Liens rôludiques du mercredi soir

Le nouveau volet du panorama historique des JdR post-cataclysmiques par Lowell Francis, couvrant l’année 2011, est en ligne.
C’est le premier qui ne présente que des JdR qui ne figurent pas dans ma ludothèque (ou le second après 2006, si on considère que pour 2006, on ne peut pas prendre en compte Metamorphosis Alpha, dont je ne possède pas cette édition là).

Ce site rassemble les flashs d’info du Traveller News Service pour trois éditions du jeu : Classic Traveller, MegaTraveller, et GURPS Traveller.

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Dans l’espace en faute, c’est le grand tocsin

Si j’en crois Transes-Infos, la nouvelle du jour, c’est le décès ce matin à l’âge de 85 ans de Guy Béart.
Ça me parait quelque peu excessif comme hiérarchisation de l’information. Pour ma part, si l’on excepte L’eau vive que j’ai dû (du verbe devoir : être obligé à, même si je reconnais qu’au début j’ai trouvé ça plutôt amusant) massacrer à la flûte à bec quand j’étais au collège, je le connaissais uniquement par sa chanson Étoiles, garde-à-vous, qui donna son titre à la traduction du roman de Robert Heinlein Starship Troopers, l’un des textes majeurs de mes débuts d’amateur de (bonne) SF.

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Continuité musicale

J’ai récemment écouté Eternal, le nouvel album de Stratovarius.stratovariuseternalIls sont toujours bons, mais il n’y a rien là qui sorte de l’ordinaire.
Extraits :

J’ai aussi mis la main sur Ghost Dance, disque de Hëssler sorti l’année dernière.hesslerghostdanceJe me demandais ce que ça allait donner avec une nouvelle hurleuse, mais pas d’inquiétude, vocalement Jessikill n’a rien à envier à Lariyah Daniels. Et donc, c’est un groupe que je vais suivre avec intérêt.
Extraits :

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Aux trois quarts pleine, ou complètement vide ?

Ceci m’a amusé.

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Et un chômeur, en fait, c’est un gréviste ?

Entendu à l’instant sur Transes-Info une journaliste commentatrice expliquer que, du fait de la fermeture de la frontière hongroise, des tas de migrants s’étaient retrouvés bloqués « en plein soleil, sans eau et sans nourriture » et que certains d’entre-eux envisageaient de faire la grève de la faim.
Peut-être qu’elle voulait dire qu’ils avaient décidé de ne pas avoir faim, pour mieux supporter l’absence de nourriture ?

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Ça m’ferait mal aux seins !

À la lecture de Wind on the Steppes, j’avais été intrigué (comme je l’avais expliqué sur un autre écran) par l’une des créatures fantastiques présentées dans le bestiaire, une sorte de grand lutin nommé mastitis.
Mastitis pour moi, c’est d’abord et avant tout le terme anglais pour traduire mammite, et j’avais trouvé ça assez bizarre comme coïncidence, qu’une créature du folklore des steppes d’Asie centrale porte ce nom. À tel point que j’avais tenté une recherche sur internet pour en savoir plus à son sujet ; mais j’avais fait chou blanc, ne tombant que sur des pages médicales ou (surtout) vétérinaires.
Recherchant un fichier JdR dans mes archives informatiques hier, je suis retombé par hasard sur le *.pdf de Le Vent des steppes, le texte amateur et francophone qui a précédé la version publiée chez Alephtar Games. Je l’ai refeuilleté par curiosité, et je suis tombé sur la V.F. de ce fameux lutin, qui dans la langue de sainte Geneviève (enfin, plutôt, celle parlée par les lointains descendants de ses compatriotes, puisque c’est en 451 qu’elle repoussa Attila et qu’à l’époque, on ne causait pas tout à fait comme aujourd’hui) s’appelle mâmit (et internet ne m’a pas apporté plus d’infos à son sujet que pour ma précédente recherche).
Même prononciation que mammite j’imagine… Mais pourquoi ne pas avoir conservé le même terme en anglais ?

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D&D, The Movie

Il me semble me souvenir que dans la première moitié des années ’80, Gary Gygax avait déménagé pour la Californie afin de s’occuper d’un projet de film inspiré par (A)D&D (et que c’était pendant qu’il était au loin que les choses s’étaient mises en place pour le marginaliser au sein de sa propre entreprise).
J’ai l’impression qu’il est heureux que ce film n’ait pas été réalisé (même s’il n’aurait pas forcément été pire que ceux auxquels on a eu droit bien plus tard…).

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Scout toujours !, épisode 8 : Rien à déclarer ? (première séance)

Compte-rendu d’une partie de Traveller fortement basée sur le scénario Stoner Express publié par QuikLink Interactive.
Remarque : la partie ayant été très longue et le rédacteur n’ayant presque pas pris de notes dans le feu de l’action, il n’est pas impossible qu’il y ait quelques légères divergences entre le récit ci-dessous et ce qui a réellement été joué. Ces divergences sont mineures et ne changent rien au déroulement global des faits.

Le 220-1106, Alain Quiet, Camille Gallimar et Atsukau Arztrachan, à bord du Perché Au Sec, arrivent enfin à Glisten (Marches Directes / Glisten 2036), où ils avaient rendez-vous avec leur employeur Gordon Philéas (patron des Entreprises Philéas)… le 205-1106. Ils espèrent que, suite au message envoyé depuis Mertactor (Marches Directes / District 268 1537), le croiseur marchand de classe Léviathan à bord duquel ils devaient embarquer dans le cadre d’une expédition conjointe du Baraccaï Technum et des Entreprises Philéas dans l’Au-Delà (et plus précisément, dans le Bras Troyen) les aura attendus.

