Vivement les vacances !

Je viens de passer une semaine quasiment sans toucher terre, qui explique en grande partie pourquoi le blog est resté inactif ces derniers jours…

Déjà (mais ça, c’était prévu de longue date), qui dit période de vacances dit sous-effectif (et c’est tout spécialement vrai des vacances de Noël, une période relativement courte sur laquelle, c’est humain, toutes les mères de famille cherchent à passer une semaine tranquillement chez elles en compagnie de leur progéniture). Je me retrouvais donc tout seul pour tenir l’équivalent de deux postes. C’est-à-dire en gros que j’ai fait du boulot purement technique et géré l’urgence, la tête dans le guidon, laissant de côté le rôle de manager qu’on a vraiment trop tendance à considérer comme étant ma priorité en tant que chef (mais comme je le dis et répète, à ce compte-là, il n’y a aucun intérêt à placer à mon poste quelqu’un doté de compétences techniques : un bête administratif formé à la gestion moderne du personnel, celle dans laquelle on n’encadre plus des personnes, mais des pions, des numéros sur un tableau d’effectifs, serait bien plus efficace, car j’ai bien l’impression qu’on n’a finalement vraiment besoin de ma compétence technique que pour la signature de papiers ; ce qu’un administratif pourrait faire aussi, en se reposant sur la compétence technique de ses subordonnés ; je suis surpris qu’on ne soit pas encore passés à ce mode d’encadrement (qui aura à terme des conséquences catastrophiques, mais il faut être un technique pour s’en rendre compte)).
Oui mais sauf que, évidemment, tout ne s’est pas tout à fait passé comme ça : pasque quand t’es sur la corde raide côté effectifs, le moindre imprévu prend des proportions dramatiques.
Une gastrochiasse, par exemple, forcément imprévue, et qui te prive d’une personne pendant trois jours. Une journée de prod’ de dingue (im)prévue pour le vendredi, l’équivalent d’une fois un tiers à une fois et demie une journée normale, quand cette période de l’année est traditionnellement creuse (avant l’explosion qui commence au 2 janvier). Et les deux cumulés, ça fait très mal.

Évidemment, y a des solutions : tu peux par exemple faire revenir des gens censés être en congés. Mais pour ça, faut leur donner des compensations en échange : on n’en est pas encore revenus au temps de Zola et Dickens (même si on en prend bien le chemin), et les travailleurs ne sont plus à la disposition permanente de leur patron, taillables et corvéables à merci. Sauf que ce genre de décisions doit être validé par la direction, puisque notre temps de travail sera désormais géré informatiquement depuis le siège à partir de lundi : plus moyen de faire notre sauce dans notre coin. Et que ma proposition d’accorder un jour de compensation aux volontaires qui auraient ainsi taillé dans leurs vacances (et des volontaires, je savais que j’en aurais (pardon : que j’en AVAIS : c’était déjà tout cadré), et en quantité suffisante, moyennant cette compensation) a été refusée en haut lieu, au motif que ça risquait de créer « un précédent » (un précédent de quoi ? ils croyaient peut-être qu’on ferait à l’avenir nos plannings de congés de façon à être contraints de rappeler des absents, et de leur obtenir ainsi encore plus de congés ?).
On m’a quand même trouvé sur un autre site une personne pour dépanner… là où j’en aurais hélas eu besoin de deux.
Mais j’ai assez peu apprécié de recevoir de la directrice (qui n’est pas une technique, ne connait rien à notre métier, et pense naïvement (mais à tort) qu’il suffit de déplacer des gens comme des pions (alors que notre boulot demande un savoir-faire technique et des connaissances qui ne s’acquièrent que sur le terrain, et que chaque site a ses spécificités qui font que le dépannage au pied levé par quelqu’un venant d’un autre site n’est pas si simple que ça) et d’abandonner la réalisation de certaines tâches pour résoudre tous les problèmes (sauf qu’il ne nous est pas possible… c’est comme si sur une chaîne de montage de voitures qui serait en sous-effectif, on décidait de ne monter des roues que sur une bagnole sur deux ou trois)) un courriel sous-entendant fortement que mes problèmes venaient d’une mauvaise gestion du planning des congés (pasque je suis ptêt un technique, mais je considère que mon équipe, elle est gérée, et correctement gérée ; je doute qu’on puisse en dire autant du siège). Je crois qu’elle a bien compris à ma réponse, légèrement à chaud contrairement à mes habitudes (mais je craignais de ne pas avoir ensuite de si tôt le temps de quitter mon poste pour retourner au bureau me poser devant ma bécane), qu’il ne fallait pas me prendre pour un con et que ce n’était pas le moment de me gratter : elle ne m’a pas répondu, mais j’ai eu des échos par l’adjointe de mon chef. Peut-être que la direction va ici aussi commencer à prendre conscience du fait que je suis un râleur véhément, mais effectivement, c’était pas le moment de me gonfler, surtout à la fin d’une année au long de laquelle toute mon équipe n’a pas ménagé ses efforts pour faire tourner le service sans devoir appeler le siège au secours (forcément, on voit ce que ça donne quand on appelle le siège au secours : rien ; ou alors ils sont prêts à nous dénicher du personnel en renfort, mais pour APRÈS la crise, quand on n’en a plus aucun besoin). M’enfin bon, si ça a permis qu’elle me craigne un peu, c’est toujours ça de gagné : d’expérience, un cadre de direction qui me craint est un cadre de direction qui me prend moins pour un con quand je fait remonter un problème (même si ça ne veut pas pour autant dire qu’il me cherche plus de solutions, sans même parler d’en trouver).

