Défi 2014 : scénario n° 19, le tirage

Tirages :
Commanditaire : The Gabriel Enigma page 20 : bounty hunter
Destination : Compendium II page 114 : Rome
Action : défendre (protéger / aider / escorter)
Objectif : Tales of the Outer Planes page 4 : inn
Motivation : contrainte (PJ prisonniers, otages en jeu, etc…)
Antagoniste : Terreur sur l’Orient-Express page 17 : la police italienne
Théâtre : Gang Book page 52 : onto the roofs
Élément intéressant : Berlin XVIII deuxième édition page 52 : une véritable boucherie
Quarante.

Résultat :
Un chasseur de primes amène les PJ à se rendre à Rome pour y protéger une auberge. Motivés par la contrainte, les PJ seront gênés par la police italienne sur les toits. Un élément majeur du scénario sera une véritable boucherie. (+ quarante)

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Si même la Poste s’y met, où va t-on ?

Ouvrant ma boîte aux lettres ce matin, je trouve un avis de passage du facteur, m’informant, non que j’aurai un colis à retirer au bureau de poste dès lundi matin, mais que, ne m’ayant pas trouvé, il (enfin, elle, c’est une factrice qui est passée aujourd’hui, je l’ai vue dans la rue) repassera avec « demain » (c’est-à-dire lundi j’imagine, je doute fort qu’elle bosse le dimanche).
Comme lundi, elle ne me trouvera pas plus qu’aujourd’hui, ça veut dire que, mardi étant férié, je ne pourrai au mieux retirer mon colis au bureau de poste que mercredi. Soit un délai de quatre jours, au lieu de deux (dimanche compris) normalement. Heureusement que ce n’est pas quelque chose d’urgent…
Et ça, c’est dans l’hypothèse où elle ne déciderait pas de faire une troisième tentative… Ce petit jeu peut durer longtemps.
Mais il ne m’amuse pas.

Je vous vois venir : vous allez me dire que sur l’avis en question, il est écrit que je n’ai qu’à me connecter au site de la poste avant ce soir minuit pour demander que le colis m’attende bien sagement au bureau de poste.
Certes.
C’est d’ailleurs ce que j’ai fait.
Mais ça ne fonctionne pas.
J’ai beau rentrer le numéro du colis marqué sur l’avis, tout ce que j’ai le droit de faire, c’est d’accéder au suivi. Ce qui me fait une belle jambe. Et j’ai fait ma tentative, non pas tard ce soir, mais à 13h20 (pour la dernière ; pasque je suis du genre persistant, j’ai fait plusieurs essais).
Je crois que la personne qui finira par me le remettre un jour (si jamais ça finit par arriver) va m’entendre râler. Sur le site d’une part, mais aussi (et surtout) sur l’initiative incongrue de la factrice, totalement inédite (ses collègues ne se sont jamais amusé(e)s à ça, et il y en a même une à qui j’ai dit de vive voix qu’en cas d’absence, ce qui m’arrangeait était bien qu’elle dépose le paquet au bureau de poste).

Jusqu’à présent, de tous les transporteurs de colis, seule la Poste assurait un service correct. J’ai l’impression que ça va finir par appartenir au passé.

Finalement, j’ai ptêt eu de la chance jusqu’à présent : il y en a à qui ce genre de choses arrivait déjà il y a plus de sept ans

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Défi 2014 : scénario n° 18, les commentaires

Ce tirage était le trente-huitième de la série.

