Ça se passe dans le secteur du Cœur (Core en V.O.), mais ça serait assez facile à déplacer ailleurs, moyennant quelques adaptations. Les PJ partent à la recherche d’une scientifique sur le point de faire un progrès majeur concernant les anagathiques, qui a disparu. C’est correct.
Adaptation officielle à Dungeon Crawl Classics de la série de romans post-cataclysmique fantasy éponyme (de Fred Saberhagen)
Le cadre est l’Amérique du Nord un certain temps après une guerre nucléaire mondiale où un super-ordinateur dans chacun des deux camps a empêché les bombes atomiques d’exploser, créant à leur place des créatures démoniaques ; en très résumé. Il y a un empire maléfique à l’est, et l’empire des gentils à l’ouest. Ç’aurait très bien pu être un supplément pour Mutant Crawl Classics, on nous explique d’ailleurs que c’est estampillé DCC et non MCC pasque MCC est une variante de DCC, mais que l’utiliser avec MCC est aisé. Contrairement à d’autres adaptations rôludiques d’œuvres (dans la gamme GURPS en particulier), Empire of the East est loin d’être exploitable par quelqu’un qui ne connaitrait pas l’œuvre dont il est tiré : il est donc à réserver à ses fans. C’est quelque peu regrettable. Le contexte est à peine présenté, et l’essentiel de cette présentation c’est les personnages principaux des romans (qui sont tous vachement balèzes donc ne seront pas forcément les plus utiles pour le MJ). Pour le reste, on a surtout dans le bouquin des sorts. Il y a aussi deux scénarios, pour persos de niveau 0 ou 1 ; le premier est un bête scénar d’initiation très simple et le second un tout petit dungeon linéaire. C’est pas de la SF (en tous cas pas selon ma définition du genre), je ne connais pas les bouquins dont c’est tiré et ça ne m’a pas donné envie de les lire (d’ailleurs je pense qu’ils ne seraient pas à mon goût), c’est pas pour moi. C’est clairement destiné à un public connaissant et appréciant les romans, et ça n’est guère intéressant autrement.
Viennent de mourir, avant-hier David Palmer, qui fut claviériste de Jethro Tull et allait avoir 89 ans, et hier Anne Schedeen, qui jouait Kate Tanner dans Alf et en avait 77.
Le 31 mai est passé, ce n’est donc plus le jour de trouver (difficilement) un moment dans mon emploi du temps de plus en plus surchargé pour vous présenter un JdR de SF injustement méconnu. Mais j’ai quand même fait l’effort de boucler ce que j’avais commencé à vous préparer pour la date fatidique, et vais donc vous dire quelques mots cette année d’
Empires & Dynasties
J’ai eu beaucoup de mal à trouver de quoi illustrer ce billet…
Du système de règles, que je n’ai que peu utilisé, je n’ai guère de souvenirs. Il y avait des caracs, des compétences qui en découlaient (avec des scores en pourcentage), une table de résolution et un système d’expérience qui permettait d’apprendre de certains de ses échecs. Je me souviens aussi que si des personnages avaient un enfant, les caractéristiques de ce dernier dépendaient de celles de ses parents. Évidemment, j’aurais pu me replonger un peu dedans pour rédiger ce billet, mais j’avais déjà suffisamment de retard comme ça. Disons en résumé que c’est un système correct, sans complexité particulière, et raisonnablement simulationniste. Le genre de choses qui ne serait absolument plus à la mode à notre époque, mais moi, vous savez, les modes, hein…
La deuxième édition du jeu a eu un petit suivi. Les éditions Dragon Radieux ont d’abord publié les deux premiers suppléments de la série des Anashiva Reahna (archives reahniennes), respectivement en 1988 et 1989 : L’art de la guerre, principalement consacré à l’armée impériale, et La Mangoranii, qui décrivait la province méridionale de l’Empire. Tous deux étaient illustrés par Guy Roger et accompagnés chacun d’une carte de PDP. Puis l’éditeur coula, et il fallut attendre 1992 pour que le troisième volume, Périple en Amodan, paraisse aux Presses du Midi (sans grande carte de PDP, il n’y en avait qu’une plus petite en pages centrales, ni illustrations de Guy Roger). Tous ces suppléments (ainsi que la deuxième édition du jeu lui-même) sont téléchargeables légalement sur Rêves d’Ailleurs (faut être inscrit, évidemment).
