elle parlait de ses objectifs fixés pour l’année dernière, qu’elle n’avait pas pu remplir suite à des changements en cours d’année, et dont elle craignait que ça la pénalise.

Mais c’est la façon de me sortir ça, après tous les sous-entendus graveleux que j’entends ces derniers jours à chaque fois que je vais m’isoler avec une collègue pour ces entretiens, qui a fait que je ne pouvais pas laisser passer une telle exclamation sans réagir.

En tous cas, ça nous aura bien fait rire !

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Jusqu’à la dernière goutte

Les raffineries Total sont en grève, et on nous fait miroiter le spectre d’une pénurie d’essence.

Ce matin avant de commencer le boulot, l’une de mes collègues a donc voulu faire son plein à la pompe de la supérette d’à côté, « au cas où ».

Évidemment, aux heures auxquelles on commence, elle ne pouvait que passer au 24/24 automatique, avec sa carte bleue.

Automate avec lequel elle a vaillamment réussi à retirer pour 3 centimes de coco avant de mettre la pompe à sec : nos concitoyens apeurés avaient dû se bousculer pendant toute la nuit pour ravitailler en urgence.

Mais cet aprème en sortant du boulot, y avait la queue aux pompes, preuve d’une part que la psychose n’est pas retombée, mais aussi que du carburant, il en arrive bien jusqu’ici pour l’instant.

Les raffineries Total sont en grève, et on nous fait miroiter le spectre d’une pénurie d’essence.

Ce matin avant de commencer le boulot, l’une de mes collègues a donc voulu faire son plein à la pompe de la supérette d’à côté, « au cas où ».

Évidemment, aux heures auxquelles on commence, elle ne pouvait que passer au 24/24 automatique, avec sa carte bleue.

Automate avec lequel elle a vaillamment réussi à retirer pour 3 centimes de coco avant de mettre la pompe à sec : nos concitoyens apeurés avaient dû se bousculer pendant toute la nuit pour ravitailler en urgence.

Mais cet aprème en sortant du boulot, y avait la queue aux pompes, preuve d’une part que la psychose n’est pas retombée, mais aussi que du carburant, il en arrive bien jusqu’ici pour l’instant.

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Pavis, c’est fini, je ne crois pas que j’y retournerai un jour

Il y a bientôt un an, une vague fréquentation internaute m’a posé cette question :

Avec indiscrétion, qu’est-ce qui t’a fait quitter Glorantha ?

Et ça faisait d’ailleurs un peu plus longtemps encore que je voulais rassembler mes idées à ce sujet, pour répondre clairement à cette question. Je l’avais d’ailleurs déjà évoqué ici-même.

La prise de conscience s’est faite à l’occasion d’une discussion avec un pote début 2008, devant un bon couscous. C’est à ce moment là que j’ai réalisé que, malgré tout le bien que j’avais pu penser (et dire) de Glorantha pendant plus d’une vingtaine d’années, ce contexte ne me plaisait plus.

Pourquoi ?
Deux raisons principales à cela :

– d’une part, je me sens de plus en plus à l’étroit dans les contextes hyper-détaillés. Surtout sur le long terme : or, Glorantha et moi, ça durait quand même depuis deux bonnes décennies.
C’est assez paradoxal, car comme vous le savez, j’aime bien le détail et la précision, et j’ai tendance à reprocher à certains univers de ne pas être assez fouillés.
Mais quand c’est pour utiliser en JdR, je me rends compte que ça finit par me brider plus qu’autre chose.

– d’autre part, j’en ai ma claque du gregging, cette manie qu’a Greg Stafford, le créateur de Glorantha, de toujours revenir sur sa création pour modifier des choses auparavant définies sous une forme et qui étaient de ce fait considérées comme « fixées ».