Après avoir ravitaillé en écumant l’atmosphère de l’unique géante gazeuse du système, ils se dirigent vers la base du SIEI, où ils comptent rendre Perché Au Sec, l’expédition dans l’Au-Delà risquant de durer jusqu’à plusieurs années. Pendant le trajet, ils contactent Gordon Philéas, qui les a effectivement attendus sur place, et qui semble plutôt contrarié.
À la base, ils ont affaire à Jared Gésinord, un responsable administratif qui leur reproche de ne pas avoir fait procéder à temps à la maintenance annuelle de leur vaisseau, qui aurait dû être réalisée il y a déjà plusieurs semaines. Il va falloir chambouler tout le planning de la base, et la cheffe mécano ne va pas être contente ! Camille essaie de justifier le retard par les aléas des voyages spatiaux et les évènements vécus à Mertactor, mais Gésinord lui rétorque qu’il aurait justement pu faire procéder à l’entretien là-bas. Alain amène le vaisseau à l’emplacement désigné, où la cheffe mécano de la base, Nanita Elephson (une sculpturale matrone noire) commence comme prévu par râler devant les perturbations que l’arrivée de Perché Au Sec provoque dans le planning de ses équipes, avant de lever les bras au ciel devant l’état du vaisseau : les réparations faites à Mertactor n’étaient que le strict minimum, et même si Camille les a un peu améliorées pendant le trajet, on voit vite que l’appareil, déjà plus très jeune, a souffert.
Fuyant les exclamations mi-outragées mi-désespérées de la cheffe mécano, les aventuriers prennent une navette de transports en commun pour se rendre à Glistenville, groupe de cinq astéroïdes reliés entre eux par un réseau de câbles et de tubes, où ils arrivent une heure et demie plus tard. Ils se rendent au lieu de rendez-vous avec leur employeur, dans un hôtel de moyen standing qui loue des salles de réunion. Gordon Philéas les y attend, et il n’a pas l’air de très bonne humeur.
La première question de Camille est pour savoir si le Léviathan les a bien attendu. Hélas, ce n’est pas le cas. Mais de toutes façons, cela n’aurait rien changé pour eux : car les négociations entre Gordon Philéas et le Baraccaï Technum n’ont pas tourné comme l’espérait le premier, et les Entreprises Philéas n’ont finalement pu placer qu’une seule personne parmi les officiers du croiseur : la place est donc revenue au sous-directeur Jean-Christophe Miciknik.
Si leur patron est déçu, nos amis se disent que dans le fond, ce qui s’est passé est normal : les Entreprises Philéas ne pèsent pas lourd devant une société aussi grosse que le Baraccaï Technum, qui aurait très bien pu se lancer tout seul dans cette expédition.
Mais Gordon Philéas n’a pas dit son dernier mot : il ne va pas se laisser mettre sur la touche par le Baraccaï Technum, ni le laisser avaler son entreprise tout cru sans rien dire ni faire, et il a donc un autre projet pour les aventuriers, s’ils veulent toujours se rendre dans l’Au-Delà pour son compte. Mais d’abord, où est leur vaisseau ?
Apprenant qu’il est en maintenance à la base du SIEI, il déclare que cette maintenance devra être écourtée, car il a un autre projet pour l’appareil : il va le faire équiper d’un laser bitube plus puissant que le laser minier modifié qui l’équipe actuellement, afin qu’il dispose d’un armement sérieux avant de s’aventurer dans l’Au-Delà. Comme Camille se demande si cela suffira à faire le poids face à un Léviathan de 1.800 tonneaux et de classe 3, Gordon Philéas, interloqué, lui rétorque qu’il n’est pas question de courir derrière le croiseur marchand ni de chercher à lui damer le pion : il a un tout autre projet, qu’il compte bien mener sans l’aide d’aucune autre entreprise, et dont il espère que la réussite rendra le Baraccaï Technum jaloux et donnera plus de poids à sa propre société lors de futures négociations.
Il explique alors qu’il compte envoyer les aventuriers apporter un présent aux dirigeants de l’Amas de Strend, présent dont il espère qu’il permettra à son entreprise d’être la première de l’Imperium ou de ses États-clients à décrocher là-bas un agrément commercial.
Colonisé au neuvième siècle par des émigrés solomani, l’Amas de Strend, situé dans le sous-secteur de Ménorial entre l’Imperium et la Ligue florianie, a un long historique de guerres froides avec ses deux puissants voisins. Mais Gordon Philéas a récemment eu l’occasion de mettre la main sur plusieurs lots d’œuvres d’art venant de France, un ancien État de Terra, et a tout de suite vu l’intérêt qu’elles pouvaient présenter pour son entreprise : il espère qu’elles intéresseront suffisamment les dirigeants de Strend, dont l’admiration pour la culture française est bien connue, pour les amener à considérer sa société d’un œil favorable. Il va donc faire livrer les trois tonneaux d’œuvres d’art, soigneusement empaquetées pour le transport, à bord de Perché Au Sec, charge à Atsukau, expert en histoire de l’art, de les trier pour séparer les objets sans valeur des véritables œuvres d’art. Ensuite, il fera lui-même son choix parmi la sélection ainsi réalisée, et les trois compagnons n’auront plus qu’à acheminer les pièces retenues jusqu’à Strend (Bras Troyen / Ménorial 0505) où Atsukau, avec l’aide de Germanie Patulos, la représentante des Entreprises Philéas déjà sur place, devra obtenir une audience auprès des autorités pour leur offrir le cadeau et négocier l’octroi du précieux agrément commercial.
En allant ainsi dans le sous-secteur de Ménorial, Gordon Philéas espère avoir plus de place que dans les sous-secteurs d’Egyrn ou de Pax Rulin, où il se retrouverait coincé entre ces deux poids lourds rivaux que sont le Baraccaï Technum et McClellan Factors.

Faisant jouer ses relations au sein du SIEI, Gordon Philéas contacte la base pour faire à ses frais installer le nouveau laser dans la tourelle de Perché Au Sec. Cette opération se fait au détriment de la maintenance annuelle du vaisseau, et lorsque les aventuriers viennent le récupérer, ayant vu leur prêt de l’appareil prolongé pour une nouvelle année, Nanita Elephson, en guise de souhaits de bon voyage, leur déclare : « Allez, débarrassez moi le plancher, vous nous avez assez mis en retard comme ça ! ».