Et donc du coup, voilà pas que l’idée lumineuse de la directrice a été de nous envoyer aujourd’hui l’adjointe de mon chef pour apporter l’aide qu’elle pourra nous apporter et faire le point sur nos problèmes.
Bon, ça partait sans doute d’un bon sentiment (ou plutôt d’une volonté d’apaisement).
Le premier hic, c’est que nos problèmes, ça fait un moment que je les ai exposés en long en large et en travers : ça donne un peu l’impression de pisser dans un violon. À chaque fois il faut répéter les mêmes explications, et trois mois plus tard c’est rebelote.
Le second hic, c’est que si elle a à peu près conscience des particularités de notre boulot et de nos conditions de travail, l’adjointe en question n’a pratiquement aucune compétence technique au-delà de lointaines bases théoriques. Donc la seule chose à laquelle j’ai pu l’affecter, c’est à me servir de scribe. Et contrairement à ce que je m’imaginais, avoir quelqu’un d’inexpérimenté pour noter ce que je dictais, ça ne m’a pas fait gagner du temps, au contraire. C’était un peu comme d’avoir une stagiaire dans les pattes, sauf qu’en général les stagiaires je les ai en dehors des périodes d’effectif insuffisant et d’activité frénétique. Bref, qui dit perte de temps dit moins de temps pour souffler, et j’avais l’impression d’être plus fatigué quand elle est enfin partie que si j’avais bossé tout seul, tout en en ayant moins fait.

Et pourtant, ce matin où on commençait une heure plus tôt que d’habitude, j’étais arrivé physiquement affûté à bloc : forcément, je m’étais bien échauffé en venant à pied, le Tonnerre mécanique ayant peiné à sortir du garage et n’ayant pas voulu repartir ensuite. A donc fallu que j’aille à l’usine à pied, de nuit et sous une pluie battante, en marchant d’un bon pas car je ne pouvais pas me permettre d’arriver en retard, n’ayant personne pour démarrer le boulot à ma place en cas de problème.
Arrivant presque à l’heure (mais une dizaine de minutes plus tard que si j’étais venu en voiture…), je n’ai pu que constater que dans ma précipitation, j’avais laissé sur mon tableau de bord badge pour ouvrir les portes de l’usine et clés du bureau et de mon casier.
Pour entrer dans l’enceinte, ça n’a pas été un problème, je me suis fait ouvrir le portail par l’accueil. Mais pour accéder à l’intérieur du bâtiment, je comptais passer par l’escalier de service… qui à cette heure était fermé à clé. Heureusement, j’ai rapidement trouvé quelqu’un pour m’ouvrir la porte, et depuis que mes clés étaient tombées de ma poche quelque part dans l’usine et que j’avais dû ouvrir mon casier au coupe-boulons, je garde un double de celle de mon cadenas planqué dans mon bureau. Bureau dont je ne pouvais pas ouvrir la porte, bien entendu verrouillée ; et en raison des problèmes d’effectif évoqués plus haut, personne ne s’y trouvait à mon arrivée : je n’avais plus qu’à attendre une demi-heure que quelqu’un arrive.
Heureusement, il y a un double de la clé à la maintenance, que j’ai pu récupérer rapidement.

