Kro en résumé : Valérian et Laureline

Valérian et Laureline

Série animée franco-japonaise de quarante épisodes d’environ 25 mn, datant de 2007 et inspirée de la bande dessinée originale de Jean-Claude Mézières et Pierre ChristinvalerianetlaurelinedvdInspiré est un terme un peu faible, car la série ne reprend pas l’intrigue des BD, juste les deux héros et quelques personnages secondaires (dont monsieur Albert, dans un rôle crucial mais qui n’a rien à voir avec ce qu’il est dans les BD).
Je vais sans doute vous surprendre, mais à part monsieur Albert et le changement de la coupe de cheveux de Laureline (et accessoirement, le fait que son nom soit généralement prononcé « Lorline » et pas « LorEUline »), je n’ai pas spécialement été choqué (à part pendant le tout premier épisode, qui m’a cueilli à froid et mis dans de mauvaises dispositions ; et aussi par l’emploi de « météorite » pour désigner des cailloux dans l’espace).

J’ai quand même trouvé le premier épisode en grande partie affligeant : c’est vraiment un épisode fait pour des gamins (et uniquement pour des gamins). Heureusement, la suite de la série est nettement meilleure, bien que quand même destinée avant tout à un public jeune (pas mal d’épisodes deviennent gonflants par moments pour un adulte blasé et cynique ; et plus encore quand les personnages font des conneries qui les feraient crever vite fait dans n’importe quel JdR). Et puis niveau SF ça vole souvent encore moins haut (plus fantastico-merveilleux-n’importequoiesque) que les BD. En fait, c’est un peu le même problème qu’avec « Il était une fois… l’espace » : pour un public adulte, c’est quand même vraiment léger.

Dans le premier épisode, en 2417 (au lieu de 2720 dans la série, ce qui, je vous l’accorde, m’a quand même gratté d’entrée), l’aspirant Valérian, pour devenir agent spatio-temporel, n’a plus qu’un test à réussir : aller faire un tour dans le passé sans le modifier. Mais une fois en l’an 912 (au lieu de l’an mil dans la série, ce qui, je vous l’accorde, a continué à me gratter), il se retrouve impliqué malgré lui avec une certaine Laureline, qui finit par monter à bord de son spatio-temps (simplement posé en pleine forêt, bonjour la discrétion : ça aussi, ça m’a gratté). Mais une fois de retour en 2417, la Terre a disparu. Valérian pense que c’est son interaction avec Laureline qui a modifié le passé et causé cette disparition.
Désormais les deux seuls Terriens de « la galaxie » (alors qu’il est parfois question de plusieurs galaxies…), les héros (qui ne sont pas en couple, ce qui est un peu perturbant au début quand on interprète encore ce qu’on regarde via le filtre des BD, mais permet des interactions intéressantes, car aucun des deux ne veut reconnaître qu’il est amoureux de l’autre) se mettent à la recherche de leur planète, en commençant bien évidemment leur quête à « Point Central, capitale de la galaxie » (où les méchants Vlagos et les gentils Aldébarans se livrent une lutte politique pour le contrôle de « la galaxie »). Les activités des héros se partagent entre trois domaines qui sont plus ou moins liés : retrouver la Terre, entraver l’expansion irréversible des Vlagos, et gagner quelques poignées de bloutoks pour pouvoir subsister. Bien sûr, tout s’accélère et se dénoue dans les derniers épisodes… Avec quelques faiblesses certes, mais compte-tenu de l’âge du public-cible, j’ai trouvé ça plutôt pas mal.

Les créateurs de la série ont eu la mauvaise idée de donner à tous les épisodes un titre contenant « temps » er n’ayant rien à voir avec le contenu, ce qui fait que tous les titres se ressemblent et qu’on ne sait pas sur la seule base de son nom ce qui se passe dans un épisode, ce qui n’est absolument pas pratique pour s’y retrouver dans la série, surtout si on voulait se refaire un épisode précis.

Si vous cherchez une adaptation des BD à l’écran, vous risquez d’être profondément déçus (je pèse mes mots : si vous n’êtes pas capables de vous dégager de l’influence des BD et si vous les avez appréciées (au moins jusqu’à Sur les frontières), abstenez vous). Si par contre vous voulez voir ce que donneraient les deux héros de la série dans une intrigue complètement différente (et sans être en couple), et à condition d’être capables de supporter du dessin animé pour bien plus jeunes que vous, ça pourrait vous intéresser (du reste, je pense que les épisodes les plus intéressants sont ceux où on ne retrouve pas un ou deux éléments des BD, importés plus ou moins artificiellement pour tenter de faire un lien qui n’a pas vraiment lieu d’être, puisqu’au final ça n’a rien à voir avec les albums dont ils sont issus).

