Défi 2014 : scénario n° 39, les commentaires

Ce tirage était le trente-troisième de la série.

Il était inévitable que je produise au moins un scénario pour Traveller dans le cadre du défi (je dis au moins car j’aurais pu en faire plusieurs, pour des époques différentes de l’Official Traveller Universe ; mais j’ai considéré que ça serait une solution de facilité, je connais quand même plutôt bien l’OTU…).

Le tirage donnait un résultat assez bateau : les persos sont des astéroprospecteurs ou des récupérateurs d’épaves au sein d’une ceinture d’astéroïdes, alors qu’ils sont sur le coup du siècle, des concurrents arrivent, tuyautés par un traître, etc… Tout ça se passerait bien sûr dans l’une des ceintures des Marches Directes.
Et puis je me suis dit qu’en plaçant le scénar pendant la Cinquième Guerre Frontalière, ça pourrait peut-être donner quelque chose de plus intéressant. Surtout que j’ai encore une fois réussi à le raccorder à des évènements plus ou moins importants…

L’homosexualité de Norris (et sa liaison avec son sénéchal) n’est jamais explicitement mentionnée dans le canon travellerien. En fait, elle n’est même pas officielle. Mais quand on lit entre les lignes, il y a un certain nombre d’éléments qui tendent à prouver que (ce qui avait été confirmé par Dave Nilsen, l’auteur du Regency Sourcebook, dans une discussion ou une interview en ligne, que je n’ai pas retrouvée au moment de rédiger le présent billet).

Comme sur d’autres points, le canon n’est pas très clair sur les agissements de Norris pendant la période du scénario (et après). En particulier, pourquoi attend il 132-1109 pour destituer Santanocheev, s’il est en mesure de le faire dès 1107 ? Est il allé lui-même sur Algine ? Ce genre de questions. J’ai donc dû faire des choix (qui ne sont pas forcément ceux que j’aurais faits avant de me lancer dans l’écriture de ce scénario).

Je n’ai pas pour habitude de dévoiler l’étymologie de mes noms propres et autres néologismes mais l’Équoïde doit son nom à la nouvelle de Charles Stross. Le Scandiffino n’avait au départ qu’un seul n, et vient de ce que j’écoutais l’intégrale de Blacklace en écrivant cette partie du scénario ; j’ai rajouté le second car je trouvais ça trop voyant.
Le quatrième intertitre est tiré de Starcrash.

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Défi 2014 : scénario n° 39 : BIS repetit attentats

Scénario pour Traveller.

Ce scénario se déroule dans les Marches Directes, pendant la Cinquième Guerre Frontalière.

Les références 101R renvoient à 101 Robots ; Adv1 à l’Adventure 1 : The Kinunir ; GTFI à GURPS Traveller : First In ; JTAS aux numéros du Journal of the Travellers’ Aid Society ; RS au Regency Sourcebook ; et SMC à The Spinward Marches Campaign.

Si vous êtes censés participer à ce scénario en tant que joueurs, ne lisez pas plus loin…

Ah, c’est la guerre ? ! !

Ce scénario débute sur Regina (Marches Directes / Regina 1910), peu après le 268-1107, alors que l’amiral de secteur Frederick Santanocheev est le commandant en chef des forces impériales engagées dans la Cinquième Guerre Frontalière. Les personnages, bien que plutôt patriotes impériaux, n’ont pas été mobilisés dans les forces régulières, mais ils se sont retrouvés liés (peut-être déjà avant la guerre) au service secret du duc de Regina, Norris Aella Aledon, pour lequel ils ont accompli quelques missions, mineures (transports, etc…) ou non. Le scénario pourrait à peu près fonctionner pour des personnages appartenant au Renseignement Stellaire (Naval Intelligence : le service de renseignement de la Stellaire), mais cela nécessitera quelques ajustements mineurs.

La guerre, qui dure depuis environ trois mois, semble tourner plutôt à l’avantage des Zhodani, et Norris, qui considère depuis longtemps Santanocheev comme un incapable, et avait avant même l’ouverture des hostilités demandé à l’empereur Strephon d’être nommé commandant en chef à sa place, s’impatiente de plus en plus devant l’incompétence de l’amiral, dont il craint qu’elle n’aboutisse tôt ou tard à la défaite de l’Imperium.
En fait, Strephon n’a pas complètement accédé à la requête du duc : il a envoyé vers les Marches un nouvel amiral, Tilbur Rapsirgii, pour relever Santanocheev. Mais le Scandiffino, croiseur de classe Sarmonocci à bord duquel celui-ci voyageait vers les Marches Directes (d’abord vers Mora (Marches Directes / Mora 3124), puis, ayant appris en route le déclenchement des hostilités, en se déroutant directement vers Regina), a été attaqué par un croiseur zhodani alors qu’il se trouvait dans le système d’Algine (Marches Directes / Regina 2308). Gravement endommagé par les tirs ennemis, le croiseur impérial, en tentant de lui échapper, a fini par s’écraser sur Algine elle-même.
Quelques temps plus tard, Norris a eu vent d’un envoi important que Strephon lui avait expédié par croiseur. S’attendant à recevoir de l’empereur un édit lui confiant le poste de commandant en chef, le duc a fait le rapprochement avec la nouvelle (rapportée par les forces chargées d’y maintenir l’interdit, qui n’avaient pu intervenir à temps mais avaient réussi à mettre en fuite le maraudeur zhodani, déjà bien endommagé par son affrontement avec le Scandiffino) selon laquelle un croiseur avait été abattu sur Algine. Persuadé à tort que le précieux document se trouvait à bord, il organise une expédition secrète vers l’épave pour l’y récupérer (SMC p 16). Les personnages sont bien entendu du voyage.

