Campagne pour Laelith, illustrée par Thierry Ségur
La campagne (avec des caracs pour Chroniques Oubliées Fantasy et Héros & Dragons), qui démarre peu après le couronnement du nouveau Roi-Dieu, commence au niveau 4/5 et monte les persos au niveau 10/11. Les scénarios sont parsemés de quelques encadrés Les conseils de Papy Donjon, plutôt destinés aux débutants, et dont la familiarité avec le lecteur (et les digressions inutiles) m’ont passablement irrité. À côté de ça, certains passages sont peu clairs et/ou auraient mérité plus d’explications, mais là, non, papy donjon il ferme soigneusement sa gueule. C’est une campagne d’envergure (y aura donc du boulot de préparation), qui culmine avec une grosse bataille (ce qui est un peu frustrant, pasqu’on n’est plus vraiment dans du JdR). Les PJ passeront par le Cloaque et la Terrasse du Châtiment, entre autres lieux. Et la fin peut s’accompagner de bouleversements en profondeur. Pas mal.
Faute d’avoir les jeux (Chroniques Oubliées Fantasy et Héros & Dragons) pour lesquels ce bouquin fournit des caracs, il ne m’est d’aucun intérêt. Il contient des règles pour faire des persos laelithiens ou avoisinants (avec des races et des classes plus ou moins typiques des lieux : gopneldaun, utruz, courtisane, et d’autres trucs moins classiques), et les caracs d’une chiée de PNJ du bouquin (une bonne partie de (mais curieusement, pas tous) ceux des scénarios, en particulier ; mais il y a même celles du Roi-Dieu ; okazou les persos voudraient se le friter, j’imagine… (par contre, y a pas celles du lithoracle)), de quelques PNJ typiques, et de quelques créatures (dont certaines datent de l’ancienne Laelith mais ne figurent pas dans le bouquin de base de la nouvelle).
Pour un visuel du produit, je vous renvoie à la photo à la fin de ce billet, faute d’en avoir trouvé un en ligne
C’est le même bouquin que la version normale, mais au format 16,5 × 21,4 cm, avec une couverture souple et sans les rubans signets. Autant dire que c’est beaucoup trop petit pour être confortablement lisible. Laissez tomber et prenez la version normale.
Cette fois-ci, je vous renvoie à la troisième photo de cet autre billet
Cette version est elle aussi semblable à la version normale, sauf la couverture en simili-skaï avec des dorures. Je suppose que le prix en est substantiellement plus élevé.
Cette version reprend à l’identique mais en douze livrets (Laelith, Présentation générale, La Main qui travaille, La Chaussée du lac, La Prospérité, Le Nuage, Le Châtiment, Le Cloaque, La Haute Terrasse, Les Temples, Les Hors-ville, Secrets) le contenu du bouquin de base (jusqu’à la pagination ; la seule « différence », c’est que le premier livret rassemble le tout début et la toute fin dudit bouquin de base, ce qui fait qu’on y saute de la page 16 à la page 537). Elle est nettement plus maniable que le bouquin lui-même, mais malheureusement les livrets n’ont pas une couverture plus épaisse que leurs pages intérieures, ce qui fait qu’à l’usage ils risquent de se détériorer plus ou moins vite.
Le bouquin a de la classe, avec deux rubans signets, mais la police de caractères italiques et celle employée dans les marges sont trop petites pour être confortablement lisibles (ne parlons pas des italiques en marge…), et surtout, il y a les illustrations en couleurs, qui pour moi sont trop « pompières » pour la plupart (certaines sont aussi franchement laides) (bon OK, y en a aussi quelques-unes qui sont chouettes, principalement celles qui s’étalent sur deux bas de page au début des chapitres) et n’évoquent que très rarement Laelith. Il y a bien quelques illustrations au trait, mais elles sont bien loin de valoir ce qu’aurait pu faire un Rolland Barthélémy, ou même un Didier Guiserix… Du fait de son volume, le bouquin est lourd, encombrant et pas vraiment maniable (et l’absence d’index n’arrange rien). Certaines inspirations parfois un peu trop visibles (sans déconner, les machins plaqués sur Sherlock Holmes, on n’aurait pas pu faire un petit effort pour les laelithiser un peu mieux ?).