Je ne me souviens plus des contextes que j’ai envisagés (s’il y en a eu d’autres) avant de jeter mon dévolu sur le Disque-Monde. Mais une fois mon choix fait, il me fallait encore décider de l’endroit sur le Disque où j’allais situer l’action.
Au départ, je pensais placer tout ça sur l’île d’Erébos, dans la Mer Circulaire (rapport en particulier au prophète Ossaire (en V.O., Ossory), l’un des grands prophètes d’Om (ce qui collait bien, à la fois à l’inquisition obscure (la Quisition) et aux squelettes (faits d’os…)). Mais après avoir longuement potassé le Vade-mecum et relu quelques passages du roman Les petits dieux, j’ai changé mon fusil d’épaule et suis parti vers les Îles Brunes (je ne me souviens hélas plus de la raison de ce changement). J’ai relu le peu d’informations existant à leur sujet (en particulier dans le supplément Discworld Also), et j’ai complété avec quelques informations sur la civilisation polynésienne, en grande partie tirées de Légendes tahitiennes (ben ouais, si c’est pour du JdR, ça ne me dérange pas de m’appuyer sur des sources JdR, surtout pour quelque chose qui n’a plus qu’un lointain rapport avec la « réalité »).
L’écriture a été assez facile et très amusante… Il faut dire qu’en matière d’utilisation du Disque-Monde en JdR, j’en suis personnellement resté au style très humoristique des premiers volumes, plutôt qu’à celui des romans ultérieurs dont le thème est souvent très sérieux, derrière un habillage parodique.
J’ai essayé d’apporter un soin tout particulier aux noms propres. Celui du grand druide a été spécialement choisi pour Vaken, qui avait fini par me persuader de me pencher sur les textes de Pratchett en général, et sur le Disque-Monde en particulier, à la fin du siècle dernier…

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Défi 2014 : scénario n° 18 : L’orteil de Ker-Gselzehc Jones

Scénario sur le Disque-Monde (de Terry Pratchett).

Si vous êtes censés participer à ce scénario en tant que joueurs, ne lisez pas plus loin…

Merci à Daniel pour Ker-Gselzehc Jones… !-)

Ce scénario a pour cadre les Îles Brunes (Brown Islands), décrites (pour la deuxième époque du Disque-Monde) dans Discworld Also (pages 74 à 82). La raison pour laquelle les personnages se trouvent dans l’archipel dépendra de l’époque à laquelle ce scénario prend place et de la campagne dans laquelle il s’insère : ils peuvent être des explorateurs (suivant ou non les traces de Ker-Gselzehc Jones), avoir atterri là par hasard, s’y être échoués après un naufrage, y avoir été débarqué par des pirates, être venus y faire du commerce, etc… Ils pourraient même être des indigènes.

Tu’atha-atha

L’île sur laquelle ils se trouvent précisément est celle mentionnée dans le livret accompagnant la carte du Disque-Monde (The Discworld Mapp) : il y pleut beaucoup, le chant en chœur y a été élevé au statut d’art martial, et les cérémonies religieuses les plus remarquables y impliquent deux équipes de quinze hommes qui s’estropient mutuellement en courant après un ballon qui n’est même pas rond, comme cela se fait au Ker-Gselzehc (les informations à son sujet étant très lacunaires, le reste de ma description de l’île, à commencer par son nom, Tu’atha-atha, n’est pas tiré du canon pratchettien ; il se peut toutefois que des détails mineurs glissés dans l’un ou l’autre des volumes des annales du Disque-Monde m’aient échappé et viennent me contredire ; il est également à noter que je n’ai pas considéré que l’île en question était celle décrite dans Discworld Also (pages 77 et 78) sous le nom de Llapffargoch-Wokkaiiooii : Ker-Gselzehc Jones a bien entendu visité plusieurs des Îles Brunes…).
Sur le pourtour de Tu’atha-atha ont été érigées quarante grandes statues de pierre représentant des têtes humaines stylisées regardant vers la mer, sans doute la version locale d’un cromlech.
Les albatros futiles (pointless albatross, GURPS Discworld p 169) viennent pondre et couver leur œuf unique sur les plages de l’île, et prennent leur lourd envol en courant désespérément sous la pluie, ailes battantes, sur le sable plat.
Tu’atha-atha est également un bon spot de surf (pour employer un vocabulaire venu du Globe-Monde).
Contrairement au reste des Îles Brunes, Tu’atha-atha montre une très nette influence ker-gselzehcienne. Cela est en particulier visible dans l’importance de la religion druidique et de la tradition bardique. Le druidisme occupe une part centrale dans la société tu’athaine : Ker-Gselzehc Jones appartenait à une secte pratiquant une version très stricte de cette religion, et le mélange avec la société beaucoup plus relâchée des Îles Brunes a créé quelques tensions. Ainsi, les chefs pratiquent un druidisme orthodoxe et parfois intégriste, dans la droite lignée des enseignements religieux de Ker-Gselzehc Jones, alors que le peuple a plutôt tendance à suivre les coutumes et cérémonies druidiques par habitude et sans se prendre la tête avec le strict respect des dogmes (voire en y incorporant des survivances d’anciennes coutumes insulaires datant d’avant l’arrivée de l’explorateur) : le clergé et les croyants les plus arque-boutés sur la fidélité aux plus pures traditions druidiques sont souvent ressentis comme des casse-pieds rébarbatifs imposant des contraintes pénibles, surtout parmi la jeunesse, et il est probable que ce soit là l’opinion des personnages eux-mêmes.
Aussi, lorsque l’occasion se présentera de jouer un bon tour (sans méchanceté) aux druides, il est probable que les aventuriers sautent sur l’occasion sans se faire prier ; surtout si le MJ a bien pris soin, avant de lancer le scénario, de mettre en scène quelques occasions où ils se sont faits rabrouer ou rappeler à l’ordre pour des comportements non strictement conformes à la foi druidique (il n’est cependant pas nécessaire d’aller jusqu’au sacrifice humain…).