Mensonge d’état

Le 212-1107, Branj Dilgaadin, le sénéchal de Norris, a annoncé que ce dernier était atteint d’une pneumonie virale (JTAS 10 p 5, JTAS 19 p 27). Cette déclaration, qui vise à faire cesser les rumeurs persistantes sur l’état de santé du duc, est fausse : il n’est pas malade, il a été victime d’un accident d’aéromobile. L’appareil à bord duquel il circulait avait été saboté. Son chauffeur est mort dans l’accident, et lui-même a été polytraumatisé, mais ses jours ne sont pas en danger, et la chirurgie impériale a facilement réparé ses blessures. Une fois autorisé à sortir de l’hôpital, Norris a quitté Corona, siège de l’autorité ducale sur Regina, pour passer sa convalescence au calme dans son manoir sur l’île de Caranda, la propriété ducale.
L’attentat était le fait d’agents du BIS, le Bureau de l’Information Stellaire (Office of Naval Information, SMC p 11), le service de renseignement mis sur place par l’amiral Santanocheev pour supplanter le Renseignement Stellaire, le service de renseignement « normal » de la Stellaire. Le BIS surveille discrètement les activités du duc via certaines personnes de son entourage, et voyant qu’il se met activement à chercher un moyen d’écarter l’actuel commandant en chef, quelqu’un en son sein a pris l’initiative de mener une opération pour éliminer cette menace, sans en référer à l’amiral lui-même (qui, bien que n’appréciant pas du tout Norris, serait certainement horrifié s’il apprenait ce que trament ses agents).

Destination Algine

Outre le duc (à peu près remis de son accident, même s’il n’est pas encore en pleine possession de ses moyens physiques) et les personnages, prennent part à l’opération au moins trois gardes du corps de Norris (certains peuvent être des PJ) et l’équipage du vaisseau spatial à bord duquel tout ce petit monde prend place (et qui peut là aussi être au moins partiellement composé de PJ) : l’Équoïde, un escorteur de classe Gazelle, pourvu de réservoirs amovibles qui lui permettent de faire l’aller-retour depuis Regina sans avoir besoin de ravitailler (ce qui réduit d’autant les risques de se faire repérer par les vaisseaux stationnés dans le système d’Algine (un croiseur de classe Kinunir et plusieurs Gazelle). Dans l’idéal, le commandant en second de l’expédition est l’un des personnages. Selon le nombre de PNJ présents à son bord, l’Équoïde pourrait rapidement se trouver surpeuplé…

Non seulement la planète Algine est placée sous interdit (pour protéger des interférences extérieures le développement de la civilisation locale), mais elle fait en plus partie des mondes sur lesquels l’amiral Santanocheev a spécifiquement défendu qu’on atterrisse dans sa proclamation n° 46 de 268-1107 (JTAS 11 p 5, JTAS 19 p 28). Si l’expédition était découverte par les forces chargées de maintenir l’interdit, le duc risquerait d’y laisser sa couronne (et perdrait en tous cas dans le scandale qui s’ensuivrait toute chance de supplanter Santanocheev) : il insistera donc fortement lors du briefing sur la nécessité absolue de ne pas se faire prendre.

Algine est décrite dans GTFI pp 141/142. Habitée par les descendants de colons solomani arrivés sur la planète vers -1000 à bord d’un vaisseau à générations, elle est balkanisée, avec un niveau technologique maximum de 4 (équivalent d’un TL 5 à GURPS 3).

Le premier problème auquel devront faire face les personnages dès leur arrivée dans le système est d’échapper à la détection par les vaisseaux de la Stellaire qui sont chargés de faire respecter l’interdit (et sont d’autant plus sur le qui-vive qu’on est en guerre et qu’il y a déjà eu des intrusions zhodanies, dont celle qui a causé la perte du Scandiffino). Atteindre Algine sera particulièrement délicat, et il y a toujours au moins un escorteur Gazelle en orbite autour de la planète. Le reste des vaisseaux en faction dans le système se répartit en principe à proximité des trois géantes gazeuses, qui sont des points stratégiques en principe plus proches des points d’émergence des vaisseaux arrivant ici que ne l’est Algine elle-même.
Une fois sur Algine, immerger rapidement l’Équoïde au fond d’un lac, d’une mer ou d’un océan, devrait lui permettre d’échapper durablement à la détection.
Pour repérer le lieu du crash, les personnages devront, soit recourir à une sonde placée en orbite (et qui devra elle aussi éviter d’être détectée, ce qui sera en principe beaucoup plus facile que pour le vaisseau lui-même), soit contacter les autochtones en espérant qu’ils puissent leur fournir l’information (ce qui risque de durer longtemps). Maintenir l’Équoïde en orbite le temps de détecter l’endroit où se trouve l’épave serait chercher à se faire remarquer par l’escorteur en faction.

L’impact a dû être terrible

Le Scandiffino s’est écrasé dans une région montagneuse peu peuplée (par rapport au reste de la planète) et particulièrement difficile d’accès. Une fois l’emplacement repéré, les personnages peuvent y accéder, soit en utilisant des moyens modernes tels qu’une aéromobile (qui risque d’être détectée si jamais l’escorteur en orbite autour d’Algine braquait ses détecteurs sur le mauvais endroit de la surface de la planète au mauvais moment ; un risque mesuré que les personnages pourraient accepter de courir), soit en recourant à des méthodes plus primitives, plus discrètes mais beaucoup plus lentes (qui impliqueront probablement de se mêler aux populations locales et de recourir à des guides, et peut-être aussi à des porteurs).