Pour développer un peu plus :

Tout a commencé sans doute avec l’overdose de détails atteinte depuis le début des années 2000 et la renaissance de Glorantha sous l’étiquette de la gamme HeroWars.
Auparavant et pendant de longues années (une dizaine en ce qui me concerne, puisque je ne me suis penché sur la gamme HeroWars qu’en 2003, soit dix ans après la parution de Dorastor, Land of Doom, et neuf ans après celles de Lords of Terror et Strangers in Prax, pour RuneQuest III), rien ou presque de nouveau n’avait été publié officiellement sur Glorantha. Certes, la flamme était maintenue allumée (et avec talent) par le fandom, avec Tales of the Reaching Moon d’abord, puis d’autres fanzines et divers sites internet.
Pendant cette période d’une dizaine d’années, j’avais pu m’imprégner de la substance gloranthienne jusqu’à en acquérir une connaissance semi-encyclopédique. Le monde était décrit, incomplètement certes, mais il y avait de quoi faire, de quoi développer soi-même aussi, et s’il existait déjà quelques incohérences dues au gregging, celles-ci étaient relativement limitées. Et surtout, les choses ne bougeaient plus : comme rien de nouveau ou presque ne sortait avec une étiquette officielle, Glorantha était stable.

Et sur cette assise stable, chacun pouvait bâtir à sa guise. Ce dont je ne me suis pas privé pendant dix ans.

Avec le réveil gloranthien provoqué par HeroWars, sont arrivées des pelletées de nouvelles informations. Certaines s’intégraient aisément dans le schéma préexistant, sans le bouleverser ; mais lorsqu’on s’est avisé de vouloir nous décrire par le menu les us et coutumes des habitants de Sartar, et tout particulièrement leur religion, ce n’était plus la même chose : il s’agissait d’une région explorée de fond en comble par les amateurs, et non seulement ces nouvelles précisions étaient souvent incompatibles avec ce que chacun avait développé dans son coin pour combler les zones d’ombre de la description du contexte, mais elles allaient parfois à l’encontre de ce qui avait déjà été publié officiellement auparavant !
Certes, le phénomène existait déjà, mais il était jusqu’alors limité, tant en visibilité (puisqu’il fallait se farcir par le menu d’obscurs works in progress pour déceler ces greggings) qu’en importance. Ajouter brutalement un dieu solaire au panthéon orlanthi, qui avait toujours existé bien qu’on n’en ait jamais entendu parler en dix ou douze ans de campagne, ça nécessitait une bonne dose de bonne volonté de la part de tout le monde, mais enfin, ça s’était fait. Même chose pour la déesse qui incarnait désormais les aspects féminins jusqu’alors attribués à Orlanth lui-même. Mais ç’aurait été sage de s’arrêter là.
Au lieu de ça, Stafford et sa bande ont continué sur leur lancée et fait fortement empirer les choses (d’autant que les conceptions mystico-religieuses de l’auteur devenaient de plus en plus fumées, ou fumeuses).

Entre le gregging, qui, rendant Glorantha changeante, fluctuante, incertaine, instable (et donc, non fiable), sapait les fondations sur lesquelles j’avais (comme les autres) patiemment bâti, et ma connaissance du contexte, et mes développements personnels, et les autres détails, compatibles avec ce qui existait précédemment, mais pas forcément avec ma conception des choses et ce que j’avais moi-même imaginé, et s’agissant des aspects « spirituels » du contexte, de moins en moins à mon goût (doux euphémisme), j’avais de plus en plus le sentiment d’avoir de moins en moins de liberté dans Glorantha. D’être bridé par les nouveaux suppléments qui sortaient, canalisé dans une direction dans laquelle je ne voulais pas aller, dans laquelle je ne reconnaissais plus la Glorantha des vieux suppléments RQ II et RQ III.

Je crois que ce qui m’a achevé, c’est le coup des Orlanthi volants, venant après la démesure du mont Kero Fin, sommet apparu « brutalement » (pour le lecteur de longue date, pas pour les autochtones) au sein des monts Quivin et s’élevant à treize kilomètres d’altitude dans une chaîne de type hercynien ressemblant plutôt au Massif Central ou aux Highlands d’Écosse.