Mais tomber en panne de bagnole dans un bourg de campagne à cette époque, ce n’est vraiment pas la bonne période : la plupart des garages sont en fermeture annuelle… À commencer par le concessionnaire qui s’occupe habituellement du Tonnerre mécanique ; mais pas seulement lui, puisque la plupart des garages du bourg (en tous cas, ceux considérés comme sérieux) ont choisi ce moment pour fermer boutique.
Pas d’affolement, je me suis dit, en fin de journée je me ferai déposer par une collègue à un autre garage qu’un collègue apprenant ma situation venait de me recommander, en espérant qu’ils pourront me dépanner.
Sauf que pour ça, il aurait fallu que ce garage là ne soit pas lui aussi fermé…
Du coup, elle m’a simplement ramené à la maison, toujours sous la pluie, et dans la nuit qui tombait. Pas des conditions propices à gratter moi-même dans le moteur, ce que je compte faire quand même demain, puisque bien que je soupçonne un problème électronique, ça m’évoque aussi un problème de capteur que j’avais déjà eu (en beaucoup moins grave) il y a un an et demi. J’espère que ça n’est « que » ça et que je vais savoir retrouver le capteur en question et le bricoler correctement, sinon je suis piéton pour un moment, en espérant que le garage rouvre lundi (et j’imagine que même si ça n’est que ça, il sera plus prudent de changer le capteur pour éviter les rechutes).

Bref, je suis crevé de ma semaine de boulot, bloqué ici faute de véhicule, absolument pas certain que je pourrai redémarrer le Tonnerre mécanique demain, ni de quand je pourrai le faire réparer ensuite, et on nous annonce quinze jours de grosse production (autant qu’aujourd’hui) à l’usine…
Vivement les vacances ! Malheureusement… pour moi, c’était la semaine dernière.

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Noir comme un fleuve en deuil

Henri Bessière, l’un des deux coauteurs ayant signé sous le pseudonyme de Francis Richard-Bessière une chiée de bouquins de SF dans la collection Anticipation des éditions Fleuve Noir (collection dont il fut le co-fondateur), est mort mardi dernier. Il avait 88 ans.
Dans la tripotée de bouquins vite lus et peu mémorables que je me suis lus de cette collection quand j’étais étudiant, il devait bien y en avoir un ou deux de lui…

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Promenade internaute nocturne

À signaler suite à ma promenade internaute quotidienne, nocturne plutôt que vespérale aujourd’hui :

– après une grosse dizaine de jours en rade, le blog de Tonton Alias est à nouveau en ligne. En attendant la résolution des problèmes techniques, il avait ouvert un blog (toujours à part, évidemment) de secours, mais encore aurait-il fallu en connaître l’existence.
Tu sais, je ne t’en aurais pas voulu si tu avais fait ta pub’ dans un commentaire ici-même (bien que je doute, vu le caractère semi-intimiste (voulu et revendiqué) de ces lieux, que cette pub’ aurait eu une réelle visibilité…)

(spasme de WordPress qui a posté le présent billet avant que je ne l’ai terminé)

– ensuite, j’ai pas spécialement été enthousiasmé par la dernière note de Boulet, mais le bonus par contre (qu’on ne peut comprendre que par rapport à la note) m’a bien plu (bonus visible tout en haut des commentaires).

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Stille Nacht, heilige Nacht

Dormez tranquilles braves gens, pendant que vous faites bombance tout s’est arrêté, les guerres, les famines, la misère, la crise économique qui nous rapproche chaque jour un peu plus de la précédente (la misère, pour ceux qui ne suivent pas)…

Allez, un peu de musique pour les festivités :

(ce n’est pas un clip officiel, les images viennent d’un film intitulé Santa’s Slay, que je ne connais pas)

Et puis surtout :

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L’heure des bilans (2) : 2011 en musique

Commençons comme d’habitude par la rubrique nécrologique : cette année 2011, nous avons perdu une tripotée de musiciens, pour la plupart des gens que je qualifierai de « mineurs » (sans que ce soit péjoratif), le décès le plus notable de l’année étant celui de Gary Moore le 6 février. Et puis bien sûr, il y a eu celui du député métalleux Patrick Roy le 2 mai.