Heivaa

Il y a une coutume ker-gselzehcienne qui fait l’unanimité pour elle dans la population tu’athaine, aussi bien chez les partisans du druidisme le plus contraignant que chez les jeunes en rébellion (comme partout) contre l’ordre établi par leurs anciens : c’est la bière. Brassée sur place par les druides de l’ordre de la stricte observance (qui sont tous des hommes), à partir de la racine réduite en farine d’une plante insulaire, l’aivaa, elle est au cœur de toute la vie sociale et religieuse de l’île, et plus encore à toutes les occasions festives. Elle coule donc tout particulièrement à flots pendant le mois de heivaa, période de l’année consacrée à la fête : compétitions de navigation sur planche de pêche (ce que les gens du Globe-Monde désigneraient sous le terme de surf), lutte, tir à l’arc, natation, danses et ripailles en tous genres ; et bien entendu les deux grandes activités typiquement locales se prêtant à la compétition en dehors de la planche de pêche : le chant en chœur et l’affrontement cérémoniel sur la plage entre deux équipes de quinze pour la possession d’un ballon même pas rond (activité appelée la saoule, en raison de sa troisième mi-temps grande consommatrice de bière).

Les personnages peuvent se contenter d’assister en spectateurs aux festivités (voire attendre qu’elles prennent fin avec une impatience plus ou moins grande), ou participer à certaines compétitions ; mais quoi qu’ils fassent, ils seront écartés des chorales de bardes comme des équipes de saoule (si leurs qualités leur permettraient raisonnablement d’y obtenir une place, le motif de leur exclusion sera d’ordre religieux).

Ha’ka

S’ils sont déçus de rester sur la touche, ils ne sont pas les seuls. Et l’un des exclus, Ha’ka, un jeune d’allure rebelle encore plus costaud que la plupart des Tu’athains, fort occupé à chercher la consolation dans la bière avec ses amis, aura à voix haute l’idée suivante : puisque les druides cramponnés sur le respect de leurs traditions sclérosées n’ont pas daigné leur permettre de participer aux compétitions les plus prestigieuses (la saoule en ce qui le concerne), pourquoi ne pas leur jouer un bon tour en leur dérobant la précieuse relique du gros orteil droit de Ker-Gselzehc Jones et en l’enterrant dans le sable de la plage, à la place d’un œuf de tortue marine (animal sacré pour les habitants des autres Îles Brunes, en raison de sa parenté avec la Grande A’Tuin) qui irait le remplacer dans son reliquaire ? Cette plaisanterie bon enfant, qui ne manquerait pas d’être découverte lorsque le reliquaire serait amené sur la plage pour que son contenu soit montré à la foule avant la finale du tournoi de saoule, mettrait un peu d’animation amusante ; il suffirait alors qu’une voix anonyme dans la foule révèle que la relique est dissimulée sur la plage pour que le match se transforme en une cocasse chasse à l’orteil dans le sable, à laquelle participeront les joueurs des deux équipes et les druides (et d’autant plus incongrue qu’en principe, on passe plutôt son temps à chasser le sable parmi ses orteils).
La boisson aidant, Ha’ka propose aux personnages de réaliser la substitution pour le plaisir d’emmerder les druides (les met au défi de le faire, parie qu’ils n’en sont pas capables, le leur demande gentiment, ou tout autre moyen si vos joueurs ont besoin qu’on les pousse à faire accomplir un tel acte par leurs persos). À noter que les personnages auront peut-être une meilleure idée (c’est-à-dire une idée plus loufoque) de plaisanterie à faire aux druides…

Kunekune

Le gros orteil droit de Ker-Gselzehc Jones est précieusement (et pieusement) conservé dans le faré de Setruktournsouzunix (Setruk pour les intimes), le grand druide de Tu’atha-atha, dans un coffret en écaille de tortue placé au centre d’un cercle de pierres miniatures. Le faré est toujours ouvert, mais il ne viendrait à personne l’idée de s’y introduire pour dérober la relique.