Pendant le voyage de retour, Atsukau s’échine à trier la cargaison que Gordon Philéas a fait monter à bord. Il y a pas mal d’authentiques objets de valeur (dont une bonne partie date du XXIème siècle du calendrier solomani et laissent Alain et Camille, initialement persuadés qu’il s’agissait de déchets, perplexes), mais encore plus de camelote et de faux flagrants.

Au moment de sauter d’Overnale (Marches Directes / Glisten 1937) vers Égypte (Marches Directes / Glisten 1737), Alain fait une fausse manœuvre et Perché Au Sec reste sur place, bien qu’ayant consommé autant d’hydrogène que s’il avait sauté, ce qui le contraint à retourner écumer la géante gazeuse la plus proche.
À Mertactor, Atsukau profite de l’escale pour aller offrir une bonne bouteille de vin à Jéroboam Tarabos, en remerciement des risques qu’il a pris en leur prêtant des armes quelques semaines plus tôt.
Le passage par Judice (Marches Directes / District 268 1337) se fait sans encombre, mais à Trexalon (Marches Directes / District 268 1339), Perché Au Sec est encore une fois contrôlé par un vaisseau des douanes. Mais la cargaison est en règle, et les aventuriers finissent par regagner Motmos (Marches Directes / District 268 1340) le 281-1106.

Après un passage chez Gordon Philéas pour permettre à celui-ci de choisir quelles pièces il va envoyer à Strend parmi la sélection d’Atsukau, et ce dernier ayant pris bien soin de regarnir le garde-manger de Perché Au Sec de provisions de qualité, les trois compagnons reprennent l’espace, emportant un peu moins d’un tonneau d’œuvres d’art, et mettent le cap sur Strend, via tout d’abord Kaldamar (Bras Troyen / Egyrn 1201).

Alors que Perché Au Sec vient de ravitailler en hydrogène en écumant l’atmosphère d’une des géantes gazeuses de ce système et qu’il va s’en éloigner pour sauter en direction de sa prochaine étape, Kwai Ching (Marches Directes / District 268 1040), il est hélé par un autre vaisseau qui était jusqu’à présent resté dissimulé à proximité, mais qui vient de démarrer ses moteurs et se dirige vers lui. Il se présente comme étant le patrouilleur Shaddalakkii, de la Stellaire, en mission au-delà de la frontière impériale, et intime sèchement au Sulieman l’ordre de mettre en panne, de désactiver son armement, et de se préparer à être abordé pour une recherche de contrebande. Nos amis se demandent s’il ne s’agirait pas en réalité d’un pirate, mais leurs senseurs confirment qu’il s’agit effectivement d’un patrouilleur de classe Lurushaar Kilaalum, et ils sont de toutes façons moins rapides et moins bien armés : ils décident d’obéir à l’injonction.
Le Shaddalakkii se place le long de Perché Au Sec et connecte les sas des deux vaisseaux via un tube extensible. Un groupe de combat des troupes stellaires, en armure de combat, pénètre dans le sas. Les quatre premiers ont leur sabre d’abordage à la main, ce qui est relativement impressionnant. Ils forment une haie d’honneur pour une enseigne de vaisseau de première classe (une jeune femme plutôt jolie sans combinaison spatiale, dont la bande patronymique de l’uniforme indique A. Grantli) escortée par un autre soldat des troupes stellaires. Elle s’arrête au seuil intérieur du sas et demande à Alain, qui est dans les faits le commandant de bord de Perché Au Sec, la permission de monter à bord. Celle-ci lui étant accordée, l’enseigne Grantli le remercie, examine les papiers du vaisseau, puis annonce qu’elle est habilitée et missionnée pour le fouiller à la recherche de contrebande et demande la coopération des occupants de Perché Au Sec.
Quatre autres soldats des troupes stellaires en armure de combat arrivent, pistolet-mitrailleur court à la main, et se séparent en deux groupes de deux pour aller sécuriser la passerelle et la salle des machines. Deux techniciens de la Stellaire montent alors à bord et, escortés par deux des troupes stellaires initialement stationnées dans le sas, téléchargent le manifeste de la cargaison et le journal de bord. Les soldats des troupes stellaires ne parlent pas aux aventuriers et n’autorisent personne à s’approcher d’une console informatique. Ils assurent les arrières des techniciens et de l’enseigne Grantli pendant que ceux-ci font leur travail. Les deux techniciens sont polis et courtois, mais fermes. L’enseigne est un peu plus amicale. Elle veut absolument qu’on lui montre les endroits essentiels du vaisseau (passerelle, salle des machines, armement et étonnamment, la cambuse), ainsi bien entendu que la cale. Elle interroge Alain en même temps.
Étant donné la vétusté de Perché Au Sec, les mauvais traitements qu’on lui a fait subir, et le fait que la maintenance générale annuelle n’ait pas été complètement réalisée, nos amis peuvent se faire du souci quant à l’issue de l’inspection. D’autant plus que l’enseigne Grantli va à leur grande surprise ouvrir sous leurs yeux un petit compartiment dissimulé dans la paroi de la coursive à tribord de la porte de la salle des machines, compartiment dont ils ignoraient l’existence (il semble que ce soit une cachette classiquement utilisée pour la contrebande à bord des Sulieman, et de ce fait, bien connue des douaniers). Ne s’y trouvent que quelques médicaments périmés depuis deux ans (et sans l’ordonnance qui devrait les accompagner) : comme Alain et Camille ne détiennent Perché Au Sec que depuis moins longtemps, ils parviennent sans trop de difficultés à la convaincre de leur bonne foi.
Grantli valide l’inspection de Perché Au Sec avec ces mots : « Quel horrible vaisseau. Il a vraiment, vraiment besoin d’une révision complète, commandant. Vous êtes à deux points de rater les minima requis de navigabilité, et encore, c’est parce que je vous ai accordé trois points de plus car je sais à quel point ces type S sont robustes. Votre cambuse est une vraie zone de danger biologique… Mais au moins, votre cargaison semble être en règle. »
Avant de quitter le bord avec ses gardes, elle ajoute : « Quelques recommandations pour vous, commandant. Un vaisseau pirate semble s’en prendre aux vaisseaux de commerce entre le District 268 et la Ligue florianie. Peut-être l’Ine Givar. Et il y a eu une attaque sur un vaisseau comme le vôtre ici il y a une quinzaine de jours. Du travail de pro, peut-être avec des complicités à bord. Ils n’ont laissé qu’une épave vide. L’équipage n’a toujours pas été retrouvé, ce qui n’est pas bon signe. Mais j’ai une bonne nouvelle pour vous : vous êtes le seul vaisseau impérial dans le système actuellement et nous avons ordre d’offrir toute assistance. Ce qui signifie que vous allez avoir une escorte jusqu’à votre saut… »
Shaddalakkii escorte comme annoncé Perché Au Sec. L’officier transmissions souhaite à ses occupants un au revoir amical, quoique quelque peu formel, et le vaisseau militaire s’écarte pour reprendre sa mission de patrouille pendant qu’ils poursuivent leur voyage vers Kwai Ching.