Accessoirement, a également contribué à ma sensation de malaise grandissante la vraiment sale gueule des suppléments Mongoose, qui ne donnait vraiment pas envie, ni de les lire, ni de jouer dans le monde qu’ils décrivaient (ou dans son avenir, puisque la Glorantha développée dans le RuneQuest Mongoose est celle du Second Âge).

Peut-être me rétorquera t-on que tout ceci constitue de faux problèmes, et que je peux faire ce que je veux chez moi avec MA Glorantha.

Certes.

Sauf que persiste un sentiment diffus de gêne (et de rejet) lié au fait de savoir pertinemment qu’on entre en conflit avec le canon.
Sauf que diverger rend délicat, voire parfois impossible, l’exploitation de certaines publications officielles, ou tout au moins conformes au canon.
Sauf que si c’est pour diverger, autant me rabattre sur un univers de ma création, où je serai le seul maître à bord et où personne ne pourra, ni me dire que je ne me conforme pas à l’orthodoxie du contexte, ni brider mon imagination et ma liberté en sortant une extension qui décrira tel ou tel aspect que j’envisageais différemment.

Ces considérations valent pour Glorantha, mais aussi en partie (celles sur les univers hyper-détaillés ; le gregging restant heureusement une spécificité gloranthienne) d’autres contextes fouillés, à commencer par tout ce qui est historique. C’est plus marquant pour Glorantha, tout simplement parce que c’est un contexte dans lequel j’ai beaucoup pratiqué, d’un côté comme de l’autre de l’écran.

Et donc, paradoxalement, j’en reviens de plus en plus à des univers peu développés par leurs gammes officielles (enfin, quand je dis « peu », c’est en proportion de la taille du contexte : l’Official Traveller Universe, dont je vous parle souvent et que je pratique couramment, est certes développé depuis plus de trente ans au fil de tas de suppléments, mais ramené à son échelle interstellaire, il tendrait plutôt au contexte insuffisamment développé), ou à des créations personnelles, alors que j’ai de moins en moins de temps à consacrer à la création personnelle, justement.

Ceci étant dit… ne prenez pas forcément mon titre au premier degré.
Pour en revenir à la formulation de la question initiale, je n’ai pas quitté Glorantha : les bouquins et revues à lire continuent à s’entasser, et je suis moins assidu à me les procurer (il m’en manque d’ailleurs quelques-uns, mais un jour faudra que je comble mes lacunes), mais je suis quand même, avec un grand recul, ce qui sort.
Et un jour, je finirai peut-être l’écriture de la grande campagne prélude à la Guerre des Héros, commencée il y a presque douze ans avec Greg (pas Stafford, l’autre) et jamais achevée…

Pavis, c’est fini, je ne crois pas que j’y retournerai un jour

Il y a bientôt un an, une vague fréquentation internaute m’a posé cette question :

Avec indiscrétion, qu’est-ce qui t’a fait quitter Glorantha ?

Et ça faisait d’ailleurs un peu plus longtemps encore que je voulais rassembler mes idées à ce sujet, pour répondre clairement à cette question. Je l’avais d’ailleurs déjà évoqué < http://blogs.bl0rg.net/imaginos/2009/08/07/ladieu-aux-plaines-de-prax/ > ici-même.

La prise de conscience s’est faite à l’occasion d’une discussion avec un ami début 2008, devant un bon couscous. C’est à ce moment là que j’ai réalisé que, malgré tout le bien que j’avais pu penser (et dire) de Glorantha pendant plus d’une vingtaine d’années, ce contexte ne me plaisait plus.

Pourquoi ?

Deux raisons principales à cela :

– d’une part, je me sens de plus en plus à l’étroit dans les contextes hyper-détaillés. Surtout sur le long terme : or, Glorantha et moi, ça durait quand même depuis deux bonnes décennies.

C’est assez paradoxal, car comme vous le savez, j’aime bien le détail et la précision, et j’ai tendance à reprocher à certains univers de ne pas être assez fouillés.