Les deux chiens efflanqués de Setruk pourraient donner de la voix à l’intrusion des personnages, et alerter le voisinage. Ils ne sont pas méchants, et tout ce que les aventuriers risquent est d’attraper des puces à leur contact, ou de mettre le pied droit dans l’une de leurs déjections.

Plus dangereux est Kunekune, le cochon sauvage apprivoisé du grand druide, un animal qui vit dans la forêt proche du village mais vient souvent traîner autour du faré pour se faire nourrir et gratter entre les oreilles par Setruktournsouzunix. Plus qu’un simple cochon, c’est un véritable razorback à la gueule ornée d’impressionnantes défenses. Il rôdera autour du faré pendant le fric-frac des personnages. Kunekune ne tolère la présence d’humains sur son territoire qu’à la condition qu’ils soient en compagnie de son « maître » : il attaquera donc les intrus, qu’il pourra poursuivre sur de longues distances, contraindre à grimper à un arbre ou à se jeter à la mer, etc… Si les aventuriers parviennent à le distancer, il pourra réapparaître plus tard dans le scénario, éventuellement de façon récurrente (il pourrait même faire une apparition remarquée pendant qu’ils assistent à un match de saoule, et les contraindre à traverser le terrain en courant). Si les personnages le tuent, ils ont intérêt à dissimuler leur forfait, car Setruktournsouzunix leur en voudra énormément.

Le reliquaire n’est pas fermé à clé. À l’intérieur se trouvent les os de l’orteil de Ker-Gselzehc Jones, miraculeusement préservés et que les druides montrent à la foule aux grandes occasions religieuses. Le fait que l’explorateur soit mort de vieillesse chez lui en Ker-Gselzehc ne semble perturber personne ; pas plus que le fait que l’ongle de l’orteil soit visiblement en écaille de tortue, et que les os ressemblent tellement à ceux d’un doigt de porcelet qu’un non-initié pourrait raisonnablement croire que c’en sont bien.

A’loha

Les personnages qui auraient souhaité participer aux compétitions de chant mais n’ont pu trouver de place dans une chorale croiseront le chemin du barde A’loha et de son ukulélé renforcé.
A’loha a lui aussi été écarté de toutes les chorales constituées, aussi cherche t-il à en monter une lui-même : il proposera donc aux personnages de se joindre à lui ; à moins que ce ne soient les aventuriers eux-mêmes qui cherchent à monter leur propre groupe et le recrutent dans ce but (si les persos chanteurs sont peu nombreux, la chorale sera complétée par quelques PNJ). Une fois la chorale constituée, son inscription au concours ne sera qu’une formalité.