Pendant le saut, Camille applique sur l’ouverture du compartiment découvert lors de l’inspection une poignée et l’inscription Compartiment secret.
Le système de Kwai Ching n’ayant pas de géante gazeuse, Perché Au Sec y ravitaille à partir de la glace planétaire.
En écoutant les informations au sein du système, Camille apprend quelques éléments qui peuvent concerner les aventuriers.
D’une part, on relève un nombre important de vaisseaux disparus et présumés perdus corps et biens. Il y en a eu trois dans les environs lors des deux derniers mois. On a retrouvé les débris de l’un d’eux, et la rumeur court que l’équipage d’un autre vaisseau porté disparu il y a plusieurs mois aurait été fait prisonnier par un pirate qui a ensuite détruit leur appareil. Cet équipage aurait passé un certain temps à bord du vaisseau pirate avant d’être transféré sur un vaisseau marchand qui le ravitaillait, puis d’être relâchés loin de là, sur Taltern (Bras Troyen / Ménorial 0103). Il est évident qu’un pirate sévit dans la région.
D’autre part, face à ces actes inquiétants, Fomalhaut (Bras Troyen / Ménorial 0802) a fait appel à des forces mercenaires pour sécuriser son amas : ces forces consistent en des escouades déployées dans les systèmes de Fomalhaut, Zéphyr (Bras Troyen / Ménorial 0702) et Walei (Bras Troyen / Egyrn 0902). Seuls les vaisseaux de ces trois systèmes sont autorisés à y circuler : les autres sont refoulés sans ménagement, les mercenaires ouvrant le feu au moindre signe de résistance. Or nos amis avaient justement prévu de passer par Walei puis Zéphyr, et s’ils peuvent éviter Walei en passant par 975-452 (Marches Directes / Cinq Sœurs 0840), Zéphyr constitue un passage incontournable vers l’Amas de Strend, à moins de faire un long détour par les Cinq Sœurs et le Couloir floriani.
Les aventuriers décident d’attendre quelques jours au spatioport de Kwai Ching, espérant obtenir des informations plus précises de l’équipage d’éventuels vaisseaux arrivant de l’amas de Fomalhaut. Ils se tournent en attendant vers le consul impérial sur Kwai Ching, Marcello Djabaté, qui les reçoit mais ne peut que les inciter à la plus grande prudence : les habitants de Fomalhaut sont membres d’une secte d’illuminés, et leurs réactions ne sont pas forcément rationnelles.
Le 299-1106, après trois jours d’attente, un vaisseau de McClellan Factors finit par relâcher au spatioport de Kwai Ching en provenance de Walei. Les nouvelles qu’apportent son équipage ne sont pas bonnes : bien que McClellan Factors possède un comptoir sur Walei, seuls les vaisseaux immatriculés sur place seront autorisés à y revenir tant que les mesures d’interdiction imposées par Fomalhaut seront en vigueur ; or la plupart des vaisseaux de leur entreprise ont Mertactor pour port d’attache…
Alain et Atsukau décident que l’attente a assez duré et qu’il faut faire le détour par le Couloir floriani, malgré les nouvelles inquiétantes parlant de piraterie qui en proviennent. Perché Au Sec quitte donc Kwai Ching pour 975-452.

À 975-452, les aventuriers décident de se rendre sur la planète pour ravitailler, au lieu d’écumer l’atmosphère de la géante gazeuse. L’arrivée d’un Sulieman (qui plus est muni d’un laser bitube puissant) provoque l’étonnement du commandant de l’unique autre vaisseau présent sur place, qui y voit une confirmation du fait que la Stellaire, manquant de vaisseaux dans la zone puisqu’elle en a envoyé un bon nombre en partie centripète des Marches Directes, sur la frontière avec le Consulat zhodani, a fait appel au SIEI pour assurer certaines de ses missions, de patrouille en particulier. Comme nos amis s’en étonnent, le vieux spationaute prend un air entendu, comme s’il avait très bien compris qu’ils ne voulaient pas lui donner d’informations sur leur mission…

À Tondoul (Marches Directes / Cinq Sœurs 0739), ils ravitaillent encore une fois sur la planète elle-même. Perché Au Sec passe ensuite par Froin (Marches Directes / Cinq Sœurs 0539), puis saute vers Wonderay (Marches Directes / Cinq Sœurs 0340). Mais le 329-1106, au quatrième jour du saut, une fuite se produit au niveau du caisson de confinement du réacteur nucléaire. L’une des plaques métalliques qui le constituent est fissurée (conséquence pas vraiment étonnante de son grand âge et des outrages qu’elle a subis ces dernières années, en particulier récemment sur Mertactor lorsque plusieurs explosions ont été provoquées à l’intérieur de Perché Au Sec), et des radiations diffusent à l’intérieur du vaisseau. Camille procède rapidement à une réparation de fortune et à la décontamination des compartiments irradiés, mais la majeure partie des provisions de bord doit être jetée.
À Wonderay, il n’est pas possible de procéder aux réparations nécessaires sur le caisson de confinement. Camille a quelques doutes quant à la capacité de son bricolage à tenir pendant un deuxième saut, mais Perché Au Sec arrive sans encombre à Szirp (Bras Troyen / Ménorial 0201) le 341-1106.