Publié dans J'ai pas la télé, Kros | Marqué avec , | Laisser un commentaire

Pas en phase avec la musique

C’est ce que je pourrais dire de moi suite à mes dernières écoutes de disques récents.

Les Wampas font la gueule, des Wampas (!), pour commencer.wampasfontlagueuleOh, il est correct, me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Mais il aurait tout aussi bien pu s’appeler « Les Wampas tournent en rond ». C’est le même son que sur les précédents albums, et donc, je ne dois plus vraiment être dans le bon trip.
Extrait :

Between Wine and Blood, de New Model Army, ensuite.betweenwineandbloodLui aussi est correct, il serait même plutôt pas mal dans le fond, mais là encore, j’ai l’impression de ne pas avoir été dans le bon état d’esprit pour vraiment l’apprécier à sa juste valeur.
Extraits :

Publié dans Zique | Marqué avec , | Laisser un commentaire

Défi 2014 : scénario n° 16, les commentaires

Ce tirage était le trentième de la série.

Au départ, je prévoyais de le développer pour Blue Planet. Mais ayant finalement utilisé ce contexte pour mon dix-huitième tirage (et sixième scénario), j’ai pu le recycler pour Dark Conspiracy.
En fait de Dark Conspiracy, je n’ai fait appel à aucun des éléments surnaturels du jeu, à part la vague mention de demongrounds en toile de fond. Du coup, c’est plus sur l’aspect futur proche du jeu, sur son côté cyberpunk mettant beaucoup plus l’accent sur le -punk que sur le cyber-, sur son côté anticipation sociale tellement visionnaire qu’il en est parfois glaçant, que le scénario s’appuie. Du coup, son recyclage vers d’autres futurs proches serait assez simple.

L’histoire devait au départ être un peu différente : ça devait se passer sur une île (dans l’État d’Hawaï pour Dark Conspiracy), une entreprise pharmaceutique ou chimique devait contaminer accidentellement une partie de l’île, provoquer l’évacuation des quelques habitants sous un prétexte fallacieux, et tenter de décontaminer une fois la zone désertée, avant que les autorités ou les journalistes (ou qui que ce soit d’autre) ne réalise ce qui se passait vraiment. N’étant pas particulièrement inspiré par cette première piste, j’ai déplacé tout ça vers la côte ouest des États-Unis et jeté mon dévolu sur la région de la Palouse (qui m’a ensuite permis quelques jeux de mots laids).

Je ne suis pas complètement satisfait de mon œuvre, mais tant pis : c’est un problème que j’ai rencontré plusieurs fois lors de ce défi : en m’évertuant à vouloir coller au mieux aux tirages sur le giannirateur, je me suis parfois retrouvé avec des créations un peu bancales, ou alambiquées. Comme je l’ai expliqué dans un bilan sur le défi 2014, j’ai fait ce qu’il ne faut surtout pas faire : considérer le résultat du tirage comme une fin en soi, et non comme un moyen d’atteindre l’objectif (qui était d’écrire un scénario). C’est qu’inconsciemment, outre le défi des quarante scénarios, je m’étais imposé un second défi sous-jacent, qui était d’utiliser au mieux (au plus proche) les tirages du giannirateur, histoire d’en démontrer une fois de plus (si besoin était) l’efficacité. Je pense que si mon seul et unique but avait été d’écrire un scénario, j’aurais pris certaines libertés avec le résultat des tirages, ou j’en aurais refait certains.

Publié dans JdR | Marqué avec , , , | Laisser un commentaire

Défi 2014 : scénario n° 16 : Palouse interdite

Scénario pour Dark Conspiracy.

Ce scénario ne faisant pas appel aux éléments fantastiques du contexte de Dark Conspiracy, il peut assez facilement être adapté vers des contextes « futur proche sombre », de type cyberpunk.

Si vous êtes censés participer à ce scénario en tant que joueurs, ne lisez pas plus loin…

Tout le monde veut jouer sur la Palouse

Les personnages se trouvent actuellement dans la Palouse, une région de prairies céréalières à cheval sur les États de l’Idaho, de l’Oregon et de Washington (et dont, si l’on se fie à la carte de la première édition du jeu page 66, une partie est constituée de demongrounds). Ils sont sur le trajet de la route I-90 qui relie Seacouver à New Boswash, plus précisément quelque part entre Spokane (WA) et Cœur d’Alene (ID). La raison de leur présence sur place est liée à leur implication dans l’opposition à la mainmise croissante de l’agricorp Soft White Co sur les terres de la région : ils peuvent être des autochtones (agriculteurs, survivalistes ou autres) refusant de céder leurs terres, des activistes environnementaux luttant (pacifiquement ou non) contre l’entreprise, des journalistes couvrant la situation sur place, etc…