Ce que les personnages ignorent certainement encore à ce stade, c’est qu’A’loha chante (et joue) affreusement faux, raison pour laquelle aucune chorale n’a voulu de lui. Lors des éventuelles répétitions, ils pourront commencer à s’en rendre compte, mais le désastre ne prendra toute son ampleur qu’en compétition : là, A’loha se lâchera vraiment, et avec l’augmentation du volume viendra celle des fausses notes et autres discordances, de plus en plus désagréables car les autres participants (au moins ceux des autres chorales, et les éventuels PNJ dans la sienne) tenteront de chanter et/ou de jouer plus fort pour couvrir ses horreurs, ce qui l’incitera à chanter et à jouer lui-même de plus en plus fort, et donc de plus en plus faux. La compétition de chœurs tournera à quelque chose de comparable à un concours de « C’est à bâbord qu’on gueule, qu’on gueule, c’est à bâbord qu’on gueule le plus fort », pour ceux qui connaissent ce chant traditionnel des étudiants de Quirm : chaque chorale tentant de faire le plus de bruit possible pour couvrir celui fait par A’loha, conduisant plus d’un participant à l’extinction de voix.
Le concours de chant finira par tourner à la bagarre, public, juges et concurrents (voire ses propres coéquipiers) demandant à A’loha de se taire et de cesser de jouer, et celui-ci refusant et redoublant au contraire d’efforts (et le moins que l’on puisse dire est qu’il a vraiment une voix puissante, à côté de laquelle celle du mythique troll Stentor semblerait fluette).
A’loha ayant un physique de gringalet (du moins pour un natif des Îles Brunes, ceux-ci tendant souvent à être particulièrement massifs), certains pourraient croire qu’il leur sera relativement facile de le contraindre au silence ; mais ils risquent d’en être pour leurs frais, car comme la bagarre le montrera et à la surprise générale, le barde se révèle être aussi doué pour les arts martiaux traditionnels agatéens qu’il chante faux. En effet, dans ses jeunes années il s’est souvent fait taper dessus par des brutes au cri de « Non, tu ne chanteras pas ! » qu’il a appris à se défendre lors d’un exil de quelques années à Bès Pélargic.
Après une bagarre mémorable, il sera décidé de créer une nouvelle catégorie (roc’n’growl) dans le concours de chœurs, catégorie dans laquelle la chorale d’A’loha sera seule à concourir et remportera donc rapidement un prix, ce qui lui permettra d’arrêter de s’exprimer en musique pour aller adoucir son gosier éraillé à grands renforts de bière.

L’œuf de Ker-Gselzehc Jones

Le clou des fêtes de heivaa est traditionnellement le grand match qui oppose les deux meilleures équipes de saoule, match juste avant lequel est présenté à l’assistance le gros orteil droit de Ker-Gselzehc Jones.
Si les personnages ont réussi leur substitution, c’est un œuf de tortue que le grand druide Setruk sortira du reliquaire, au grand étonnement de l’assistance. Mais la réaction ne sera certainement pas celle escomptée par les instigateurs de la plaisanterie, à commencer par Ha’ka : car les druides, après un rapide conciliabule, décideront qu’il s’agit d’un miracle, et que Ker-Gselzehc Jones va revenir sur le Disque-Monde, réincarné à l’image de la Grande A’Tuin, faisant ainsi le lien entre le druidisme et l’ancienne religion de Tu’atha-atha (malheureusement pour cette théorie, l’œuf ayant été trop longtemps soustrait à la chaleur du sable ensoleillé, ne pourra éclore).
Toute tentative pour lancer les trente saoulards à la recherche de la relique enfouie dans le sable ne rencontrera aucun succès. Après le match, un gamin trouvera sur la plage, à peu près au milieu du terrain, trois os d’une patte de porcelet et un morceau de carapace de tortue. Il s’amusera à lancer les os le plus loin possible dans la mer, et gardera l’écaille parce qu’elle est jolie, avant de la perdre au bout de quelques jours.
Quant à l’œuf, il sera conservé quelques temps dans le reliquaire jusqu’à ce que Setruktournsouzunix, incommodé par l’odeur d’œuf pourri qu’il finira par dégager, s’en débarrasse sur son tas d’ordures, où Kunekune le découvrira et n’en fera qu’une bouchée…

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Défi 2014 : scénario n° 18, le tirage

Tirages :
Commanditaire : Questions pour un Empire, troisième édition page 51 : une inquisition obscure
Destination : Nautical / Aviation Handbook page 36 : runway
Action : dissimuler (cacher / mettre à l’abri)
Objectif : Valley of Dust and Fire page 19 : skeletons
Motivation : plaisir (gourmandise, luxure, etc…)
Antagoniste : Dungeon Fantasy 5 : Allies page 6 : wild hog
Théâtre : Midnight at the Well of Souls page 104 : small islands
Élément intéressant : Dungeon Fantasy 3 : The Next Level page 29 : martial artist-bard
Quarante.

Résultat :
Une inquisition obscure amène les PJ à se rendre à une piste d’atterrissage pour y dissimuler (cacher / mettre à l’abri) des squelettes. Motivés par le plaisir, les PJ seront gênés par un cochon sauvage sur une petite île. Un élément majeur du scénario sera un barde spécialiste d’arts martiaux. (+ quarante)

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Défi 2014 : scénario n° 17, les commentaires

Ce tirage était le neuvième de la série.