Au spatioport orbital de Szirp, où il a pu se procurer tout le matériel et les pièces nécessaires (ainsi qu’un stock de 80 doses d’anarad, par mesure de précaution), Camille procède à une réparation plus sérieuse qui lui prend une demi-journée. Le mécanicien spatial qui lui a fourni les pièces est un retraité de la Stellaire d’une petite soixantaine d’années, vétéran de la Quatrième Guerre Frontalière où il a participé à plusieurs combats contre des vaisseaux zhodani dans l’au-delà du Bras Troyen. Il en a conclu que les Zhodani possèdent probablement des bases dans le Bras Troyen, ce qui expliquerait leur présence en abondance aussi loin de leur frontière. De là à leur coller la responsabilité des actes de piraterie réalisés dans le Couloir floriani et ailleurs, il n’y a qu’un pas, facile à franchir…
Interrogé sur la rumeur concernant un équipage capturé par des pirates et relâché sur Taltern, l’homme se montre dubitatif, car il se demande où est passé cet équipage et pourquoi personne ne l’a vu passer à Szirp.
Alain et Atsukau, partis se promener dans le spatioport orbital, entendent dire que le Consortium des Négociants Floriani, entreprise de commerce interstellaire basée à Floria (Bras Troyen / Yggdrasil 0213), étend progressivement ses activités dans la région, et tente de se faire accorder un agrément commercial par l’Amas de Strend, jusqu’à présent sans succès.
Alors qu’ils prennent un verre dans un bar du spatioport, les deux aventuriers sont accostés par une vargr nommée Sue Ulo, une négociante indépendante actuellement basée à Szirp. Ses vêtements (tailleur pantalon à la mode, chemisier de couleurs vives, cravate criarde) indiquent qu’elle est financièrement aisée. Elle leur explique qu’elle a un besoin urgent de trouver une place à bord d’un vaisseau spatial, pour elle et deux tonneaux de cargaison. Elle doit impérativement retourner dans l’Imperium pour gérer une crise qui vient d’éclater. La situation est relativement complexe, mais en résumé son associée a réussi à se faire arrêter pour détournement de fonds, et elle doit donc gérer la réponse judiciaire. Elle propose de payer le double du tarif première classe, plus le tarif standard pour le transport de sa cargaison. Malgré tous ses efforts de persuasion, Alain et Atsukau refusent catégoriquement, expliquant qu’ils se dirigent dans la direction opposée. Visiblement déçue, leur interlocutrice prend congé en leur laissant sa carte de visite.

Une fois Perché Au Sec réparé, les aventuriers décident d’aller sur la planète pour ravitailler en hydrogène. Ils ont l’intention de demander l’autorisation d’écumer en mer, mais le contrôle du trafic aérien leur demande de se poser d’abord sur le spatioport bas. Alain obtempère. Mais à peine le vaisseau posé, une équipe des douanes (quatre personnes) se présente et demande à procéder à son inspection. Nos amis n’ont guère d’autre choix que d’obtempérer.
L’inspection est extrêmement pointilleuse, et Atsukau a l’impression que la responsable de l’équipe rajoute des choses aux observations relevées par ses subordonnés. Le verdict final est catastrophique : la responsable énumère une liste d’anomalies longue comme le bras, à corriger avant que le vaisseau ne soit autorisé à décharger une cargaison, faire du carburant, ou simplement reprendre l’espace. Les points principaux sont :
– contamination du système de ventilation (risque biologique léger à long terme) ;
– mauvaise calibration du répulseur antigrav bâbord avant (danger pour la circulation au spatioport) ;
– logiciels de secours du système avionique non à jour (défaut à corriger sans contre-visite) ;
– niveaux de contamination biologique inacceptables dans la zone de cambuse (risque biologique léger immédiat) ;
– système de régulation de l’injection en hydrogène trop lent. Coupure d’urgence défectueuse (danger pour la navigation).
Atsukau remarque que les membres de l’équipe d’inspection semblent surpris lorsque leur cheffe déclare que Perché Au Sec est trop dangereux pour voler. Les défauts signalés sont réels, mais tous sont bien en deçà des limites acceptables (par exemple, les filtres du système de ventilation ont été changés par Camille il y a une dizaine de jours seulement), alors qu’à la lecture du rapport d’inspection, on a l’impression que le vaisseau est une véritable bombe à retardement volante, qui risque de glisser de façon incontrôlable sur le tarmac s’il utilise ses répulseurs, ou tout simplement d’exploser à cause d’une fuite d’hydrogène.
Quoi qu’il en soit, Perché Au Sec ne sera pas autorisé à décoller tant que le problème de répulseur ne sera pas résolu (« et dans l’idéal, l’avionique devrait être mise à jour »). Il ne sera pas autorisé à ravitailler en hydrogène tant que le système de régulation de l’injection n’est pas révisé (« à vrai dire, s’il n’y avait pas un tel risque d’explosion, je vous demanderais bien de vider complètement vos réservoirs »), et il ne pourra pas décharger de cargaison tant qu’il sera considéré comme contaminé. De plus, les occupants du vaisseau ne seront pas autorisés à quitter son bord tant qu’ils n’auront pas, soit résolu les problèmes de contamination, soit subi un examen médical et une quarantaine d’une journée.
Camille étant persuadé que la douanière fait du zèle pour obtenir un pot-de-vin, Atsukau tente de la soudoyer, mais elle monte sur ses grands chevaux en hurlant à la corruption.