Mais quand c’est pour utiliser en JdR, je me rends compte que ça finit par me brider plus qu’autre chose.

– d’autre part, j’en ai ma claque du gregging, cette manie qu’a Greg Stafford, le créateur de Glorantha, de toujours revenir sur sa création pour modifier des choses auparavant définies sous une forme et qui étaient de ce fait considérées comme « fixées ».

Pour développer un peu plus :

Tout a commencé sans doute avec l’overdose de détails atteinte depuis le début des années 2000 et la renaissance de Glorantha sous l’étiquette de la gamme HeroWars.

Auparavant et pendant de longues années (une dizaine en ce qui me concerne, puisque je ne me suis penché sur la gamme HeroWars qu’en 2003, soit dix ans après la parution de Dorastor, Land of Doom, et neuf ans après celles de Lords of Terror et Strangers in Prax, pour RuneQuest III), rien ou presque de nouveau n’avait été publié officiellement sur Glorantha. Certes, la flamme était maintenue allumée (et avec talent) par le fandom, avec Tales of the Reaching Moon d’abord, puis d’autres fanzines et divers sites internet.

Pendant cette période d’une dizaine d’années, j’avais pu m’imprégner de la substance gloranthienne jusqu’à en acquérir une connaissance semi-encyclopédique. Le monde était décrit, incomplètement certes, mais il y avait de quoi faire, de quoi développer soi-même aussi, et s’il existait déjà quelques incohérences dues au gregging, celles-ci étaient relativement limitées. Et surtout, les choses ne bougeaient plus : comme rien de nouveau ou presque ne sortait avec une étiquette officielle, Glorantha était stable.

Et sur cette assise stable, chacun pouvait bâtir à sa guise. Ce dont je ne me suis pas privé pendant dix ans.

Avec le réveil gloranthien provoqué par HeroWars, sont arrivées des pelletées de nouvelles informations. Certaines s’intégraient aisément dans le schéma préexistant, sans le bouleverser ; mais lorsqu’on s’est avisé de vouloir nous décrire par le menu les us et coutumes des habitants de Sartar, et tout particulièrement leur religion, ce n’était plus la même chose : il s’agissait d’une région explorée de fond en comble par les amateurs, et non seulement ces nouvelles précisions étaient souvent incompatibles avec ce que chacun avait développé dans son coin pour combler les zones d’ombre de la description du contexte, mais elles allaient parfois à l’encontre de ce qui avait déjà été publié officiellement auparavant !

Certes, le phénomène existait déjà, mais il était jusqu’alors limité, tant en visibilité (puisqu’il fallait se farcir par le menu d’obscurs works in progress pour déceler ces greggings) qu’en importance. Ajouter brutalement un dieu solaire au panthéon orlanthi, qui avait toujours existé bien qu’on n’en ait jamais entendu parler en dix ou douze ans de campagne, ça nécessitait une bonne dose de bonne volonté de la part de tout le monde, mais enfin, ça s’était fait. Même chose pour la déesse qui incarnait désormais les aspects féminins jusqu’alors attribués à Orlanth lui-même. Mais ç’aurait été sage de s’arrêter là.

Au lieu de ça, Stafford et sa bande ont continué sur leur lancée et fait fortement empirer les choses.

Entre le gregging, qui, rendant Glorantha changeante, fluctuante, incertaine, instable (et donc, non fiable), sapait les fondations sur lesquelles j’avais (comme les autres) patiemment bâti, et ma connaissance du contexte, et mes développements personnels, et les autres détails, compatibles avec ce qui existait précédemment, mais pas forcément avec ma conception des choses et ce que j’avais moi-même imaginé, j’avais de plus en plus le sentiment d’avoir de moins en moins de liberté dans Glorantha. D’être bridé par les nouveaux suppléments qui sortaient, canalisé dans une direction dans laquelle je ne voulais pas aller, dans laquelle je ne reconnaissais plus la Glorantha des vieux suppléments RQ II et RQ III.