Le scénario lui-même a été vite écrit, le plus long ayant été de se renseigner sur la région de Titan dans lequel il se place (je n’ai accès qu’au supplément Titan pour Fighting Fantasy, dont les cartes ne sont pas très détaillées). Auparavant bien sûr, il m’avait fallu décider du contexte : j’ai choisi parmi les contextes med-fan’ « classiques » avec des trolls et que je n’avais pas encore exploités (ou plus précisément, que je n’avais pas encore affectés à un tirage précis), ce qui m’a donc fait écarter d’emblée Greyhawk, originellement prévu pour le quatrième tirage, et Mystara, à qui j’avais assigné le huitième. Il ne me restait plus beaucoup de choix en med-fan’ classique, sachant que nous n’étions qu’au neuvième tirage et que je préférais me garder Warhammer, qui m’est assez familier (donc en principe, assez facile à exploiter), pour plus tard. Du coup, Titan a été en quelque sorte un choix « par défaut » (j’aurais aussi pu exploiter Ravenloft, mais ça me paraissait plus compliqué, et ce contexte ne faisait initialement pas partie de ceux que j’avais l’intention d’utiliser).

Accessoirement, c’est un cas d’utilisation du giannirateur où l’interprétation du tirage s’est faite en prenant l’un des éléments, non pas au pied de la lettre, mais selon ce qui se « cache » derrière le terme tiré : Dracula est donc devenu tout simplement un vampire.

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Défi 2014 : scénario n° 17 : La citadelle de Zamaric

Scénario sur le monde de Titan (Fighting Fantasy).

Si vous êtes censés participer à ce scénario en tant que joueurs, ne lisez pas plus loin…

Les personnages se trouvent sur le continent d’Allansia, plus précisément dans la région des Craggen Heights, au sud du col de la Dent de Troll (Trolltooth Pass) qui sépare ces montagnes des Moonstone Hills (voir la carte en pages 10 et 11 d’Out of the Pit, consultable en tout petit format ici). La raison précise de leur présence dans la région dépend de la campagne en cours : exploration de ruines et recherche de trésors, prospection minière (à la recherche de métal vert magique ?), mission topographique ou autre. Les Craggen Heights regorgent d’anciennes tours de garde et forteresses en ruines, bâties pour tenter de protéger les régions avoisinantes des humanoïdes hostiles qui vivent dans les montagnes, et certaines de ces ruines sont réputées contenir des trésors qui attirent plus d’un aventurier. Sans oublier la Tour noire de Balthus Dire (Balthus le Terrible), mieux connue sous le nom de Citadelle du Chaos…

Troll de rencontre

Qu’ils aient les mains vides ou les bras chargés de trésors, les personnages découvrent soudain, au détour d’un col, un spectacle terrifiant : une imposante armée trolle descend des montagnes en direction du col de la Dent du Troll, d’où elle déferlera probablement sur les plaines du vent (Windward Plains). Et malheureusement, ils se trouvent en plein sur son passage…
Il s’agit de trolls des collines (Hill Trolls, Out of the Pit p 116).

Apparemment, les trolls ne les ont pas encore remarqués, et les personnages peuvent donc tenter de fuir ou bien se cacher, avant probablement d’aller chercher des renforts ailleurs pour venir en aide aux populations humaines dont les territoires vont être envahis et les villes assiégées.

La fuite semble être le choix le plus raisonnable. Malheureusement, les circonstances vont faire qu’elle tournera court : accident, monture qui se blesse, éboulement ou avalanche (selon l’altitude et la saison), repérage par un parti d’éclaireurs qui amène une force conséquente de plusieurs dizaines de trolls à donner la chasse aux personnages, etc…

La citadelle noire

Poursuivis par des trolls bien plus nombreux qu’eux, ou à la recherche d’une cachette sûre pour laisser passer leur armée, les personnages devraient se réfugier dans les ruines de l’une des nombreuses anciennes forteresses qui parsèment les montagnes, autrefois construite par Zamaric, un prince originaire de Salamonis. Malheureusement, la place, abandonnée depuis plusieurs siècles, n’est plus en mesure de résister à une attaque, son mur d’enceinte est écroulé en plusieurs endroits et ses bâtiments sont désormais en ruines ; mais ce ne sont pas les cachettes qui y manquent.