L’équipe des douanes quitte le bord, laissant nos amis fortement contrariés…

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Scout toujours !, épisode 7 : Les espions qui venaient du froid

Compte-rendu d’une partie de Traveller.
Remarque : la partie ayant été très longue et le rédacteur n’ayant presque pas pris de notes dans le feu de l’action, il n’est pas impossible qu’il y ait quelques légères divergences entre le récit ci-dessous et ce qui a réellement été joué. Ces divergences sont mineures et ne changent rien au déroulement global des faits.

Nous sommes le 130-1106. Alain Quiet et Camille Gallimar, revenus sur Motmos (Marches Directes / District 268 1340) chez leur ancien collègue, ami et actuel patron Gordon Philéas après le sauvetage des géologues sur Pavabid (Marches Directes / District 268 1238), s’apprêtent à repartir pour Glisten (Marches Directes / Glisten 2036), où ils doivent le rejoindre le 205-1106 (après avoir fait un crochet par Collace (Marches Directes / District 268 1237) pour le compte des Entreprises Philéas). Ils doivent participer à l’encadrement d’une expédition conjointe du Baraccaï Technum et des Entreprises Philéas dans l’Au-Delà (et plus précisément, dans le Bras Troyen), à bord d’un croiseur marchand de classe Léviathan. Gordon Philéas, qui quant à lui ne prendra pas part à l’expédition, partira plus tard et à bord d’un vaisseau plus rapide, et plus conforme à son statut de chef d’entreprise se piquant de traiter sur un pied d’égalité avec le Baraccaï Technum.
Les Entreprises Philéas devraient placer au minimum quatre personnes parmi les officiers du croiseur : outre les deux amis, il devrait y avoir Jean-Christophe Miciknik, l’un des sous-directeurs de la société, et Atsukau Arztrachan, un quadragénaire bien habillé et beau parleur que leur présente leur patron, et qui embarque avec eux à bord de Perché Au Sec (où il ne participe pas au fonctionnement du vaisseau, passant le plus clair de son temps à lire bien tranquillement dans sa cabine).

Après un passage sans encombre par le système de Trexalon (Marches Directes / District 268 1339), dont les aventuriers ont préféré risquer d’affronter les douaniers tatillons plutôt que de retourner dans le système de Pavabid, Perché Au Sec arrive dans le système de Collace, où il ravitaille en écumant l’atmosphère de l’unique géante gazeuse avant de se rendre au monde principal où se situe l’antenne locale des Entreprises Philéas. Là, Anton Croswell, le responsable du comptoir, leur confie un colis encombrant à livrer à un camp de géologues sur Mertactor (Marches Directes / District 268 1537). Il s’agit d’un matériel de forage, mesurant environ un tonneau, mais que sa forme biscornue rend plus encombrant.

Perché Au Sec atteint sa destination sans encombre, via Judice (Marches Directes / District 268 1337). Le système de Mertactor n’ayant pas de géante gazeuse, les aventuriers obtiennent l’autorisation de ravitailler en prélevant de l’eau dans la mer d’Elotal, située au nord du bassin de Paravent, avant de se poser sur le spatioport de Mertactor Bas, dans les contreforts de la crête de Rassad. La planète étant parcourue de vents violents qui soulèvent en véritables pluies de cailloux la poussière rocheuse (le drisk) qui couvre la majeure partie de sa surface, végétation et habitats humains ne parviennent à s’implanter durablement que dans les zones montagneuses, dont le relief les abrite des conditions atmosphériques ; et malgré cela, le tarmac du spatioport est entouré de palissades, les déflecteurs de tourbillons, servant à dévier vers le haut ce que véhicule le vent, afin d’en protéger les vaisseaux. D’autres palissades, amovibles, sont placées autour de chaque appareil après son atterrissage par le personnel spatioportuaire : des trous espacés régulièrement sur le tarmac sont destinés à accueillir les poteaux qui soutiennent ces protections.
Le matériel de forage est à livrer dans les monts Sephir, qui délimitent le bassin de Paravent à l’ouest (la crête de Rassad en constituant la limite orientale). Après avoir consulté les prévisions météorologiques et demandé l’avis des destinataires, Alain décide de les livrer en traversant le bassin au lieu de longer les deux chaînes montagneuses, aucune tempête de drisk n’étant annoncée dans les heures qui viennent. Pendant qu’il part avec son chargement (auquel s’ajoutent quelques vivres commandés par les géologues à une épicerie de Mertactor Bas) au volant de l’aéromobile, Atsukau s’occupe de reconstituer avec goût les provisions du bord, et teste les spécialités gastronomiques locales, en dépit du fait que beaucoup d’entre-elles soient à base de mer-rat, ce rongeur local pouvant atteindre une vingtaine de kilos, descendant du rat terrien. Camille se rend pour sa part à l’antenne locale des Entreprises Philéas, où il s’enquiert entre autres choses d’un bon restaurant pour la soirée, où il invite à dîner la responsable du comptoir, Geralda Nicopoulos.
Au camp des géologues, Alain est accueilli à bras ouverts et, une fois le matériel déchargé, est convié à un goûter festif où la bière coule à flots. Il parle un peu géologie avec Goulven Allory et son équipe, qui, tout en cherchant à comprendre la structure si particulière de Mertactor (qui, selon les méthodes de datation, n’aurait que 325.000 ans, ce qui conduit certaines personnes à penser qu’il pourrait s’agir d’un gigantesque Objet Ancien), espèrent découvrir ici un filon de minerai de lanthane.
Toujours inquiet de la météo, il décide de repartir par là où il est venu, bien que le vent soit un peu plus fort et que les géologues lui aient annoncé que les tempêtes de drisk ne sont pas prévisibles avec précision, ce qui n’est pas très rassurant. Il prend la précaution de remonter la capote de l’aéromobile. Alors qu’il n’est plus qu’à une vingtaine de minutes du pied de la crête de Rassad, il essuie un grain de drisk, qui recouvre son véhicule d’un fin dépôt sableux orange. Quelques impacts de particules plus grosses ont cabossé la carrosserie, la marque la plus importante étant un creux de la taille d’un petit œuf.