Je crois que ce qui m’a achevé, c’est le coup des Orlanthi volants, venant après la démesure du mont Kero Fin, sommet apparu brutalement au sein des monts Quivin et s’élevant à treize km d’altitude dans une chaîne de type hercynien.

Accessoirement, a également contribué à ma sensation de malaise grandissante la vraiment sale gueule des suppléments Mongoose, qui ne donnait vraiment pas envie, ni de les lire, ni de jouer dans le monde qu’ils décrivaient (ou dans son avenir, puisque la Glorantha développée dans le RuneQuest Mongoose est celle du Second Âge).

Peut-être me rétorquera t-on que tout ceci constitue de faux problèmes, et que je peux faire ce que je veux chez moi avec MA Glorantha.

Certes.

Sauf que persiste un sentiment diffus de gêne (et de rejet) lié au fait de savoir pertinemment qu’on entre en conflit avec le canon.

Sauf que diverger rend délicat, voire parfois impossible, l’exploitation de certaines publications officielles, ou tout au moins conformes au canon.

Sauf que si c’est pour diverger, autant me rabattre sur un univers de ma création, où je serai le seul maître à bord et où personne ne pourra, ni me dire que je ne me conforme pas à l’orthodoxie du contexte, ni brider mon imagination et ma liberté en sortant une extension qui décrira tel ou tel aspect que j’envisageais différemment.

Ces considérations valent pour Glorantha, mais aussi en partie (celles sur les univers hyper-détaillés ; le gregging restant heureusement une spécificité gloranthienne) d’autres contextes fouillés, à commencer par tout ce qui est historique. C’est plus marquant pour Glorantha, tout simplement parce que c’est un contexte dans lequel j’ai beaucoup pratiqué, d’un côté comme de l’autre de l’écran.

Et donc, paradoxalement, j’en reviens de plus en plus à des univers peu développés par leurs gammes officielles (enfin, quand je dis « peu », c’est en proportion de la taille du contexte : l’Official Traveller Universe, que je pratique couramment, est certes développé depuis plus de trente ans au fil de tas de suppléments, mais ramené à son échelle interstellaire, il tendrait plutôt au contexte insuffisamment développé), ou à des créations personnelles, alors que j’ai de moins en moins de temps à consacrer à la création personnelle, justement.

Ceci étant dit… ne prenez pas forcément mon titre au premier degré.

Pour en revenir à la formulation de la question initiale, je n’ai pas quitté Glorantha : les bouquins et revues à lire continuent à s’entasser, et je suis moins assidu à me les procurer (il m’en manque d’ailleurs quelques-uns, mais un jour faudra que je comble mes lacunes), mais je suis quand même, avec un grand recul, ce qui sort.

Et un jour, je finirai peut-être l’écriture de la grande campagne prélude à la Guerre des Héros, commencée il y a presque douze ans avec Greg et jamais achevée…

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Sans plomb, c’est super !

J’ai toujours eu horreur de faire du JdR avec des figurines, un accessoire dont je trouve qu’il bride l’imagination, au contraire d’un plan griffonné sur un velléda et sur lequel on inscrit simplement les positions respectives des différents protagonistes, les modifiant au fil des déplacements.

Visiblement, je ne suis pas le seul… et Coopdevil l’explique mieux que moi.

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Au menu, ou à la carte (spatiale) ?

La toute récente arrivée sur le marché d’une V.F. de Traveller m’a amené à repenser à l’ « opposition » qui existe parmi les amateurs du jeu, entre ceux (moins nombreux, ou en tous cas moins visibles) qui considèrent que l’OTU (Official Traveller Universe) est un carcan, un appauvrissement du jeu, et préfèrent la liberté d’utiliser les règles sans univers prédéfini, que ce soit pour adapter un contexte existant ou plutôt pour créer le leur, et ceux qui ne jurent que par l’OTU et sa richesse.