Soft White Co est une puissante agricorp américaine qui, confrontée à l’épuisement des sols surexploités et à la pollution de plus en plus étendue, est à la recherche de nouvelles terres à cultiver. Acquérir celles qui sont encore exploitées par de petits agriculteurs indépendants, ou qui servent de refuge à des survivalistes tentant de vivre en autarcie, lui permettrait de gérer plus efficacement la Palouse (dont elle détient déjà l’immense majorité), sans que ses machines agricoles automatisées soient contraintes à contourner ce qui ne sont à son échelle que des confettis de terrain, et elle mène donc depuis quelques temps une politique extrêmement agressive pour inciter les derniers irréductibles à lui céder leurs parcelles, à bas prix cela va sans dire.

Si le grand public (ou du moins, la mince fraction du grand public qui s’intéresse au sujet) est focalisé sur la tentative de mainmise de Soft White Co sur les dernières terres « disponibles » de la région, une autre mégacorporation convoite également le même territoire : la Montana Thrust Oil Corporation, une société pétrolière qui exploite des gisements de gaz et de pétrole de schiste dans une bonne partie des Montagnes Rocheuses. MTO Corp souhaite réaliser dans la zone des forages prospectifs, par fracturation hydraulique : le sous-sol ne devrait sans doute pas être très riche en hydrocarbures, mais le besoin restant élevé et les gisements déjà exploités s’épuisant les uns après les autres, il devient de plus en plus rentable de s’intéresser à des dépôts de taille réduite et d’exploitation difficile.
L’impact environnemental néfaste de la fracturation hydraulique ayant été largement mis en évidence sur d’autres sites, toute nouvelle tentative de prospection sur le territoire américain se heurte systématiquement à une levée de bouclier des populations locales, que les entreprises pétrolières doivent combattre à coups d’études d’impact et d’indemnisations coûteuses, et il y a récemment eu plusieurs cas, en Géorgie et dans le sud de l’Idaho notamment, où les opposants ont obtenu gain de cause et réussi à empêcher les forages prospectifs.
Pour cette raison, MTO Corp a choisi de faire profil bas et, partant du principe qu’en l’absence de population locale, il ne pourrait y avoir opposition des autochtones au projet, a décidé de traiter le problème par la racine : en faisant disparaître les autochtones. Pas question de le faire par la manière forte, toutefois : la compagnie veut jouer beaucoup plus finement et provoquer le départ volontaire des habitants du secteur qu’elle souhaite sonder, grâce à un mouvement de psychose savamment orchestré par les médias.
Pour ce faire, MTO Corp a élaboré le plan suivant : mettre en scène la dissémination d’un virus mortel hautement pathogène s’échappant d’un laboratoire de virologie de l’université de l’Idaho, à Moscow. La ville de Moscow étant à cheval sur des demongrounds, une partie du campus est désormais mal entretenue, et la libération de l’agent pathogène sera assez facile à justifier, ce qui évitera une enquête policière poussée.
Le virus incriminé est le cardiovirus humain de type II, une variante créée en laboratoire du cardiovirus de l’encéphalomyélite porcine (appartenant à la famille des Picornaviridae), qui affecte les porcs, mais aussi et surtout les humains, il est responsable d’une encéphalomyélite, d’une myocardite, d’un syndrome fébrile et de mort subite ; parmi les autres symptômes, observés chez les rares patients n’ayant développé qu’une forme bénigne de la maladie et ayant survécu, citons une gastro-entérite hémorragique, un syndrome grippal, une paralysie flasque et des avortements. Le virus est excrété par les malades dans l’air qu’ils expirent, mais aussi dans la salive, les excréments, l’urine et toutes les sécrétions, le sang ; les cadavres restent virulents pendant des mois. Il résiste longtemps dans l’environnement et peut être propagé par les véhicules, les objets et animaux sur lesquels il s’est déposé, et même par le vent sur bien plus d’une centaine de miles. La plupart des désinfectants sont inefficaces sauf à très forte dose, et il n’existe aucun traitement pour les malades. Bref, un instrument idéal pour provoquer l’évacuation de la queue de poêle idahoaine presque jusqu’à la frontière canadienne.
En réalité, le virus qui a été disséminé par MTO Corp (à partir du laboratoire universitaire, mais aussi au moyen d’épandages par avion) est une version modifiée du cardiovirus de type II, qui résiste beaucoup moins bien dans l’environnement que son ancêtre (il est détruit au bout d’environ quarante heures hors d’un hôte), ce qui permettra aux gens de la corporation de « prendre possession » des lieux sans risque pour y mener les opérations de sondage.
Il est à noter qu’en plus des porcs et des humains, les Rongeurs aussi peuvent servir de réservoir à cette variante du virus, un fait que les chercheurs qui l’ont étudié jusqu’à présent ignorent (en laboratoire, il cause des mortalités foudroyantes chez les Rongeurs, mais dans la nature, certains individus peuvent être porteurs sains ou excréter le virus avant de présenter les symptômes) ; la conséquence est que le cardiovirus restera endémique dans la zone, et s’étendra progressivement aux régions alentour, une situation qui n’avait pas été prévue par les brillants cerveaux ayant eu l’idée de cette contamination.