Le supplément suivant, Questions pour un Empire (QP1E), parut en 1994 chez Tamise Productions, une boîte montée par PDP me semble t-il. Casus Belli lui avait consacré une tête d’affiche dans son numéro 86 (avril mai 1995), mais l’ouvrage s’avéra impossible à trouver en ce qui me concerne, et ce n’est que sept ou huit ans plus tard que je réussis à m’en procurer une copie (grâce à un sympathique internaute helvète dont j’ai hélas perdu la trace depuis). D’autres suppléments étaient annoncés à peu près à la même époque, mais ils ne parurent jamais.
Mais revenons en à QP1E. Le contenu de ce supplément introuvable à l’époque aurait à mon sens dû être incorporé au jeu lui-même, ou alors il aurait fallu le publier dans la foulée du jeu et avec une diffusion permettant à tous les amateurs de mettre la main dessus. Car il dévoilait les secrets du contexte du jeu (secrets dont à la seule lecture du jeu on ne se doutait guère qu’ils existaient) ainsi que les bouleversements que ledit contexte allait connaître dans les deux siècles à venir ; et c’est rien de dire que vouloir respecter la vision de l’auteur allait foutre en l’air tout ce que les amateurs du jeu avaient pu imaginer précédemment à cette lecture. Car dans QP1E, on apprenait que l’Empire (le cadre dans lequel la plupart des tablées plaçaient probablement leurs campagnes, car c’était de loin la zone la mieux décrite, y compris sa structure sociale au sein de laquelle on pouvait espérer s’élever au fil de la progression de la dynastie de ses persos ; et si on ne jouait pas dans l’Empire, on jouait probablement alors dans les régions que son armée tentait d’annexer, comme le décrivaient certains suppléments) allait connaître d’importants bouleversements à partir des années 5820 (soit une vingtaine d’années seulement après la date à laquelle le jeu lui-même décrivait son contexte : même pas une génération, dommage pour un jeu dynastique…), bouleversements socio-économiques, mais aussi technologiques, qui transforment en profondeur le cadre du jeu, le faisant passer de quelque chose de relativement stable, pour ne pas dire figé, comme le sont la plupart des contextes de JdR (au moins sur une aussi courte période), à un cadre en profonde évolution (mutation ?) ; ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, bien au contraire même, car qui dit bouleversements dit généralement accroissement des possibilités d’aventures, mais n’était absolument pas le « contrat tacite » proposé par le jeu de base et sur lequel les quelques amateurs restant d’E&D avaient construit des choses, faute de pouvoir s’appuyer sur des infos auparavant inexistantes dans la gamme… À partir de ce point de rupture, j’aurais bien aimé savoir quelle était la proportion de joueurs ayant suivi l’évolution officielle du jeu, celle ayant bifurqué pour continuer avec leur propre vision des choses, et celle ayant décidé de jeter l’éponge ; malheureusement, nous parlons là d’un JdR injustement méconnu, et je doute que la population des pratiquants d’E&D ait été très élevée en 1994, et encore moins au début du présent siècle (en 2003 ?) lorsque PDP mit à disposition sur internet un *.pdf de QP1E ne présentant que des différences très minimes (ce qui doit être un pléonasme…) avec l’édition de 1994 (de mémoire, la version électronique contient une illustration pleine page qui ne figurait pas dans la version papier, mais n’en reprend pas l’illustration de couverture). J’étais le fondateur de la (défunte) liste de diffusion dédiée au jeu, je ne crois pas qu’elle ait jamais compté plus de vingt inscrits (mais j’ai la flemme d’aller fouiner dans mes archives voir si j’ai conservé des données à ce sujet). Bref, je suppose que tout le monde ou presque se classait dans la troisième catégorie…
Probablement encouragé par l’existence de la liste de diffusion en question (sur laquelle il s’était d’ailleurs inscrit), PDP entreprit de relancer E&D, et publia en 2010 deux nouveaux suppléments (aux Éditions Durand-Peyroles), à un format guère pratique à mes yeux (14,7 × 20,8 cm environ, dos carré) : une nouvelle édition de QP1E (au contenu quasiment identique à celui de la première, mais avec pas mal de coquilles) ; et La gloire des étoiles, décrivant l’Histoire très ancienne de Reah (mais aussi de notre propre Terre), une époque bien trop lointaine pour que l’ouvrage présente un réel intérêt. Un troisième supplément au même format suivit, mais seulement en 2019 (chez AllenBooks, qui doit être la nouvelle maison d’édition fondée par PDP) : Les âges de cendre, qui poursuivait le topo historique mais avec des éléments plus récents (ou en tous cas moins anciens), donc plus intéressants dans une optique d’exploitation rôludique.