Personnellement, je me situe dans la seconde catégorie : ce qui fait toute la richesse de Traveller à mes yeux, toute sa qualité, toute la différence avec ses concurrents, c’est justement l’OTU, suffisamment détaillé pour être vraiment riche (et cohérent), suffisamment « superficiel » (un terme plus approprié m’échappe pour l’instant ; disons qu’il n’est en fait que brossé dans ses grandes lignes) pour laisser une grande liberté de création au MJ.

Et si je peux comprendre qu’on veuille créer de toutes pièces son propre univers de jeu (je ne me suis pas privé de le faire en mon temps), ce n’est pas avec les règles de Traveller que je le referais si besoin était, mais avec celles, plus maniables et plus riches, de GURPS (ou avec mon propre JdR maison ancestral, évidemment).

Du reste, ceux qui prétendent pouvoir employer Traveller pour créer leur propre contexte de SF spatiale tel qu’ils le veulent, en toute liberté, se trompent : en adoptant le système de Traveller, ils adoptent également implicitement un certain nombre de postulats qui vont conditionner le contexte, le plus marquant étant le principe de l’espace-saut (jumpspace) et de ses sauts qui durent une semaine hors de tout. Et ça, c’est tellement étranger à ma propre façon de concevoir les choses que je le ressentirais comme une contrainte dans tout contexte autre que l’OTU (où, étrangement, je n’ai aucune peine à l’admettre).

(au passage, il est assez amusant de constater qu’en med-fan’ par contre, j’appartiens plutôt au camp de ceux qui préfèrent créer leur propre contexte plutôt que d’employer un contexte tout prêt (quitte cependant à en cannibaliser des parties). Peut-être est-ce pasqu’aucun des contextes med-fan’ « commerciaux » que je connais (et dont certains me paraissent pourtant intéressants) n’a la même souplesse que l’OTU ?)

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Ambiance garantie

Après avoir passé il y a une dizaine de jours mon entretien d’évaluation, je suis en train de faire passer l’un après l’autre les différents membres de mon équipe qui sont concernés cette année.

Ce matin, une collègue m’a déclaré, en observation sur l’année écoulée, que l’ambiance dans l’équipe s’était nettement améliorée, en me déclarant « c’est toi qui mets une bonne ambiance ».

Là encore, j’ai pourtant pas l’impression d’avoir un comportement qui sort de l’ordinaire, et je mettrais plutôt la bonne ambiance sur le compte de l’équipe dans son ensemble (j’aurais une équipe de cons, l’ambiance serait certainement très différente, et bien moins agréable (mais d’un autre côté… dans de telles conditions, j’aurais sans doute pas demandé ma mutation)) ; mais ça fait toujours plaisir à entendre (et puis, ça me rend le pensum des entretiens d’évaluation moins pénible).

Pourvu que ça dure !

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Ce n’est plus de la science-fiction !

Traveller, « un monstre dont les éditeurs français auraient dû obtenir la licence depuis longtemps » (pour paraphraser de mémoire (quelque peu défaillante) ce qui avait été dit de RuneQuest dans la presse spécialisée, au moment de sa traduction par Oriflam), est désormais eeenfin disponible en français (il aurait bien dû l’être depuis plus de vingt ans, à mon avis, mais c’est un autre débat).

La preuve en photos sur Ikosa.

Personnellement, je ne serai pas client (non seulement ce n’est pas mon édition préférée du jeu, mais de toutes façons je l’ai déjà en V.O. ; et je n’ai jamais caché tout le mal que je pensais des traductions prétendument francophones en JdR) ; mais je me devais de le signaler.

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Le punk est violent, le metal est puissant

Toute la différence entre ces deux genres musicaux est bien exprimée dans ce commentaire sur la musique de Judas Priest :

Les duels des guitaristes Glenn Tipton et K. K. Downing y sont particulièrement enlevés et, n’en déplaise aux punks, charrient une dose de hargne à l’efficacité autrement redoutable.

Nicolas Dupuy, Le rock pour les nuls

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