La première phase du plan de MTO Corp se passe conformément aux attentes, et se traduit donc par une épidémie causant des décès brutaux. Des prélèvements sont réalisés (par des médecins dont certains succomberont eux-mêmes à la maladie dans les jours suivants) et envoyés au CDC d’Atlanta, qui identifie le cardiovirus type II pendant que l’épidémie prend de l’ampleur et gagne vers le nord en raison des vents dominants.
Les autorités se veulent dans un premier temps rassurantes, alors que la peur gagne la population et que l’épidémie s’étend ; mais des journalistes (dont certains travaillent en fait pour MTO) avancent l’hypothèse du cardiovirus de type II, ce qui provoque un début de panique ; et dès la confirmation par le CDC, l’exode de la population se fait en masse, bientôt facilité par la mobilisation de la Garde Nationale qui tente d’organiser l’évacuation de la zone.

Veuillez sortir de la Palouse !

Les personnages, étant sur place, seront tôt ou tard pris dans les évènements. Sauf s’ils adoptent des comportements « à risque », ils ne seront pas contaminés eux-mêmes, mais leur entourage n’aura pas forcément cette chance. Il est donc probable qu’ils viennent tôt ou tard grossir le flux de l’exode, soit vers le nord (et la frontière canadienne) ou vers l’ouest (et la conurbation de Seacouver) (aller vers le sud ou l’est serait s’enfoncer plus profondément dans la zone touchée par l’épidémie).
S’ils ont suivi le flot des gens qui fuient vers le Canada, ils auront la mauvaise surprise de constater que la frontière est fermée à l’est de Seacouver sur toute la largeur de la Colombie Britannique, et que des militaires canadiens en tenue de guerre bactériologique la surveillent étroitement (ce qui sera prouvé lorsque des émigrants tentant de passer discrètement la frontière seront capturés sans ménagement, voire tués par les soldats ; si les personnages tentent eux-mêmes leur chance, il y a gros à parier qu’ils seront refoulés eux aussi).

S’ils restent sur place, ils seront probablement ramassés par la Garde Nationale, qui organise (avec un peu de retard sur le mouvement de foules spontané) l’évacuation des populations restées sur place, embarquées dans des camions militaires à destination de Seacouver.

S’ils partent vers l’ouest, ils devraient aboutir à Seacouver. La conurbation, déjà très densément peuplée, doit faire face à l’afflux d’environ 300.000 réfugiés, dans la masse desquels les personnages seront peut-être noyés. Les déplacés, en grande majorité rassemblés dans des camps de fortune installés sur des terrains militaires, tentent tant bien que mal de s’organiser, puisque les autorités sanitaires affirment que la Palouse sera probablement inhabitable pendant plusieurs années.
La cohabitation avec les habitants de la conurbation sera parfois houleuse : les confrontations, voire les bagarres, entre des réfugiés et des marins plus ou moins ivres qui les accusent d’être responsables de tous les maux de la société (chômage, etc…) deviendront rapidement de plus en plus fréquentes sur le port de Seacouver.

Très vite, des doigts accusateurs se tendent pour désigner un responsable à la situation : Soft White Co, à qui tout cela va profiter, puisque les terres qu’elle convoitait sont désormais abandonnées et que ses machines agricoles robotisées peuvent continuer à cultiver la région sans risquer d’être elles-mêmes contaminées. Les autochtones qui se retrouvent perdus à Seacouver sans ressources ni travail feront beaucoup moins de difficultés à vendre à l’agricorp les terres qu’ils viennent de quitter en échange d’argent qui leur permettra de subsister et de refaire leur vie dans la conurbation. Et Soft White Co finançait le laboratoire de virologie de l’université de Moscow, qui effectuait des recherches sur divers virus pathogènes pour les céréales. Il est donc manifeste pour beaucoup de victimes, que l’entreprise est à l’origine de la catastrophe, et certains déplacés souhaitent la traîner en justice, au moins pour obtenir un dédommagement. Mais pour cela, il faut des preuves…