Alors que son camarade entre enfin dans les faubourgs de Mertactor Bas, Camille, au restaurant avec Atsukau et son invitée, est alerté par l’alarme anti-intrusions qu’il a installée à bord de Perché Au Sec. Les caméras de surveillance, reliées à son ordinateur personnel, lui montrent une, puis deux, puis cinq personnes qui ont pénétré à bord par la soute de l’aéromobile, vêtues de treillis camouflés dans des tons bleu-gris, casquées et armées de pistolets. Il prévient Alain puis, s’excusant auprès de Geralda Nicopoulos, retourne au spatioport avec Atsukau. Les deux hommes parviennent à décider le capitaine du spatioport d’envoyer l’équipe de sécurité auprès de leur appareil, mais celle-ci n’est constituée que de quatre hommes, peu armés et pas préparés à affronter un commando paramilitaire. Devant les informations qui leur sont fournies, ils décident d’attendre à l’extérieur du vaisseau pour cueillir les intrus à leur sortie. Ils interdisent à ses trois occupants légitimes de remonter à bord, en raison des risques ; d’autant que des trois, seul Alain est armé, d’un simple pistolet d’alarme qui se trouvait à bord de l’aéromobile.
Les aventuriers prennent contact avec la base du SIEI, située juste à côté du spatioport civil. À leur demande, le cadre de permanence, Jéroboam Tarabos, répond qu’il ne peut pas leur fournir d’armes, malgré leur statut de réservistes du SIEI et bien que ce soit pour protéger un vaisseau appartenant au SIEI, mais finit par leur dire de passer à la base. Là, et tout en répétant qu’il ne peut pas les équiper, il finit par laisser entendre que, si jamais Alain et Camille prenaient discrètement du matériel pendant qu’il regardait ailleurs, il ne s’en rendrait pas compte. Nos amis se font ainsi prêter quatre pistolets faible vélocité (conçus pour ne pas risquer de traverser les parois des vaisseaux spatiaux), quelques fumigènes colorés (destinés à l’origine à marquer des emplacement d’atterrissage, par exemple), et un taser. Une fois qu’ils se sont équipés, Tarabos insiste pour qu’ils lui ramènent les armes après utilisation, afin d’éviter les ennuis.
Observant les vaisseaux sur le tarmac du spatioport bas, Atsukau remarque que l’un d’entre-eux est reparti, mais également qu’un Beowulf (l’Astrakhan) s’y est posé depuis l’arrivée de Perché Au Sec. Camille en déduit que les intrus sont venus sur Mertactor à son bord.

Grâce aux images transmises par les caméras de surveillance, il peut suivre la progression des intrus au sein de Perché Au Sec. Ceux-ci se sont d’abord assurés que le Sulieman soit inoccupé, puis se mettent à le fouiller. Deux d’entre-eux sont à l’intérieur du poste de pilotage, qui est dépourvu de caméra, ce qui empêche le mécano de savoir ce qu’ils y font. Ils y passent un long moment, mais lorsque l’un des deux en sort pour se diriger droit vers la salle des machines, les aventuriers en déduisent que les intrus sont en train de préparer l’appareil au décollage. Utilisant les images transmises par les caméras de surveillance, ils parviennent à convaincre les hommes de la sécurité que le commando s’est séparé et qu’ils peuvent neutraliser certains de ses éléments en jouant de l’effet de surprise. Laissant un des leurs à l’extérieur au cas où les mystérieux visiteurs quitteraient le vaisseau, le chef de l’équipe et deux de ses subordonnés montent à bord avec nos amis, grimpant jusqu’au sas de l’aéromobile, dont la serrure avait été détruite à l’explosif par les intrus. Tandis que Camille déconnecte rapidement la porte menant de la salle commune à l’arrière de l’appareil, coinçant trois des intrus à l’avant, les hommes de la sécurité se rendent à la salle arrière bâbord, où ne se trouve qu’un seul indésirable, a priori occupé par sa fouille. Une fusillade éclate aussitôt. L’un des gardes est blessé et les deux autres se replient dans le corridor, l’un d’eux répliquant à l’intrus pendant que le chef a saisi son ordinateur personnel pour une communication.
Alarmé par les coups de feu, l’individu se trouvant dans la salle des machines en sort brusquement, mais les aventuriers l’attendaient et Atsukau l’atteint d’un tir de taser. Protégé par son treillis renforcé, il n’est pas affecté par la décharge, mais le vêtement n’est pas aussi efficace face au pistolet d’Alain. Grièvement blessé, il se replie dans la salle des machines, mais un bref échange de tirs le laisse sur le carreau. Malgré toute l’affliction que lui causent les détériorations causées à Perché Au Sec par le combat, Alain en profite pour récupérer son pistolet, plus puissant que celui emprunté au SIEI. Il trouve également sur lui des grenades, dont les marquages ne correspondent pas à ceux en usage dans l’Imperium, ainsi qu’une oreillette lui permettant probablement de communiquer avec ses camarades. Il tente d’écouter les conversations, mais constate qu’elles ne se font pas en frantic (Atsukau identifie la langue en question comme étant le sagamaal, la langue de Ceux de l’Épée).
Les caméras indiquent que deux des trois intrus se trouvant à l’avant du vaisseau se dirigent rapidement vers les lieux des combats, mais ils se heurtent à la porte bloquée par Camille. Alain et Camille se replient dans la salle des machines, dont ils referment la porte, et Atsukau s’abrite dans le sas de l’aéromobile, pendant que les deux hommes font sauter la porte au moyen d’une charge explosive, puis reprennent leur progression vers l’arrière d’une manière qui montre qu’ils sont manifestement entraînés au combat et habitués à opérer ensemble. Ouvrant brusquement la porte de la salle des machines, Alain et Camille font feu sur eux, blessant l’un des deux, avant de se retrancher à nouveau. Jetant fugitivement des coups d’œil à leurs ordinateurs personnels, ils voient sur les images des caméras que le premier intrus blessé est en train d’ouvrir la porte extérieure de la salle bâbord arrière. Une explosion retentit à l’extérieur, à la poupe du vaisseau, et nos amis craignent qu’il s’agisse de renforts venus soutenir leurs adversaires. Par la porte extérieure de la salle des machines, Alain parvient à abattre le fuyard, mais il constate que le garde resté seul dehors gît inanimé.
Ne se sentant pas de taille à faire face à une équipe de commandos professionnels, Alain et Camille décident de quitter le vaisseau par l’ouverture arrière de la salle des machines, sous le couvert d’un fumigène, tandis qu’Atsukau sort par le sas de l’aéromobile. Camille administre les premiers soins au garde inconscient, polytraumatisé et nécessitant des soins autrement plus lourds. Alain se positionne de façon à surveiller les ouvertures arrière de l’appareil et celle de la soute, qui s’ouvre peu après. Un homme descend le plan incliné et part en courant dans la nuit, bien qu’Alain le touche de deux balles. Son comparse, déjà blessé, jette une grenade pour couvrir sa fuite, contraignant Alain à s’éloigner en courant et à se jeter à terre derrière l’un des déflecteurs de tourbillons qui entourent Perché Au Sec. Après l’explosion, il se lance à la poursuite du fuyard et parvient à le neutraliser au moyen de quelques tirs.
Afin d’empêcher le dernier intrus de fuir par le sas, Atsukau se pose sur l’écoutille avec l’aéromobile. Sur ces entrefaites arrivent les forces de l’ordre mertactoriennes, appelées par le chef de la sécurité du spatioport et qui ont mobilisé des moyens importants : aéromobiles blindées de la police et encerclement du spatioport (et sans doute aussi par les occupants des autres vaisseaux présents) par un détachement du régiment d’infanterie gravitique de Rassad. Des annonces diffusées par haut-parleurs dans tout le spatioport intiment l’ordre à toute personne présente de déposer ses armes et de ne plus bouger. Comme tous les individus présents sur le tarmac ou à bord d’un vaisseau stationné, nos trois amis sont embarqués en garde à vue et subissent un interrogatoire, à l’issue duquel ils sont incarcérés. Les choses semblent bien mal engagées pour arriver à temps à Glisten pour leur rendez-vous, d’autant que Perché Au Sec a subi des dégâts lors du combat.