Les membres originels de Black Sabbath ont annoncé en novembre qu’ils reformaient le groupe, ce qui n’a pas vraiment été une surprise ; j’ai personnellement des doutes quant à ce qu’ils vont pouvoir faire avec un Ozzy Osbourne qui a bien baissé, mais si Tony Iommi et les autres sont restés au niveau, musicalement parlant, ça peut peut-être quand même donner quelque chose de correct.
Le guitariste K. K. Downing a quitté Judas Priest en avril, et y a pas à dire, son successeur est peut-être doué (c’est en tous cas ce qui se dit ; moi, je ne l’ai pas encore écouté dans son nouveau groupe), mais moi j’arrive pas à me faire à cette idée : Priest sans K. K., ce n’est plus vraiment Priest…
L’effectif de Rozz a été renouvelé de fond en comble ou presque, puisque du groupe qui a enregistré l’excellent D’un siècle à l’autre l’année dernière ne reste plus que l’inamovible Marcel Ximenes. Même Jean-Pierre Mauro a jeté l’éponge… On attend quelque peu anxieusement de voir ce que va donner le nouveau groupe (et surtout le nouveau chanteur).

Côté nouveautés, il en est sorti un peu plus de 70 qui m’ont intéressé (soit un des tous meilleurs millésimes de ces vingt dernières années), et j’ai pu quasiment toutes les écouter (à part deux, sauf oubli de ma part, faute d’avoir pu me les procurer pour l’instant ; mais je ne désespère pas d’y remédier dans un proche avenir).

Mon album de l’année est sans conteste Stand Up and Fight, de Turisas.
Il devance The Enigma of Life de Sirenia, Call to Arms de Saxon (toujours bien placé, comme à chaque fois) et The Unforgiving de Within Temptation, qui atteint enfin sa maturité.
Suivent en vrac Soulless Child d’Ancient Bards, All Beauty Must Die de Krypteria, Break the Silence de Van Canto (assurément ma découverte musicale de l’année), Underneath de Wildpath, et Unbroken de Fiona (seule non-metalleuse à se hisser dans le groupe de tête), qui fait avec succès son grand retour inattendu.
J’ajouterai une mention particulière pour le premier album de Battle Beast, Steel, qui sera bientôt physiquement disponible dans nos contrées car Nuclear Blast va le rééditer en janvier, et qui mérite assurément sa place dans le groupe de tête.
Ensuite, il y a une tripotée d’albums de bonne tenue (The Writ of Sword de Crimfall, The Awakening of Gaia de Crysalys, Meredead de Leaves’ Eyes, Golden Moon de Liv Moon, Th1rt3en de Megadeth, Kinetik d’Omega Lithium, Suppléments de mensonge de Thiéfaine, et j’en passe…), et dans l’ensemble j’ai vraiment le sentiment que 2011 a été une bonne année musicale, un peu partout dans le monde.
Et puis je ne peux pas passer sous silence la réédition tant attendue du premier album de Rozz, Une autre vie !
(à noter qu’il y a eu d’autres rééditions majeures, en particulier Girlschool qui ont ressorti leur deuxième album, Hit and Run, après l’avoir réenregistré ; mais comme j’ai déjà la version originelle et que je ne suis pas convaincu que ce genre de choses apporte un quelconque plus, j’ai fait l’impasse ; elles feraient mieux de ressortir « Running Wild », qui manque toujours à ma collection)