Retour sur la Palouse

Les personnages devraient fort logiquement chercher à retourner sur place afin d’en rapporter de quoi incriminer irréfutablement Soft White Co.
L’accès à la région contaminée est théoriquement interdit ; mais sa traversée reste tolérée sur les grandes voies de communication telles que l’I-90, à condition de ne pas s’arrêter (une condition impossible à faire respecter, malgré quelques véhicules qui patrouillent sur la route et dans les airs). Quitter la route sans être repéré sera plus délicat : cela devra se faire hors de vue des deux hélicoptères qui la survolent et des patrouilles au sol, tout en espérant que personne ne remarque que le véhicule des personnages a disparu…
D’autres méthodes d’accès sont bien entendu envisageables, par le réseau secondaire qui est moins surveillé (la Garde Nationale s’est souvent contentée d’ériger quelques barrages sur les routes, qui peuvent être déplacés ou contournés), par des pistes non carrossables si les personnages disposent d’un bon 4×4, par la voie aérienne, en parachute, à pied, à cheval, en remontant en canoë l’un des cours d’eau qui sortent de la zone, etc…

Il reste encore des habitants sur place (principalement des survivalistes, et quelques irréductibles qui se sont cachés lors du ramassage de la population par l’armée). Certains sont malades, contaminés par le virus, et vont mourir bientôt.
Ces gens ont été les témoins de ce qui s’est passé dans la zone ces derniers jours, et pourront apporter aux personnages, si ces derniers parviennent à établir un climat de confiance, des informations venant compléter leurs propres observations directes. Malheureusement pour les investigateurs, ce climat de confiance sera très difficile à établir, les réfractaires à l’évacuation étant par nature particulièrement méfiants (pour ne pas dire paranoïaques).

Pendant l’absence des personnages, Soft White Co n’a pas augmenté ses activités dans la zone, où ne restent que ses machines agricoles robotisées (il y en a même une en panne, à l’abandon dans la prairie, faute de technicien humain pour réaliser les réparations nécessaires). Mais les habitants restés sur place pourront expliquer que deux types de personnes étrangères à la région sont venues dans les environs.

Il y a eu d’une part les services vétérinaires (Veterinary Services, branche de l’APHIS (Animal and Plant Health Inspection Service)) qui, assistés par la Garde Nationale (tout ce beau monde étant en tenue bactério), ont procédé à l’abattage systématique des porcs présents dans la zone (du moins, de ceux qui ne sont pas morts faute de soins, une fois leurs éleveurs évacués ou décédés) et à leur incinération (sous forme de grands bûchers). Seuls les animaux se trouvant dans des porcheries industrielles ont été abattus ; les autorités ne disposent pas des informations qui leur permettraient de retrouver toutes les fermes n’ayant qu’un ou deux porcs. Les équipes d’abattage ont quitté la zone, mais les traces de leur passage sont visibles sous la forme des restes des bûchers à proximité des bâtiments d’élevage.

Des trous dans la Palouse

D’autre part, des gens sans tenue bactério (fait notable qui indique qu’ils ne se souciaient manifestement pas du danger représenté par le virus (ce qui est normal, puisque les gens de MTO Corp savent que celui-ci ne résiste que moins de deux jours dans l’environnement, donc qu’il n’y a plus aucun risque à moins d’entrer en contact avec un humain ou un porc contaminé)) sont venus avec des camions tout-terrain, et certains témoins pourront même indiquer aux personnages la direction dans laquelle ils sont allés. Suivre ces instructions permet d’arriver à des endroits où de nombreuses traces récentes de passage de lourds engins quittent la route goudronnée pour s’enfoncer dans les collines. Au bout de quelques kilomètres, ces traces conduisent, soit vers un site de prospection abandonné après un forage infructueux, soit vers l’unique puits de pétrole en activité pour l’instant, qui n’est pas visible de la route et dont le débit actuel n’est pas à la hauteur des espérances de la compagnie (les personnages pourraient également croiser des camions-citernes, moyen employé pour l’instant pour acheminer le peu de pétrole extrait vers une raffinerie du Montana). Mais les installations sont surveillées, et si des fouineurs les abordent sans prendre de précautions pour se dissimuler, ils risquent d’être repérés par les gardes et interpellés par une patrouille armée.
Ces installations minières, situées au milieu de champs cultivés qu’elles ont donc saccagés, ne portent pas de marque permettant d’identifier aisément l’entreprise qui les exploite : il va donc falloir s’approcher de très près (pour pouvoir consulter des documents laissés dans un véhicule ou un préfabriqué, ou « emprunter » un ordinateur) pour découvrir qu’il s’agit de la Montana Thrust Oil Corporation.