Qu’ils sachent que les personnages se sont réfugiés dans la forteresse de Zamaric, ou qu’ils découvrent des traces de leur passage en fouillant les lieux en quête de trésors oubliés ou de nourriture, les trolls vont tôt ou tard se lancer dans une exploration minutieuse des ruines, à leur recherche. Les aventuriers devront donc certainement abandonner leurs éventuelles montures et chercher refuge dans les caves, puis dans la crypte creusée sous l’ancien donjon.

Dans cette crypte sont inhumés les sept princes qui se sont succédé à la tête de la forteresse pendant quarante ans, de sa construction à sa chute : Zamaric Terreur-des-Trolls, son fils Zamaric II le Jeune, son petit-fils Zamaric III le Grand, Gondmaric (neveu du premier Zamaric), son frère Prosperic, Tamaric (fils aîné de Gondmaric), et Zamaric IV le Têtu (frère de Tamaric). Après la mort de Zamaric IV en repoussant l’assaut d’une bande de trolls ayant réussi à pénétrer dans l’enceinte de la forteresse, les lieux furent abandonnés et les habitants se réfugièrent à Salamonis (où Zamaric le Rouge, descendant de Zamaric IV devant son surnom à sa chevelure rousse, et propriétaire théorique de ce qui reste des lieux, est un riche négociant et un courtisan influent).
Si les personnages prennent le temps de fouiller les tombeaux, ils découvriront que celui de Tamaric est vide, ne contenant ni restes humains, ni cercueil. Dans les autres sépultures se trouvent encore des cercueils (non profanés avant l’arrivée des aventuriers) contenant les restes des différents princes ainsi que quelques objets métalliques ayant résisté au passage des siècles (bijoux, armes ; rien de magique). L’examen des ossements montre que tous les princes sont décédés de mort violente : les lésions ressemblent à celles que peut provoquer une hache trolle (et pour cause, puisque c’est bien là leur origine), sauf pour Prosperic qui porte de multiples fractures (il est tombé d’un rempart en repoussant un assaut troll). Gondmaric et les deux premiers Zamaric sont inhumés avec leurs épouses respectives.

La lourde porte de la crypte, que les personnages auront dû ouvrir pour s’y réfugier, peut être refermée et barricadée de l’intérieur, mais les aventuriers seront alors pris au piège. Heureusement, l’exploration de la salle souterraine à la recherche d’une issue permettra de découvrir, derrière l’autel consacré à Telak, le dieu du courage, une dalle qui peut être soulevée et donne accès à un boyau s’enfonçant dans les profondeurs. Si les personnages s’y engagent, ils se retrouvent dans un réseau complexe de cavernes naturelles, avec beaucoup de passages qui se terminent en culs-de-sac et les contraindront à revenir sur leurs pas.

Le labyrinthe de la mort

C’est le moment de mettre en scène une phase d’exploration de dungeon, dans la plus pure tradition de Fighting Fantasy. La lumière sera une ressource cruciale pour les aventuriers : il est peu probable qu’ils aient de quoi s’éclairer suffisamment longtemps pour trouver une sortie. S’ils n’ont pas de source d’éclairage magique, ils pourraient en découvrir une, perdue par un précédent explorateur.
Il y a peu de créatures puissantes dans ce réseau, et les personnages y rencontreront principalement des risques naturels (éboulements, passages submergés, etc…), des pièges laissés par d’anciens habitants, et de petits animaux. Quant aux trolls, s’ils parviennent à pénétrer dans la crypte, ils ne s’aventureront pas très loin dans les souterrains (s’ils les découvrent) ; mais les aventuriers ne le savent évidemment pas.

Dans l’une des salles souterraines, une petite caverne située au carrefour de plusieurs passages (carrefour par lequel ils seront amenés à repasser plusieurs fois), les personnages devront affronter une créature inconnue, ressemblant vaguement à une énorme limace orange pâle en forme de ballon de rugby, longue d’environ un mètre, hérissée de piquants, et avec une gueule pleine de dents acérées à l’une de ses extrémités. Le monstre s’avérera étonnamment agile, mais les aventuriers devraient en venir à bout sans trop de difficultés. Une fois mort, il éclatera, crépissant la salle et les individus présents d’une substance jaunâtre gluante et corrosive, et libérant un nuage de gaz acide qui restera en suspension dans l’atmosphère de la pièce. Chaque traversée du nuage (lorsque les personnages repasseront par cette salle) s’accompagnera d’une perte de Stamina (Endurance), et risquera d’endommager les objets non protégés (à commencer par les armures, vêtements et sacs). Les effets sont cumulatifs, ce qui devrait les inciter à traverser la zone le plus rapidement possible et à ne surtout pas s’y arrêter.