L’épave s’est disloquée en plusieurs morceaux, éparpillés sur une grande étendue. Bien que la plupart des débris soient de petite taille, quelques éléments plus gros subsistent, dont certains portent des traces d’incendie. Il n’y a bien entendu aucun survivant, les restes humains qui n’ont pas été mangés par des charognards ne permettent même pas d’identifier visuellement les victimes, et retrouver d’éventuels documents tient de la gageure (d’autant que Norris, qui mène les fouilles, reste très évasif sur la nature précise de ce qu’il recherche).
Le succès ou l’échec de la mission des personnages dépendra des intentions du MJ pour la suite : soit (solution de facilité que nous exclurons par principe pour la suite du présent scénario) ils découvrent dans les décombres de l’appareil un mandat impérial permettant à Norris de s’autoproclamer commandant en chef de la Stellaire pour le secteur des Marches Directes ; soit ils découvrent des documents annonçant la nomination à ce poste de l’amiral Rapsirgii, mais pas de mandat, et le duc devra en trouver un ailleurs ; soit aucun document n’a été récupéré parmi les débris du Scandiffino, et on en revient pour Norris au cas précédent.

La cavalerie arrive !

Pendant que les personnages furètent dans les débris du croiseur, un petit commando de troupes de marine en scaphandre de combat arrive sur les lieux. Il a été largué depuis l’orbite par un escorteur de classe Gazelle, le Benny Bronco, appartenant au BIS (là encore, il s’agit d’une initiative prise sans en informer l’amiral Santanocheev).
Les personnages et leurs compagnons n’ont aucune chance face à des soldats entraînés en armure. Mais ces derniers se montrent un peu trop sûrs d’eux et de l’infériorité de leurs adversaires, et si les aventuriers réussissent à se réfugier dans l’un des éléments les moins endommagés de l’épave et à y trouver quelques armes capables de venir à bout du blindage d’un scaphandre de combat, ils ont une chance de l’emporter. Ceci fait, il leur faudra rejoindre au plus vite l’Équoïde pour regagner la sécurité de Regina.

Lorsque les personnages quitteront Algine, poursuivis par le Benny Bronco (qu’ils pourront identifier), ils seront repérés par l’escorteur en orbite autour de la planète, qui tirera un coup de semonce en leur ordonnant de stopper, et donnera s’ils n’obtempèrent pas l’alerte aux autres vaisseaux de la Stellaire présents dans le système. L’Équoïde, n’étant pas de taille, devra s’éloigner au plus vite de l’étoile pour pouvoir sauter en direction de Regina.
Les aventuriers pourraient aussi décider de ne pas courir le risque de se faire tirer dessus, et se laisser capturer. Les conséquences politiques pour le duc Norris seraient catastrophiques (et par contrecoup, le déroulement de la guerre serait bouleversé et tournerait probablement en défaveur de l’Imperium).

À noter que le Benny Bronco, appartenant au BIS, est ici en mission secrète et a violé l’interdit ; il sera lui aussi pris à partie par les vaisseaux en faction dans le système, et un échange de tirs s’ensuivra, qui facilitera sans doute la fuite de l’Équoïde.

DéBIStage

De retour à Caranda, les personnages sont chargés par Norris de se renseigner sur le Benny Bronco et sa présence dans le système d’Algine : le fait qu’il ait été pris à partie par les forces locales semble clairement indiquer que sa présence là-bas n’était pas autorisée, et le duc aimerait bien savoir qui a essayé de lui mettre des bâtons dans les roues : comme s’il n’avait pas déjà assez de soucis avec les Zhodani et l’incompétence de Santanocheev !
Flottes de combat impériales, l’ouvrage de référence sur les vaisseaux de la Stellaire, ne mentionne effectivement pas le Benny Bronco parmi les appareils en faction à Algine ; mais ce recueil n’est pas exhaustif en ce qui concerne de si petits vaisseaux. Par contre, en faisant appel à des contacts au sein du Renseignement Stellaire, les aventuriers peuvent apprendre que l’escorteur « appartient » au BIS. De là à soupçonner que ce service de renseignement inféodé à Santanocheev espionne les faits et gestes du duc et cherche à l’assassiner, il n’y a qu’un pas que tout personnage normalement paranoïaque devrait instinctivement franchir.
Mais comme Norris s’est retiré dans sa propriété de Caranda suite à son accident (donc avant la décision de mener l’expédition sur Algine), cela signifie probablement qu’il y a une taupe dans la place.

Les principaux suspects sont les personnes qui étaient au courant de l’expédition d’Algine, c’est-à-dire peu de monde : outre ceux qui ont pris part à l’opération, il y avait Branj Dilgaadin, le sénéchal de Norris, dont il est également l’amant (cette liaison est soigneusement tenue secrète, mais le proche entourage du duc ne peut manquer de s’en rendre compte tôt ou tard) ; les membres de son état-major personnel ; Maudeline Cory, la chef de son propre service secret ; et le conseiller spécial qui écrit ses discours, Tashal Barazirgii. Tous (à part peut-être les personnages) semblent fanatiquement loyaux au duc et sont peu susceptibles de l’avoir trahi.