Côté fond, la chronologie a été avancée de trente ans par rapport à la version originelle (celle de Casus Belli n° 35, reprise dans le hors-série n° 2 ; la version de « Casus Belli » deuxième époque a été décanonisée, ce qui ne me dérange absolument pas). On passe donc de 986 à 1016 ou 1017. Trente ans, c’est pile la durée du règne du roi-dieu Teaphanerys XIV, qui vient de décéder, laissant la place à Nin Ier, précédemment grand-prêtre du temple du Nuage sous le nom de Mitrias. Et en trente ans, bien des choses ont changé : il y a eu des tas de décès, des enfants qui ont succédé à leurs parents, des bâtiments construits ou démolis, etc… (et Trevelian n’est plus du tout ridicule ou risible). Le bouquin commence par quelques généralités sur Laelith (étonnamment muettes sur certains sujets, pour lesquels il faut se référer à d’autres chapitres de l’ouvrage, ce qui est à la fois dommage et pénible ; par exemple, pour savoir comment sont organisées les forces de l’ordre, il faut attendre la description d’un poste de garde de la Terrasse de la Prospérité, page 240, sans que l’intro ne l’indique à aucun moment ; donc pendant des pages, on nous parle de rahel sans jamais nous expliquer ce que c’est (un capitaine des gardes) : c’est franchement regrettable pour ceux qui ne connaissent pas la deuxième version de la première édition, où ce terme apparaissait). Il présente les différents Rois-Dieux qui se sont succédé sur le trône, les lithos (qui sont l’un des secrets de la ville, et qui ont été très nettement science-fictionnisés), puis on passe aux différentes Terrasses, en commençant, non plus par la Chaussée du Lac, mais par la Main qui Travaille, puisque c’est par là qu’arrivent les pèlerins qui se sont farci l’ascension de la falaise de Vorn. Pour chaque Terrasse (et pour le Cloaque), un scénario est fourni (il y en a donc sept au total, qui ne font en principe pas référence au moindre système de règles). Dans l’ensemble, ils sont corrects, voire mieux. Pour la Terrasse du Châtiment et pour le Cloaque, il y a en plus un scénario solo (soit neuf pages de gaspillées…). Après le Cloaque, on a un chapitre qui décrit les quatre temples de la ville. Il est suivi d’un chapitre sur les hors-ville (contre-intuitivement, c’est là qu’est présentée la Faille qui coupe Laelith en deux, et l’Inlam qui coule au fond, deux éléments qui pour moi sont justement en pleine ville ; mais pour le reste, ça cause du lac d’Altalith, de ses alentours, et des six provinces du lac des Hautes Eaux). Les alentours de Laelith et les bords du lac d’Altalith ont été décrits en détails (par contre, sur les Six Provinces il n’y a quasiment rien, ce qui me semble regrettable, bien qu’elles n’aient pas vraiment été à mon goût à l’époque). Après tout ça, on a un dernier chapitre de « secrets » (une ou plusieurs pages qui viennent compléter chacun des chapitres précédents, sauf celui d’intro). Ces éléments auraient tout aussi bien pu être collés à la fin de leurs chapitres respectifs : ç’aurait été beaucoup plus simple pour le MJ, qui là découvre en arrivant à la fin de l’ouvrage qu’il y avait des secrets (OK, c’est vaguement mentionné dans l’intro) et que tel ou tel truc n’était en fait pas ce qu’il paraissait. Je rappelle qu’il n’y a pas d’index, aucun moyen de deviner qu’il y a quelque chose en plus sans se farcir l’intégrale du bouquin (et s’en souvenir le moment venu) : ça n’est absolument pas pratique. Le bouquin se termine sur quelques mots des auteurs, historiques ou actuels, de Laelith.
Trente auteurs différents ont officié sur le bouquin, et ça se sent parfois : il y a des contradictions (généralement mineures, mais parfois commises sciemment, ce que je trouve lamentable), des redites. Certains détails de l’ancienne Laelith ont disparu au passage. Pour certains ça n’est pas gênant, pour d’autres on voit nettement que certains rédacteurs (et j’en fais partie) comptaient sur leur présence et s’en sont servis. Pour ceux qui connaissaient l’ancienne Laelith, ça n’est pas un problème, mais pour les néophytes ça ne doit pas être la même chose. Par exemple, le terme arachnien est employé à deux reprises, sans que l’ouvrage n’explique jamais de quoi il s’agit.
Malgré les quelques problèmes mineurs relevés (et surtout l’absence d’index), c’est un ouvrage vraiment bien rempli, qui développe Laelith de façon magistrale. La ville prend une toute autre dimension, une sacrée profondeur (évidemment, le volume de la bête aide). C’est un investissement indispensable pour tous les amateurs de Laelith, et il entre dans mon top 5 nouveautés.