En fait, il y a bien une créature très dangereuse qui rôde en ces lieux : Tamaric, qui est devenu un vampire (Out of the Pit p 116 ; de plus, il est capable de prendre une forme gazeuse, comme les vampires d'(A)D&D) dont le cercueil est dissimulé dans l’une des cavernes.
Il est peu probable que les personnages découvrent la véritable sépulture du prince mort-vivant. Par contre, leurs déambulations à la recherche d’une issue vont réveiller le vampire, qui dormait d’un sommeil séculaire et a donc grand soif de sang.
Les aventuriers vont donc jouer au chat et à la souris avec Tamaric. Surclassés par le mort-vivant (qui, lorsqu’il a le dessous, s’enfuit transformé en chauve-souris ou sous forme gazeuse) et tournant en rond dans le labyrinthe, ils s’épuiseront petit à petit. Pour venir à bout du vampire, une solution serait de l’amener dans la salle du nuage acide : là, Tamaric ne pourra pas prendre sa forme gazeuse, car les effets corrosifs s’appliquent même à cette dernière et le contraignent donc à reprendre contre son gré une forme matérielle, forme sous laquelle les personnages devraient finalement pouvoir le vaincre, non sans mal (et non sans avoir été fortement diminués par l’acide). À défaut, les aventuriers pourraient rencontrer une nouvelle limace acide, le vampire sur leurs talons, et la trucider au moment opportun.
S’ils prennent les dispositions nécessaires (un pieu dans le cœur pour immobiliser le mort-vivant, décapitation ou feu pour le détruire), Tamaric ne constituera plus un danger pour eux. Sinon, il continuera bien évidemment à les harceler…

Paragraphe 400

Une fois Tamaric éliminé, trouver la sortie du labyrinthe ne sera plus qu’une question de temps. La seule issue des cavernes est un étroit puits naturel, que les aventuriers pourront découvrir en suivant des chauves-souris (ce qu’ils hésiteront peut-être à faire, craignant de rencontrer à nouveau un vampire). Les personnages sortiront sur le flanc sud de l’armée trolle, et pourront fuir à travers les montagnes vers l’ouest pour gagner Salamonis.

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Défi 2014 : scénario n° 17, le tirage

Tirages :
Commanditaire : Pavis Gateway to Adventure page 368 : the troll invasion
Destination : Dark Folk page 24 : a small natural well
Action : survivre à (échapper à / fuir / s’évader de)
Objectif : Spacefarers Guide to Alien Races page 17 : thousands of wandering and unlabelled tunnels
Motivation : survie
Antagoniste : Empire of the Petal Throne (Different Worlds) page 8 : Dracula
Théâtre : Mobile Infantry Field Manual page 11 : an acidic cloud
Élément intéressant : Renegade Crowns page 114 : border prince
Quarante.

Résultat :
L’invasion trolle amène les PJ à se rendre à un petit puits naturel pour s’échapper de milliers de tunnels tortueux et sans signalisation. Motivés par la survie, les PJ seront gênés par Dracula dans un nuage acide. Un élément majeur du scénario sera un prince frontalier. (+ quarante)

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Le relecteur avait il fumé la moquette ?

Actuellement replongé dans les premiers numéros d’Info-Jeux (véritable voyage dans le temps, près de trente ans en arrière), je me suis arrêté sur une phrase de Steph Gotkovski dans son interview de Philippe Druillet dans le numéro 2 (p 37 colonne 3) :

Amis bédophiles, nous attendrons donc patiemment six années pour « L’or et l’esprit » (avec Benjamin Legrand au scénario), une histoire complètement peinte à la gouache.

Je ne connais pas cette BD (dont internet m’apprend qu’elle a été illustrée par Jean-Marc Rochette, et non par Druillet), donc je suis dans l’incapacité de déterminer si bédophiles était voulu, ou si c’était bien une coquille…

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Et pour quelques bloutoks de plus…

En complément du précédent billet :

Une bande-annonce pour la série :

Le prégénérique des épisodes (hélas amputé de ses dernières secondes) :

Et le générique :

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