Pour ramener des preuves des activités illicites de MTO Corp dans la Palouse, les personnages peuvent prendre des photos, tourner des vidéos, et même dérober des documents, avant de les poster eux-mêmes en ligne ou de les confier à divers médias, pour organiser une campagne de presse. Si cette campagne est bien menée, elle amènera les autorités à ouvrir une enquête, et certains déplacés à porter plainte contre la compagnie, soit pour des raisons environnementales, soit parce qu’ils auront reconnu, sur les images ramenées par les investigateurs, des terres leur appartenant.
La procédure judiciaire sera longue (MTO Corp dispose de bons avocats), mais devrait aboutir au bout de plusieurs années à la condamnation de l’entreprise, qui devra remettre les sites en état et verser aux personnes lésées des indemnités conséquentes. Malheureusement, entre les produits employés pour la fracturation ou comme agents de soutènement, et les fuites de gaz remontant par les failles et contaminant les nappes phréatiques, une pollution durable de ces lieux aura été causée.

Qui a tondu la Palouse ?

Tout ceci ne prouve en rien que MTO Corp est à l’origine de l’épidémie, uniquement que la firme a tiré profit de la situation anarchique (même si un certain nombre d’éléments permettent de penser qu’elle avait prévu ce qui allait arriver). Pour démontrer ses responsabilités dans l’affaire, il va falloir enquêter sur les origines du virus.

À ce stade, il est probable que les autorités aient elles-mêmes diligenté une enquête, et identifié le laboratoire de l’université de Moscow comme source du cardiovirus.
Si les personnages ont des contacts parmi les enquêteurs, ou s’ils font eux-mêmes une enquête sur place, ils découvriront que la fuite s’est faite grâce à une telle série de coïncidences malheureuses qu’elle pourrait bien en réalité avoir été volontaire. En outre, l’ampleur de l’épidémie est sans commune mesure avec ce qu’aurait dû provoquer une telle fuite limitée. Toutes ces remarques ne figurent pas dans le rapport d’enquête, et s’ils sont exprimés par quelqu’un ayant contribué aux investigations officielles, ce sera seulement sous forme d’opinions personnelles, de doutes et d’interrogations.

Les travaux du laboratoire sur le cardiovirus de type II étaient en grande partie financés par NorthWestPharm, une entreprise du secteur pharmaceutique. Le capital de cette société est détenu à 84 % par MTO Corp, via certaines de ses filiales, chose que les personnages pourront découvrir s’ils enquêtent de ce côté là. Officiellement, le laboratoire cherchait à mettre au point un vaccin. En réalité, comme nous l’avons vu les chercheurs ont modifié le virus pour le rendre plus pathogène, mais l’enquête officielle n’est pas allée aussi loin, et les deux chercheurs qui travaillaient sur le sujet étant morts dans l’épidémie, il n’est pas possible de les interroger. Leurs ordinateurs au laboratoire contiennent néanmoins des fichiers permettant d’établir ce fait, mais ils sont cryptés, protégés par mots de passe, et d’autres fichiers plus faciles d’accès semblent confirmer la version officielle.

L’essentiel du virus a été épandu par avion, comme un vulgaire traitement phytosanitaire (ce qui pourrait amener les personnages à soupçonner l’implication de Soft White Co). Des témoins (encore faudra t-il en trouver) ont vu des avions d’épandage survoler la prairie, or ce n’était pas une période de traitement.
Sur les indications de ces témoins, on peut remonter jusqu’à l’aérodrome d’où ont décollé les avions. De là, les personnages pourraient obtenir les informations suivantes (toujours à condition de retrouver des témoins) :
– les réservoirs d’épandage des avions ont été chargés au moyen de petits flacons manipulés avec beaucoup de précautions par les personnes qui s’en sont occupé, puis remplis avec de l’eau ;
– l’épandage a été assuré par les avions de l’entreprise Air Crop Dust : si les personnages suivent cette piste, ils pourront découvrir, d’une part que l’opération a été financée par NorthWestPharm, d’autre part que certains des pilotes ont fait partie des toutes premières victimes de l’épidémie.