Au chapitre des déceptions, il y aura eu pour moi ADX, pourtant une valeur sûre du metal français qui nous a donné cette année avec Immortel l’un de ses albums les moins bons (oh, ça reste écoutable, certes, mais à côté du reste de leur discographie, ça fait tache), et Nightwish, dont le nouvel album, Imaginaerum, est très irrégulier, avec d’excellents morceaux et des machins bien mous (mais j’insiste une nouvelle fois, c’est la musique qui est en cause, pas la voix de la hurleuse, n’en déplaise à certains passéistes). Peut-être aussi peut-on citer parmi les déceptions plutôt que simplement parmi les disques pas terribles (car déception sous-entend une certaine attente) Sweetheart of the Sun des Bangles, qui sans Michael Steele ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes ; et The Fatal Picard’s Coming Out, des Fatals Picards…
Il y aura eu aussi (pas pour moi certes, mais pour les fans irréductibles du groupe, une catégorie dont je ne fais assurément pas partie) l’album coopératif entre Metallica et Lou Reed, Lulu, sans doute le disque qui s’est le plus fait chier sur la tête sur internet cette année ; alors qu’objectivement, il ne méritait pas tout ça (bien que franchement, quand même, il soit sans grand intérêt). Une fois de plus, Metallica s’est fait niquer par leurs rivaux de Megadeth, qui ont sorti à peu près en même temps un album plutôt bon (et ce n’est pas Beyond Magnetic, les quelques titres « oubliés » de leur album de 2008 Death Magnetic, sorti tout récemment et uniquement sur internet, qui va rattraper le tir côté Metallica, pasque j’y ai jeté une oreille et franchement, il est mauvais).
Et puis dans la catégorie « si le prochain album est lui aussi mauvais, j’arrête de suivre le groupe », il y a eu Chickenfoot, avec leur deuxième album fort incongrument nommé III, qui ne contient qu’un seul morceau potable (bien entendu, celui qui a été utilisé pour faire la promotion du disque).
(autres albums à éviter cette année mais sans que ça ne préjuge pour l’instant de mon avenir avec les groupes concernés, Bad Dogz de Nazareth et Dedicated to Chaos de Queensrÿche)

Mais finalement, ma plus grosse déception de l’année 2011, c’est que Yotangor, qui est apparemment entré en studio au printemps, n’ait pas encore sorti de nouvel album !

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L’heure des bilans (1) : 2011 en JdR

Comme tous les ans, faisons un rapide petit bilan rôludique de l’année qui s’achève.

La grosse nouveauté de l’année… n’intéressera finalement que moi. Après plus de seize ans à commander mes bouquins de JdR auprès de la même boutique, j’ai fini par me résigner à changer de crèmerie et à commander exclusivement sur des sites en ligne. La raison ? Plus moyen de se tenir correctement informé des nouveautés reçues par le magasin, et les sorties qui m’intéressaient commandées en quantité insuffisante pour qu’il en reste quand vient le moment de passer ma commande (c’est-à-dire quand j’ai accumulé suffisamment de choses à acheter pour bénéficier de la gratuité des frais de port). En gros, si j’avais voulu continuer à « bosser » avec eux, il aurait fallu que je leur téléphone à chaque fois, en leur faisant commander exprès les bouquins qui m’intéressent. Pas pratique du tout pour moi ; alors que par internet, en quelques clics c’est fait, c’est plus rapide, pas de coup de fil à donner, pas de chèque à envoyer… Je n’ai pas pris cette décision de gaieté de cœur, j’aurais préféré continuer à soutenir le « petit commerce » (je ne peux décemment pas parler de commerce de proximité quand le magasin se trouve à plusieurs centaines de kilomètres et quand je n’y ai jamais mis les pieds physiquement), mais voilà.
(ajoutons en outre que l’un de mes deux nouveaux fournisseurs est moins cher, ce qui, par ces temps de crise qui va en s’aggravant, devient un facteur de choix non négligeable)

Pour le reste :

La rubrique nécrologique aura été moins fournie que les années précédentes, puisque je n’y ai remarqué « que » les illustrateurs Jim Roslof (le 19 mars) et Doug Chaffee le (26 avril).

La crise est aussi passée par le secteur de l’édition rôludique, et plusieurs boîtes américaines majeures (White Wolf, Hero Games, Wizards of the Coast) ont annoncé des licenciements parfois surprenants (quoique le terme exact serait plutôt « inquiétants », sans doute…).

La crise chez WotC est d’ailleurs peut-être profonde, car tout porte à penser que le premier JdR en termes de vente, au moins aux États-Unis, n’est plus « D&D4 », mais Pathfinder, un développement de la précédente édition. C’est certainement la toute première fois qu'(A)D&D perd sa place de leader, et c’est à mon avis un sacré évènement (même si on n’a pas de moyen fiable de le confirmer et même s’il faut relativiser, car que ce soit « D&D4 » ou Pathfinder, ça reste du AD&D à la base).