Le service secret du duc a les moyens de surveiller les communications et flux de données entrant et sortant de la propriété de Norris. La tâche n’est pas simple, mais avec l’aide d’un collègue analyste, les personnages peuvent découvrir que des échanges informatiques ponctuels ont lieu depuis un poste mobile (probablement un ordinateur personnel, comme en possèdent au moins un chacun des occupants du manoir) avec la base de la Stellaire située au spatioport de Credo. Les données sont fortement cryptées, mais en recoupant les données en leur possession (heure des émissions, emplacement de l’émetteur-récepteur), ils devraient très vite porter leurs soupçons sur l’enseigne de vaisseau de première classe Satomi Barazirgii, officier de réserve du service technique de la Stellaire, mobilisée suite à la déclaration de guerre et détachée auprès du duc (elle est chargée des contre-mesures électroniques, permettant entre autres de protéger le manoir en cas d’attaque et d’assurer la sécurité de ses télécommunications). Surprise : elle ne faisait pas partie des suspects initiaux.
S’en prendre à Satomi Barazirgii est délicat pour les personnages : elle est la sœur chérie de Tashal Barazirgii (c’est d’ailleurs lui qui lui a parlé, tout à fait innocemment, de l’expédition d’Algine). Or ce dernier est très en faveur auprès de Norris, au point que certains se demandent en privé s’il ne va pas supplanter Branj Dilgaadin et devenir le nouvel amant du duc.
Pour cette raison, Maudeline Cory refusera de couvrir les aventuriers en cas d’initiative de leur part. Consciente du problème, elle demandera néanmoins à ses subordonnés (si elle est informée) de surveiller discrètement la suspecte, d’éviter qu’elle ne soit en contact avec le duc, et de décrypter les données échangées (mais le code employé résistera à toutes les tentatives pour le briser).
Enquêter sur Satomi Barazirgii sera difficile depuis le manoir ducal. Des personnages ayant des entrées au sein du Renseignement Stellaire pourraient peut-être établir de fortes présomptions pour qu’elle appartienne au BIS (ce qui est effectivement le cas : c’est bien elle le traître qu’ils recherchent, c’est elle qui a saboté l’aéroglisseur de Norris et prévenu le BIS de son escapade sur Algine).

BIS cuit

Le 300 ou 301-1107, Satomi Barazirgii réussira à provoquer un nouvel attentat contre Norris. Elle emploiera pour ce faire un robot jardinier (par exemple un orchard agrobot (101R p 7) ou un modèle proche : une sphère antigrav, dotée de trois tentacules lui permettant de tailler les branches ou de cueillir les fruits, et pourvue d’une soute dans laquelle elle peut transporter sa récolte). Le robot, dont la programmation a été trafiquée par la traîtresse et dans la soute duquel ont été placés quarante kilos d’explosifs (tout cela ayant si nécessaire eu lieu avant que l’enseigne de vaisseau ne soit placée sous surveillance), s’approchera du duc alors qu’il se promène dans un verger en compagnie d’autres personnes (parmi lesquelles Tashal Barazirgii), et lorsqu’il se trouvera suffisamment proche de sa cible, fera exploser sa charge. Par chance, le robot aura mal évalué la distance le séparant de Norris et se fera sauter un peu trop loin. Le duc ne sera que grièvement blessé, mais son conseiller spécial sera tué. Si des personnages se trouvaient en leur compagnie, il est probable qu’ils seront eux aussi blessés.
L’attentat sera immédiatement suivi de l’envoi par Satomi Barazirgii d’un très bref message vers la base stellaire. Très rapidement après, les médias de Regina recevront un communiqué officiel annonçant la mort du duc (communiqué émis par le BIS). Bien qu’aucune précision n’y soit fournie, certains médias croiront pertinent de faire le rapprochement avec les précédentes déclarations sur la santé de Norris, et annonceront qu’il a succombé à une infection pulmonaire. Dans un premier temps, la maison ducale refusera de commenter ces affirmations, avant de leur opposer un démenti catégorique le 302-1107 (JTAS 12 p 5, JTAS 19 p 28).
Mais en attendant, la mort de Tashal Barazirgii lève l’obstacle à l’arrestation de sa sœur, et en voyant son cadavre, les personnages devraient réagir rapidement. Satomi Barazirgii ne se laissera pas capturer vivante, et elle sera assistée par un complice, Mazun Bamasmur, autre officier de réserve appartenant au BIS et placé dans l’entourage de Norris (comme officier de liaison avec la Stellaire). Les aventuriers devront probablement les éliminer au terme d’une fusillade acharnée, alors que, se voyant découverts (et croyant leur mission accomplie), ils tentent de fuir le manoir.

Épilogue

Dans la foulée de l’attentat et de la mort des deux traîtres, le service secret ducal, en coordination avec le Renseignement Stellaire, procédera à l’élimination d’un certain nombre d’éléments « incontrôlables » du BIS dans l’entourage de Norris, à Corona, et à la base stellaire de Regina.
Rapidement pris en charge médicalement, le duc sera opéré à l’infirmerie du manoir. Il lui faudra plusieurs mois pour revenir en pleine possession de ses moyens physiques. Ses facultés intellectuelles par contre resteront intactes et toujours aussi aiguisées.

N’ayant pu mettre la main sur un mandat impérial dans l’épave d’Algine, le duc Norris, après avoir soigneusement poussé ses pions sur l’échiquier militaro-politique, se résoudra finalement à utiliser pour destituer Santanocheev et prendre sa place (le 132-1109) (JTAS 17 p 4, JTAS 19 pp 31/32) un mandat impérial trouvé dans le croiseur Kinunir, échoué dans la ceinture de Shionthy (Marches Directes / Regina 2306) (Adv1 p 22, RS p 39) et qui lui avait alors été remis par le groupe d’aventuriers ayant découvert l’épave (peut-être les personnages eux-mêmes ? S’ils n’ont pas découvert le Kinunir et s’il est encore suffisamment tôt par rapport à l’échéance de 132-1109, vous pouvez éventuellement leur faire jouer ce nouveau scénario…).