Tout ceci cumulé, plus les activités actuelles de MTO Corp dans la zone, tend très nettement à pointer la responsabilité de l’entreprise. Si les personnages diffusent leurs informations dans les médias, leur campagne incitera les autorités à se pencher de plus près sur les agissements de la firme pétrolière et à découvrir le pot aux roses. Un branle-bas de combat judiciaire s’ensuivra, qui durera des années…

Écoterrorisme

Les personnages pourraient ne pas vouloir se contenter d’une campagne pacifique mettant à jour les agissements de MTO Corp, et se lancer dans le sabotage et l’écoterrorisme. Rappelons que MTO Corp a des gardes armés sur le site qu’elle exploite. La zone désertée est devenue de facto une zone de non-droit, les gardes représentent donc la loi (celle de MTO Corp), ils n’hésiteront pas à faire usage de la force et à se comporter violemment envers des intrus, et certains d’entre eux auront même la détente chatouilleuse : avec le matériel mis en œuvre pour les forages, il n’y a rien de plus simple que de faire disparaître un corps à des profondeurs où personne n’ira jamais le chercher… Être capturé serait synonyme de gros ennuis pour les personnages (qu’ils soient écoterroristes ou simples fouineurs, d’ailleurs).

Les choses se compliquent

Au bout de quelques temps, Soft White Co essayera à son tour de profiter de la situation : les caméras embarquées à bord de ses machines agricoles robotisées auront montré qu’il y avait encore une activité humaine sur la zone, et l’éventuelle campagne d’informations des personnages aura peut-être commencé. Pendant que son service administratif et juridique tente de lui faire attribuer les parcelles agricoles dont les habitants ont été évacués, des équipes sont envoyées sur place pour anticiper ces attributions et commencer à préparer les terres (à grands renforts de produits phytosanitaires, dont des herbicides qui auront pour conséquence que seuls certaines semences génétiquement modifiées produites par la firme pourront pousser sur les parcelles traitées).

Plus la campagne d’informations sur ce qui se passe réellement dans la Palouse prendra de l’ampleur, et plus on verra des personnes déplacées revenir chez elles. Mais la constatation de ce que des gens peuvent continuer à vivre sur place malgré l’épidémie incitera aussi des bandes de pillards à se rendre dans les villes abandonnées pour y faire leur marché. La situation finira par provoquer l’envoi de la Garde Nationale, voire d’unités de l’armée d’active, pour tenter de rétablir un peu l’ordre dans cette zone en proie au chaos.

N’oublions pas que pendant tout ce temps, l’épidémie, contre laquelle rappelons le il n’existe aucun traitement, s’étend… (et les personnages risquent d’être à leur tour contaminés s’ils ne prennent pas les précautions nécessaires).

Épilogue

Suite à l’abattage des porcs et à d’importantes mesures de désinfection, l’épidémie sera enrayée. Mais le virus continuera à circuler parmi les Rongeurs, occasionnant des cas sporadiques dans la population humaine et des mortalités importantes dans certaines porcheries, et la maladie restera endémique dans la zone.
Quant au volet judiciaire, il durera plusieurs années.

Publié dans JdR | Marqué avec , | 2 commentaires

Défi 2014 : scénario n° 16, le tirage

Tirages :
Commanditaire : Space Lairs page 22 : con men
Destination : Nuwisha page 22 : the western coast
Action : survivre à (échapper à / fuir / s’évader de)
Objectif : Survival Guide page 22 : pandemic virus
Motivation : vengeance (peut inclure la résistance à l’occupant)
Antagoniste : Grand Census page 33 : heavy military
Théâtre : Fort Griffin Volume 2 page 52 : frontier towns
Élément intéressant : Hacklopedia of Beasts Volume VIII page 29 : drunken sailors
Quarante.

Résultat :
Des escrocs amènent les PJ à se rendre à la côte occidentale pour échapper à un virus pandémique. Motivés par la vengeance, les PJ seront gênés par des forces armées importantes dans des villes frontalières. Un élément majeur du scénario sera des marins ivres. (+ quarante)

Publié dans JdR | Marqué avec , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Kro en résumé : Type R Subsidized Merchant Operators Manual

Type R Subsidized Merchant
Operators Manual
Paul Elliott & Ian Stead
Moon Toad Publishing
© 2014 Moon Toad Publishin (sic)
66 pages

Supplément *.pdf pour Rikki-Tikki-Traveller, décrivant les vaisseaux de classe RtyperLes pages ne sont pas numérotées, ce qui est pénible.
Outre la version « normale » du vaisseau (avec plans), le supplément décrit plusieurs variantes. L’équipage d’un classe R est présenté, et il y a quelques autres bricoles.
Par contre, en dépit du titre, ne vous attendez pas à trouver là un truc comparable au Starship Operator’s Manual, Volume 1 pour MegaTraveller, qui décrivait les différents aspects du fonctionnement d’un vaisseau spatial : on en est bien loin.
Mais ce n’en est pas moins un petit supplément sympathique.