Mongoose reste un poids lourd du marché du JdR, mais il a dû lâcher du lest en abandonnant sa licence RuneQuest / Glorantha (ce qui, vue la gueule globale des suppléments gloranthiens qu’ils ont pondu, gueule qui a sans doute contribué à me dégoûter de Glorantha, n’est pas forcément un mal), semble recentrer son activité sur des produits non rôludiques, et a très nettement ralenti en fin d’année son planning de sorties pour Rikki-Tikki-Traveller, en repoussant celles de plusieurs bouquins (dont la version RTT de 2300 AD). Et puis surtout, la qualité globale des suppléments de sa gamme RTT vire à l’exécrable : dans toutes les dernières parutions, je citerai comme exemples de ce que j’affirme Sword Worlds, et encore pire, Secrets of the Ancients version payante ; pas de bol, ce sont les deux plus récents que j’ai lus à ce jour, et ça ne me détend franchement pas pour l’avenir de la gamme. Pourtant, ils avaient sorti un peu plus tôt cette année Spinward Encounters, un fort bon recueil de scénarios (copyright Avenger / Comstar, il est vrai), Library Data, un recueil de… library data, hélas à un format réduit qui le rend parfois quelque peu malaisé à lire, et Starports, un bon supplément sur les spatioports…
Côté productions gratuites, ils ont arrêté leur zine Signs & Portents (qui devrait reprendre début 2012, et dont les archives sont toujours en ligne), mais ils ont commencé la publication d’une nouvelle campagne pour RTT, The Pirates of Drinax. J’ai donc un peu de remords à les enfoncer d’un côté pour l’absence de qualité de leurs bouquins payants, quand leur offre gratuite tendrait à prouver qu’ils ne méprisent pas tant que ça leur public…
Et puis, ils publient Legend (le successeur de Rikki-Tikki-RuneQuest) sous Open Content, ce qui devrait créer une dynamique de petits éditeurs autour du jeu (personnellement, ça ne va pas m’intéresser, mais il en faut pour tous les goûts).

Steve Jackson Games continue sur son modèle d’édition électronique pour GURPS. J’ai toutefois la confuse impression (que je n’ai pas vérifiée) qu’il y a eu moins de sorties cette année que l’année dernière, d’une part, mais aussi qu’il revient doucement vers le papier, en publiant non seulement un ou deux suppléments quasiment directement à ce format, mais également en sortant en boutique des *.pdf qui ont bien marché. Moi qui préfère manipuler un livre qu’un paquet de feuilles volantes, je ne peux que m’en réjouir ; surtout quand il s’agit de suppléments particulièrement bons comme Tactical Shooting (on a aussi eu droit cette année à un autre supplément *.pdf particulièrement bon, Cities on the Edge pour Transhuman Space, mais celui-ci n’a pas eu de version papier pour l’instant).
J’ai quand même la sale impression qu’ils préfèrent désormais, plutôt que de publier un gros supplément bien complet, sortir un supplément un peu moins gros avec des lacunes, et combler ces lacunes par une série de petits machins *.pdf. C’est le coup qu’ils nous ont fait pour Low-Tech (paru l’année dernière), qui a déjà eu droit à quatre petits frères, dont les deux plus récents sont parus cette année.

Avenger nous fait une nouvelle fois le coup des adieux à Traveller (ou du moins cette fois là, à l’OTU). Malheureusement, je crains que là, ce ne soit pour de vrai… Non seulement ils se sont mis à publier des choses non-OTU, mais Martin J. Dougherty s’est même commis avec l’éditeur Terra/Sol Games et son contexte (mauvais) du Twilight Sector… Et pourtant, je le maintiens, en Traveller, hors l’OTU, point de salut !
Spica Publishing par contre a fait un coup d’essai dans l’OTU avec Field Manual, qui s’est avéré le meilleur de ses suppléments pour l’instant (en tous cas, de ceux que j’ai lus, mais ça fait une bonne partie du total).

Pelgrane Press a renouvelé sa licence Dying Earth… J’aurais bien aimé que Margaret Weis Productions fasse de même avec sa licence Serenity expirée en début d’année, mais hélas, elle a préféré prendre une licence Marvel.