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Défi 2014 : scénario n° 39, le tirage

Tirages :
Commanditaire : Fire, Fusion & Steel page 116 : an enemy ship
Destination : Satellite Down page 16 : back to Haven
Action : détruire, tuer
Objectif : Federation page 109 : auxiliary officers
Motivation : bénéfice immatériel (réputation, gloire, amour, fierté, orgueil, amour-propre, etc…)
Antagoniste : Wanted : Adventurers page 9 : personal interactions
Théâtre : The Forgotten War page 7 : buried with her
Élément intéressant : Les chroniques lunaires page 46 : le cadavre d’une muse
Quarante.

Résultat :
Un vaisseau ennemi amène les PJ à retourner au havre pour y tuer des officiers de réserve. Motivés par un bénéfice immatériel (réputation, gloire, amour, fierté, orgueil, amour-propre, etc…), les PJ seront gênés par des interactions personnelles enterrées avec elle. Un élément majeur du scénario sera le cadavre d’une muse. (+ quarante)

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Espoirs déçus

Dans un genre différent, j’ai écouté ces derniers jours Stratégie de l’inespoir, le nouvel album d’Hubert-Félix Thiéfaine.strategiedelinespoirEt bien qu’il soit correct, j’ai été déçu : il est très nettement en deçà de son précédent disque.

EDIT : trouvé une vidéo officielle :

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Mort aux traîtres !

Voici la toute nouvelle vidéo de Hellion :

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Défi 2014 : scénario n° 38, les commentaires

Ce tirage était le trente-neuvième de la série.

À l’époque où j’ai procédé aux tirages, The Gaean Reach n’était pas sorti ; on se contentait de l’espérer avant la fin de l’année. Mais le tirage me paraissait assez vancien, exotique voire baroque, avec ses jardiniers, sa petite baie entourée de collines et son valeureux marquis : j’ai donc décidé de le situer dans ce que je désignais encore à l’époque comme étant l’Œcumène (en fait, j’ai découvert à la lecture de The Gaean Reach que ce terme n’est pas tout à fait synonyme d’Aire gaïane). Cette histoire agricole avec un relief particulier m’évoquait vaguement l’un des romans vanciens (je crois que c’est Les domaines de Koryphon, ou peut-être Un tour en Thaérie, mais il faudrait que j’y jette un œil pour le confirmer (ou non)).
Et de toutes façons, si ça n’était pas assez SF, je pouvais toujours tout en restant vancien déplacer ça vers le Monde magique, qui sert de cadre aux « exploits » de Cugel ou des PJ de Dying Earth.

Et coup de chance, The Gaean Reach est arrivé un peu avant que je ne me penche sur ce tirage. Tirage qui, avec sa motivation par la vengeance, collait parfaitement au jeu (et m’évitait de devoir me creuser la tête pour expliquer pourquoi les persos veulent se venger…).

J’ai essayé de reproduire les caractéristiques principales d’un cadre vancien : de l’exotisme, des coutumes très spéciales. Pour la truculence des dialogues, ça repose en grande partie sur les épaules des joueurs.

J’ai volontairement choisi de situer l’essentiel du scénar sur une planète vancienne « officielle » (mais non décrite), plutôt que d’en inventer une autre : ça me paraissait plus intéressant pour les joueurs de faire évoluer leurs persos dans la Constellation de Rigel plutôt que sur une obscure nouvelle planète.

Accessoirement, on peut sans doute dire que ce scénar cumule un cadre vancien et ce que quelqu’un a un jour appelé (sans jamais parvenir à la définir) ma Touch de scénariste (en anglais dans le texte) : les jacurumiers, les hums, le côté agricole et géologique terre-à-terre…

Pour finir… j’aime bien le titre, qui n’a pas été si facile que ça à trouver.

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Défi 2014 : scénario n° 38 : Arbres à came

Scénario pour The Gaean Reach.

Si vous êtes censés participer à ce scénario en tant que joueurs, ne lisez pas plus loin…

Escale prolongée

Les personnages se trouvent sur un spatioport dont la localisation précise importe peu.
Tout à coup, ils remarquent un cargo, le Traghomel, quittant le spatioport. Or, grâce à des informations obtenues plus tôt dans leur quête de vengeance, ils savent que ce cargo appartient à l’un des lieutenants de Quandos Vorn. Malheureusement pour eux, ils ne sont pas en mesure de décoller immédiatement pour le suivre (pour une raison qui là aussi importe peu : ils doivent faire le plein, l’entretien, des réparations, des formalités administratives, ou tout autre motif trouvé par le MJ pour les retarder).