Du peu d’informations qui leur parviennent en cellule, l’affaire semble beaucoup plus importante qu’une simple fusillade : il est question de vol de secret militaire, et les aventuriers sont au premier rang des suspects, la principale question étant de savoir s’ils sont voleurs, receleurs, ou complices. Mais l’implication du Renseignement Stellaire dans l’enquête lui permet de progresser relativement rapidement, et au bout de dix jours nos amis sont libérés sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux. Ils n’auront jamais le fin mot de l’histoire, mais de ce qu’ils ont pu apprendre lors de leurs interrogatoires, à leur libération par le capitaine de frégate Vincent Brécourt, du Renseignement Stellaire, puis dans les médias, ils parviennent à reconstituer les grandes lignes de l’affaire : un prototype de système de guidage inertiel des missiles spatiaux, dérobé dans une base stellaire dont l’emplacement ne leur a pas été révélé mais où aucun d’eux ne se trouvait au moment du vol, était dissimulé dans un compartiment secret à l’avant de Perché Au Sec. Les coupables présumés sont les quatre précédents détenteurs du vaisseau, ceux-là même qui l’avaient laissé sur Walston (Marches Directes / District 268 1232). En examinant les photos qu’on leur montre, Alain et Camille reconnaissent les deux individus avec lesquels ils avaient eu maille à partir quelques temps plus tôt sur Tarse (Marches Directes / District 268 1138) : celui tué par Alain et celui abandonné, grièvement blessé, dans la plaine de Nob. Il ne s’agissait donc pas d’hommes de main des ranchers locaux, comme ils l’avaient cru à l’époque…
Le prototype aurait dû être remis à la Confédération des Mondes-Épées, mais la panne du vaisseau sur Walston, puis son changement de détenteurs, ont perturbé les plans initiaux, et permis finalement de les déjouer.

Dès leur sortie de prison, les aventuriers font envoyer un message vers Glisten pour prévenir Gordon Philéas que suite à ces évènements, ils auront une quinzaine de jours de retard. Après avoir fait procéder à des réparations rapides de Perché Au Sec, ils reprennent finalement leur route et, via Égypte (Marches Directes / Glisten 1737) et Overnale (Marches Directes / Glisten 1937), atteignent finalement Glisten le 220-1106… Quinze jours après la date prévue pour le rendez-vous.

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Le vent est brusquement retombé

J’avais trouvé bizarre, quand j’avais voulu illustrer les récents billets consacrés à The Celestial Empire et à Wind on the Steppes, de ne pas en trouver les visuels de couverture sur le site d’Alephtar Games.
J’avais mis ça sur le compte d’un site mal foutu ; mais il semble en réalité qu’il y ait eu une rupture (amicale ou non, je l’ignore, et les sites des deux éditeurs ne semblent pas en parler, ce qui ne me rend pas optimiste) entre Alephtar et Chaosium, l’éditeur du Basic RolePlaying.
Comme quoi, j’avais bien fait à l’époque de précommander Wind on the Steppes, car si la situation devait en rester là, il n’aura eu qu’une durée de vie commerciale bien courte.

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