La mode vintage n’est toujours pas terminée, avec entre autres le retour de Fighting Fantasy, celui de Shatterzone, celui de Timemaster en impression à la demande, et celui (d’abord prévu pour cet automne mais repoussé à 2012) de 2300 AD, déjà évoqué. 2012 devrait également nous apporter un nouveau RuneQuest (gloranthien), un nouveau Metamorphosis Alpha, un nouveau Chivalry & Sorcery, et même un nouveau Land of the Rising Sun…
Il y a même eu cette année un supplément officiel pour MegaTraveller !
Et on parle d’un renouveau de Space 1889 (dont une version allemande est sortie ou va sortir, je n’ai pas suivi l’avancée des travaux).
On a aussi eu un nouveau supplément pour Aftermath! (et encore une fois, il n’est pas terrible).
Par contre, la troisième édition de Dark Conspiracy, qui aurait dû sortir l’été dernier, n’est toujours pas parue. Quand on voit la médiocrité des scénarios publiés jusqu’à présent par l’éditeur concerné, ce n’est pas forcément un mal…
Et même chose pour le renouveau d’E&D, brutalement interrompu (sans communication à ce sujet de la part de l’auteur du jeu) après deux suppléments en 2010 (dont un dont la qualité laissait franchement à désirer, l’autre n’étant qu’une réédition).
Et parallèlement à toute cette nostalgie, internet bourdonne de partout au sujet d’une cinquième édition d’AD&D qui serait en préparation (sans qu’aucune annonce officielle ne soit venue confirmer ou infirmer ces bruits).

En V.F…. je n’ai rien suivi de ce qui pouvait bien sortir.
J’ai l’impression que la traduction de Rikki-Tikki-Traveller est mort-née après le bouquin de base et deux suppléments (même pas OTU) : ce n’est encore pas cette fois qu’on pourra officiellement sillonner l’Imperium et ses voisins dans la langue de Guiserix (même si, tout doucement et de façon totalement non officielle, les extraits de la BDDI continuent de grossir peu à peu).
Le seul truc vaguement intéressant qui s’est passé en français cette année, c’est la énième nouvelle version de Casus Belli (la quatrième), qui, pour ce que j’ai pu en lire, me semble peut-être un peu plus intéressante que les deux précédentes ; je vais me la procurer pour voir, nous en parlerons mieux quand je l’aurai lue.

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Les arcanes exhumées

Suite à mes récriminations de ce matin sur la version payante de Secrets of the Ancients, un fidèle lecteur me signale qu’on peut toujours télécharger la version gratuite ici.
Moindre mal, donc. Et une raison de plus pour fuir comme la peste la version payante.

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Kro en résumé : Secrets of the Ancients

The Third Imperium
Campaign 1 : Secrets of the Ancients
Gareth Hanrahan
ISBN 978-1-907702-62-4
MGP 3873
copyright 2011 Mongoose Publishing
174 pages

Campagne pour Rikki-Tikki-TravellerNe déconnez pas, n’achetez SURTOUT PAS ce bouquin. Si vous voulez la campagne, quelqu’un doit bien pouvoir vous refiler les fichiers de la version gratos.

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Kro en résumé : Instant Armor

GURPS Low-Tech
Instant Armor
Dan Howard
Steve Jackson Games
version 1.0, décembre 2011
# 37-1666
21 pages

Supplément *.pdf pour GURPS, sur les armures jusqu’au Tech Level 4Un supplément très pointu, dont le contenu, aride, aurait pour l’essentiel dû figurer dans Low-Tech. J’en recommanderais bien l’acquisition à ceux pour qui les armures ont de l’importance dans leurs campagnes, mais il est quand même un peu cher (5,95 $, et l’euro a malheureusement nettement baissé) pour ce que c’est. Encore une fois, ça fait cher les infos-qui-ont-été-omises-du-gros-supplément-(déjà-lui-même-bien-assez-cher-comme-ça)-faute-de-place…

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Kro en résumé : Talents

GURPS Power-Ups 3
Talents
Sean Punch
Steve Jackson Games
version 1.0, novembre 2011
# 37-0141
27 pages

Supplément *.pdf pour GURPS sur les Talents, des advantages qui donnent des bonus à l’utilisation de certains groupes de skillsLe gros intérêt du supplément est la liste exhaustive (pour l’instant…) des talents publiés.
Pour ceux qui créent beaucoup de persos, ça vaut je pense le coup de se pencher dessus (quoiqu’un peu d’imagination permette d’inventer soi-même les talents dont on a besoin). Les règles optionnelles par contre m’ont paru nettement moins convaincantes, même s’il y a quelques idées intéressantes dans le lot.

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