Les personnages peuvent néanmoins mettre à profit leur immobilisation forcée pour se renseigner (les informations suivantes étant plus ou moins faciles à obtenir) :
– sur la destination du Traghomel (auprès des autorités spatioportuaires, par exemple) : Valisande, dans la Constellation de Rigel (Rigel Concourse).
– sur la nature du chargement (auprès des autorités spatioportuaires, des douanes, des dockers ayant chargé le cargo…) : de nombreux plants de jacurumier, provenant d’une entreprise locale, Chanerjee Génétique. Le jacurumier est un arbre du liège duquel on tire le jacuru, une épice chère et très recherchée, en particulier par les gourmets les plus fortunés de plusieurs planètes de la Constellation de Rigel (par les autres aussi, mais ils ont rarement les moyens de s’en procurer, légalement en tous cas). Bien qu’il s’agisse d’un arbre à liège, la culture du jacurumier est très gourmande en eau, surtout dans les premières années. Un jacurumier peut servir à la production d’épice pendant environ quarante ans.
– sur le destinataire du chargement (auprès des autorités spatioportuaires, des douanes, de Chanerjee Génétique…) : un dénommé Cowyrn Traphilos.
– sur Chanerjee Génétique : il s’agit comme son nom l’indique d’une entreprise locale de biotechnologie, spécialisée dans les végétaux génétiquement modifiés. Ses locaux sont implantés en périphérie de la ville proche du spatioport. Ses patrons sont la famille Chanerjee (deux frères et une sœur).
– sur les modifications apportées aux plants de jacurumier (par effraction dans les locaux de Chanerjee Génétique) : ils ont été génétiquement modifiés pour que l’épice qu’ils produiront (ils sont pour l’instant trop jeunes pour que leur liège soit déjà exploitable) devienne addictive. Le jacuru génétiquement modifié sera hautement addictif (au bout de trois doses ingérées dans une période de moins de quarante-huit heures). Précisons que l’addiction ne concerne que la version génétiquement modifiée du jacuru : l’épice normale ne comble pas les besoins des accros.

Un plan épicé

Le dessein de Quandos Vorn, que les personnages pourront en partie déduire des informations obtenues, est de rendre dépendante l’élite sociale des planètes sur lesquelles son jacuru addictif sera distribué (seules personnes ayant les moyens de s’en payer suffisamment souvent pour devenir accro), puis de faire pression sur ses membres pour obtenir divers avantages (argent, délits d’initiés, contrats, parts de marché, etc…) en échange de doses de cette « drogue » (devenant de plus en plus importantes au fur et à mesure que les victimes s’enfoncent dans leur addiction).
Quandos Vorn, qui a acheté une grosse quantité de ces arbres génétiquement modifiés, table en outre sur une production massive de jacuru, qui lui permettra de le vendre à un tarif plus bas que les producteurs concurrents, et donc d’occuper plus ou moins rapidement une place prépondérante dans la restauration de luxe sur les planètes de la Constellation de Rigel (au détriment des petits producteurs, qui vendent plus cher car ils ne peuvent se permettre de vendre à perte (comme le fera Cowyrn Traphilos, qui est l’un des lieutenants de Vorn) et n’ont pas de possibilité d’obtenir autre chose grâce à cette vente). En s’implantant carrément au sein même de la Constellation, il réduit en outre les coûts de transport de sa production.

En gênant le bon déroulement de ce plan, les personnages peuvent espérer porter un rude coup financier à Quandos Vorn, et le forcer à intervenir pour régler le problème, ce qui devrait leur permettre de remonter jusqu’à lui. Ils devraient donc se rendre sur Valisande.

Valisande

Lorsque le vaisseau à bord duquel voyagent les personnages arrive sur la planète, il y a longtemps que le Traghomel a déchargé sa cargaison et repris l’espace, et les jacurumiers ont déjà été plantés sur la propriété de Cowyrn Traphilos.
Sauf erreur de ma part, Vance ne donne sur Valisande aucune précision : toutes les informations apportées à son sujet dans le présent scénario sont donc de ma propre invention, et ne sauraient être considérées comme officielles.

Valisande est une planète peu peuplée et presque entièrement tournée vers l’activité agricole. Sa population se divise en deux « castes » : les agriculteurs (et leurs familles), et les autres (les non-terreux). Ces deux groupes ne se mélangent pas, ne se fréquentent même pas : leurs interactions se font au moyen d’une troisième catégorie de personnes, les gardes-haie.
Les agriculteurs se considèrent comme l’élite de la société valisandine. Est agriculteur quiconque exploite la terre, ou dont un parent, un enfant, ou le conjoint exploite la terre. Même le plus minable des métayers, faisant pousser quelques misérables salades sur une poignée d’ares, se considérera comme bien au-dessus socialement du plus riche des banquiers ou des marchands. Beaucoup d’agriculteurs ne sont pas propriétaires des terres qu’ils exploitent, qui appartiennent souvent à des non-terreux.
Les non-terreux rassemblent deux types de personnes : certaines descendent des premiers colons valisandins, possèdent la majorité des terres agricoles de la planète (dont ils concèdent l’exploitation en fermage ou en métayage), et portent des titres de noblesse, purement honorifiques et généralement corrélés avec l’étendue de leurs propriétés ; les autres sont les marchands qui achètent leur production aux agriculteurs, ou leur fournissent des biens manufacturés ou des services variés.
Les agriculteurs jugent indigne de leur statut social d’adresser la parole à un non-terreux : toute communication entre ces deux castes passe par l’intermédiaire des gardes-haie, des individus pour lesquels les membres de l’une et l’autre caste n’ont que peu d’estime, mais qui sont pourtant nécessaires : lorsqu’un agriculteur veut par exemple acheter quelque chose à un marchand, lorsqu’un négociant veut acquérir la production d’un agriculteur, ou lorsqu’un non-terreux veut se faire payer un fermage, toute la discussion passe par un garde-haie, même si les deux personnes se trouvent l’une en face de l’autre. Cette division sociale peut parfois aboutir à des situations embarrassantes, comme lorsqu’un agriculteur souffrant d’une maladie honteuse doit consulter un médecin non-terreux… Lorsqu’un garde-haie permet l’établissement d’une transaction financière entre deux parties, il perçoit un certain pourcentage sur la somme concernée. Le statut de garde-haie est héréditaire et les mariages avec des membres de l’une ou l’autre des castes sont extrêmement rares. Les forces de l’ordre locales sont constituées de gardes-haie.