Publié dans JdR, Kros | Marqué avec | Laisser un commentaire

Kro en résumé : Imperiallines n° 6

Imperiallines n° 6
14 pages

Premier numéro de la nouvelle formule d’une revue *.pdf officielle consacrée à Traveller (et désormais, spécifiquement à Traveller5)imperiallines6Ce numéro contient trois articles : les deux premiers décrivent les Amindii, des ET indigènes de Regina (Marches Directes / Regina 1910), et le troisième décrit Regina elle-même. Il y a en outre une page de TNS News, datées d’entre 312-1098 et 167-1099.
Le topo sur Regina est léger et n’apporte pas énormément de choses inédites.
J’ai par contre beaucoup de mal avec les Amindii, qui nous sont présentés comme faisant partie de longue date du canon travellerien. Sauf que la seule « référence » préalable à leur sujet est une simple illustration dans le numéro 7 du Journal of the Travellers’ Aid Society, que cette illustration n’était pas légendée (donc pouvait représenter une scène de spatioport n’importe où ou presque, et pas forcément dans l’OTU), que le nom d' »amindii » n’apparait nulle part, et que l’existence même d’une importante population indigène sur Regina ne me semble être mentionnée nulle part. Bref, ils apparaissent soudain, venus de nulle part, sur un monde relativement fréquenté par les amateurs du jeu (décrit en détails dans les suppléments Grand Survey et Grand Census pour Classic Traveller, puis dans le World Builder Handbook pour MegaTraveller, entre autres choses) : on se croirait presque vingt ans en arrière, quand sont apparus dans Glorantha un dieu solaire et une déesse guerrière chez les Orlanthi (Elmal et Vinga) et qu’il a fallu les intégrer au chausse-pieds dans le contexte des campagnes en cours. Bref, c’est une modification relativement importante d’un canon établi depuis plusieurs décennies, et donc, c’est profondément nul.

Publié dans JdR, Kros | Marqué avec , | Laisser un commentaire

Kro en résumé : How to Be a GURPS GM

How to Be a GURPS GM
Warren « Mook » Wilson, avec Sean « Kromm » Punch
Steve Jackson Games
#37-0034
Version 1.0 – août 2014
72 pages

Supplément *.pdf pour GURPS 4, contenant des conseils à l’attention des MJ débutantshowtobeagurpsgmBeaucoup de ces conseils sont assez évidents à mes yeux, même si un débutant ès-GURPS (ou même ès-maîtrise) peut ptêt en exploiter certains. Car beaucoup de ces conseils valent non seulement pour GURPS, mais aussi pour beaucoup d’autres JdR. Ceci dit, le fait qu’ils soient évidents pour un vieux MJ ne retire rien à leur valeur : il y en a des très bons, et comme d’habitude dans ce genre de trucs, il y en a dont les voir écrits noir sur blanc permet de mettre le doigt sur un truc qu’on faisait instinctivement jusqu’à présent, mais sans en avoir conscience ou sans l’avoir formalisé.
C’est donc un supplément plutôt pas mal, dont une bonne partie est exploitable pour d’autres JdR (mais que je ne saurais conseiller dans cette dernière optique, pasqu’il y a quand même pas mal de références aux règles de GURPS).

Publié dans JdR, Kros | Marqué avec | Laisser un commentaire

Kro en résumé : Death Spells

GURPS Magic
Death Spells
Sean Punch
Steve Jackson Games
#37-0148
Version 1.1 – octobre 2014
23 pages

Supplément *.pdf pour GURPS 4, sur les sorts mortelsdeathspellsC’est pas inintéressant, mais avait on vraiment besoin qu’on passe 23 pages à nous expliquer ce qu’est un sort de mort et quelles sont ses variantes possibles (pour chaque « collège » de magie) ? Bon OK, c’est quand même la qualité GURPS..

Publié dans JdR, Kros | Marqué avec | Laisser un commentaire

Kro en résumé : Wildcard Skills

GURPS Power-Ups 7
Wildcard Skills
Sean Punch
Steve Jackson Games
#37-0146
Version 1.0 – août 2014
39 pages

Supplément *.pdf pour GURPS 4, proposant de nouvelles règles sur les skillswildcardskillsIl traite comme son nom l’indique des wildcard skills, ces skills dont le nom se termine par un point d’exclamation et qui remplacent un groupe entier de skills sur un thème commun.
Ces règles optionnelles, si elles sont utilisées, peuvent aboutir à d’importantes modifications de la création de persos et du système de skills. En fait, c’est le genre de suppléments qui font
ressembler GURPS 4, non pas à un système de règles fournissant une boîte à outils pour adapter n’importe quel contexte, mais à une boîte à outils pour créer son propre système de règles (sur un certain nombre de bases imposées, certes).
Un supplément à réserver à ceux qui veulent « customiser » le système de règles encore plus que ce qui se pratique habituellement.

Publié dans JdR, Kros | Marqué avec | Laisser un commentaire