Puisqu’on parle de Laelith (et vous inquiétez pas, on va en parler beaucoup ce soir) : je viens de reparcourir la deuxième édition, celle publiée par Multisim en 2000. Elle contenait de bonnes idées, mais l’ensemble n’était pas à mon goût, et surtout le magazine était bourré de problèmes de maquette et dans une moindre mesure d’erreurs. Un truc qui m’avait pas mal gonflé à l’époque, c’était l’abus de noms plus ou moins amusants, qui cassaient l’ambiance à la lecture. Là, finalement, je n’en ai pas trouvé tant que ça ; par contre ce qui m’a vraiment gonflé cette fois, c’est qu’à bien des moments j’ai eu l’impression de me retrouver à lire les pages jaunes de l’annuaire à la rubrique salons de coiffure : Élément’Air, Cl’Air, Exp’Air, Monast’Aire, Myst’Air, et j’en passe. Au h initial manquant près, on s’y croirait. Sauf qu’à l’époque les coiffeurs faisaient plutôt des jeux de mots sur tif… Accessoirement, je suis aussi retombé sur les errata qu’avait postés l’un des auteurs (Fred Vinzent, je crois) sur internet, sans doute sur la liste de diffusion Laelith. J’ai presque envie d’essayer de le contacter pour lui demander l’autorisation de les mettre en ligne sur mon site…
En *.pdf, c’est le retour du Savage Coast Campaign Book, un bouquin dans la gamme Red Steel pour AD&D Mystara, jamais publié en dur mais qui était disponible gratuitement sur le site de TSR à la fin du siècle dernier (à un format beaucoup moins propre et sans jolie couverture ; je l’avais imprimé et fait relier à l’époque). Dans la même sous-gamme, il y a aussi Orc’s Head : celui là ne me dit rien, je ne crois pas l’avoir. Mais de toutes façons, ma collectionnite ne va pas tout à fait jusque là.
… au moins pour cette année. Car nous sommes le 31 mai, le jour où d’habitude je vous présente un JdR de SF dont j’estime qu’il est injustement méconnu. Sauf que cette année, pour raisons médicales indépendantes de ma volonté, je n’ai absolument pas eu le temps de préparer le billet correspondant (eh oui, on ne dirait ptêt pas comme ça mais ça demande quand même un minimum de préparation, sans compter le temps passé à chercher des illustrations en ligne, qui est par ailleurs l’une des raisons pour lesquelles vous n’avez pas encore eu droit à toute ma série de kros sur la nouvelle Laelith). Alors certes, je pourrais publier en retard : je l’avais déjà fait en 2019, mais c’était un retard d’une seule journée : et je n’ai ni le temps, ni l’envie de passer une bonne partie des heures qui viennent à cravacher pour pondre un billet soigné, et pas l’intention d’en poster un baclé). Je vais donc passer pour cette année.
Mis au propre le jardin aujourd’hui, avec l’aide d’un collègue qui a fait le plus gros du travail (puisque je ne suis toujours pas en état de manier la motobineuse (trop lourde), par exemple. J’avais décidé d’essayer de couper l’herbe moi-même, pour voir dans quel état physique j’étais (j’aurais pu essayer plus tôt, mais ça ne fait guère que trois ou quatre jours (et à nouveau des produits dopants prescrits par le toubib) que je remonte sensiblement physiquement). Et si jamais j’avais fait un malaise ou autre gros souci, y aurait eu quelqu’un pour me ramasser, donc j’en ai profité. Comme la tondeuse-débroussailleuse calait un peu trop fréquemment à mon goût (faut dire que, depuis le temps que ça n’avait pas été coupé, l’herbe montait par endroits à environ 1m30 (hauteur estimée)), j’ai carrément ressorti ma bonne vieille débroussailleuse, qui n’avait plus tourné depuis près de huit ans. Elle s’est faite un peu prier pour démarrer, mais pas longtemps, et j’ai donc pu commencer à jouer les Attila. Sauf qu’à un moment je l’ai arrêtée, et quand j’ai voulu la redémarrer, pas moyen de tirer le câble du lanceur : il était bloqué. Heureusement, mon collègue avait apporté la sienne. Mais elle est moins puissante (et en plus, on sent les vibrations). Du coup, j’ai pu continuer à faucher. Mais je n’ai pu faire qu’une grosse moitié du terrain avant qu’on arrête pour midi. Et l’après-midi, j’ai jugé préférable pour ma santé de me cantonner à des activités moins fatigantes… En tous cas, le jardin est à nouveau propre, je vais pouvoir repiquer courgettes (avec quinze jours de retard) et tomates ; et j’ai eu la satisfaction de constater que je pouvais à nouveau pratiquer une activité physique fatigante (quoique sans doute pas une journée entière). Mais va falloir faire réparer la débroussailleuse, dont je pensais pourtant en arrivant ici ne plus avoir besoin… J’ai bien fait de la garder. Mais ça va encore être une dépense imprévue…