Par défaut, les étrangers à la planète sont considérés comme des non-terreux. Pour communiquer avec les agriculteurs, les personnages auront donc deux solutions principales : soit recourir aux services d’un garde-haie (si la communication ne se traduit pas par une transaction commerciale, le garde-haie tentera de leur extorquer une « taxe ») ; soit obtenir un lopin de terre en fermage et y semer ou planter quelques végétaux (mais dans ce dernier cas, ils ne pourront plus communiquer avec des non-terreux sans passer par l’intermédiaire d’un garde-haie). Attention, cette interdiction de communication directe entre castes vaudra aussi si certains des personnages deviennent agriculteurs alors que les autres restent non-terreux… S’ils passent outre le recours à un garde-haie et si cela s’apprend, les trois catégories de Valisandins les considéreront avec mépris et tenteront d’éviter toute interaction avec eux.

Ces terres appartiennent au marquis

Si les personnages se plient aux conventions sociales en vigueur sur Valisande, ils pourront découvrir que, outre de la saison sèche et de la baisse des certains cours de certaines récoltes, des fermiers se plaignent que le marquis Cowyrn Traphilos leur ait retiré le fermage de ses riches terres céréalières pour y planter des arbres dont il a confié l’entretien à des agriculteurs venus d’outre-monde.
Les fermiers estiment que l’arboriculture du jacurumier à cet endroit est une erreur. Cette opinion est en partie due au regret de ne plus pouvoir exploiter eux-mêmes ces terres fertiles, mais aussi au fait que le jacurumier est une essence gourmande en eau, qui nécessitera une importante irrigation sur un terrain karstique tel que la propriété de Traphilos. Toutefois, ce choix est vu comme une lubie du marquis, considéré comme un excentrique mais apprécié car plusieurs de ses actes ont favorisé l’agriculture sur ses terres (grand chasseur, il en a en particulier éradiqué le rufflezan mordoré, un féroce prédateur mangeur d’hommes qui faisait autrefois des ravages dans les rangs des ouvriers agricoles). Comme toutes les lubies, elle finira bien tôt ou tard par cesser, et quand on travaille la terre, on apprend à penser en années… Les anciens fermiers conservent donc l’espoir de revenir un jour sur ces terres.

Sachant désormais où se situe la propriété de Cowyrn Traphilos, les personnages peuvent se rendre sur place. Les terres du marquis s’étendent sur quelques centaines d’hectares de collines calcaires entourant une baie dans laquelle se dressent de nombreux récifs imposants, qui sont en fait des hums (buttes calcaires résiduelles au fond d’une dépression) émergeant de cette partie du relief karstique désormais inondée (comme dans la baie d’Along sur Terre). Elles sont traversées par un petit fleuve qui se jette dans la baie. Une reconnaissance aérienne par exemple montrera l’existence d’un important système d’irrigation utilisant l’eau dudit fleuve pour arroser les pieds de jacurumier. La propriété comporte également un manoir dominant la baie, quelques logements hébergeant les ouvriers s’occupant des arbres, des bâtiments agricoles, et une usine dans laquelle le liège de jacurumier (quand il y en aura) sera transformé en épice.
On peut voir sur la plage à marée basse plusieurs orifices de cavernes au pied des falaises, dont l’un laisse sortir à l’air libre un fleuve souterrain. Une exploration spéléologique de ces cavernes permet d’arriver jusqu’en dessous du lit du fleuve émergé (il y a des pertes de rivière qui percolent à travers la roche pour former un cours d’eau souterrain, qui est le fleuve souterrain précédemment mentionné). Bien entendu, il faudra pour cela ramper dans des boyaux étroits et franchir des siphons inondés.

Pénurie d’eau

Les personnages peuvent perturber l’exploitation de Traphilos de multiples manières. La plus efficace serait de détruire le système d’irrigation, sans lequel la jacurumeraie ne sera pas viable. Interrompre l’irrigation pendant quelques jours (ou simplement la diminuer fortement), surtout à cette saison (sèche), provoquera la mort des jeunes arbres. Il suffirait pour cela de détourner le cours du fleuve, ce qui peut se faire assez simplement en faisant sauter le fond de son lit en amont de la propriété du marquis, à un endroit particulièrement adéquat (le plafond d’une grotte située juste en dessous (une salle immense au plafond haut de plusieurs dizaine de mètres et dans laquelle on pourrait loger à l’aise plusieurs cathédrales)), pour provoquer la formation d’un embut, gouffre dans lequel le fleuve va s’engouffrer pour poursuivre son trajet de façon souterraine jusqu’à la résurgence en bord de mer (son ancien trajet devenant une vallée sèche).
Bien entendu, cela nécessitera aussi d’échapper à la vigilance du personnel de l’exploitation, ou d’en affronter une partie (tous les agriculteurs présents sur la jacurumeraie sont des hommes de main à la solde de Quandos Vorn, et pour de simples ouvriers agricoles, la plupart sont étonnamment doués pour le combat ou l’emploi des armes à feu). Si les personnages décident de faire sauter le plafond d’une salle souterraine située juste en dessous du lit du fleuve, ils pourraient avoir été repérés et suivis par un groupe de ces malfrats, et devoir les affronter alors que les explosifs vont détoner d’un instant à l’autre, noyant la salle et les galeries situées plus bas sous des trombes d’eau…
Et ne resterait-il pas un dernier rufflezan mordoré, réfugié dans le réseau de cavernes et que les personnages pourraient croiser au plus mauvais moment ?