Et c’est tout (si l’on excepte quelques scénars et articles (dont une intéressante description de la ville d’Aren en Mangoranii, où se trouve une école vétérinaire) parus à l’époque dans Dragon Radieux (tous n’étant pas dus à PDP), et une épreuve du feu (critique, aide de jeu et scénario) dans Casus Belli n° 46 (troisième trimestre 1988)). Pour être tout à fait exact, il y a eu aussi un roman écrit par PDP, Aventures fabuleuses d’un flibustier, qui si j’ai bien compris débute sur notre Terre à la grande époque de la flibuste, et emmène son personnage principal sur Reah. Je ne l’ai pas lu et n’ai pas jugé utile de me le procurer, je ne saurais donc vous en parler.
Quant à l’avenir du jeu, il fut un temps où PDP évoquait sur internet ses projets de grandeur, avec une nouvelle édition devant sortir simultanément en anglais et en français, et d’autres suppléments ; mais rien de tout cela ne s’est concrétisé, et les dernières infos sur lesquelles j’ai pu tomber datent de janvier 2023 (et évoquaient un nouveau système de règles). Depuis, plus rien, et le site officiel a même disparu, comme je le signalais plus haut. Je doute donc que quoi que ce soit de tout ça finisse par voir le jour, mais après tout, il s’est bien écoulé neuf ans entre les deux derniers suppléments, donc on ne peut pas exclure un nouveau sursaut d’activité…
Pour moi, Empires & Dynasties est l’exemple type (ou un des exemples type) de ce qu’il ne fallait surtout pas faire en matière de gamme de JdR : un jeu avec des secrets dont on ne se doute même pas qu’ils existent, secrets seulement publiés deees années plus tard (et en outre, difficilement trouvables) ; un auteur qui est le seul contributeur de la gamme (hors revues), la verrouillant ainsi (volontairement ou non ; je vais lui laisser pour cette fois le bénéfice du doute) dans une seule et unique vision des choses, bien éloignée de ce que pouvaient s’imaginer les amateurs du jeu en le découvrant ; un jeu se voulant dynastique mais plaçant son action à l’orée d’une période de bouleversements dont rien n’était dévoilé dans la boîte (ou le livret) de base. Un suivi erratique et une disponibilité faible, pour ne pas dire nulle, de QP1E (le supplément pourtant essentiel), n’ont pas aidé à faire émerger E&D de sa confidentialité, malgré tout son potentiel, et justifient donc son inclusion dans le cercle très sélect des JdR de SF injustement méconnus, quand certains avaient pourtant rêvé en le découvrant à sa sortie de tenir là le Glorantha français. Dommage…
Réunion au siège hier. Exceptionnellement, la directrice adjointe (qui oublie systématiquement l’adjectif « adjointe » quand elle se désigne sous son titre) était présente, pour nous expliquer pourquoi on allait devoir subir une réduction d’effectifs (mon équipe n’est heureusement pas concernée, on a déjà assez de problèmes de personnel comme ça). Dans les notes que je prenais pour faire un compte-rendu de ce qui s’était dit à mes subordonnés, j’avais résumé son intervention par une phrase bien connue de Coluche (tellement bien connue que si ça se trouve je l’ai simplement paraphrasée) :
Dites nous ce dont vous avez besoin, et on vous expliquera comment vous en passer.
Eh bien figurez vous qu’en se défaussant sur d’autres pour justifier nos difficultés financières, elle a osé elle aussi reprendre cette même phrase. Ça ne m’a même pas fait sourire…