Une fois le fleuve disparu de la surface, les jeunes pieds de jacurumier sont condamnés. Amener de l’eau en quantité suffisante depuis une autre source (le fleuve en amont par exemple) nécessiterait des moyens lourds qui ne sont pas disponibles sur place. Il en va de même pour les forages pour accéder aux eaux souterraines (ou désormais souterraines). Les quelques rivières qui coulent en surface dans les collines ont un débit bien insuffisant pour subvenir aux besoins des arbres, et utiliser de l’eau de mer (prise dans la baie par exemple) n’est pas possible.

Alternatives agricoles

Parmi les autres moyens que peuvent employer les personnages pour faire échouer le projet de Quandos Vorn, figurent en particulier l’abattage des arbres ou l’utilisation de défoliant. Ces méthodes leur imposent d’intervenir en surface et les contraindront à affronter les sbires de Traphilos dans des conditions certainement désavantageuses, ceux-ci étant nettement plus nombreux que les aventuriers. En cas de tentative d’épandage aérien, les personnages découvriront que le manoir dispose de fusées, en principe destinées à éloigner les nuages de grêle, mais qui peuvent devenir des armes anti-aériennes étonnamment efficaces…
On peut également recourir à des méthodes radicales comme le bombardement de la jacurumeraie ; mais il est probable que les forces de l’ordre locales interviendront avec des moyens tout aussi peu subtils.

Épilogue

Si la jacurumeraie de Cowyrn Traphilos est rendue inexploitable, Quandos Vorn sera fortement contrarié par la perte financière que cela représente. Il cherchera certainement à découvrir qui a ainsi perturbé ses plans et à éliminer les gêneurs, ce qui devrait permettre aux personnages d’obtenir de nouveaux indices leur permettant de se rapprocher de leur ennemi. Mais tout ceci fera l’objet d’autres scénarios…

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Défi 2014 : scénario n° 38, le tirage

Tirages :
Commanditaire : The Innocents of Gauss page 18 : a good farmer
Destination : Le secret de Muringhen page 11 : au fond d’une petite baie entourée de collines
Action : conquérir (envahir / ravager / affronter / vaincre)
Objectif : Chinese Elemental Powers page 7 : water
Motivation : vengeance (peut inclure la résistance à l’occupant)
Antagoniste : The Menagerie page 136 : a team of specially trained gardeners
Théâtre : D2 Shrine of the Kuo-Toa page plans 2 : une rivière souterraine
Élément intéressant : DragonQuest page 80 : the valiant marquis
Quarante.

Résultat :
Un bon agriculteur amène les PJ à se rendre au fond d’une petite baie entourée de collines pour y conquérir (envahir / ravager / affronter / vaincre) l’eau. Motivés par la vengeance (peut inclure la résistance à l’occupant), les PJ seront gênés par une équipe de jardiniers spécialement entraînés à une rivière souterraine. Un élément majeur du scénario sera le valeureux marquis. (+ quarante)

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Les singeries ne sont pas finies !

Tant qu’on parle de BD de SF : le site de Grease Monkey a fait peau neuve, et Tim Eldred nous annonce (en bas de cette page) que deux nouveaux volumes sont en projet. Si l’on en croit ce qu’il laisse entendre en bas de cette autre page, le prochain pourrait bien être pour 2015…
J’attends ça de pied ferme. Et s’il pouvait en profiter pour sortir le deuxième volume en recueil papier, ça serait formidable.
Ça fait quelques temps que j’ai envie de relire l’histoire, va falloir que je me débrouille pour trouver le temps de passer à l’acte.

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Kro en résumé : Leaves on the Wind

Serenity
Leaves on the Wind
Zack Whedon, Georges Jeanty
ISBN 978-1-61655-489-7
Dark Horse Books
First edition : November 2014

BD racontant la suite de la série Firefly et du film SerenityleavesonthewindContrairement aux trois précédentes BD Firefly, celle-ci est dessinée correctement. Et puis surtout, c’est pas de bêtes histoires à deux balles avec les personnages de la série, comme les deux premiers tomes. C’est la suite de la série et du film. Et à part ptêt les dialogues, dont la truculence n’est pas flagrante, on s’y croirait (à noter que le scénariste n’est pas Joss Whedon, mais son frère Zack). C’est BON.

Vous croyiez peut-être qu’après les révélations sur Miranda, les choses allaient s’améliorer pour le Serenity et ses occupants survivants. Si tel était le cas, vous êtes naïfs. L’Alliance est encore plus décidée à leur mettre le grappin dessus, pour récupérer River bien sûr, mais pas seulement. En fait, les héros se retrouvent dans la peu enviable position d’un Edward Snowden mais sans Russie pour lui donner asile.
À côté de ça, Mal est devenu l’idole d’une frange radicale de browncoats, qui luttent contre l’Alliance au sein de la Nouvelle Résistance, et aimeraient bien eux aussi lui mettre le grappin dessus pour qu’il prenne la tête de leur mouvement.
Nos héros font donc profil bas, mais ils n’ont plus grand-chose à manger, et l’accouchement de Zoe s’étant mal passé pour la mère, ils doivent la conduire d’urgence dans un hôpital mieux équipé que l’infirmerie du bord. Ce qui permet à l’Alliance de les retrouver…
En plus des six épisodes de Leaves on the Wind, il y a une histoire courte, mochement dessinée par un certain Fabio Moon, sympa mais farpaitement oubliable, sur laquelle le recueil s’achève sans qu’elle lui apporte quoi que ce soit.

Si vous avez aimé la série et le film, et si vous voulez connaître la suite, il faut absolument que vous lisiez ça. En attendant le volume suivant…
We are still flying !

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